Nouvelle planète, nouvelle chance

Souvenez vous : le 25 décembre 2015, nous vous proposions notre test de Xenoblade Chronicles X sur Wii-U. À cette époque, si la 3DS cartonnait, Nintendo avait alors beaucoup plus de mal à faire décoller sa Wii-U. Et un peu plus d’un an avant le lancement de la Switch, avant les fêtes de fin d’année 2015, Big N publie l’un des gros morceaux de la Wii-U. L’un des jeux les plus emblématiques de la console : le RPG de Monolith Soft (qui appartient désormais à Nintendo), Xenoblade Chronicles X. La même année que Xenoblade Chronicles 3D, jeu exclusif à la New 3DS. Les trois épisodes numérotés sortiront ensuite sur Switch : Xenoblade Chronicles 2 en 2017, Xenoblade Chronicles : Definitive Edition (version améliorée de l’opus Wii) en 2020, et Xenoblade Chronicles 3 en 2022.

Pour que les fans et les quelque 150 millions de possesseurs d’une Switch puissent avoir accès à l’intégrale de la série, il n’en manquait donc qu’un : XenoChro X ! Alors, imaginez la joie des amoureux de la licence lorsque, en octobre 2024, Nintendo annonce un remaster du jeu, Xenoblade Chronicles X : Definitive Edition, pour mars 2025 ! D’une part, on n’est pas vraiment surpris puisque quasiment tous les gros titres de la Wii-U ont eu leur portage sur Switch… Mais là on parle d’un remaster proposé dans sa version Ultime, avec des bonus en prime. L’attente est longue, mais finalement pas tant que ça ! Et c’est donc le 20 mars dernier que notre Switch se met en branle pour installer les 15 GO du jeu. Quelques minutes plus tard… Écran de lancement !

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Autant vous prévenir tout de suite : dans Xenoblade Chronicles X, on n’est pas sur un scénario très positif, loin de là. Deux races extraterrestres se font la guerre, dans l’univers. Et la Terre se retrouvant sur leur champ de bataille, notre planète se « prend une balle perdue » et est totalement détruite. Heureusement, une poignée d’humains parviennent à s’échapper in extremis, mais la plupart des vaisseaux sont détruits par les aliens alors qu’ils tentent de quitter l’orbite terrestre. On suit alors un vaisseau des USA, la Grande Blanche. La dernière arche terrienne, avec une petite poignée de rescapés seulement.

Mais les humains ne sont pas tirés d’affaire pour autant. Et ils sont vite rattrapés par des poursuivants extraterrestres. Sérieusement endommagé, le vaisseau s’écrase sur une planète exotique, Mira. Elle ressemble beaucoup à la Terre, mais en plus sauvage, avec des créatures hostiles (parfois gigantesques) qui la peuplent. Les humains doivent donc repartir de zéro pour reconstruire leur civilisation, avec New Los Angeles pour point central. Vous êtes l’un d’entre eux, libéré de sa capsule de stase deux mois après le crash. Membre du BLADE, vous allez devoir protéger vos amis sur cette planète hostile, et contre les aliens qui vous ont suivi.

Une ode à l’aventure et l’exploration

C’est le point qui, dès la scène d’introduction, va vous sauter à la figure. Mira est une planète gigantesque ! Ses paysages sont aussi magnifiques que démesurés. Et dès votre première vision panoramique de la planète, une seule envie vous passe par la tête : explorer chaque recoin de cet astre, de votre nouvelle maison. Patience, ça va venir. Mais pour l’heure, vous devez vous rendre dans votre colonie de New Los Angeles, proche du lieu de votre crash. C’est là que vous allez retrouver les survivants, saisir les enjeux, faire le point sur vos missions… Bref, tout ce qu’il faut pour confirmer, au long de l’aventure, votre premier ressenti : ici, tout est fait pour vous pousser à explorer. XenoChro X est un appel à l’aventure, à la découverte. Et il le fait très bien !

On ne va pas refaire ici le test du jeu initial, mais on vous invite à le relire si besoin. Mais, qu’apporte réellement cette nouvelle version Switch ? Et bien, comme une évidence, elle apporte tout d’abord des améliorations graphiques ! Les personnages sont plus beaux et plus détaillés. Certaines textures ont aussi été retravaillées. Et les effets de lumière sont mieux réussis. La HD est un plus indéniable, qui permet de réellement redécouvrir le jeu, encore plus fluide sur Switch (c’est aussi plus net en mode docké) ! Et le premier aspect qui bénéficie de ces modifications, c’est bien évidemment l’ambiance générale du titre. Cette version Switch est encore plus immersive !

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Parmi les points positifs, on note que l’on a désormais accès au doublage japonais, absent sur Wii-U. On a donc le choix entre les dialogues anglais ou japonais. Et bien entendu, les musiques sont toujours aussi épiques. Autre petite nouveauté sympa, cette version Switch ajoute des personnages et un Skell supplémentaires (on vous laisse découvrir). Et si vous aviez déjà retourné l’aventure une première fois, cette version Definitive ajoute aussi un nouveau chapitre. Histoire de prolonger le plaisir, sur un jeu qui bénéficie déjà d’une durée de vie très solide. En d’autres termes, comptez une soixantaine d’heures pour finir l’aventure principale, plus de 100 heures si vous finissez aussi les quêtes secondaires… Auxquelles s’ajoutent plus de 10 heures pour le nouveau chapitre.

