Une nouvelle animation plus moderne

Premier changement visible, l’allumage de la console évolue. Xbox ajoute une nouvelle animation accompagnée d’un son inédit autour de son célèbre logo vert.

Cela peut sembler anecdotique, mais les joueurs attachés à l’identité visuelle de la marque devraient apprécier. Après tout, certaines intros de consoles sont devenues aussi cultes qu’un menu de JRPG des années 90.

Le célèbre Gamerscore évolue lui aussi. Désormais, les joueurs débloquent des badges spéciaux selon leur score total. Ces badges apparaîtront sur le profil Xbox ainsi que dans le guide de la console. Une manière plus visuelle de mettre en avant les chasseurs de succès compulsifs. Ceux capables de lancer un jeu uniquement pour obtenir 1000G en quinze minutes.

Une bibliothèque plus claire

Xbox améliore aussi la lisibilité de la bibliothèque. De nouveaux filtres permettent de distinguer les jeux réellement possédés des titres partagés via d’autres comptes.

Les utilisateurs pourront aussi identifier plus facilement les jeux installés auxquels ils n’ont plus accès. Une fonction simple, mais franchement utile quand les abonnements et les partages commencent à transformer la bibliothèque en labyrinthe numérique.

Microsoft précise que ces nouveautés viennent directement des retours des joueurs. Le déploiement commencera progressivement chez les Xbox Insiders avant une diffusion plus large.

Retrouver une identité XBox forte

Cette mise à jour s’inscrit dans la continuité de la dynamique impulsée par la nouvelle directrice de la branche gaming de Microsoft. En effet, vous n’êtes pas sans savoir que l’emblématique Phil Spencer a pris sa retraite en début d’année. Et le 20 février 2026, il a été remplacé par Asha Sharma, dirigeante américaine née en 1989. Son arrivée a été effective le 23 février.

Sa nomination a surpris beaucoup de monde dans l’industrie, car Asha Sharma vient du monde de l’IA et des plateformes produit chez Microsoft, Meta et Instacart (auparavant, elle était présidente de la division CoreAI de Microsoft), pas du jeu vidéo pur. Microsoft l’a choisie pour relancer une marque Xbox un peu en perte d’identité ces dernières années.

Ce que Asha Sharma n’a pas tardé à mettre en application. Notamment en revenant sur certaines décisions prises ces dernières années par la marque. Certains changements sont visibles. Comme le logo redessiné : on oublie le logo blanc, et on revient au vert XBox !

D’ailleurs, vous aurez aussi remarqué que, depuis la nouvelle présidence, on ne parle plus de Microsoft Gaming, mais de… XBox ! Tout simplement ! Très clairement, Asha Sharma veut redonner son identité à la marque !

Exclusivités, Game Pass… Aussi des changements politiques

L’arrivée d’Asha Sharma aux commandes de XBox a aussi été fortement marquée par deux énormes rétropédalages concernant la politique du gaming de la marque. Deux retour majeurs sur des décisions de Phil Spencer.

Tout d’abord, sous Phil Spencer depuis quelques mois, la stratégie semblait claire : « Xbox partout”, même chez la concurrence. L’idée était simple : vendre moins de consoles n’était plus grave. L’important était d’avoir des joueurs dans l’écosystème Xbox, quitte à sortir les jeux maison sur PS5 ou Switch.

Mais depuis l’arrivée d’Asha Sharma, le discours a changé subtilement. Elle ne parle plus seulement “d’ouverture”, mais aussi de reconstruction de l’identité Xbox, de valeur hardware, et de frustration des joueurs Xbox qui ont le sentiment que la marque n’a plus d’avantages exclusifs. Plusieurs sources indiquent qu’elle envisagerait un modèle hybride : certains jeux multijoueur resteraient multiplateformes, mais des gros jeux solo pourraient redevenir exclusifs Xbox/PC pendant un temps.

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Ce ne serait donc pas un “retour arrière total”, mais plutôt une stratégie sélective. Et économiquement, ça se comprend : si plus aucun jeu ne pousse à acheter une Xbox… La console perd une partie de sa raison d’exister.

Changement beaucoup plus concret, Asha Sharma a clairement reconnu dans un mémo interne que le Game Pass était devenu “trop cher pour les joueurs”. Et il faut dire que la hausse de prix de 2025 avait été brutale : Ultimate à 30 dollars, PC Game Pass en hausse, et beaucoup de joueurs avaient commencé à décrocher. En Europe, le GP Ultimate lancé à 14,99€, puis monté à 17,99€, avait augmenté en octobre 2025 pour atteindre les 26,99€ mensuels. Belle augmentation en effet !

Résultat : Microsoft a déjà commencé à revenir en arrière. Les prix ont récemment baissé : le Game Pass Ultimate est redescendu à 23 dollars (20,99€ chez nous), le PC Game Pass aussi a été réduit.

Mais le détail important, c’est le compromis choisi. Pour baisser les prix, Xbox a retiré les futurs Call of Duty du lancement day one sur Game Pass. Et ça, c’est énorme. Parce que sous Phil Spencer, le “day one Game Pass” était quasiment devenu une religion chez Xbox. Aujourd’hui, Sharma semble considérer que le modèle coûtait trop cher, qu’il cannibalisait les ventes, et n’était pas soutenable à grande échelle.

En réalité, Xbox essaie surtout de redevenir… Xbox

C’est probablement le point clé. Sous Spencer, Xbox était devenu très service, très cloud, très “plateforme”, parfois presque détaché du hardware Xbox lui-même. Asha Sharma semble vouloir rééquilibrer tout ça. Pas abandonner le multiplateforme, pas tuer le Game Pass, pas revenir à la guerre frontale contre Sony des années 360/PS3… Mais remettre de la valeur dans la console Xbox, de la cohérence dans l’offre, et une identité plus forte pour la marque.

D’où le retour du branding “Xbox” au lieu de “Microsoft Gaming”, l’arrêt de certains projets IA peu populaires (Copilot), le recentrage sur l’expérience console et PC, ou encore la fameuse idée de “fix the fundamentals”.

Et maintenant ?

Est-ce que Xbox peut vraiment revenir totalement en arrière ? Très peu probable. Parce que Microsoft dépend désormais énormément des revenus PlayStation, du PC, du cloud, et des abonnements. Après le rachat d’Activision, Xbox est devenu un éditeur gigantesque. Et un éditeur géant ne peut pas facilement se priver du marché PlayStation, qui reste énorme.

Donc on pourrait voir moins de sorties simultanées, davantage d’exclusivités temporaires, des fenêtres de lancement différentes, une console replacée au centre du débat et optimisée (Sharma veut des updates Xbox toutes les deux semaines), ou une stratégie “jeu par jeu”… Mais pas un retour au modèle fermé de l’époque Xbox 360. Le vrai tournant, finalement, c’est peut-être celui-ci : Xbox ne cherche plus à être “Netflix du jeu vidéo”. Maintenant, Microsoft semble surtout vouloir éviter que Xbox devienne… Sega 2.0. Et ça, chez les fans historiques, c’est un sujet extrêmement sensible.