Airheart: Tales of Broken Wings : tout ce qui monte… redescend, parfois avec pertes et fracas

Testé sur une version PS4 fournie par l'éditeur

Cela va faire maintenant deux ans que nous attendions le jeu. Car Airheart : Tale of Broken Wings est entré en accès anticipé en octobre 2016. Le jeu de Blindflug Studios est désormais disponible sur PC et PS4. Ce qui signifie que c’est notre test du jour…

Un jeu d’avions dans un univers dieselpunk

Ne vous méprenez pas ! Malgré son nom qui lui donne une allure de J-RPG, Airheart : Tales of Broken Wings est bien un shoot’em up en vue du dessus ! Le jeu a été développé par le studio suisse Blindflug, créé en 2014 à Zürich, à qui l’on doit aussi, notamment Cloud Chasers (prémices de Airheart), ou First Strike.

Airheart est donc, comme je l’ai dit plus haut, un shoot ‘em up. Il prend place dans un magnifique monde dieselpunk (rétro-futuriste s’inspirant de la première moitié du XXe siècle), qui abrite la ville flottante de Granaria (votre base). Et si j’utilise ici le terme de « magnifique » , c’est bien parce que sa direction artistique et son level-design « à la Ghibli » sont les premières choses qui vont vous sauter aux yeux. Très coloré, avec une patte graphique « toon shading » du plus bel effet, Airheart ne laisse pas indifférent ! Sa musique, planante (et oui !), contribue à l’ambiance réussie du titre.

Le joueur y incarne Amélia, une jeune aviatrice en quête de gloire. Son rêve est d’atteindre le sommet du monde pour capturer la légendaire Baleine Céleste. Oui, j’ai oublié de vous préciser que, si le jeu se déroule dans les cieux, vous allez y croiser de nombreuses espèces aquatiques. Cela peut sembler curieux, mais Airheart est en quelque sorte un jeu dans lequel vous allez pêcher à l’aide d’avions… Et rien que ça, ça pique la curiosité, non ? Mais rassurez-vous : les combats contre les pirates, contre des dirigeables, boss et autres serpents mécaniques sont aussi de la partie. Le chemin vers la stratosphère est périlleux !

Pour le moment, le jeu est uniquement disponible sur PC et PS4 (avec une Deluxe édition en exclusivité sur Steam). Mais l’éditeur promet d’ores et déjà l’arrivée de nouveaux supports dans les semaines à venir… Je me demande bien lesquels 😉

Les jeux dans les cieux

Assez tergiversé ! Il est temps de lancer le soft ! Après une (courte) mise à jour « day one » , le titre se lance sur la console, et appelle à presser la touche qui va nous faire entrer dans le game. Et vous ne serez pas vraiment surpris si je vous dis que votre aventure va tout simplement débuter par un tutoriel. Commandes, tirs, grappin, activation de la fin de niveau… Vous connaissez désormais les bases, les choses sérieuses commencent…

Pour ce qui est des commandes, nous allons faire simple : le stick gauche pour contrôler l’avion, le droit pour diriger votre viseur. Complétez avec une touche pour tirer, et une autre pour lancer le grappin. Dans le ciel, vous trouverez des pirates à dégommer, des poissons à capturer (pour gagner des thunes)… Ainsi que des balises vous permettant de « monter » à la strate supérieure. Car le but du jeu est aussi d’aller de plus en plus haut dans les cieux. Airheart est aussi une question de verticalité, ici très bien gérée. Le principe me rappelle celui de Flow (dans lequel le but était cependant de descendre).

Pour monter, vous devrez donc trouver des balises vous permettant d’accéder à la strate supérieure. Et si d’aventure vous vous sentez mal en point, n’hésitez pas à redescendre dans votre base, pour optimiser votre avion, puis repartir mieux armé. Amélia fonce donc en piqué, à travers les étages précédemment explorés, vers Granaria. Mais attention : réussir votre atterrissage est la seule possibilité. Se crasher conduit au game-over (en perdant toute progression) !

Airheart n’est pas qu’un shoot’em up, il a aussi une part de rogue-like. Autrement dit, par définition, préparez-vous à faire et refaire encore les mêmes niveaux… À fouiller, puis à revenir dans les différentes strates (attention, les ennemis ressuscitent à chaque fois)… À les retraverser sans cesse pour accéder à des étages inconnus… Vous allez poncer les niveaux. Pour explorer « toujours plus haut » mais aussi parce que le jeu s’avère au final assez difficile et punitif : vous allez perdre un grand nombre de vies (ce qui lui assure cependant une solide durée de vie).

Un p’tit tour en boutique…

Mais pour atteindre les sommets, n’espérez pas faire des merveilles dès le départ, avec votre avion de base. Vous allez devoir passer par la case « upgrade » en allant dépenser l’argent récolté en boutique. Et c’est un autre aspect positif du jeu : le catalogue d’optimisations de votre avion est tout simplement énorme !

Comme rien n’est gratuit, vous allez devoir partir piocher des ressources dans les 14 niveaux que comporte le jeu. Soit en pêchant des poissons qui vous rapporteront quelques pièces, soit en trouvant des matériaux dans les différentes strates de ce ciel décidément très peuplé… Ou encore en les arrachant sur vos ennemis, à l’aide du grappin… Vous sentez déjà à plein nez arriver de longues phases de farming, et vous avez raison. Et j’en reparle plus bas !

