Aujourd’hui, l’éditeur toulousain Third Editions s’attaque à une licence qui, en moins d’une quinzaine d’années, s’est hissée au rang de monstre sacré du jeu vidéo. Thomas Méreur, que certains d’entre vous ont peut-être connu via Gamekult, prend la plume (d’aigle ?) pour nous parler de l’emblématique série assassine d’Ubisoft. Avec Les secrets d’Assassin’s Creed. De 2007 à 2014 : l’envol, il nous présente la première moitié de sa rétrospective sur une franchise qui fait aujourd’hui l’actualité avec la sortie d’Assassin’s Creed Mirage. Il n’y a pas de hasard.

Une success story à la Française ?

Est-il encore nécessaire de présenter la série Assassin’s Creed ? Série phare du Français Ubisoft née d’un spin-off de Prince of Persia qui deviendra finalement une nouvelle licence, Assassin’s Creed compte aujourd’hui parmi les franchises les plus plébiscitées du jeu vidéo. La saga compte à ce jour 13 titres canons, plus des spin-off, un film, des BD et des mangas, différents portages, etc. C’est d’ailleurs assez drôle de voir que c’est la seconde fois qu’Ubisoft nous fait le coup… Après les Lapins Crétins, antagonistes de Rayman dans un premier jeu, qui sont devenus par la suite des personnages (et un business, et des jeux) à part entière.

En septembre 2022, on estime que la série Assassin’s Creed s’est vendue à plus de 200 millions d’exemplaires, tous jeux confondus. Pas étonnant donc que les Assassins d’Ubisoft se retrouvent un peu partout dans la pop-culture. Oui, Assassin’s Creed est un phénomène ! Indéniablement ! Au point qu’il en devient surprenant que Third Éditions, le spécialiste des approches analytiques et historiques de jeux vidéo, n’ait pas encore dégainé ses plus belles plumes pour consacrer un ouvrage à la saga d’Ubisoft.

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Et c’est désormais chose faite, puisqu’est maintenant disponible Les secrets d’Assassin’s Creed. De 2007 à 2014 : l’envol, dans la catégorie Sagas. Un ouvrage signé par Thomas Méreur. Comme le laisse deviner le titre de ce livre, il s’agit d’une première partie, exclusivement dédiée à la première moitié de l’histoire d’Assassin’s Creed. On peut donc en déduire que, dans un futur plus ou moins proche, une suite apparaîtra dans le catalogue de l’éditeur toulousain.

Une sortie qui, de plus, tombe à point nommé, puisque nous vous parlons aussi ici du tout nouveau Assassin’s Creed Mirage, nouveau volet de la saga disponible depuis début octobre sur consoles et PC. Il n’y a pas de hasard !

Ce que nous dit l’éditeur

Voici ce qu’indique le 4e de couverture du livre :

« Tout comme Desmond, Ezio ou Altaïr, synchronisez-vous pour découvrir les aventures atemporelles de multiples épisodes d’Assassin’s Creed.

Ce premier tome vous propose d’explorer la génèse de cette série culte qui réinventa une certaine vision du jeu vidéo. Redécouvrez l’Homme à la Capuche depuis l’éclosion du concept novateur avec le volet original, qui posera les bases de la franchise, que les nombreuses mues incarnées par la trilogie Ezio guideront jusqu’à la petite révolution portée par Assassin’s Creed III, dont les chapitres Black Flag et Rogue brandiront haut les couleurs.

À travers les témoignages de ses très nombreux développeurs, pénétrez les secrets, découvrez les intentions et parcourez les coulisses de création de l’une des plus grandes séries de jeu vidéo contemporaine ».

L’auteur

Toujours selon Third Editions :

« Thomas Méreur écrit ses premiers articles sur le jeu vidéo en amateur vers la fin des années 1990 (la légende raconte que son premier test fut pour un fanzine vendu 10 francs dans la cour de son collège en 1994). C’est en 2004 que les choses sérieuses commencent quand il intègre la rédaction de Gamekult en tant que pigiste. Il y restera plus de dix-huit ans, le temps d’écrire quelque sept cents tests en véritable touche-à-tout, capable de passer d’un jeu mobile confidentiel à un gros AAA spectaculaire. Au fil du temps, il aura du mal à cacher sa passion pour les open worlds et sa tendance à écrire des articles interminables. Qu’il écrive un livre sur Assassin’s Creed était presque une évidence. »

Ce qu’on en a pensé

Avant tout, on applaudira le tour de force de Thomas Méreur, qui nous propose ici un ouvrage avec beaucoup d’informations inédites ou peu connues : pas évident quand tout ou presque tout sur une licence aussi culte est déjà disponible un peu partout sur la toile. En démarrant la lecture, on apprécie la façon dont l’auteur dresse un parallèle entre les prémices d’Assassin’s Creed dans l’esprit de son créateur Patrice Désilets, et sa propre découverte de la franchise.

