Ride 3 : Un très bel emballage, mais hélas mal exploité

Testé sur une version PC, fournie par l'éditeur

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Cinq mois après la sortie de Moto GP 18, voici Ride 3. On pourra dire que le studio italien Milestone nous enchaîne les titres pour cette année 2018 !  Car pour cette fin d’année, nous pouvons enfin jouer à Ride 3, sorti le 30 novembre. Il y avait déjà une très nette progression entre Ride premier du nom et le deuxième volet, nous allons voir dans ce test si Milestone confirme l’essai pour ce troisième opus.

Un contenu extrêmement riche et varié

L’objectif de Milestone, avec sa série Ride, est de rendre honneur au monde de la moto. De montrer en un seul titre la grande diversité de l’univers des puissantes deux-roues. Et avec pas moins de 230 modèles provenant de 26 marques différentes, répartis en 7 catégories, vous allez pouvoir rouler un moment avant d’avoir fait le tour !

Si jamais vous ressentez quand même un manque et que vous en voulez encore d’autres, Milestone a d’ores et déjà sorti des DLC sur le jeu. C’est pour moi un gros point noir, je m’explique : Je trouve qu’il n’est pas normal de sortir des DLC le même jour que la sortie du jeu. Surtout que l’on est sur des DLC à 5 €. De plus, Milestone a publié son calendrier de parution des DLC. Qui va pour le moment jusqu’à juin 2019. Avec pas moins de 14 DLC payants annoncés. À environ 5 € le DLC, je vous laisse faire le calcul ! C’est un choix de l’éditeur, mais je trouve ça personnellement très moyen de faire payer un jeu 50 € et de devoir lâcher encore 70 € de DLC.

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Le jeu ne propose pas moins de 30 circuits qui vous transportent aux quatre coins du globe, et avec des tracées très variés. Avec de vrais circuits de compétition comme le Nürburgring ou l’enfer vert comme on l’appelle en France, Magny-Cours, Monza et tant d’autres. Le jeu nous propose aussi des courses sur route que l’on connaissait déjà dans Ride 2. À savoir le North West 200 et le circuit de Dundrod, de l’Ulster Grand Prix.

Les développeurs nous ont aussi ajouté des circuits fictifs, qui se jouent dans des endroits réels comme le Lac Salé ou la Route 66. Le lieu mythique pour les courses de dragster et les records de vitesse.

Personnalisez votre pilote

Lors du premier lancement de votre jeu, vous vous retrouverez au guidon d’une Ducati Panigale flambant neuve pour participer à une course de démonstration. Passé cela, vous allez pouvoir créer votre avatar de jeu. Vous pouvez choisir entre un homme et une femme, mais cela reste extrêmement minimaliste. Par exemple, il n’est pas possible de choisir la taille de notre avatar.

On peut aussi personnaliser notre équipement, comme le casque, les gants et la combinaison. Mais aussi la position de conduite sur une moto “classique” et le style de conduite de Supermotard. Mais on parlera de ce dernier tout à l’heure.

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L’une des choses qui m’a vraiment fait plaisir quand j’ai lancé le jeu, c’est qu’au lieu d’avoir un menu tout moche et d’un classicisme ennuyeux, on se retrouve avec une vraie ambiance de petits garages « maison » très bien décoré et très bien agencé, où la moto est l’élément central de notre garage. Ou devrais-je dire de notre appartement. Ajoutez à ça une très bonne musique d’ambiance, et clairement, tous les moments que vous passerez à personnaliser votre moto, aussi bien du point de vue performance qu’esthétique sont tout de suite plus agréables.

Via le menu, vous avez accès à tous les modes de jeu. À savoir la carrière dont je parlerai plus en détails tout à l’heure. Un mode « rapide » tout à fait classique où vous pouvez choisir le circuit, la moto et les différents paramètres de la course… Un mode « défi hebdomadaire » qui consiste à affronter le fantôme des autres joueurs pour essayer de faire LE meilleur chrono. Avec une moto et un circuit précis. Et enfin, un mode multijoueur qui aura aussi son paragraphe.

