Prendre un train, c’est normalement assez simple : on monte dedans et on attend sa gare. Dans Denshattack!, c’est légèrement différent. Ici, les trains font des figures, grindent sur des rails et défient des gangs dans un Japon futuriste complètement barré. Avec son esthétique Dreamcast, son rythme effréné et son mélange improbable de Tony Hawk, Jet Set Radio et culture ferroviaire japonaise, le jeu d’Undercoders ne manque clairement pas de personnalité. Reste à savoir si cette idée aussi folle fonctionne manette en mains. Alors, on vous dit tout avec ce nouveau test !
Un train qui fait du skate, vraiment ?
Développé par le studio espagnol Undercoders, Denshattack! est sorti en juillet 2026 sur PC, PlayStation 5, Xbox Series et Nintendo Switch 2. Le principe tient presque du gag de développeur : transformer un train en skateboard et l’envoyer dévaler des parcours complètement déjantés. Pourtant, le studio pousse son concept beaucoup plus loin qu’une simple plaisanterie.
Le joueur traverse un Japon dystopique marqué par une catastrophe climatique. Les populations se sont réfugiées dans des villes sous dôme. Tandis que de grandes corporations contrôlent les infrastructures. Notre locomotive rebelle va évidemment mettre un peu de bazar dans cette belle organisation. Le joueur incarne Emi, une jeune livreuse de ramens. Elle rejoint d’autres conducteurs de train qui s’affrontent dans des compétitions de figures acrobatiques à bord de leurs trains.
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L’univers mélange donc sérieux et grand n’importe quoi. On retrouve des références au Japon contemporain, à l’anime et surtout à la culture arcade. Le jeu assume totalement son côté excessif, jusque dans ses décors et ses personnages. Pour tous ces aspects, le jeu nous replonge dans nos délicieux souvenirs des années 90/début 2000. L’époque des pièces de 5 Francs posées dans le cendrier des bornes d’arcade.
Et c’est probablement sa première grande qualité : Denshattack! possède une identité. À une époque où beaucoup de productions cherchent le photoréalisme, voir débarquer un jeu aussi coloré et caricatural fait franchement plaisir. Mais aussi originale qu’elle soit, l’identité d’un jeu ne suffit pas à en faire un hit. Son gameplay doit aussi être à la hauteur de la promesse.
Une jouabilité qui demande de rester sur les rails



Le principe est proche d’un jeu de skate, sauf que votre Tony Hawk pèse plusieurs dizaines de tonnes. Il faut sauter, grinder, réaliser des figures, éviter les obstacles et maintenir ses combos pour améliorer son score. On enchaîne les flips, tricks, ollies, kickflips et grinds à grande vitesse. Soit énormément de possibilités, et un panel de figures qui n’a pas à rougir des jeux de sports extrêmes.
Les niveaux sont construits comme des montagnes russes interactives. Le parcours est largement imposé, mais le joueur doit constamment réagir pour exploiter les possibilités offertes par le décor. Cette approche permet à Undercoders de proposer des séquences extrêmement spectaculaires. Le problème, c’est que tout va très vite.
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Au début, on cherche surtout à comprendre les commandes. Puis les mécaniques s’empilent et les parcours deviennent franchement nerveux. Il faut parfois gérer simultanément un saut, une figure, un grind et la direction à prendre. La lisibilité peut alors devenir problématique. On pourrait justement presque reprocher au jeu de transformer son spectaculaire en joyeux bazar.
Une fois la mécanique comprise, le plaisir arrive cependant rapidement. Le scoring pousse à recommencer les niveaux pour améliorer son parcours. On retrouve cette philosophie très arcade du « allez, encore une partie ». Les différents défis et modes renforcent cette envie de perfectionner ses performances. Le jeu reste donc accessible, mais maîtriser réellement Denshattack! demande du temps. Ce n’est pas un titre que l’on découvre tranquillement installé dans son fauteuil avec une tisane. Ici, le train arrive à 200 km/h et il faut être prêt.
Une direction artistique qui fait voyager dans le temps



