Onze ans après l’échec des premières Steam Machines, Valve officialise une nouvelle Steam Machine. Une bécane pensée pour le salon, entre console et PC, qui pourrait rebattre les cartes du marché. Elle arrive fin juin, mais son prix au dessus de la barre des 1000€ fait tousser…
Valve ressort un vieux rêve du placard
Certaines idées refusent de mourir. En 2015, Valve tentait déjà de faire entrer le PC dans le salon avec les premières Steam Machines. L’expérience s’était soldée par un échec commercial aussi rapide que discret. Trop chères, trop complexes, pas assez compatibles avec les jeux PC de l’époque, catalogue trop famélique… Le projet avait disparu aussi vite qu’il était apparu.
Onze ans plus tard, l’entreprise de Gabe Newell revient pourtant à la charge.
Valve vient officiellement de présenter sa nouvelle Steam Machine, une machine hybride entre console et PC qui sera commercialisée à partir du 29 juin 2026. La machine, pensée comme un PC de salon fonctionnant sous SteamOS, arrivera cet été avec une promesse simple : offrir toute la bibliothèque Steam dans un format proche d’une console traditionnelle. Plus d’infos ici.
Mais l’enthousiasme initial a rapidement laissé place à une autre discussion. Une discussion qui tient en quatre chiffres.
Le prix qui fait tousser Internet


Valve commercialisera la Steam Machine à partir de 1 049 dollars pour le modèle 512 Go. La version 2 To grimpe quant à elle à 1 349 dollars, sans compter l’éventuel Steam Controller vendu séparément. En Europe, le tarif débute à environ 1 039 euros. Comptez 1428€ pour la console, sa manette et ses extensions mémoire. Attention : pour acheter, vous devez vous inscrire sur liste d’attente.
Forcément, la comparaison avec les consoles actuelles n’a pas tardé.
Une PlayStation 5 Pro, une Xbox Series X ou même une Switch 2 coûtent nettement moins cher. Même certains PC gaming préassemblés commencent à entrer dans la conversation. Résultat : les réseaux sociaux se sont rapidement divisés entre les joueurs séduits par la philosophie du produit et ceux qui considèrent son prix comme difficile à justifier.
Pourquoi Valve refuse de vendre à perte
Face aux critiques, Valve a rapidement expliqué sa position.
Contrairement à Sony, Microsoft ou Nintendo, l’entreprise refuse de subventionner son matériel. Les constructeurs de consoles vendent traditionnellement certaines machines à perte, puis compensent grâce aux ventes de jeux, aux abonnements et aux commissions sur leur écosystème fermé.
Valve défend une approche différente. Selon l’entreprise, vendre le matériel à son coût réel permet de préserver un modèle plus ouvert, hérité du monde du PC. La Steam Machine serait ainsi vendue à un tarif proche de son coût de fabrication.
Une explication rationnelle… mais qui ne fait pas disparaître la facture.
La crise des composants n’aide pas


Autre élément souvent évoqué par Valve : le contexte industriel actuel.
Depuis plusieurs mois, le marché mondial de la mémoire vive et du stockage subit une forte tension. La demande liée à l’intelligence artificielle, aux centres de données et à l’industrie technologique exerce une pression considérable sur les chaînes d’approvisionnement.
Valve affirme que ses coûts de production ont fortement augmenté pendant le développement de la machine. Plusieurs analystes estimaient déjà avant l’annonce qu’un prix supérieur à 1 000 dollars devenait probable.
Autrement dit, la Steam Machine est arrivée sur le marché au pire moment possible pour tenter de paraître abordable.
Une console ? Pas vraiment
Une partie du débat provient également d’une question de perception.
Pour de nombreux joueurs, la Steam Machine ressemble à une console. Elle est compacte, conçue pour être placée sous un téléviseur et fonctionne avec une interface simplifiée.
Valve, en revanche, insiste sur le fait qu‘il s’agit d’un PC de jeu sous SteamOS. Un PC capable d’accéder à toute la bibliothèque Steam, aux mods, aux applications tierces et aux fonctionnalités habituelles de l’écosystème PC.
Le problème est simple : lorsque le produit ressemble à une console, beaucoup de consommateurs le comparent naturellement à une console.
Et à ce jeu-là, un prix supérieur à 1 000 dollars devient difficile à faire accepter.
Pourquoi certains joueurs la défendent malgré tout

Malgré la polémique, la Steam Machine possède aussi ses défenseurs.
Pour eux, comparer uniquement son prix à celui d’une console est réducteur. Ils rappellent qu’elle offre l’accès au catalogue Steam, aux promotions régulières de la plateforme, au jeu en ligne gratuit et à une liberté logicielle bien plus importante que celle des machines concurrentes.
D’autres soulignent qu’assembler un mini-PC aussi compact et silencieux avec des composants équivalents n’est pas forcément beaucoup moins coûteux aujourd’hui. Le débat est donc loin d’être tranché.
Et maintenant ?
Les précommandes sont désormais ouvertes et les premiers tests complets devraient arriver dans les prochains jours. Ce seront eux qui détermineront si Valve a eu raison de viser le haut de gamme ou si la Steam Machine souffre du même problème que sa devancière de 2015 : une excellente idée proposée à un tarif que le grand public n’est pas prêt à accepter.
Une chose est certaine : Valve a réussi son premier objectif. Tout le monde parle de la Steam Machine.
Le second objectif (convaincre les joueurs de dépenser plus de 1 000 euros pour l’accueillir dans leur salon) risque d’être un peu plus compliqué.