En revanche, on peut toutefois trouver quelques critiques à formuler. Sur l’aspect technique notamment. Même si le jeu est très beau, on sent que la Switch arrive au bout de ses capacités. Ralentissements, clipping, popping… Malgré les améliorations apportées par les développeurs, la console souffre, crache du sang. Et à plus forte raison quand vous jouez en mode docké. De même, malgré les améliorations incontestables, certaines textures font tâche, et restent floues, comme si elles n’avaient pas été retouchées depuis 2015.

Un système de combats dynamique

On aime aussi XenoChroX pour son système de combat dynamique ! Ici, pas de RPG au tour par tour (tradition des années 90-2000 qui semble en voie d’extinction), mais des affrontements en temps réel. Plus exactement un mélange de temps réel et de commandes tactiques. Votre équipe attaque en direct, et vous vous joignez à la baston ! On peut se déplacer librement pendant les combats, ce qui peut influencer les effets de certaines attaques. Les combats sont donc plus fluides. Et on aime aussi la possibilité de changer d’arme rapidement. Plus tard, lorsque vous aurez fait vos preuves, vous pourrez aussi piloter des Skells, des méchas gigantesques, parfaits pour combattre les ennemis de grande taille. Mais attention, il faut aussi gérer leur carburant.

Mais soyez attentifs aux attaques de vos alliés : lorsqu’ils lancent une attaque d’une couleur précise, vous pouvez enchaîner avec une attaque plus puissante en envoyant une technique de la même couleur. Ces capacités spéciales (attaques, soins, buffs/débuffs) à votre disposition s’appellent des Arts. Mais attention, car elles demandent un temps de recharge. Heureusement, afin de rester fluide, cette version Switch offre des recharges rapides. Certains Arts ont des effets spécifiques selon votre position (devant, derrière, côté de l’ennemi). Et ils se débloquent et évoluent en montant de niveau, ou en changeant de classe.

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On peut aussi enchaîner certains Arts pour déclencher des effets supplémentaires (ex : renverser un ennemi après l’avoir déséquilibré). Autre fait appréciable : le travail d’équipe est important, et on peut suivre les instructions des alliés ou leur donner des ordres. Soyez aussi attentifs à leurs dialogues. Car répondre à leurs « Soul Voice » permet de récupérer des bonus ou de rétablir la santé. Il existe différentes classes qui changent les Arts disponibles, et on peut aussi gagner des compétences passives qui boostent les stats ou la régénération. Bref, vous l’avez compris, le système est très dynamique avec beaucoup de stratégie possible.

Mais si le système est génial, on regrette cependant, de manière beaucoup plus globale, une interface complexe. Bien que les développeurs aient fait leur possible pour rendre l’interface plus lisible (avec notamment une gestion de la caméra améliorée). Elle reste toutefois assez difficile à comprendre si vous débutez sur le jeu. C’est le lot des jeux qui proposent énormément de choses à faire ! Un débutant devra donc prendre le temps de s’adapter, avant de plonger réellement dans l’aventure. Autre petit reproche : les skells, si géniaux à jouer, n’arrivent que tardivement. Comptez une grosse dizaine d’heures pour en prendre les commandes. Et quand on a été alléché par les trailers du jeu, ça peut frustrer.

Au final

Nous sommes en train de vivre une année gaming fantastique : et tandis qu’Ubisoft bat tous les records avec son Assassin’s Creed Shadows, Nintendo nous fait un plan très culotté en mettant en face l’un des derniers gros titres de la Switch. Peut-être même le baroud d’honneur de cette fantastique console qui nous a régalé depuis 2017. Et qui est aussi, accessoirement, le meilleur RPG de la Wii-U. Car le constat est que, dix ans après sa sortie initiale, Xenoblade Chronicles X est toujours aussi solide, aussi chouette, aussi long ! Il était un jeu à posséder absolument sur Wii-U, il l’est tout autant sur la Switch.

En somme, Xenoblade Chronicles X : Definitive Edition sur Switch offre une expérience enrichie et modernisée, malgré quelques imperfections techniques et ergonomiques. Les fans de la série et les nouveaux venus y trouveront un RPG ambitieux et captivant. Et ceux qui ont déjà fait l’aventure une première fois y trouveront quand même suffisamment de nouveautés (tant sur le plan du contenu que de la technique) pour justifier de repasser à la caisse. Ne serait-ce que pour le chapitre bonus, ou l’épilogue qui nous dévoile la vraie fin du jeu. Pour moi, les deux meilleurs J-RPG de la Switch sont NieR : Automata et XenoBlade Chronicles X : Definitive Edition ! Ce n’est pas plus compliqué que ça !


Xenoblade Chronicles X Definitive Edition

  • Par : Monolith Soft, pour Nintendo
  • Sur : Switch
  • Genre : RPG
  • Classification : PEGI 12
  • Prix : 59,99€
  • Conditions de test : testé sur une version digitale envoyée par l’éditeur
  • Le monde gigantesque, qui pousse à l’exploration
  • Les combats de Skells
  • De nouveaux personnages et un skell jouables
  • La bande-son
  • Le système de combat nerveux et dynamique
  • Quelques améliorations techniques
  • Le scénario
  • Le chapitre bonus
  • Le doublage japonais
  • Durée de vie colossale
  • Les escouades jusqu’à 32 joueurs si vous avez l’abonnement Nintendo Switch Online
  • Quelques soucis de performances
  • L’interface toujours autant une usine à gaz
  • Certaines textures d’une autre époque
  • Pourquoi les Skells arrivent aussi tard ?