Puis, l’auteur entre dans le vif du sujet. À savoir la saga Assassin’s Creed. Avec une construction assez classique puisqu’après une préface de Patrice Désilets, chaque épisode compris entre 2007 et 2014 a son propre chapitre. Soit un nombre de sept, puisqu’on ne parle ici que des épisodes canon, du premier opus à Assassin’s Creed Rogue. On ne parlera donc pas ici des portages sur DS, PSP (AC Bloodlines), ou des spin-offs (AC III Libération sur Vita). Puisque l’on sait déjà qu’il y aura un tome 2, on devine qu’il reprendra de Assassin’s Creed Unity et Syndicate, pour aborder ensuite la très riche question des openworlds (Origins, Odyssey et Valhalla).

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On aime la façon dont il enchaîne les faits de développement et les analyses. Avec justement (et on en parlait plus haut) une objectivité qui fait du bien à lire. Quand beaucoup auraient dressé une liste d’anecdotes sur le ton de la complaisance, Thomas Méreur n’hésite pas à gratter là où ça pique. À expliquer comment un développement a pu être précipité, faisant fi des bugs, parce que les studios avaient une dead-line à tenir. C’est ce qui fait la force de l’ouvrage, et le rend si passionnant : on parle autant du positif que du négatif.

Enfin, j’ai envie de terminer cette critique par la toute première impression que vous aurez sur le livre, avec sa couverture. Elle est signée par Marion Millier pour l’édition classique, et Raphaël Lacoste pour la first-print. Deux covers aussi classes l’une que l’autre, pourtant j’avoue avoir une légère préférence pour l’édition standard. Sans équivoque, la version first-print nous présente un assassin exécutant le légendaire saut de la foi… L’édition standard, quant à elle, est davantage en sobriété et en subtilité. En apparence plus épurée, elle dévoile, à bien y observer, tous les codes et symboles de la saga. Lame secrète, aigle, pomme d’Eden, etc. Avec le code couleur de la série, à savoir le blanc, noir et le rouge (brillant). Efficace !

Au final

Autant vous prévenir tout de suite : si vous êtes un fan pur et dur d’Assassin’s Creed, de ceux qui pensent tout connaître de la saga, attention car ce livre fait mal ! Il va vous faire réaliser que vous êtes passés à coté de plein de trucs, de petits détails ! Peut-être va t-il même vous faire reconsidérer certains épisodes, que vous aimiez pourtant moins que les autres… Et par conséquent, que vous devez impérativement refaire : Assassin’s Creed II, Assassin’s Creed III ou encore Black Flag… Quel que soit votre favori ! À titre personnel puisqu’on se dit tout, après avoir joué épisodiquement au premier Assassin’s Creed chez un ami, c’est par le 2e volet que je suis véritablement entré dans cette saga… Pour ensuite dévorer littéralement chaque épisode. Et comme je l’écrivais plus haut, la lecture de ce livre me donne une furieuse envie de refaire Assassin’s Creed II. Qui est pourtant l’un de mes premiers trophées de platine.

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Les ouvrages de l’éditeur Third Editions sont habituellement qualitatifs et très intéressants, on le sait. Mais celui-ci est sans doute celui que j’ai dévoré avec le plus d’appétit. La faute à un auteur qui nous envoie des infos sans ménagement, qui enchaîne les anecdotes, les récits… Et une fois plongé dans un chapitre, vous n’en ressortez plus. Qui, plus qu’un gamer, peut comprendre le syndrome du « Encore 5 minutes et je fais une pause » ?… Et finalement, trois heures plus tard… Vous connaissez la suite ! Ce premier Les secrets d’Assassin’s Creed m’a rappelé que cela s’applique aussi aux livres !

Finalement, le plus gros défaut de cet ouvrage est sans doute cette frustration qu’il vous laisse, une fois que vous refermez le chapitre sur AC Rogue ! (Mais vous pouvez quand même lire les remerciements). Car pour avoir la suite, il va falloir attendre, et on ne sait pas vraiment combien de temps. Il nous a mis en appétit, nous a régalé mais… Finalement, on a encore un peu la dalle. Et on espère savoir très vite quand Thomas Méreur sera de retour chez Third. Car au regard de ce premier ouvrage et de sa façon de nous raconter cette saga… On espère qu’il signera la suite des Secrets d’AC.


Les secrets d’Assassin’s Creed. De 2007 à 2014 : l’envol

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Les points positifs :

  • Une très bonne vision d’ensemble de la première moitié de la saga
  • Riche en anecdotes et analyses : passionnant, une fois dedans, on a du mal à décrocher
  • Des textes et un français abordables
  • Un livre qui colle avec l’actualité
  • Écrit avec objectivité, l’auteur n’hésite pas à aborder tous les aspects

Les points négatifs :

  • Frustrant de devoir attendre la suite (car il y aura bien une suite)
  • Même s’il s’agit d’un spin-off, Libération aurait mérité son chapitre tant il y a à dire sur cet opus (première femme Assassin de la série, d’origine française, etc). Peut-être qu’il en sera question dans le prochain tome ?