Un Pokémon pas comme les autres

Depuis sa sortie, le 5 mars dernier, en exclusivité sur la Switch 2, Pokémon Pokopia m’a littéralement happé. Peu familier de l’univers des dresseurs de bestioles bariolées, j’étais très dubitatif à l’idée d’un jeu cosy sur cet univers bien balisé. D’autant que dans ce domaine, il me semblait qu’un Animal Crossing avait créé un standard assez indépassable. Ma surprise fut donc doublement grande, lorsque j’ai débarqué sur cette île, du moins ce qu’il en restait.

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Car d’emblée, ce qui surprend, c’est le paysage dévasté qui nous attend. Même si les couleurs flashy sont bien présentes, une ambiance mélancolique s’installe subrepticement, et qui fait écho à nos temps troublés. Une impression qui va finir par s’estomper, sans jamais vraiment disparaître tout au long du jeu, notamment au détour de plusieurs dialogues.

Sans prétendre que l’on s’éloigne de l’univers joyeux et enfantin de la franchise, il faut avouer que ce pas de côté apporte une véritable bouffée d’air frais, malgré sa tonalité sombre.

Un Gameplay où l’on prend son temps

Oubliez les combats et les badges : ici, on incarne un Métamorph capable de prendre forme humaine dans un monde où humains et Pokémon ont disparu. Avec l’aide de Professor Tangrowth (professeur Bouldeneu en VF), on explore cette terre désertée, on la reconstruit petit à petit et on attire de nouveaux Pokémon grâce à des habitats sur mesure.

Ce qui m’a séduit, c’est le gameplay, à la fois riche et apaisant : côté exploration, chaque zone a sa personnalité, ses ressources à collecter et ses secrets cachés. On se surprend à explorer juste pour le plaisir de découvrir un nouvel emplacement ou un matériau rare.

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L’établi devient vite notre meilleur allié. On fabrique meubles, décorations et infrastructures, puis on façonne rivières et collines pour donner vie à notre vision de l’île. La terraformation est intuitive et gratifiante, comme dans Minecraft. Autre outil incontournable : L’Habitadex pousse à expérimenter. Poser de l’herbe attire des Pokémon Plante, créer un petit étang fait apparaître des Pokémon Eau. Chaque habitat réussi rend le monde plus vivant.

Les Pokémon ne sont pas en reste, et participent à la vie du village. Ils aident à arroser, à transporter des ressources et proposent mini-jeux ou quêtes qui rythment agréablement la progression. Graphismes pastel, animations expressives et musique relaxante créent une atmosphère douce et immersive. On s’y sent bien, et on a toujours envie de revenir « juste pour finir ce que j’ai commencé »… Avant d’y passer la soirée entière !

Un multijoueur qui favorise la coopération

Le mode multijoueur de Pokémon Pokopia permet de partager l’expérience cosy avec d’autres joueurs. Jusqu’à quatre en local ou en ligne.

On peut explorer leurs habitats, interagir avec leurs Pokémon et échanger des idées de construction. Les joueurs peuvent se répartir les tâches comme la collecte de ressources, l’arrosage, la coupe des arbres ou l’aménagement des biomes.

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Des compétitions temporaires, comme le concours de corde à sauter de Bulbizarre en ce moment, permettent de gagner des objets rares et des trophées secrets. Autant de possibilités qui encouragent la collaboration pour bâtir des villages uniques et organiser des activités sociales, et nourissent un aspect communautaire proche d’Animal Crossing.

Sur ce dernier point, je trouve que Pokémon Pokopia arrive à rendre le mode multi moins superflu, plus déterminant. Ce mode enrichit l’expérience en ajoutant une dimension sociale et compétitive légère, tout en gardant l’ambiance relaxante.

Au final

Pokémon Pokopia est, contre toute attente, une réussite qui marie à merveille créativité, exploration et détente. Malgré quelques frustrations techniques, il s’impose comme un spin-off marquant pour les fans de Pokémon et de cosy gaming pour les autres. Allez, je vous laisse : je dois aider un ami en ligne à décorer quelques habitats de ses Pokémons…


Pokémon Pokopia

  • Par : Game Freak et Omega Force (développement), pour Nintendo (édition)
  • Sur : Switch 2
  • Genre : sandbox simulation
  • Classification : PEGI 3
  • Prix : 69,99€
  • Conditions de test : testé sur une version fournie par l’éditeur
  • Liberté créative exceptionnelle : entre la terraformation, la décoration et la gestion d’habitats, chaque île devient unique.
  • Contenu généreux et progression gratifiante : il y a toujours quelque chose à faire, à améliorer ou à découvrir.
  • Ambiance cosy et immersive : la direction artistique et la bande-son créent une vraie bulle de détente.
  • Les Pokémon ne font pas de la figuration : chaque espèce a sa place et son rôle, ce qui donne du sens à l’exploration.
  • Temps de chargement un peu longs : ils coupent parfois le rythme, surtout lors des allers-retours entre zones.
  • Caméra capricieuse : dans les espaces confinés, elle devient parfois frustrante.
  • Répétitivité sur la durée : après plusieurs dizaines d’heures, certaines tâches finissent par se ressembler.
  • Mécaniques de progression trop séquencées : la disponibilité des ressources ou de certains Pokémon peut ralentir l’avancée.