Visuellement, Denshattack! est une jolie lettre d’amour à l’arcade selon SEGA, la Dreamcast et au début des années 2000. Couleurs flashy, cel-shading, personnages caricaturaux et interface très graphique donnent au jeu une personnalité immédiatement reconnaissable. Un savant mélange de Jet Set Radio, Sonic, Tony Hawk’s, SSX, Hi-Fi Rush… Il m’a même, par moments, rappelé un certain Viewtiful Joe (Capcom).
L’influence de Jet Set Radio saute évidemment aux yeux, mais le jeu ne se contente pas de reproduire son modèle. Les décors japonais, les environnements dystopiques et les parcours complètement improbables donnent à l’ensemble une véritable cohérence.
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La bande-son participe énormément à cette ambiance. Le jeu multiplie les sonorités électroniques et funky qui accompagnent parfaitement les accélérations et les combos. Undercoders a également travaillé avec plusieurs musiciens connus de la scène vidéoludique. Comme Tee Lopes (Sonic Mania, TMNT: Shredder’s Revenge…) ; Sean Bialo & Andrew One (Mighty Morphin Power Rangers: Rita’s Rewind ou GI Joe: Wrath of Cobra) ; Shoji Meguro (Shin Megami Tensei et Persona 3, 4 et 5, Metaphor: ReFantazio) ; Richard Jacques (Jet Set Radio, Sonic R, Marvel’s Guardians of the Galaxy…), Takenobu Mitsuyoshi (Daytona USA, Shenmue, Virtua Fighter, Sega Rally…) ; Ryo Nagamatsu (Splatoon, Mario Kart, The Legend of Zelda…) ; Kohta Takahashi (Ridge Racer, Ace Combat, Tekken…) ; Harumi Fujita alias « OkanP » (Mega Man 3, Final Fight, Tomba! Streets of Rage 4…) ; 2 Mello (Bomb Rush Cyberfunk, Celeste…).
Techniquement, tout n’est toutefois pas irréprochable. Certains passages peuvent devenir difficiles à lire lorsque les effets, les obstacles et les mouvements s’accumulent à l’écran. C’est spectaculaire, certes, mais parfois au détriment de la précision.
Alors, on monte ou on reste à quai ?



C’est là que Denshattack! devient intéressant. Le jeu n’est pas parfait. Sa prise en main demande un temps d’adaptation et son rythme frénétique peut parfois devenir fatigant. Mais son concept est tellement original qu’il est difficile de lui reprocher son envie d’en faire trop.
Surtout, il procure des sensations que l’on ne retrouve quasiment nulle part ailleurs. Combien de jeux peuvent prétendre vous faire grinder une voie ferrée avec un train avant de sauter au-dessus d’un obstacle dans un décor japonais post-apocalyptique ?
Le jeu fonctionne particulièrement bien si vous aimez les expériences arcade basées sur le score et la répétition. Si vous cherchez une aventure posée et contemplative, prenez plutôt le prochain train.
Denshattack! affiche actuellement une réception critique très favorable, tandis que les joueurs Steam lui accordent également un accueil extrêmement positif.
Au final



Denshattack! est un pari complètement fou qui fonctionne suffisamment bien pour qu’on lui pardonne ses excès. Son concept est génial, sa direction artistique respire la nostalgie Dreamcast et ses niveaux regorgent d’idées.
Tout n’est pas parfaitement maîtrisé. Le rythme peut devenir épuisant, la lisibilité souffre parfois et l’apprentissage demande quelques heures avant de vraiment comprendre ce que le jeu attend de nous.
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Mais franchement, difficile de rester insensible devant un train qui fait des kickflips. Undercoders signe une expérience arcade originale, généreuse et pleine de personnalité. Et dans une industrie où l’on croise beaucoup de suites, de remakes et de mondes ouverts à rallonge, cette petite folie espagnole fait sacrément du bien.
Denshattack!, c’est un cocktail improbable entre Tony Hawk’s Pro Skater pour les figures, Jet Set Radio pour le style, OlliOlli pour le scoring, SSX pour la folie des parcours, Densha de Go! pour les trains et les anime shōnen pour l’univers. On a aimé, on valide et… On y retourne !
Denshattack!

- Par : développé par Undercoders, édité par Fireshine Games
- Sur : XBOX Series, PS5, Switch 2 et PC.
- Genre : action, aventure, plateforme
- Classification : PEGI 12
- Prix : 19,99€
- Conditions de test : testé sur XBOX Series S, sur la version proposée dans le GamePass
Les points positifs
- Un concept complètement barré mais efficace
- Une excellente ambiance arcade
- Une direction artistique très réussie
- Des niveaux spectaculaires
- Un système de scoring motivant
- Une vraie identité visuelle et musicale
- Beaucoup d’humour et de références
Les points négatifs
- Une lisibilité parfois problématique
- Une prise en main exigeante
- Beaucoup de mécaniques à assimiler
- Un rythme qui peut devenir épuisant
- Une progression parfois chaotique