Une vraie claque visuelle

Comme pour MotoGP 18, le jeu utilise le moteur graphique Unreal Engine 4, et on peut dire que ça lui réussit !  Alors certes, ce n’est pas le plus beau jeu actuellement, mais c’est clairement le plus beau jeu de moto actuel. Les engins sont extrêmement bien détaillés, avec dans l’ensemble, un très très bon rendu. Surtout avec certaines peintures. Les développeurs ont réussi à donner une texture très réaliste à la peinture. Et grande nouveauté sur ce Ride 3 : il est maintenant possible de créer et de partager en ligne ses propres livrées. Comme dans Forza ou Gran Turismo Sport. Super sympa, et cela permet d’avoir des créations très originales.

Comme dans Ride 2, vous pouvez personnaliser pas mal d’équipement de votre moto. Comme les durites de frein, câble d’accélérateur, levier de frein et d’embrayage… Et plusieurs autres équipements. Pour continuer sur la personnalisation, vous pouvez aussi personnaliser différentes pièces du moteur et de la partie cycle, qui vont avoir une grosse influence sur les performances générales de la moto.

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Dans l’ensemble, les modifications sont cohérentes, même si améliorer une rampe d’injection sur une moto à carburateur laisse perplexe. Les circuits sont plutôt bien modélisés, même si encore une fois, ils manquent de vie (quoique en nette progression par rapport à MotoGP 18). Mais les décors sont très variés et vraiment agréables à parcourir.

Comme pour MotoGP 18, il y a eu un très gros effort de fait au niveau de la sonorité des motos. Surtout sur les machines à moteur deux temps, où l’on a la plus grosse marge de progression d’un point de vue qualitatif par rapport à Ride 2. Dans l’ensemble, les motos ont toutes des sons très réalistes. On pourrait encore parler de cohérence avec votre gâchette d’accélérateur… Même si, pour une raison que je n’explique pas, certaines motos ont perdu en qualité comparé à Ride 2. Comme la ZX7RR. Mais je pinaille !

Un mode Carrière très artificiel

Là, on va rentrer dans le gros morceau du jeu ! La partie où vous êtes censé passer le plus de temps. Quand j’ai vu la taille de l’arbre de carrière, je me suis fait la réflexion : “waouh ! il y a de quoi faire.” Mais passés les premiers championnats, j’ai vite déchanté.

On se rend compte que le mode Carrière est complètement bâclé et est extrêmement artificiel. Vous avez juste l’impression d’enchaîner les courses sans réfléchir ! De manière automatique, sans forcément prendre de plaisir. Pour vous donner un ordre d’idée, les courses font toutes trois tours environ. À savoir grosso merdo 8 minutes de course maximum.

Vous n’avez pas de possibilité d’allonger le nombre de tours, vous ne pouvez pas choisir la météo de la course… D’ailleurs, la météo n’est pas aléatoire, mais figée pour chaque course. En gros, si une épreuve se déroule sous la pluie, et bien il ne sera pas possible de changer, même si on refait 30 fois la même course. C’est entre autres ce qui me donne une impression de championnat artificiel. Vous n’avez pas non plus de préparation pour la course, pas de possibilité de faire d’essais… Donc, si vous n’avez jamais roulé avec la moto ni roulé sur ce circuit, tant pis pour vous. Il va falloir recommencer plein de fois pour commencer à devenir compétitif.

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je vais être plus clair : voici comment se déroule une course dans la réalité :

  • Une à deux séances (voire 3) d’essais libres de 45 minutes.
  • Une à deux séances de Qualification qui vont vous placer sur la grille de départ en fonction de votre chrono (si vous faites le meilleur chrono de la session, vous partez premier, et évidemment le moins bon et vous partez dernier) d’une durée de 15 minutes.
  • Warm up de 20 minutes : en gros, l’échauffement juste avant la course.
  • Une à deux courses. Avec une moyenne de 30 à 45 minutes par course, excepté pour l’endurance où ça peut durer plusieurs heures.

Et voici maintenant comment se déroule une course dans le jeuVous avez une course de 8 minutes !

Vous voyez où je veux en venir ? Allez me dire maintenant que le jeu est réaliste et immersif ! Quand je vous dis que j’ai eu l’impression d’enchaîner les courses sans réfléchir et d’une manière automatique, c’est vraiment ça.

Quand vous sélectionnez le championnat auquel vous voulez participer, vous êtes limité à un certain nombre de motos. Et c’est là où le côté artificiel du mode Carrière prend toute son ampleur. Car certaines motos sont bloquées (généralement les plus performantes) et vous les débloquez uniquement en terminant des championnats que vous ne pourrez faire que bien plus tard dans le mode carrière.

