Baldur ‘s Gate – L’Héritage du Jeu de Rôle : le phénomène décortiqué

Chronique réalisée sur une version envoyée par l'éditeur

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Si je vous dis « BioWare » , vous allez instantanément penser à Dragon Age ou Mass Effect. Et vous auriez raison. Pourtant, pour les plus anciens (dont je fais partie), le nom de cet éditeur est aussi associé à une licence culte : Baldur ‘s Gate. Et c’est justement le sujet du livre qui nous intéresse aujourd’hui.

Heroic Fantasy forever ?

Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été fasciné par les ambiances Donjons & Dragons, et par l’Heroic Fantasy en général. Avant de sombrer corps et âme dans l’oeuvre de Tolkien, référence absolue pour moi (et je ne parle pas uniquement du Seigneur des Anneaux ou du Hobbit… Lisez aussi Le Silmarillon et les Contes et Légendes Inachevés)… Je me revois encore dévorant les célèbres Livres Dont Vous Etes le Héros (j’en ai sans doute encore deux ou trois qui trainent), entre deux parties de Magic L’Assemblée… Mais ça, c’était à la grande époque du papier, avant l’arrivée du jeu vidéo !

Et puis, les jeux vidéo sont entrés dans ma vie. Ma première expérience Heroic Fantasy, si l’on peut ainsi dire, fut Barbarian II, sur Amstrad 6128+, avec sa jouabilité traumatisante… Puis est arrivée la NES, avec Zelda II, ou encore Shadowgate. Cette passion pour l’Heroic-Fantasy ne m’a jamais véritablement quitté. Et après quelques centaines d’heures, pour ne pas dire des années, passées sur des J-RPG (dont les Dragon Quest, Mana ou Final Fantasy)… Est arrivé sur PC un certain Baldur’s Gate. Nous étions en 1999 si ma mémoire est bonne.

► Lire aussi : Générations Mario & Générations Sonic : TOUT ce que vous avez toujours voulu savoir sur le plombier et le hérisson…

Bien que je n’y avais jamais pensé jusqu’à maintenant, je réalise un curieux phénomène autour de ce titre. Avant même que les joueurs que nous étions n’aient pu poser la main sur ce jeu, nous savions déjà que nous avions affaire à une référence. Sans doute à cause des previews enjouées de la presse de l’époque ? Toujours est-il que la simple évocation de ce nom suscitait l’envie… Je ne vais donc pas tergiverser plus longtemps sur l’impatience de découvrir avec vous ce nouvel ouvrage paru chez Third Editions. Il s’intitule Baldur’s Gate : L’Héritage du jeu de rôle (collection RPG)… Et fait remonter des images…

L’auteur

Ce nouvel ouvrage a été écrit par Maxence Degrendel. Mais dans le milieu, comme on dit, on le connaît davantage sous le pseudo Avorpal. Il a travaillé pour des sites comme jeuxvideo.comUlyces ou IndieMag. Mais il est aussi connu pour sa chaîne Youtube au nom d’Avorpal. Elle est dédiée à la découverte et à l’analyse du jeu vidéo.

L’éditeur Third le présente d’ailleurs comme « un mage de glace, un bretteur de la cour de l’impératrice, un vampire de huitième génération, un navigateur stellaire. Bref, Maxence est un rôliste. Il fait ses premières armes sur HeroQuest puis sur l’indémodable Dungeons & Dragons avant de se prendre de passion pour Fading Suns et Agone ».

Third nous explique aussi que, en parallèle de ce parcours déjà bien rempli, un autre compagnon de route s’est installé depuis longtemps dans son salon : le jeu vidéo. « Tout y passe, du point’n click au beat them all, en passant par le jeu de combat. Mais c’est véritablement avec le RPG que Maxence se découvre un amour profond pour les histoires interactives ». Et croyez moi, à la lecture de l’ouvrage, vous allez vite comprendre que l’auteur aime le RPG !

Notez aussi que c’est Ed Greenwood qui signe la préface de ce livre. Un nom qui parlera aux amateurs du genre puisqu’il n’est autre que le créateur des Royaumes Oubliés.

L’ouvrage

Encore une fois, Third Editions nous offre ici un ouvrage réalisé avec soin. Les 240 pages sont imprimées sur un papier épais, le tout relié dans une couverture cartonnée, plutôt solide. Le format 160×240 est agréable à prendre en main : pas encombrant, mais aux allures de chouette livre de collection. Et si vous n’avez pas prévu de lire ce livre d’une seule traite, il dispose du désormais traditionnel ruban de tissus marque-page propre à cette collection.

