Il y a des années où l’on lance le nouveau Call of Duty par habitude. Et puis il y a celles où l’on retrouve, presque par surprise, cette sensation familière. Avec Modern Warfare 4, Infinity Ward m’a ramené en 2019. Le plaisir du gunfight, une ambiance plus sérieuse et ce sentiment de jouer à un vrai Modern Warfare sont de retour. Tout n’est pas réglé pour autant : entre spawns catastrophiques, petites cartes et communauté parfois fatigante, le soldat a encore quelques mines à éviter. Mais globalement, je vais vous expliquer pourquoi le jeu mérite que vous vous y intéressiez, avant de vider votre disque SSD pour faire de la place pour GTA 6… Ou pas, d’ailleurs…
Un conflit éclate en Corée
Développé par Infinity Ward et édité par Activision, Call of Duty : Modern Warfare 4 est sorti le 23 octobre 2026. La version dématérialisée de la campagne était accessible plus tôt pour certains joueurs ayant précommandé le jeu. Difficile de parler de cet épisode sans revenir sur son héritage. Infinity Ward est le studio qui a contribué à faire exploser la licence Call of Duty, notamment avec Call of Duty 4 : Modern Warfare. Le studio avait également réussi un solide retour avec le reboot de Modern Warfare en 2019.
Et c’est justement ce souvenir qui m’est revenu rapidement. Après plusieurs épisodes parfois inégaux, Modern Warfare 4 donne l’impression de retrouver cette identité. Le jeu reste évidemment un énorme blockbuster, avec tout ce que cela implique. Des explosions, des soldats qui parlent vite dans leur micro et suffisamment de munitions pour refaire la façade de l’Élysée.
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Mais Infinity Ward semble aussi avoir fait davantage d’efforts sur la narration. La campagne tente de raconter quelque chose et ne se contente pas d’enchaîner les couloirs avec une mitrailleuse entre les mains. Les personnages et les enjeux profitent d’un traitement plus travaillé. Tout n’est pas forcément parfait, mais l’intention est là. Reste néanmoins la polémique concernant certaines scènes utilisées pour les cinématiques. Un sujet qui a accompagné la sortie du jeu et qui mérite d’être mentionné, même si cela n’efface pas les qualités de la mise en scène.
Une guerre totale éclate sur la péninsule coréenne à la suite d’une invasion massive déclenchée par la Corée du Nord, où les joueurs incarnent de jeunes soldats plongés dans des combats de tranchées et de première ligne. En parallèle, l’ancien capitaine John Price, désormais hors-la-loi et opérant en dehors de tout cadre officiel après la dissolution de la Task Force 141, mène sa propre mission dans l’ombre tout en étant traqué. Ses opérations secrètes finiront par entrer en collision directe avec les forces à l’origine de l’invasion coréenne.
De bonnes sensations manette en main



Le premier vrai plaisir de Modern Warfare 4, c’est son gunplay. Infinity Ward connaît son sujet. Les armes ont du poids, du caractère et procurent de bonnes sensations. Le recul, le bruit des tirs et le rythme des affrontements contribuent à cette impression que chaque fusil possède sa personnalité. Un bon FPS ne demande finalement pas toujours de réinventer la poudre. Il faut surtout que tirer soit agréable. Et sur ce point, Modern Warfare 4 réussit son coup.
Le jeu retrouve également une approche qui m’a rappelé Modern Warfare de 2019. Les déplacements restent fluides, les affrontements nerveux et les gunfights peuvent basculer en quelques secondes. Il faut viser juste, surveiller les angles et éviter de courir au milieu de la carte comme si l’on avait oublié le four allumé.
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Les nouveautés apportent également un peu de fraîcheur. Kill Block, ou Secteur Létal, propose un concept intéressant avec des environnements modulaires qui modifient les conditions d’affrontement. Et qui réorganisent aléatoirement ses blocs et son équipement toutes les deux manches pour offrir un affrontement tactique au rythme rapide où chaque vie compte. Le mode apporte quelque chose de différent et évite la simple impression de refaire éternellement la même partie.
Interception est également une bonne idée. Interception est un mode de jeu stratégique et asymétrique dans lequel une équipe doit escorter et sécuriser un véhicule blindé transportant des données sensibles, tandis que l’équipe adverse doit poser des pièges, pirater les systèmes et employer la force pour stopper son avancée avant la zone d’extraction. Le résultat peut rapidement devenir chaotique, mais dans le bon sens du terme.
Du moins, lorsque tout le monde joue l’objectif. Parce qu’il y aura toujours ce joueur qui considère qu’un mode collectif est avant tout une occasion parfaite d’aller camper au fond de la carte avec son sniper. Une tradition.
Réalisation soignée et casting intéressant



