La meilleure défense reste la détection précoce

Selon l’Institut National Contre le Cancer (INCa), 61 214 nouveaux cas de cancer du sein ont été enregistrés en France métropolitaine en 2023. Ainsi que 12 765 décès cette même année.

Le cancer du sein peut toucher des femmes à différents âges. Près de 80 % des cancers du sein apparaissent toutefois après 50 ans. Lorsqu’il est détecté tôt, il se soigne dans 9 cas sur 10, selon l’Assurance Maladie.

C’est précisément tout l’intérêt du dépistage. Il permet de rechercher une éventuelle anomalie avant même l’apparition de symptômes. Plus une tumeur est découverte tôt, plus les traitements peuvent être efficaces et moins ils sont généralement lourds.

Et contrairement à ce que certaines pourraient penser, attendre d’avoir mal n’est pas une stratégie de dépistage. Un cancer du sein peut être présent sans provoquer de douleur ou de signe évident.

La palpation, un réflexe à adopter

À partir de 25 ans, un examen clinique des seins est recommandé chaque année par un professionnel de santé. Médecin traitant, gynécologue ou sage-femme peuvent notamment observer et palper les seins.

L’autosurveillance peut également permettre de mieux connaître sa poitrine. L’objectif n’est pas de devenir sa propre radiologue, mais de repérer une modification inhabituelle.

Une boule, une modification de la forme du sein, une rétraction de la peau ou du mamelon, un écoulement inhabituel, une rougeur persistante ou un ganglion sous l’aisselle doivent conduire à consulter.

Attention toutefois à une idée reçue importante : l’autopalpation ne remplace pas un suivi médical ni une mammographie. Elle vient en complément du dépistage, selon l’âge et le niveau de risque.

Entre 50 et 74 ans, on ne passe pas son tour

En France, le programme national de dépistage organisé concerne les femmes de 50 à 74 ans sans symptôme ni risque particulier. Une mammographie est proposée tous les deux ans.

Elle est associée à un examen clinique des seins. La mammographie permet de repérer certaines anomalies avant même qu’elles soient palpables. L’examen clinique peut, de son côté, détecter certaines anomalies qui ne sont pas visibles sur les clichés.

Le dépistage organisé est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour la mammographie. Des examens complémentaires peuvent parfois être proposés. Une échographie, par exemple, ne signifie pas automatiquement qu’un cancer a été découvert.

Et si vous avez moins de 50 ans ou plus de 74 ans, cela ne signifie évidemment pas qu’il faut oublier vos seins. Le suivi dépend notamment de vos antécédents et de vos éventuels facteurs de risque. En cas de risque élevé ou très élevé, le médecin peut proposer une surveillance spécifique.

Gameuse, fais une pause dans ta partie

On connaît toutes la situation. « Encore une quête et j’arrête. » Trois heures plus tard, notre personnage est toujours debout et nous cherchons désespérément un point de sauvegarde.

Pour le dépistage, mieux vaut éviter cette technique.

Prendre rendez-vous chez un professionnel de santé, surveiller régulièrement sa poitrine et répondre à l’invitation au dépistage lorsqu’on est concernée sont de petits gestes. Ils peuvent pourtant avoir de grandes conséquences.

Et si vous avez un doute ou constatez une modification inhabituelle, inutile d’attendre Octobre Rose prochain. Prenez rendez-vous.

Quand le jeu devient aussi un outil de prévention

Le jeu vidéo peut aussi servir à sensibiliser à la santé. La Ligue contre le cancer utilise notamment des dispositifs ludiques pour expliquer le dépistage et apprendre les bons réflexes.

Une expérience en réalité virtuelle développée pour la Ligue proposait par exemple plusieurs séquences interactives consacrées aux idées reçues, aux facteurs de risque et à la prévention du cancer du sein.

Plus récemment, certains organismes utilisent également le principe de l’escape game ou du serious game pour rendre le sujet plus accessible. En octobre 2026, le CCAS de Carquefou propose ainsi un escape game consacré au dépistage du cancer du sein.

Alors, pendant qu’on équipe son personnage, qu’on améliore son stuff ou qu’on cherche le prochain boss… On peut aussi penser à son propre niveau de prévention. Jouer, c’est bien. Prendre soin de soi, c’est encore mieux.

Quelques exemples de jeux engagés contre le cancer du sein

Parmi les jeux vidéo dédiés à la prévention contre le cancer du sein, on se souvient de BoobLazor, un petit jeu indépendant créé lors de la Boob Jam 2020, une game jam destinée à soutenir la prévention du cancer du sein. Le principe est assez décalé : on incarne un robot envoyé dans un sein pour détruire les cellules cancéreuses avec un laser avant qu’elles ne se développent. Le jeu est disponible gratuitement sur Windows et sa page renvoie également vers des ressources de prévention.

On pourrait aussi citer Breast Cancer Detective, un jeu éducatif développé dès 2005 par l’Université du Michigan pour sensibiliser au dépistage du cancer du sein auprès de patientes amérindiennes. Ce n’est pas un jeu commercial indé, mais c’est historiquement intéressant : l’utilisation du jeu vidéo comme outil de sensibilisation au dépistage ne date donc pas d’hier.

Enfin, Strong Together, est un serious game destiné à des femmes atteintes d’un cancer du sein avancé ou d’un cancer gynécologique. Une étude publiée en 2023 a montré sa faisabilité et des résultats encourageants sur l’auto-défense des patientes dans leur parcours de soins.

Les bons réflexes à retenir

Petit récap’ pour la forme :

  • Dès 25 ans, pensez à un examen clinique annuel des seins par un professionnel de santé.
  • Observez régulièrement votre poitrine et apprenez à connaître son aspect habituel.
  • En cas de changement inhabituel, consultez sans attendre.
  • Entre 50 et 74 ans, participez au dépistage organisé tous les deux ans si vous êtes concernée.
  • Et surtout, ne remplacez jamais une mammographie ou un suivi médical par une simple autopalpation. Les deux démarches sont complémentaires.

Votre prochaine partie peut attendre quelques minutes. Votre santé, elle, mérite une sauvegarde régulière.

Sources d’information : INCa, Ligue contre le Cancer…