Un gameplay aux mécaniques bien ancrées

Là où les épisodes canoniques reposent sur des affrontements nerveux aux kits d’armes prédéfinis, Splatoon Raiders embrasse à 100 % les codes du looter-shooter exigeant. La progression s’articule autour d’une boucle « risque/récompense » d’une redoutable efficacité, qui s’inspire beaucoup du mode Salmon Run, introduit dans le deuxième Splatoon et amélioré dans le troisième.

À bord du Bateau-Repaire, l’atelier du Mécanicien devient ton QG : c’est là que tu décortiques les composants récupérés selon leur niveau de rareté (du ferraillage de base jusqu’aux alliages d’élite) pour fabriquer tes propres armes sur mesure. On ne choisit plus simplement un Liquidateur ou un Rouleau, on fabrique son arme de A à Z en ajustant la cadence de tir, la capacité du réservoir, le type de canon ou le comportement de l’encre (encre acide à dégâts continus, encre lourde créant des zones adhésives ou encre explosive).

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Sur le terrain, cette dimension loot dicte chaque décision en solo. Ton sac à dos a une capacité limitée : plus tu ramasses de reliques précieuses, plus ton personnage s’alourdit et consomme de l’encre pour se déplacer. L’exploration devient un calcul permanent. Faut-il s’enfoncer dans les ruines les plus denses au risque d’affronter des mini-boss redoutables pour dénicher un schéma de fabrication légendaire, ou assurer le coup et évacuer immédiatement avec son butin actuel ?

Seul face aux hordes, sans aucun coéquipier pour te réanimer en cas d’erreur, la tension est omniprésente. La moindre mort signifie l’abandon d’une grande partie de tes trouvailles sur place, transformant la phase d’extraction finale en un véritable test de survie où le choix de tes compétences passives (résistance aux dégâts, vitesse d’encrage, régénération automatique) fait toute la différence. Cette structure de looter-shooter gagne encore en relief grâce aux interactions physiques avec le décor. L’encre ne sert plus uniquement à se déplacer : elle modifie la topographie. On peut alourdir certaines structures rouillées pour créer des ponts, ou figer des flaques pour dresser des barricades de fortune face aux ennemis.

Un solo aux faux-airs de multi (ou inversement ?)

Pour rompre l’isolement du solo sans trahir son rythme, le jeu intègre une mécanique de connexion asynchrone brillante : on croise ainsi régulièrement les échos holographiques d’autres joueurs. Observer leurs dernières secondes avant de mourir permet de repérer une embuscade mortelle ou de dénicher un raccourci bien planqué.

Lorsque l’on tombe sur le sac à dos d’un joueur qui a échoué son extraction, on peut choisir de piller ses ressources pour son propre build, ou sécuriser sa caisse pour la lui renvoyer via le réseau, afin de gagner des points de réputation.

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La coopération multijoueur permet de jouer à quatre. Ce qui s’avère utile pour certaines missions, surtout en choisissant le niveau de difficulté le plus élevé. Si aucun ami n’est disponible, il suffit de solliciter de l’aide. Le jeu recherche alors des joueurs ayant manifesté leur volonté de prêter main-forte aux Mécanos en difficulté.

Ceux qui craignaient que l’esprit des Splatoon soit dilué dans ce spin-off seront rassurés ! On a affaire à un jeu solo aux faux-airs de multi (ou inversement ?).

Une claque esthétique entre nature sauvage et néons rouillés

La direction artistique marque, par contre, une rupture fascinante. On quitte l’effervescence du street art et de la mode urbaine, pour plonger dans une atmosphère de désolation poétique. Sublimée par la puissance de la nouvelle console. La Switch 2 affiche des environnements vastes et organiques, où la végétation luxuriante engloutit d’anciennes infrastructures industrielles.

Les effets de lumière dynamique jouent un rôle crucial. La lueur fluo de notre encre contraste magnifiquement avec la brume poisseuse des marais ou l’obscurité des ruines enfouies. Créant une ambiance visuelle tour à tour mélancolique et offrant une excellente visibilité lors des phases d’alerte maximale.

Sous le vernis pop, un fond étonnamment cynique

La vraie surprise vient de l’angle choisi pour l’histoire. Le jeu nous place direct dans la peau d’un envahisseur motivé par la cupidité. On débarque sur un archipel habité pour piller des ressources qui ne nous appartiennent pas.

Les Salmonoïdes ne sont plus présentés comme de simples monstres belliqueux. Mais comme un peuple dérangé dans son habitat naturel par nos incursions répétées.

Cette manière de questionner l’extractivisme et l’occupation des territoires apporte une épaisseur morale inattendue à une franchise plutôt connue et appréciée pour son seul aspect fun décomplexé.

Au final

En bousculant les codes d’une franchise d’ordinaire très axée sur le multijoueur compétitif, Splatoon Raiders s’impose comme une belle surprise, malheureusement un peu trop passée sous les radars, cet été.

Même si sa boucle d’exploration et de collecte finit par créer une légère lassitude au bout de plusieurs dizaines d’heures, l’intelligence de ses mécaniques de loot et l’audace de son propos en font une étape marquante.


Splatoon Raiders

  • Par : Nintendo
  • Sur : Switch 2
  • Genre : action/aventure, jeu de tir en solo
  • Classification : PEGI 7
  • Prix : 49,99€
  • Conditions de test : testé sur une version numérique fournie par l’éditeur
  • La boucle looter-shooter solo ultra efficace, exigeante et basée sur le calcul du risque
  • Le système de personnalisation d’armes et d’équipement d’une grande richesse tactique
  • L’intégration brillante de la connexion asynchrone qui crée un vrai sentiment de communauté
  • La direction artistique magnifique, mêlant ruines industrielles et nature sauvage
  • Le propos narratif sur la surconsommation, des plus surprenants.
  • La répétitivité mécanique inhérente au genre lors des sessions de farm intensives
  • Le bestiaire qui réutilise un peu trop de modèles tirés du mode Salmon Run
  • L’absence d’un mode coopératif direct pour vivre les expéditions à deux ou à quatre.