Vous allez donc devoir collecter des matières premières telles que de la ferraille, poudre à canon, tuyau… En les combinant, vous allez avoir accès à de nouveaux matériaux, que vous pourrez eux-mêmes combiner afin de créer de nouvelles inventions (plus de 40 à créer). De multiples recettes sont possibles. Armements ou pièces détachées vont ainsi vous permettre d’améliorer les statistiques de votre engin (vitesse, agilité, puissance de feu…). Autrement dit, vous allez pouvoir vous créer un avion à la carte !

Quelques défauts ?

Airheart est un très beau jeu dont j’attendais beaucoup… Mais, certaines de ces attentes restent insatisfaites. Je dois par exemple bien vous avouer que, devoir positionner d’une part votre viseur manuellement, et diriger d’autre part l’avion au stick… Les commandes de votre bolide ne sont pas des plus simples, et l’action est rarement sur le même tempo que votre pensée ! En même après quelques heures de jeu, je dois bien reconnaître que j’ai encore un peu de mal à m’y faire ! On ne va pas se mentir : si vous adhérez à cette jouabilité, vous allez sans doute adorer le jeu. Mais si ce n’est pas le cas, cet aspect peut aussi très vite vous faire décrocher !

J’émets aussi une réserve sur le lore général du jeu. Je ne comprends pas pourquoi les développeurs ont créé un univers si fascinant, ont planté les bases d’un scénario dieselpunk passionnant… Pour ne rien en faire de plus ! Je veux connaître l’histoire d’Amélia ! Je veux savoir qui, quand, pourquoi, comment..? Et je dois bien admettre que, sur ce point, le jeu manque sérieusement de consistance. L’univers est génial, mais cruellement sous-exploité ! Quelques lignes de pitch en plus, des animations, ou une mise en scène plus développée… Auraient fait l’affaire.

Troisième défaut qui, toujours selon moi, nuit à l’expérience : c’est évidemment le coté redondant du jeu. Alors, certes, vous allez découvrir des strates supérieures au fil de l’aventure… Mais toujours avec cette impression, de plus en plus prononcée, de faire toujours la même chose. Quand il s’agit de passer des heures à farmer les premiers niveaux pour s’offrir le matos permettant d’aller plus haut, soit… Mais quand il s’agit de tout reprendre depuis le début à cause d’un game-over, ça énerve un peu…

Au final

Airheart est un petit jeu qui ne manque pas de charme ! Avec son ambiance poétique, pour ne pas dire onirique, son système d’ascension, sa musique, sa direction artistique et ses décors très colorés et détaillés…  Le titre de Blindflug séduit ! Il aurait même presque pu être la petite pépite insoupçonnée de cet été 2018 !

Hélas, quelques défauts viennent entacher ce tableau si parfait. Je passe sur le scénario qui manque vraiment de profondeur… Comme je passe volontiers l’éponge sur l’aspect très répétitif inhérent aux rogue-like (c’est le concept, en même temps)… Mais, le plus fâcheux pour moi est cette jouabilité si particulière, que vous aimerez peut-être, mais qui m’a vraiment gâché l’expérience. En me laissant l’amère sensation de passer à coté de quelque chose… D’un titre que beaucoup semblent avoir adoré.


Airheart : Tales of Broken Wings

  • Par Blindflug Studios, sur PC et PS4.
  • Genre : Shoot’em up/rogue-like.
  • Classification : PEGI 7.
  • Prix : entre 12,98€ (Steam) et 17,99€ (PSN).

Airheart

 

Ça plane pour moi :

  • Une direction artistique diesel-punk magnifique
  • Un vrai univers, poétique, mystérieux et captivant
  • Nombreux outils de personnalisation
  • Shoot’em up ou roguelike ? Les deux mon capitaine !
  • La bande-originale excellente
  • Du craft pour les amateurs de customisation
  • La verticalité bien gérée

Chute en piqué :

  • La jouabilité, je ne m’y fais pas
  • Le manque de mise en scène
  • Absence de co-op
  • Le jeu devient vite répétitif
  • Les doublages pas toujours réussis
  • Parfois très punitif
 .
Sur le papier, Airheart : Tales of Broken Wings a toutes les qualités requises pour figurer parmi les tops ! Hélas, trois défauts principaux viennent, selon moi, gâcher la fête : sa répétitivité, son univers que l'on aurait aimé plus détaillé, et une jouabilité qui passe ou qui casse... Trois aspects au dessus desquels vous passerez peut-être. Pour ma part, ils m'ont empêché de m'envoler vers l'infini et au delà...
70%
Oui, mais...

Sur le papier, Airheart : Tales of Broken Wings a toutes les qualités requises pour figurer parmi les tops ! Hélas, trois défauts principaux viennent, selon moi, gâcher la fête : sa répétitivité, son univers que l'on aurait aimé plus détaillé, et une jouabilité qui passe ou qui casse... Trois aspects au dessus desquels vous passerez peut-être. Pour ma part, ils m'ont empêché de m'envoler vers l'infini et au delà...

  • Direction artistique
  • Ambiance
  • Scénario
  • Jouabilité
  • Durée de vie

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