430 boutiques en vente

La nouvelle est tombée via un communiqué concis, publié par GameStop ce 18 février.

« GameStop Corp. a annoncé aujourd’hui que dans le cadre de son évaluation de ses actifs internationaux, la Société a l’intention de poursuivre la vente de ses opérations en France et au Canada. »

GameStop

Comprenez par là que, mis à mal notamment par le streaming, le groupe américain met en vente les boutiques dans les deux pays concernés. Rien que pour la France, cela représente 430 boutiques, et un peu plus de 1700 collaborateurs, selon l’enseigne.

Une situation paradoxale lorsque l’on sait que le jeu vidéo n’a jamais été aussi populaire, comme le rapporte une étude du S.E.L.L. (Syndidat des éditeurs de logiciels de loisirs) pour l’année 2024 (on vous en parle ici). Touchant 70% des Français en 2024, et générant un chiffre d’affaire de plus de 6 milliards d’euros. On observe aussi dans cette étude que le Français reste attaché, pour 67% des joueurs, au format physique vendu dans les boutiques comme Micromania (contre 33% de dématérialisé).

De son côté, Micromania-Zing tient à rassurer ses clients : « Nos activités se poursuivent normalement. Et nous continuons à développer notre offre jeux vidéo, produits dérivés et services. Les précommandes passées (et futures) seront bien évidemment honorées. Les avoirs et bons d’achat conservent toute leur validité.« 

Au moment où nous bouclons ces lignes, aucun repreneur ne se serait encore manifesté.

Que peut-il se passer maintenant ?

Si aucun repreneur ne se manifeste pour Micromania-Zing, plusieurs scénarios sont envisageables, en fonction de la stratégie de GameStop et de la santé financière de l’enseigne. Voici les principaux scénarios possibles :

  • GameStop peut décider de garder Micromania-Zing. Et de poursuivre son exploitation, en tentant de relancer l’activité via une restructuration (fermeture de magasins non rentables, renforcement de la vente en ligne, diversification des produits, etc.).
  • Si l’enseigne devient trop coûteuse à maintenir sans acheteur, GameStop pourrait décider de fermer progressivement les magasins et de les mettre en liquidation. Les magasins seraient fermés par vagues… Et les actifs (stocks, mobilier, licences) vendus pour rembourser d’éventuelles dettes. Les employés licenciés au fur et à mesure.
  • Si l’entreprise dans son ensemble ne trouve pas preneur, GameStop pourrait revendre certaines parties séparément. La marque pourrait être achetée par un acteur du secteur, les magasins récupérés par d’autres enseignes spécialisées ou des chaînes plus généralistes… Et le stock de jeux et de produits dérivés racheté par des distributeurs concurrents.
  • Micromania pourrait abandonner ses magasins physiques et se recentrer uniquement sur la vente en ligne, comme certains autres acteurs du marché. Afin notamment de réduire considérablement les coûts d’exploitation (loyers, salaires des vendeurs) et de s’adapter à la tendance actuelle du e-commerce.
  • Autre hypothèse, un plan de continuation avec des investisseurs. GameStop pourrait chercher des investisseurs ou un partenariat stratégique pour injecter des fonds dans Micromania et maintenir l’enseigne en vie. Passant par un changement de modèle économique, une modernisation des magasins… Ou une diversification des produits (plus d’occasion, plus de produits dérivés, etc.).

Si aucun repreneur ne se manifeste, la solution la plus probable serait une fermeture progressive. Ou une transformation en une enseigne en ligne.

Un peu d’histoire

Micromania a été fondée en 1983 par Albert Loridan,et a débuté comme société de vente par correspondance, à Nice. En 1987, elle ouvre son premier point de vente au Printemps Haussmann à Paris. Suivi en 1989 par un magasin au Forum des Halles.

En 2008, le groupe américain GameStop, leader mondial de la distribution de jeux vidéo, rachète Micromania.

Puis, face à la concurrence du dématérialisé, la marque fusionne en 2017 avec Zing Pop Culture. Sa filiale dédiée aux produits dérivés (comme les figurines, goodies ou cartes à jouer). Et devient Micromania-Zing.

En 2019 déjà, des rumeurs de fermetures circulaient, sur fond de difficultés financières chez GameStop. Micromania démentait (lire ici).