Une progression aberrante

Voici un exemple concret : le tout premier championnat que vous pouvez faire, qui s’intitule 125 cm3 à deux temps (oui, ça fait mal aux oreilles, on devrait dire « 125 cm3 deux temps » et pas à deux temps) au niveau 1 du jeu. La moto la plus performante que vous pouvez choisir et une Cagiva Mito, mais qui est bloquée. Et le seul moyen de la débloquer et de compléter le championnat “Superbike moderne” qui se situe au niveau 4 du jeu. Sur un total de 6 niveaux !

Oui, en gros il faudra avoir fait plus de la moitié de la carrière pour pouvoir débloquer une Cagiva Mito que vous pouvez utiliser principalement dans les niveaux 1 et 2 du mode carrière. Ça n’a aucun sens ! Parce que du coup, vous n’utiliserez pas cette machine quand vous l’aurez débloquée, vu qu’il n’y a plus de course adaptée arrivé à ce niveau de la carrière. Et ça, c’est un exemple parmi tant d’autres.

Et ce n’est que l’un des problèmes du mode Carrière. Car, encore une fois, dans ce jeu on se retrouve avec une IA débile, qui ne tombe absolument jamais !  Et qui ne commet aucune erreur de pilotage, avec en plus des pseudonymes complètement grotesques. Avec parfois juste le modèle de la moto sur laquelle le pilote roule. Ce qui n’a aucun sens, et n’ajoute pas à l’immersion.

Immersion : c’est raté !

Le mode Carrière propose différents modes de jeu, à savoir les courses classiques, la course chronométrée, le sprint ou dragster. Sans oublier les courses de Supermotard, sur lesquelles je reviendrai tout à l’heure, et enfin les courses d’endurance. C’est d’ailleurs quand j’ai fait ma première course d’endurance que j’ai compris l’impossibilité de régler le nombre de tours d’une course.

Normalement, une endurance se déroule avec une durée fixe, c’est-à-dire 1h 3h 6h ou 24 heures, et les différentes équipes doivent faire un maximum de tours pendant cette durée. Celle qui a fait le plus de tours à la fin du temps gagne la course. Et bien là, non ! Dans le jeu, les course d’endurance, c’est 30 tours à faire. Encore une fois, ce n’est pas avec ça qu’on va rendre le jeu immersif et réaliste !

Pareil pour les courses de Supermotard : allez en voir en vrai, ou regardez sur Internet… Mais le principe même du Supermotard, c’est de passer une bonne partie de sa course tout en glisse, à la limite de chuter. C’est très impressionnant et magnifique à voir. Mais là, dans le jeu, c’est juste une vraie galère ! Dans les courses de Supermotard, la glisse est quasiment incontrôlable ! Et juste pour info, les pilotes n’ont pas le TCS (traction control system) d’actif quand ils font une course de Supermotard.

Mais là encore, si vous voulez vous approcher de la réalité en retirant l’ABS (anti blocage système) et le TCS, et bien vous allez passer vos courses par terre. La moto devient tout bonnement incontrôlable, vous ne faites que chuter. Donc, c’est bien beau de vouloir ajouter une catégorie de moto très intéressante, mais il faudrait le faire jusqu’au bout, et créer un gameplay approprié à cette catégorie !

Pour finir sur le gameplay, vous n’avez pas la possibilité de régler la sensibilité des commandes. Du coup, vous vous retrouvez à devoir vraiment caresser les joysticks pour pouvoir conduire avec précision. Pour continuer dans les réglages, vous n’avez même pas le droit au strict minimum ! Par exemple, il est impossible de régler la répartition de la puissance des freins (avant-arrière en mode frein couplés) ou même la puissance des freins en général.

Bref une mode carrière qui laisse clairement à désirer !

Un multijoueur « parce qu’il fallait en mettre un »

Et enfin UN mode multijoueurs ! Oui, j’ai bien dit un mode multijoueur. Parce qu’il n’y a clairement pas de choix. Et on sent que les développeurs en ont mis un juste par obligation. Petite explication : dans le mode rapide, vous pouvez choisir soit « course privée » soit « course publique » ! C’est un autre nom pour dire que vous êtes hébergeur de la partie, ou que vous rejoignez une partie en cours.

