Le Puy du Fou entre aussi dans l’histoire du jeu vidéo

Vous connaissiez le parc en Vendée… Le Puy du Fou a désormais son propre jeu vidéo. Édité par le français Microids, ce party-game vous propose d’aider Merlin à récupérer des fragments de l’épée Excalibur à travers le parc vendéen, pour sauver le roi Arthur. Notre site étant lui aussi basé en Vendée, et puisque nous connaissons bien le Puy du Fou… Nous ne pouvions passer à coté du test du jeu vidéo qui s’inspire du deuxième plus grand parc de France…

Plus de 30 ans, et un jeu vidéo

Si vous êtes déjà parti en vacances en Vendée, vous ne pouvez pas être passé à côté du Puy du Fou. Un site incontournable sur la feuille de route de votre séjour dans le 85. Ce célèbre parc a été créé par Philippe de Villiers en 1989. Aujourd’hui, plus de 30 ans plus tard, le Puy du Fou jouit d’une renommée mondiale, et est le 2e parc le plus fréquenté de France.

Sans rentrer dans les détails, le Puy du Fou est un parc dont le thème est l’Histoire avec un grand H. Initialement celle de la Vendée, puis par extension, au fil des années, l’Histoire de France, de l’Antiquité à la Première Guerre Mondiale. Une machine à voyager dans le temps, en quelque sorte. Et pour plus de détails, je vous invite à visiter le site officiel du parc, ici.

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Parmi les nombreuses époques traversées par les spectacles du parc, on retrouve la légende arthurienne. Le show intitulé Les Chevaliers de la Table Ronde est le point de départ du jeu qui nous intéresse aujourd’hui : Puy du Fou, la Quête d’Excalibur. Une légende qui évoque davantage la Bretagne et la forêt de Brocéliande, mais qui constitue ici la trame principale du scénario, mais j’y reviens plus bas.

Le jeu est édité par un studio français, le parisien Microids, que l’on connaît déjà pour son catalogue long comme le bras (Astérix XXL, Blacksad, Gear.Club, Sybéria… Mais si l’on s’attarde sur les party games, on pensera surtout à Fort Boyard ou Koh-Lanta). C’est donc un jeu « presque » 100% made in France qui nous être proposé ici, puisque l’éditeur Microids a fait appel à Balio Studio pour le développement du jeu. Un studio basé à Mons, en Belgique.

Il faut sauver le soldat Arthur

Le synopsis du jeu nous explique que le chevalier Lancelot du Lac, rongé par la jalousie, provoque le roi Arthur en duel. Seulement Excalibur, l’épée du roi, se brise à l’issue du combat et il n’en reste que la garde. Après avoir succombé aux promesses de la terrible fée Morgane, Arthur décide de jeter ce qu’il reste d’Excalibur dans les eaux troubles. Piégé, il se retrouve prisonnier du royaume d’Avalon. Merlin l’enchanteur, protecteur du jeune roi, se charge de trouver le chevalier capable de réunir les morceaux de l’épée légendaire… Pour ramener le roi Arthur du royaume d’Avalon ! 

Alors oui ! Soyons clair : une personne ayant grandi avec les légendes arthuriennes sera fort probablement surprise à la lecture de ce synopsis, adapté très librement du récit de Chrétien de Troyes. Mais… Nous allons partir du principe (et on y reviendra beaucoup) que ce jeu a été développé pour des enfants. Ceux-ci ont l’imagination débordante, et aiment particulièrement sortir du cadre avec leurs héros préférés. Alors, on va fermer les yeux, considérant que cette liberté scénaristique peut justement ouvrir des perspectives au public ciblé par le jeu de Microids.

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Concrètement, l’intro du jeu nous explique que Merlin a attendu l’arrivée d’un nouveau preux chevalier pour aider Arthur. Et devinez quoi ? Ce héros, c’est vous ! Un enfant, qui va devoir retrouver les quinze éclats d’Excalibur, afin de reconstituer l’épée légendaire pour libérer Arthur. Un royaume entier, c’est grand ! Alors, les fragments ont été disséminés aux quatre coins du Puy du Fou, qui représente tout de même une jolie surface de 55 hectares à arpenter. Quinze éclats à retrouver, donc quinze défis à relever. Et c’est parti pour une aventure qui peut se jouer en solo ou à deux.

Un jeu clairement orienté vers le jeune public

Comme dans la plupart des jeux vidéo d’aujourd’hui, votre première mission va consister à créer votre avatar. Sexe, couleur des yeux, de la peau ou des cheveux, coupe, puis vêtements… On a vu de meilleurs éditeurs d’avatars, mais il faut reconnaître que l’on en a aussi vu des pires. Y compris chez de gros éditeurs. De ce point de vue, sur une entrée en matière assez générique, le jeu de Microids n’a pas à rougir. Une fois que vous aurez relevé des défis, de nouveaux vêtements s’ajouteront à votre garde-robe, que vous pouvez changer quand bon vous semble. Aux fringues modernes s’ajoutent des tenues romaines, vikings, médiévales… Ceci étant fait, il est temps de retrouver Merlin (qui vous fait entrer gratos dans le parc), et de filer vers le premier défi.

