Rockstar vient enfin de lâcher les chevaux. Diffusé en avant-première sur Netflix, Grand Theft Auto VI: An Extended Look offre plusieurs dizaines de minutes de gameplay capturées sur une PS5 standard. Jason, Lucia, fusillades, braquages, conduite, activités secondaires et police : GTA VI commence enfin à montrer ce qu’il a dans le ventre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Rockstar n’a pas simplement repeint GTA V. Je vous donne mon avis sur ce premier (long) trailer. Les images qui illustrent cet article sont toutes des captures d’écran du « extended look »…
Enfin du vrai gameplay pour GTA VI
Après des années d’attente et de bandes-annonces savamment montées, Rockstar a enfin décidé de poser les cartes sur la table.
Grand Theft Auto VI: An Extended Look a été diffusé ce jeudi 27 août sur Netflix, avec une exclusivité temporaire de six heures avant sa mise en ligne sur YouTube et le site officiel de Rockstar. Une opération assez inhabituelle pour un jeu vidéo, et particulièrement ambitieuse pour un titre qui n’a franchement pas besoin de publicité pour faire parler de lui.
La vidéo, entièrement constituée d’images du jeu, permet surtout de voir GTA VI fonctionner dans des conditions beaucoup plus proches de l’expérience finale. Et une précision mérite d’être soulignée : les séquences ont été capturées sur une PS5 standard, et non sur une PS5 Pro.
Autrement dit, ce que l’on voit est censé tourner sur la machine de base de Sony. Et franchement, ça commence plutôt bien.
Jason et Lucia sont au cœur du jeu

Le premier enseignement de cette démonstration concerne évidemment les deux protagonistes.
Jason Duval et Lucia Caminos ne sont pas simplement deux personnages entre lesquels on alterne pour varier les plaisirs. Rockstar semble avoir construit une véritable mécanique autour de leur relation.
Le jeu permet de passer de l’un à l’autre pendant certaines séquences, avec des situations où chacun peut occuper une position différente. Dans une scène montrée pendant la présentation, Lucia conduit tandis que Jason s’occupe de leurs poursuivants. Dans une autre, le joueur passe rapidement de Lucia à Jason pour poursuivre l’action.
Cette mécanique rappelle évidemment GTA V, mais Rockstar semble vouloir aller beaucoup plus loin dans la complémentarité des deux personnages.
Et surtout, Jason et Lucia donnent enfin l’impression d’être le moteur de l’histoire, plutôt que deux avatars interchangeables.
Vice City semble avoir changé de dimension

C’est probablement le deuxième gros choc de cette présentation. Rockstar avait déjà montré de très belles images de Leonida. Mais les voir fonctionner en mouvement donne une autre impression.
La circulation, les piétons, les véhicules, les commerces, les plages, les marais, les clubs et les zones rurales donnent au monde une densité impressionnante. Le studio multiplie également les changements d’ambiance, avec des scènes en plein jour puis une Vice City nocturne couverte de néons et de reflets.
Le résultat est spectaculaire, mais il faut garder la tête froide : nous regardons une présentation montée par Rockstar. Elle montre ce que le studio veut montrer. Elle ne permet donc pas encore de juger la stabilité technique du jeu dans toutes les situations.
C’est joli ? Oui.
Mais le véritable test commencera quand nous pourrons faire n’importe quoi, n’importe où, pendant plusieurs heures.
Les fusillades gagnent en nervosité

Autre évolution visible : les combats. Les affrontements semblent plus physiques et plus nerveux que dans GTA V. Les personnages se déplacent davantage pendant les échanges de tirs et les animations donnent une sensation de poids plus importante.
Certaines séquences utilisent également un système de ralentissement permettant d’aligner plus facilement des tirs précis. L’effet rappelle forcément certaines mécaniques de Red Dead Redemption 2 et, plus indirectement, le fameux Bullet Time de Max Payne.
Mais Rockstar ne semble pas vouloir transformer GTA en pur jeu de tir.
Les combats restent intégrés à l’environnement. Une fusillade peut commencer dans un bâtiment, se poursuivre dans la rue et finir en course-poursuite.
C’est finalement assez logique pour un GTA : le monde doit être capable de suivre le joueur, même lorsque celui-ci décide soudainement que la discrétion, c’est surfait.
La police semble beaucoup plus intelligente

C’est l’un des changements qui pourraient avoir le plus d’impact sur le gameplay. Dans GTA VI, la police ne semble plus simplement savoir où vous êtes parce que vous avez tiré sur quelqu’un à trois kilomètres de là.
Les forces de l’ordre paraissent désormais capables de tenir compte de plusieurs éléments liés à votre identité et à votre véhicule. La voiture utilisée, votre apparence ou encore certains éléments de votre tenue peuvent entrer en ligne de compte pour les recherches.
Cette évolution pourrait complètement modifier les poursuites.
Dans les anciens GTA, il suffisait souvent de semer les policiers puis de disparaître quelques secondes. GTA VI semble vouloir rendre la fuite plus crédible : il faudra parfois réellement changer de méthode pour échapper aux recherches.
Si cette mécanique tient ses promesses dans le jeu final, elle pourrait devenir l’une des grandes améliorations de cette génération.
Rockstar veut aussi que l’on vive entre deux missions