Car le système de multijoueur de Ride 3 et un système de joueurs hôtes. En gros, l’éditeur ne met pas à disposition de serveur dédié pour Ride 3, mais ce sont les joueurs qui, quand ils créent une partie, peuvent autoriser les autres joueurs à les rejoindre. Gros point noir : vous ne pouvez pas choisir la partie que vous voulez rejoindre. Quand vous cliquez sur le mode « course publique » , le jeu vous sélectionne directement une partie au hasard, sans que vous ayez la possibilité de choisir.

Et il va choisir en priorité une partie qui est soit sur la fin de la course, soit qui n’a pas encore commencé sa course et où vous pouvez encore choisir votre moto. Au niveau des courses disponibles, ce sont les mêmes que dans le mode rapide. Mais en multijoueur, vous pouvez soit faire une seule course, soit programmer un championnat où vous choisissez plusieurs circuits. Vous pouvez choisir d’ajouter des IA à votre partie pour ajouter un peu de monde à la course.

Clairement, le multijoueur et sans grand intérêt, et est juste là parce que ça ferait tâche de ne pas en mettre un en 2018. De plus, il n’y a pas la possibilité de faire de courses locales, ce qui est très regrettable.

Un très bel emballage, mais malheureusement mal exploité

Je pense que vous avez compris à la lecture de mon test. Le jeu est clairement beau, et possède de très bons points. Principalement sur toute la partie graphique et acoustique du jeu. Il y a toujours des choses à améliorer de ce côté-là, mais ça reste très minime comparé aux gros soucis de gameplay et de cohérence dont souffre le jeu.

Surtout que, ce qui est le plus surprenant, c’est qu’une grosse partie des soucis de gameplay sont parfaitement maîtrisés dans MotoGP 18. J’ai vraiment l’impression d’avoir deux jeux complètement différents. Le premier est plus axé pour les vrais fans du MotoGP, donc avec beaucoup de réglages et un gameplay vraiment poussé et bien maîtrisé, mais avec quelques soucis graphiques. Et de l’autre côté, on a Ride 3, qui est esthétiquement magnifique… Mais avec un mode carrière complètement artificiel, un mode multijoueur inexistant, et des réglages ridicules. Qui donnent l’impression que le jeu a pour objectif de s’orienter vraiment arcade, pour du « Monsieur tout le monde » qui n’a jamais touché un jeu de moto de sa vie.

J’espère que Milestone corrigera ces soucis, ou du moins en partie avec des futurs patchs. Car clairement, le jeu me fait envie, mais je n’arrive pas à y jouer plus de 15 minutes sans avoir cette très désagréable impression de me forcer à jouer.


Ride 3

  • Par Milestone.
  • Sur PC, Xbox One et PS4.
  • Genre : courses (motos).
  • Classification : PEGI 3.
  • Prix : 49,99€ sur Steam, 69,99€ sur consoles.

 

On aime :

  • L’Unreal Engine 4
  • La diversité des circuits
  • Le nombre de motos
  • La qualité du son des moteurs
  • L’ambiance dans le menu.

On n’aime pas :

  • L’IA aux fraises
  • La Carrière complètement artificielle
  • Le multi inutile
  • L’impossibilité de régler la sensibilité
  • Le manque de réalisme du déroulement d’une course.
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Ride 3 est un jeu plein de bonnes intentions, mais qui s'égare sur le chemin ardu de la simulation de motos grand-public ! Si le jeu se veut accessible, il en perd au passage son réalisme, et la consistance d'un mode carrière qui était pourtant plein de promesses. Notre avis est d'autant plus dur que le jeu est signé Milestone, un studio qui fait pourtant office de référence en matière de sports mécaniques...
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Ride 3 est un jeu plein de bonnes intentions, mais qui s'égare sur le chemin ardu de la simulation de motos grand-public ! Si le jeu se veut accessible, il en perd au passage son réalisme, et la consistance d'un mode carrière qui était pourtant plein de promesses. Notre avis est d'autant plus dur que le jeu est signé Milestone, un studio qui fait pourtant office de référence en matière de sports mécaniques...

  • Graphismes
  • Jouabilité
  • Immersion
  • Contenu
  • Réalisme

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