Un jeu déjà très cinématographique à l’époque

Quand le premier Broken Sword sort en 1996 chez Revolution Software, le jeu se démarque immédiatement des autres point-and-click grâce à son écriture très inspirée du cinéma d’aventure. On y suit George Stobbart, touriste américain un peu dépassé… Et Nico Collard, journaliste française bien plus compétente que lui dans à peu près tous les domaines.

Ensemble, ils enquêtent sur un attentat à Paris qui les entraîne rapidement dans une immense conspiration liée aux Templiers. Oui, dit comme ça, ça ressemble énormément à Da Vinci Code. Ce n’est pas totalement un hasard d’ailleurs : Charles Cecil expliquait déjà il y a des années que la série mélangeait volontairement fiction moderne et références historiques réelles.

Le plus amusant, c’est que Broken Sword possédait déjà une structure très “film d’aventure” : voyages internationaux, humour léger, duo de héros complémentaires, suspense, énigmes… Et méchants mystérieux en robe de cérémonie inquiétante.

À bien des égards, le jeu ressemblait presque à un Indiana Jones version européenne… Avec davantage de discussions et moins de fouets.

Pourquoi Hollywood s’intéresse enfin à Broken Sword

Pendant longtemps, Broken Sword était considéré comme une licence culte… Mais surtout connue des joueurs PC des années 90 et des gens capables de résoudre des puzzles impossibles sans Internet.

Aujourd’hui, le contexte a complètement changé. Le succès des adaptations de jeux vidéo comme The Super Mario Bros. Movie, The Last of Us ou Sonic the Hedgehog a convaincu Hollywood que les licences gaming pouvaient devenir de véritables franchises grand public.

Et Broken Sword possède plusieurs avantages énormes : une histoire déjà très narrative, des personnages appréciés, une forte identité visuelle, et surtout un univers qui ne nécessite pas 400 millions de dollars d’effets spéciaux spatiaux.

Concrètement, le projet peut fonctionner comme un thriller d’aventure relativement “humain”, entre enquête, humour et mystères historiques. Ce qui tombe plutôt bien : Hollywood adore les sociétés secrètes depuis environ 40 ans.

Charles Cecil veille au grain

La bonne nouvelle pour les fans, c’est que Charles Cecil participe directement au projet comme producteur. Et ça change beaucoup de choses. Depuis des années, Cecil répète qu’il préférait ne pas faire de film plutôt que proposer une mauvaise adaptation. Parce qu’en réalité, ce projet traîne dans les cartons depuis très longtemps. Une première tentative d’adaptation existait déjà… En 2007.

Mais comme beaucoup de projets de films adaptés de jeux vidéo à l’époque, il n’avait jamais réellement décollé. Il faut dire qu’avant les années 2020, annoncer un “film tiré d’un jeu vidéo” provoquait souvent la même réaction qu’un vieux piège dans un point-and-click : de la peur et beaucoup de méfiance.

Aujourd’hui, le contexte est bien plus favorable.

Le retour inattendu d’une licence culte

Le timing n’est probablement pas un hasard non plus. Depuis quelques années, Revolution Software tente de relancer la franchise avec des remakes, des versions “Reforged”, et surtout Broken Sword: Parzival’s Stone, le prochain épisode officiel annoncé en 2023.

Le studio profite aussi d’un énorme facteur nostalgie. Broken Sword reste l’une des séries d’aventure les plus aimées de toute une génération de joueurs européens. Et sur Reddit ou les forums spécialisés, beaucoup considèrent encore les deux premiers épisodes comme des références absolues du genre.

Même si, soyons honnêtes : certaines personnes restent surtout traumatisées par cette fameuse chèvre. Les vrais savent.

Et après ?

Pour l’instant, aucun réalisateur ni casting officiel n’a été annoncé. Mais si le film fonctionne, Broken Sword pourrait devenir une franchise idéale pour le streaming ou le cinéma d’aventure moderne : moins coûteuse qu’un blockbuster fantasy, plus accessible qu’une adaptation ultra-geek… Et suffisamment connue pour attirer les nostalgiques.

Reste évidemment une question essentielle : comment adapter un point-and-click sans transformer le héros en type qui passe 20 minutes à combiner un trombone avec une boîte de conserve ? Parce qu’entre nous, c’était aussi ça, le vrai gameplay Broken Sword.