Sony assume son choix de tourner progressivement le dos aux disques physiques. Mais derrière cette décision se pose une question : et si le constructeur préparait en réalité un nouveau support pour la PS6 ? Pendant ce temps, Xbox Helix pourrait jouer une autre carte. Oui, tout ceci est utopique… Mais rien n’empêche de se poser la question. On vous explique !
Sony a entendu les joueurs… Mais ne change pas de cap
Il fallait s’y attendre : l’annonce de Sony début juillet, concernant la disparition progressive des jeux PlayStation sur disque n’a pas exactement déclenché une standing ovation. Pour ne pas dire qu’elle a lancé une véritable levée de boucliers, derrière le slogan « no disc, no PS6 » .
Depuis l’annonce du 1er juillet, les réactions négatives se sont multipliées chez les joueurs attachés au format physique. Collectionneurs, amateurs de jeux d’occasion, défenseurs de la conservation du patrimoine vidéoludique ou simples joueurs qui aiment encore posséder leur jeu autrement que par une ligne dans une bibliothèque numérique : beaucoup considèrent cette évolution comme une mauvaise nouvelle.
La contestation ne s’est d’ailleurs pas limitée aux commentaires sous les annonces de Sony. Une pétition demandant au constructeur de revenir sur l’abandon programmé des jeux physiques a recueilli plusieurs centaines de milliers de signatures, dépassant notamment les 350 000 selon les derniers décomptes rapportés. Un chiffre suffisamment conséquent pour témoigner de l’attachement d’une partie du public au support physique, même s’il n’a manifestement pas suffi à faire vaciller la position de Sony.
Sony, lui, ne semble pas décidé à faire marche arrière. Et a déjà commencé à poser des étiquettes, pour prévenir les consommateurs, sur ses PS5.
Le constructeur a annoncé que la production de disques physiques pour les nouveaux jeux PlayStation prendra fin à partir de janvier 2028. Après cette date, les nouveautés seront disponibles sur le PlayStation Store, mais également chez les revendeurs sous forme de produits numériques. Les jeux déjà commercialisés en physique, ainsi que ceux qui sortiront avant janvier 2028, ne sont pas concernés par cette décision.
Présentée début août à ses investisseurs, la position de Sony est on ne peut plus claire : le groupe assure avoir étudié « avec prudence » les conséquences de l’abandon progressif du disque physique. Mais ne compte pas revenir sur cette orientation, considérée désormais comme une évolution structurelle de son activité PlayStation.
La justification officielle tient en quelques mots : les joueurs achètent désormais majoritairement leurs jeux en numérique.
Et Sony a effectivement des chiffres pour soutenir son argument.
Pour Sony, les chiffres parlent plus fort que les collectionneurs
Les données financières de Sony montrent que 83 % des ventes de jeux complets PS4 et PS5 étaient réalisées en téléchargement numérique au premier trimestre de l’exercice fiscal 2025. Le constructeur constate donc une tendance lourde : le disque n’est plus le principal moyen d’achat des jeux PlayStation.
Sony considère cette évolution comme suffisamment importante pour réorganiser complètement sa stratégie.
Lors de la présentation de ses résultats du premier trimestre fiscal 2026, le groupe a une nouvelle fois défendu cette orientation. La direction estime que la consommation de contenus s’éloigne globalement du support physique et que PlayStation doit accompagner cette transformation. Le directeur financier Lin Tao était notamment présent lors de cette présentation du 31 juillet.
Autrement dit : Sony a parfaitement conscience que certains joueurs sont mécontents, mais considère que cette frange ne représente plus la majorité de son marché.
C’est probablement la partie la plus difficile à avaler pour les défenseurs du physique : une entreprise ne regarde pas seulement ce que ses clients les plus passionnés réclament sur les réseaux sociaux. Elle regarde surtout ce qu’ils achètent.
Et visiblement, ils téléchargent.
Mais Sony parle-t-il vraiment de la fin du physique ?
C’est ici que l’affaire devient plus intéressante. L’annonce de Sony parle précisément de « disques physiques ». Elle ne dit pas nécessairement que le concept de support physique disparaîtra pour toujours de l’écosystème PlayStation.
La nuance peut sembler sémantique. Elle pourrait pourtant devenir importante au moment de l’arrivée de la prochaine génération.
Imaginons un instant que Sony ait fait le choix de supprimer progressivement le Blu-ray utilisé aujourd’hui, non pas uniquement pour passer au tout-numérique, mais aussi parce que l’entreprise prépare un autre moyen de distribuer physiquement ses jeux.
Après tout, la PS6 arrivera dans un marché très différent de celui de la PS5. Les jeux deviennent toujours plus volumineux, les installations toujours plus importantes et les mises à jour quasi systématiques. Un futur support propriétaire, plus capacitaire ou reposant sur une autre technologie, pourrait théoriquement remplacer le disque actuel.
Ce scénario est-il confirmé ? Non.
Sony n’a annoncé aucun nouveau support physique pour la PS6 et n’a donné aucun indice officiel permettant d’affirmer qu’un tel format est en préparation. Il s’agit donc d’une hypothèse, pas d’une information. Il est même très fortement probable que Sony pense « full démat » au moment où vous lisez ces lignes. Mais…
Mais la question mérite d’être posée. Car « Sony arrête de produire des disques » ne signifie pas nécessairement « Sony ne fabriquera plus jamais aucun support physique ».
La différence est loin d’être anodine.
Le véritable problème n’est peut-être pas le disque
Derrière la disparition du support physique se trouve une question beaucoup plus importante : qu’est-ce que signifie posséder un jeu ?