Comme à son habitude, l’éditeur propose une mise en page claire et soignée, avec des marges qui viennent apporter l’aération nécessaire à un pavé aussi dense. Cette bible de Baldur’s Gate se divise en dix chapitres, eux mêmes ventilés grâce à de nombreux intertitres qui rendent la lecture plus digeste.

Comme tous les ouvrages de la collection, Baldur’s Gate : L’Héritage du Jeu de Rôle est dépourvu d’illustrations. Pour les raisons que Mehdi El Kanafi (co-créateur de l’éditeur) nous expliquait ici.

Alors finalement ? Bon bouquin ou pas ?

On ne le répétera jamais assez lorsque nous parlerons des ouvrages Third Editions : si vous recherchez un artbook, passez votre chemin ! Pas d’illustrations ici, juste l’histoire du titre, et des recherches, de l’analyse de fond…

Tout d’abord, l’un des aspects les plus séduisants de ce livre est qu’il est à la fois abordable pour les néophytes ou les plus jeunes (qui vont vite comprendre à quel point Baldur’s Gate a été un phénomène en son temps)… Sans pour autant donner aux fans purs et durs l’impression de tenir un « Baldur’s Gate pour les Nuls » entre les mains. Ils y trouveront eux aussi leur compte.

► Lire aussi : Mehdi El Kanafi (Third Editions) : « Nous considérons le jeu vidéo comme une œuvre et comme un sujet d’étude »

Ce qui, à la base, n’est pas le plus évident lorsque l’on traite d’un sujet fortement coloré de jeux de rôle, de lancés de dés et d’un langage aussi compliqué à apprendre que le Vulcain ou l’Elfique de la Terre du Milieu. L’auteur aborde tous les aspects, les explique, et les rend digestes… Des prémices avec une démo qui aura eu du mal à convaincre les investisseurs jusqu’au succès que l’on connaît… Tous ces aspects et tant d’autres, l’auteur les aborde, les développe, les retourne dans tous les sens…

Second point, et qui est sans doute le plus important : la liberté de ton de l’auteur. Celui-ci aurait pu se contenter de lister Baldur’s gate, ses suites et ses spin-offs en nous démontrant à quel point le jeu est un phénomène planétaire… Mais heureusement, il ne se limite pas à cela… Et n’hésite pas, lorsqu’il le faut, à aussi aborder les aspects négatifs, les défauts, les erreurs… Dans le milieu du journalisme, on appelle cela l’objectivité. Et Maxence Degrendel ne cède pas à la facilité en laissant sa passion prendre le dessus. Qui aime bien châtie bien, comme on dit !

Au final

Ce nouvel ouvrage est de ceux qui créent une énorme frustration. Celle qui est générée par le fait d’avoir (re)découvert un fantôme du passé . Lorsque l’on referme le livre, on ressent comme une envie de rallumer son PC, et d’y glisser Baldur’s Gate (à condition de le posséder, évidemment) : on a découvert tant de choses à coté desquelles on était passés ! Le jeu nous avait semblé riche, il l’était beaucoup plus encore.

Mais, et c’est ici que j’aurais tendance à glisser un gros bémol, contrairement à un livre sur Mario et Sonic, nous sommes clairement ici face à un titre de niche. Le sujet est sans doute moins universel, beaucoup plus orienté vers les hardcore-rôlistes ou ceux qui ont connu autrefois la licence (pas si ancienne que cela pourtant).

Cependant, et c’est ce que nous enseignent les collections de Third, tous les titres méritent votre intérêt et votre curiosité. L’histoire du jeu vidéo est un tout, et on ne peut passer à coté d’un titre qui est un fondateur (et un fondamental) du jeu de rôle occidental. Peut-être serez vous tenté de passer à coté de cet « inconnu au bataillon » mais… Le seul conseil que l’on puisse vous donner est de laisser sa chance à cet ouvrage une nouvelle fois bien écrit… Et si vous connaissez déjà Baldur’s Gate, la question ne se pose pas : vous avez sans doute déjà craqué…


Baldur’s Gate : l’Héritage du Jeu de rôle

  • Chez Third Editions (cliquez ici).
  • Couverture cartonnée, 240 pages, au format 160 mm × 240 mm.
  • Prix éditeur : 24,90€. Existe aussi en édition « first print » à 29,90€.

 

On aime :

  • Objet de bonne qualité
  • Lecture très agréable
  • Mise en page cohérente
  • Bonnes documentation et analyse
  • Le découpage aéré
  • Un rapport qualité-prix plus que correct

On n’aime pas :

  • Pas d’illustrations
  • Un sujet un peu de « niche » quand même
 .

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