Premier point intéressant : les épreuves proposent différents types de gameplay. Les défis proposés empruntent leurs mécaniques aux beat’em all, aux jeux de rythme, d’adresse et de tir, de stratégie, ou même de course… De ce point de vue, on peut parler de variété. Globalement, le jeu est assez simple, et il faudra environ trois ou quatre heures à un adulte pour finir l’aventure. Une durée qui s’explique par de nombreux va-et-viens au sein du parc (malgré les déplacements rapides), et par les nombreux objets à collecter pour boucler votre périple et pouvoir aller délivrer Arthur.

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Ils rallongent considérablement la durée de vie d’un titre qui se plierait en 25 minutes, si vous ne faisiez qu’enchaîner les épreuves. 15 défis pour gagner 15 fragments d’Excalibur, ça va vite. Alors, vous devrez aussi résoudre les énigmes de Jean de La Fontaine, retrouver les pièces d’Or du Premier Royaume disséminées dans les allées du parc… Ou encore retrouver les parchemins perdus par La Pérouse, aux quatre coins du Puy du Fou. Des quêtes annexes qui pourraient sembler longues et rébarbatives, mais heureusement, chaque item est pointé sur la map. Et tous les retrouver sera potentiellement long, mais pas bien difficile.

Ramer en rythme en suivant les touches qui s’affichent, lancer une hache dans une cible, gagner une course de chars, faire des figures acrobatiques à cheval en suivant un rythme… Les mini-jeux ne sont pas difficiles, et les règles sont clairement expliquées avec des schémas et avec des voix en Français. Pour initier vos petites têtes blondes aux party-games, on ne peut franchement pas faire mieux ! C’est moins fun qu’un Mario Party, mais il y a des chevaliers et des vikings… Donc ce qu’il faut pour faire kiffer les plus jeunes (il manque juste des dinosaures). Et une fois le mode Histoire terminé, ou même avant en fait, il est possible de jouer tous les défis séparément, en mode libre. Parfait pour s’entraîner ou défier les copains.

Une technique trop datée ?

En revanche, et même pour un jeu destiné aux enfants, il est un point négatif sur lequel il est difficile de fermer les yeux : la réalisation. Un jeu peut être bon, même avec des graphismes d’un autre âge, les jeux en pixel-art en sont un bon exemple. Et sur un jeu qui ne bénéficie sans doute pas de la puissance de feu financière d’un triple A, on ne jugera pas ici le titre sur ces décors très sommaires, avec des éléments parfois grossiers (la végétation par exemple), des textures qui donnent l’impression d’être en 2D… Voire les PNJ qui maîtrisent le multi clonage encore mieux que Naruto. En revanche, il sera difficile de fermer les yeux sur les bugs, ou sur la lourdeur du personnage (sur la map) qui pourra vous faire trouver le temps long.

Et là, on en a hélas quelques uns, comme en témoignent les captures ci-dessus. Des personnages qui lévitent à plusieurs mètres au dessus du sol (je vous jure qu’en voyant cette scène, j’ai cru à un hommage à Ulysse 31 face à ses compagnons inertes, flottant dans une salle de l’Odysseus… Bravo si vous avez la réf). Durant mon premier run, j’ai aussi rencontré un bug (qui ressemble d’ailleurs davantage à un debug) qui a eu pour effet de détruire ma sauvegarde. Seule solution : effacer la save sur le disque dur de la console, et recommencer ma partie de zéro. À la décharge des développeurs, la dernière mise à jour du jeu semble avoir fixé ces problèmes. Je vous recommande donc de mettre votre jeu à jour dès que possible.

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Autre point qu’il sera difficile à justifier : la lourdeur des commandes. Et notamment les déplacements d’un point à un autre (surtout quand vous devez traverser tout le parc) qui semblent durer des plombes. Les développeurs ont bien pensé à inclure un système de déplacements rapides (des portails violets qui vous emmènent à quatre coins du parc), mais le voyage se paie au prix d’un temps de chargement plus ou moins long, donc l’un dans l’autre… Le déplacement de votre avatar (aussi souple qu’un semi-remorque) à l’aide du stick, dans le monde ouvert, n’est pas toujours évident et sera parfois source de soucis de collision : il ne sera pas rare que vous vous plantiez dans un arbre ou un mur invisible. Et dans les épreuves, si beaucoup sont facilement jouables, d’autres (sur la fin) vont vous assurer une crise de nerf tellement les contrôles deviennent un calvaire (coucou la course poursuite à cheval).

Enfin, pour un adulte habitué aux jeux vidéo, la pauvreté de l’habillage, la finition du jeu fait peine à voir. La Quête d’Excalibur doit embarquer quatre ou cinq plages musicales à tout casser. Lorsque vous remportez une épreuve, et le fragment d’épée qui va avec, Merlin vous ressortira systématiquement la même ligne de texte. Dans les allées du parc, vous allez croiser un nombre incalculable de clones chez les PNJ (le Puy du Fou n’embauche que des triplés, des quadruplés, voire plus…). Et ce ne sont que quelques exemples…

Parfait pour visiter le Puy du Fou ?