Visuellement, difficile de faire la fine bouche. Modern Warfare 4 est un très beau jeu. Et parfois, entre deux explosions, on prend même le temps de se dire que la guerre virtuelle est sacrément photogénique. Les environnements sont détaillés, les effets lumineux fonctionnent bien et la mise en scène sait régulièrement en mettre plein les yeux. Infinity Ward maîtrise parfaitement la recette du spectacle militaire.
Mais le jeu ne repose pas uniquement sur ses explosions. La réalisation accompagne correctement les moments plus calmes et les séquences narratives. On sent un véritable effort pour donner davantage de cohérence à la campagne. Certaines missions prennent ainsi le temps d’installer une atmosphère avant de laisser les armes parler.
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Ce qui est finalement assez rare pour être souligné dans une série où le scénario peut parfois ressembler à une réunion de scénaristes après trois cafés et une alarme incendie. Les personnages bénéficient également d’une belle réalisation. Les animations et les visages participent à l’immersion, tandis que le travail sonore reste particulièrement efficace. Comme dans les opus précédents, on retrouve Barry Sloane dans l’uniforme de John Price. Et Young Mazino (Beef) est Park Hyun-Jun. On pourra même croiser… Ce grand acteur qu’est Mads Mikkelsen, bon sang !!
Les armes claquent avec une vraie puissance et les environnements profitent d’une ambiance sonore soignée. Au casque, l’expérience gagne encore en intensité.
La technique n’est évidemment pas exempte de quelques imperfections, mais l’ensemble reste particulièrement solide. Modern Warfare 4 fait clairement partie des épisodes les plus impressionnants visuellement de la franchise. Du moins pour la version XBox Series que j’ai testée ; reste à voir ce que vaut le jeu sur Switch 2, avec sans doute quelques compromis.
Un plaisir qui peut être vite ruiné



Avec sa campagne, son multijoueur et DMZ (le jeu d’extraction tactique en monde ouvert JcJcE / PvPvE), Modern Warfare 4 propose un contenu particulièrement généreux. La campagne constitue une bonne surprise. Elle profite d’un véritable effort narratif et retrouve une efficacité qui rappelle les meilleurs épisodes de la série. Ce sentiment de retour vers Modern Warfare 2019 n’est d’ailleurs pas uniquement nostalgique : c’est, à mon avis, l’une des meilleures de la franchise depuis plusieurs années.
Le multijoueur reste évidemment le cœur du réacteur pour beaucoup de joueurs. Mais c’est aussi là que commencent les problèmes. Le spawn est probablement mon principal reproche. Mal foutu est encore un terme poli dans certaines situations. Il arrive de réapparaître dans des zones où l’on se retrouve immédiatement sous pression, voire directement dans une situation impossible. Parfois, on meurt. On réapparaît. Et on comprend immédiatement qu’on va mourir une deuxième fois.
Les joueurs de FPS connaissent cette sensation. Celle où l’on n’a même pas eu le temps de reprendre son souffle que l’écran de mort revient déjà nous dire bonjour. Certaines cartes n’arrangent rien. Plusieurs sont franchement petites, voire trop petites. Le rythme devient alors extrêmement intense, mais pas toujours de la meilleure manière. Lorsque les couloirs, les points de passage et les zones de réapparition se mélangent, une partie peut rapidement tourner au broyeur à viande. À ce stade, ce n’est plus du contrôle de map. C’est du déménagement sous bombardement.
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Et puis il y a la communauté. Je joue aux shooters en ligne depuis suffisamment longtemps pour savoir que la perfection n’existe pas. Je peux accepter une défaite. Je peux accepter une mauvaise partie. Mais le ragequit reste toujours aussi pénible. Un joueur quitte dès que son équipe est menée. Un autre disparaît après deux morts. Et vous vous retrouvez à terminer la partie avec une équipe amputée. Bravo, champion. Ton ratio est peut-être sauvé. Le match, lui, est mort.
Plus inquiétant, certaines situations peuvent également donner l’impression que certains joueurs disposent d’un matériel leur procurant un avantage anormal. Impossible d’affirmer sans preuve qu’un joueur utilise un Cronus ou un dispositif similaire. Mais lorsque certains comportements deviennent franchement difficiles à expliquer, le doute s’installe. Et dans un FPS compétitif, le simple doute est déjà un problème. La lutte contre la triche reste donc essentielle à long terme. Parce que le plaisir d’un bon gunfight disparaît immédiatement lorsqu’on a l’impression que la partie ne se joue plus à armes égales.
DMZ : une bonne idée qui me rappelle trop Warzone