Le long play insiste également beaucoup sur les activités qui se déroulent en dehors des missions principales.
On aperçoit notamment de la plongée, des véhicules nautiques, des activités sportives, des clubs, des commerces et différents lieux de loisirs. Le joueur peut également simplement se promener, observer les habitants ou provoquer des situations plus ou moins recommandables.
Cette philosophie n’est pas nouvelle chez Rockstar.
Mais GTA VI semble vouloir pousser encore plus loin cette idée de monde vivant, dans lequel les activités ne servent pas uniquement à remplir une carte de petits pictogrammes.
Le défi sera évidemment de savoir si ces activités possèdent suffisamment de profondeur pour nous occuper plus de cinq minutes.
Parce qu’un mini-jeu de basket qui consiste uniquement à appuyer trois fois sur X, c’est mignon. Un système sportif réellement intéressant, c’est autre chose.
Le réalisme devient presque une mécanique de jeu
C’est probablement ce qui distingue le plus GTA VI de ses prédécesseurs.
Rockstar semble vouloir rendre le monde plus crédible sans pour autant renoncer au côté absurde de Grand Theft Auto.
Les personnages réagissent à leur environnement, les déplacements paraissent plus naturels et les animations sont beaucoup plus détaillées. Même les moments banals, comme Jason qui fouille un réfrigérateur ou se déplace dans l’appartement de Lucia, participent à cette volonté d’immersion.
Ce sont des détails.
Mais c’est justement l’accumulation de ces détails qui peut transformer un monde ouvert en véritable terrain de jeu.
Une démonstration impressionnante, mais pas encore un verdict

Attention toutefois à ne pas confondre démonstration technique et test grandeur nature.
Rockstar vient de nous montrer plusieurs séquences soigneusement sélectionnées. Nous n’avons pas encore pu tester la conduite, les combats, l’intelligence artificielle ou les activités pendant plusieurs heures.
Nous n’avons pas non plus suffisamment d’informations pour juger précisément les performances, les temps de chargement ou la stabilité du jeu dans toutes les situations.
Et certaines informations qui circulaient avant cette présentation provenaient de fuites. Elles peuvent donc correspondre à des versions de développement différentes de celle actuellement montrée.
Le long play permet donc surtout de confirmer une chose : GTA VI existe bel et bien dans une forme extrêmement avancée.
Et il semble énorme.
GTA VI reste finalement… un GTA
C’est peut-être la conclusion la plus intéressante. Après avoir regardé cette démonstration, une chose saute aux yeux : Rockstar n’a pas cherché à réinventer complètement Grand Theft Auto.
On retrouve les voitures volées, les fusillades, les poursuites, les braquages, les personnages complètement barrés et l’humour satirique.
Mais tout semble avoir été densifié.
Le monde est plus détaillé. Les personnages paraissent plus vivants. Les interactions sont plus nombreuses. Les combats sont plus dynamiques. La police semble plus crédible. Et Jason et Lucia apportent une dimension relationnelle plus importante.
GTA VI ne donne donc pas l’impression de vouloir révolutionner la recette. Il veut surtout en réaliser la version XXL.
Et maintenant ?

La sortie reste fixée au 19 novembre 2026 sur PlayStation 5 et Xbox Series X|S.
Ce long gameplay arrive donc à moins de trois mois du lancement. Et son message est assez clair : Rockstar veut désormais montrer que GTA VI est prêt à entrer dans sa dernière ligne droite.
Après treize ans d’attente depuis GTA V, la pression est évidemment monstrueuse.
Mais après cette démonstration, une chose devient difficile à nier : Rockstar semble avoir utilisé ces années pour construire un monde qui ne cherche pas seulement à être plus grand. Il veut être plus vivant.
Reste maintenant la seule question qui compte vraiment. Est-ce que ce sera aussi amusant à jouer que c’est impressionnant à regarder ? Le 19 novembre, on pourra enfin arrêter de regarder les autres jouer et prendre le volant nous-mêmes.
Mon bilan à chaud
Le point fort de cette présentation n’est finalement pas la claque graphique, même si elle est bien réelle. C’est la densité du monde et l’intégration des mécaniques. Rockstar semble avoir travaillé chaque petit élément pour que Leonida paraisse moins être une immense carte à parcourir qu’un endroit dans lequel on peut réellement vivre. La prudence reste toutefois de mise : un long play promotionnel ne remplace évidemment pas vingt heures manette en main.