Le jeu vidéo Puy du Fou : La Quête d’Excalibur est-il fidèle au parc dont il s’inspire ? Va t-il permettre à vos enfants de prolonger l’expérience après votre visite en Vendée ? Ce qui est, on ne va pas se mentir, l’objectif premier de ce jeu… Et bien, je dois vous avouer que le constat est assez mitigé. Et sur ce point, le jeu est frustrant, au final.

Frustrant parce que oui : le parc est parfaitement reconnaissable. Et ceux qui l’ont visité vont globalement s’y retrouver, encore plus s’ils ont gardé la topographie des lieux dans un coin de leur tête. L’ambiance du jeu est d’ailleurs assez sympa, et on ne peut qu’avoir l’envie de parcourir le Puy du Fou. Du moins cette reproduction virtuelle qui, malgré ses décors parfois simplistes, donne clairement envie de pousser les portes des attractions pour voir ce qu’il s’y passe. Mais des portes qui restent hélas fermées.

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Le jeu est justement frustrant parce que tous ces sites que vous connaissez dans la vraie vie ne sont pas accessibles. La grande majorité des lieux ne sont que des murs invisibles. Et pour cause : le jeu ne s’inspire que de quatre d’entre eux : le Signe du Triomphe (l’arène romaine), les Vikings, Le Secret de la Lance et Les Chevaliers de la Table Ronde. Des quêtes annexes évoquent La Pérouse, Clovis (Le Premier Royaume) ou La Fontaine, mais sans vraiment vous immerger dans le show qui s’y réfère IRL. Dommage : le jeu aurait tant pu gagner en variété en s’inspirant aussi des autres spectacles…

Le jeu loupe le coche sur cet aspect. Car s’il vise un jeune public, il avait là une belle occasion de faire de la pédagogie. Comme le fait le Puy du Fou avec les animaux, ou les plantes dans ses jardins. Les endroits vides auraient pu proposer des fiches explicatives sur les spectacles ou les événements historiques auxquels ils se réfèrent. Le Puy du Fou aurait aussi pu se faire de la publicité en teasant ses spectacles à l’aide de vidéos. Le jeu vidéo se prive ici d’un aspect « produit dérivé » qui n’aurait pas été déconnant, et pas vulgaire non plus. Ceci dit, les développeurs nous ont confié qu’ils ne se refusent rien concernant les DLC, par exemple. Croisons les doigts.

Au final

Puy du Fou : La Quête d’Excalibur n’est pas un mauvais jeu. Il est juste un jeu dans la moyenne, auquel il manque pas mal de trucs. Alors de ce point de vue, il reste modifiable. Les possibilités d’évolution sont là. Mais en l’état, son contenu est trop modeste, et manque de punch. L’ambiance du parc vendéen est là en partie, mais le jeu frustre par ses absences. Par l’impossibilité d’assister au Dernier Panache, de rentrer dans la tranchée des Amoureux de Verdun, ou de frôler les rapaces du Bal des Oiseaux Fantômes. Ce qui en fait, peut aussi s’avérer être un coup de génie : pour en voir davantage, programmez des vacances au Puy du Fou !

Mais ne perdons pas de vue que le jeu s’adresse surtout aux plus jeunes. Et pour l’avoir testé avec des enfants, là où un adulte serait sévère sur la réalisation, ou sur la simplicité du titre… La Quête d’Excalibur fait mouche chez les fans de héros en toges ou en armures. Et si d’aventure, il trouve des enfants qui sont revenus du Puy du Fou avec des images plein la tête, ou des fans, c’est le combo gagnant ! Le jeu s’avère alors être un bien meilleur souvenir (et plus interactif aussi) que la vidéo de Tonton Jean-Louis, ou que les photos instagramées du cousin Kévin. Pas le hit de l’été, mais un titre fun à essayer…


Puy du Fou : la Quête d’Excalibur

Testé sur PS4, sur une version fournie par l’éditeur
Les + :
  • Un jeu pas trop compliqué, qui amusera les enfants
  • Un nombre correct de mini-jeux
  • L’ambiance générale, on sent la patte Puy du Fou
  • Une jouabilité globalement bonne dans les épreuves…
  • On reconnaît plutôt bien le parc et sa cartographie
  • En VF
  • La création de votre avatar et les costumes
  • Le mode libre pour s’entraîner ou défier ses amis
  • On peut jouer à deux
Les – :
  • Techniquement, c’est très daté
  • Quelques bugs
  • Seulement quatre spectacles du Puy du Fou représentés
  • … Mais des déplacements un peu lourds, et quelques épreuves agaçantes justement à cause de leur jouabilité
  • Trop peu de thèmes musicaux
  • Trop de vide, qui aurait pu être rempli par des onglets descriptifs ou pédagogiques
  • Aucun challenge pour un adulte

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