DMZ est probablement la partie avec laquelle j’ai eu le plus de mal. Sur le papier, l’idée reste séduisante. Le mode reprend les principes de l’extraction shooter : exploration, loot, affrontements contre des joueurs et des ennemis contrôlés par l’intelligence artificielle, puis extraction avec son précieux équipement. Mais, manette en main, j’ai eu trop souvent l’impression de retrouver une sorte de Warzone avec davantage de PvE.
Le problème vient surtout de la présence importante des sacs à PV ennemis contrôlés par le jeu. Ils sont nombreux et occupent une place considérable dans l’expérience. À force, la tension particulière que l’on attend d’un extraction shooter s’émousse. On tire beaucoup. Mais pas toujours sur quelqu’un qui nous donnera réellement des sueurs froides. DMZ est solide et accessible, mais son PvE envahissant, avec une tension parfois insuffisante.
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Cela ne signifie pas que le mode est mauvais. La carte offre de belles possibilités et le système peut séduire les joueurs souhaitant découvrir le genre sans la brutalité d’un extraction shooter plus exigeant. Mais personnellement, je préfère lorsque le danger vient davantage de l’incertitude et des autres joueurs.
Dans DMZ, j’aurais aimé moins de soldats contrôlés par la machine. Et davantage de moments où l’on entend des tirs au loin avant de se demander : « Bon… on fait demi-tour ou on va voir ? »
Au final



Call of Duty : Modern Warfare 4 est un épisode que j’ai davantage apprécié que ce que j’imaginais. Et que j’ai très certainement mieux apprécié que les derniers Call of Duty ! Il est beau, spectaculaire et propose un gunplay particulièrement efficace. Surtout, Infinity Ward semble avoir retrouvé quelque chose qui faisait la force de Modern Warfare en 2019. Cette impression de jouer à un Call of Duty moderne, sérieux et particulièrement agréable à prendre en main.
La campagne bénéficie d’un effort narratif appréciable, malgré les interrogations soulevées autour de certaines de ses cinématiques. Le multijoueur profite quant à lui de bonnes idées, notamment avec Kill Block et Interception.
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Mais tout n’est pas rose dans le viseur. Les problèmes de spawn peuvent devenir franchement insupportables. Certaines cartes sont trop petites et accentuent le chaos. La communauté reste fidèle à sa réputation, entre ragequits et comportements qui peuvent parfois faire naître des soupçons sur l’équité des affrontements (heureusement, on croise quand même quelques joueurs fair-play).
Enfin, DMZ ne m’a pas totalement convaincu. Le mode possède du potentiel, mais son orientation très PvE et ses airs de cousin de Warzone l’empêchent, à mes yeux, de trouver une véritable personnalité. Malgré ces défauts, une chose reste certaine : Modern Warfare 4 m’a redonné une sensation que je n’avais plus forcément ressentie depuis 2019. Le plaisir de lancer un Modern Warfare. De choisir son arme. D’entrer dans une partie. Et de se dire que, cette fois, on va peut-être faire une bonne game… Bon… Jusqu’à ce qu’un joueur quitte la partie au bout de trente secondes.
Call of Duty : Modern Warfare 4

- Par : Infinity Ward (développeur) et Activision-Blizzard (éditeur).
- Sur : XBOX Series, PS5, PC (Steam ou Battle.net), Switch 2.
- Genre : FPS.
- Classification : PEGI 18.
- Prix : à partir de 79,99€ pour la version standard.
- Conditions de test : testé sur XBox Series X. Campagne principale terminée.
Les points positifs
- Un très beau jeu visuellement
- Un excellent gunplay
- Une campagne qui fait davantage d’efforts sur la narration
- Une réalisation spectaculaire
- Le retour de sensations rappelant Modern Warfare 2019
- Kill Block, une nouveauté intéressante
- Interception, une bonne idée pour renouveler les objectifs
- Un contenu global généreux
Les points négatifs
- Des problèmes de spawn parfois franchement insupportables
- Certaines cartes trop petites
- Une communauté toujours marquée par le ragequit
- Des situations qui peuvent faire naître des doutes sur l’équité de certains joueurs
- Un DMZ qui rappelle parfois trop Warzone
- Trop de PvE dans DMZ
- Une tension parfois insuffisante dans le mode extraction