Avec un disque, le joueur peut conserver son exemplaire, le revendre, le prêter ou le ressortir plusieurs années plus tard. Cela ne garantit évidemment pas qu’un jeu sera éternellement fonctionnel — mises à jour, serveurs et licences peuvent toujours poser problème — mais le support constitue au moins un objet concret.
Dans un modèle entièrement numérique, la relation est différente.
Le jeu est associé à un compte, à une boutique et à une infrastructure contrôlée par l’éditeur ou le constructeur. Et l’histoire de l’industrie a déjà montré que des contenus numériques peuvent disparaître d’une boutique ou devenir difficiles à récupérer.
C’est précisément cette question de préservation et de propriété qui alimente une grande partie de la colère actuelle.
Sony, de son côté, répond avec une logique commerciale difficile à contester : si l’immense majorité des joueurs choisit déjà le numérique, maintenir une chaîne de production physique pour une minorité coûte nécessairement davantage.
Le problème, c’est que la majorité n’a pas toujours raison lorsqu’il s’agit de préserver un patrimoine.
Une bibliothèque numérique est pratique. Une étagère de jeux, elle, ne demande pas de mot de passe.
Et si Xbox décidait de prendre le contrepied ?
C’est là que les informations entourant la prochaine console de Microsoft deviennent particulièrement intéressantes.
Le projet Xbox Helix, nom de code attribué à la prochaine génération Xbox, fait actuellement l’objet de nombreuses rumeurs. L’une des pistes les plus intéressantes concerne sa rétrocompatibilité.
Des informations récentes évoquent une ambition particulièrement large : permettre à la prochaine Xbox de faire fonctionner des jeux issus de plusieurs générations, de la Xbox originale à la Xbox Series, avec également une ouverture vers le PC. Microsoft travaillerait notamment sur une stratégie permettant de transformer certains jeux physiques Xbox One et Xbox Series en droits numériques associés au compte du joueur.
Sur le papier, ce serait particulièrement séduisant.
Mais il faut immédiatement sortir le gros marqueur rouge du journaliste : cela ne signifie pas que Helix aura forcément un lecteur de disque.
Xbox Helix avec un lecteur ? Attention à la rumeur
C’est précisément ici que les choses deviennent confuses.
Certaines informations récentes ont laissé entendre que Microsoft envisagerait de réintroduire ou de conserver un lecteur physique dans Helix. D’autres sources ont toutefois mis en doute cette affirmation, notamment après la circulation d’un message viral présenté comme une confirmation.
À l’heure actuelle, Microsoft n’a pas officiellement confirmé la présence d’un lecteur de disque dans sa Xbox Helix. Une source récente a même identifié une affirmation virale sur ce sujet comme provenant d’une source peu fiable.
Il faut donc résister à la tentation de présenter la prochaine Xbox comme la grande sauveuse du Blu-ray.
En revanche, une chose est nettement plus intéressante : Microsoft semble vouloir faire de la rétrocompatibilité un élément majeur de son écosystème futur.
Et si le constructeur décidait finalement d’associer cette philosophie à un véritable support physique, Xbox pourrait alors proposer quelque chose de très différent de la stratégie actuelle de Sony.
Le scénario rêvé pour les joueurs ?
Imaginez une Xbox Helix capable de lire les jeux Xbox originaux, Xbox 360, Xbox One et Xbox Series, tout en permettant aux joueurs de continuer à utiliser leurs anciennes collections.
Ajoutez à cela une compatibilité avec les achats numériques et un système capable de transformer certaines anciennes éditions physiques en licences numériques lorsque cela est possible.
Ce serait une proposition particulièrement séduisante pour les joueurs attachés à leur historique vidéoludique.
Mais là encore, les limites seraient nombreuses : droits musicaux, licences de marques, jeux retirés des boutiques, dépendance aux éditeurs et problèmes techniques liés à l’émulation.
Tous les jeux ne pourraient pas nécessairement être ressuscités par magie.
La nostalgie est puissante. Elle ne permet malheureusement pas de ressusciter une licence Ferrari expirée dans un vieux jeu de course.
Sony prend un risque calculé
Au fond, Sony ne semble pas avoir changé d’avis.
Le constructeur sait que la décision provoque une réaction négative chez une partie de la communauté, mais les chiffres de ventes numériques lui donnent une raison solide de poursuivre sa transition. La présentation financière de juillet confirme d’ailleurs que cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation du groupe.
Reste cette question passionnante concernant la prochaine génération : Sony veut-il vraiment abandonner le physique, ou seulement le support physique que nous connaissons aujourd’hui ?
Pour le moment, rien ne permet de répondre.
La première hypothèse (le passage définitif au tout-numérique) est évidemment la plus cohérente avec la décision annoncée pour 2028.
La seconde (l’arrivée d’un nouveau support physique pour la PS6) est possible sur le papier. Mais elle ne repose actuellement sur aucune information officielle. Sans parler du coût que représente l’installation d’une nouvelle technologie sur le marché.
Quant à Xbox Helix, son éventuel lecteur de disque reste lui aussi à confirmer. En revanche, les ambitions annoncées autour de la rétrocompatibilité pourraient donner à Microsoft une occasion en or : faire de la conservation des jeux un argument commercial face à une PlayStation qui assume de plus en plus clairement sa transition numérique.
Et si cela arrivait, le paradoxe serait savoureux. Sony pourrait avoir ouvert la porte au numérique en pensant simplement suivre le marché… Et Microsoft pourrait décider de laisser un pied dans le passé pour mieux vendre son avenir.
Pour l’instant, toutefois, les joueurs devront surtout retenir une chose : le disque PlayStation a encore quelques années devant lui (les derniers jeux physiques seront encore vendus un moment après l’arrêt de la production). Mais son compte à rebours est officiellement lancé... Et Sony ne reviendra plus en arrière.
