Gran Turismo Sport : un virage réussi pour la série ?

Testé sur une version PS4 fournie par l'éditeur

Il aura fallu attendre quatre ans avant de pouvoir mettre la main sur un nouvel épisode de Gran Turismo. Développé par un studio Polyphony toujours aussi passionné, Gran Turismo Sport s’engage ouvertement sur la scène de la compétition en ligne. Les visuels, démos et vidéos, très prometteurs, vont-ils confirmer cette envie d’en découdre sur l’asphalte virtuelle ? La réponse avec notre test.

Nouveau jeu, nouvelle orientation

Cela fait maintenant quatre ans qu’est sorti Gran Turismo 6 (lire aussi notre test), dernier jeu chiffré de la série. Polyphony est donc de retour ce mois-ci avec un nouvel opus qui… Ne sera pas un Gran Turismo 7 ! Vous l’aviez sans doute remarqué avant même que je ne pointe cet aspect du titre du jeu. Pas de chiffre 7, mais un mot : Sport !

Et cela s’explique, tout simplement par le fait que GTSport prend un virage à 180 degrés par rapport à la série qui nous a fait tourner des années entières sur le High Speed Ring. Avec Gran Turismo Sport, Polyphony s’écarte de la piste arcade, ou du « mode solo » ! Et ceci pour aller ouvertement jouer sur la scène du multijoueur online. Avec bien évidemment une porte grande ouverte sur les compétitions eSport !

Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire : soit le jeu online vous donne des pustules, et vous allez donc arrêter de lire ce test… Soit vous jouez régulièrement en ligne, et bavez déjà à l’idée d’exploser les chronos de vos amis au volant d’une puissante GTR… Dans ce cas, vous pouvez rester !

L’ADN de Gran Turismo !

Dès les premières minutes de jeu, pour ne pas dire dès les premières secondes, on sait que nous sommes bien dans un Gran Turismo ! Une introduction qui envoie du très très lourd… Un menu sobre, mais limpide et très fonctionnel… Voilà un véritable musée de l’auto qui s’offre à vous ! Et comme dans chaque GT, c’est le soucis de la finition qui frappe au premier abord !

► Lire aussi : 20 ans de « GT » et ce n’est pas fini…

En cliquant sur les différents onglets, ou lors du compte à rebours qui va lancer la course, les puristes de la licence retrouveront tous les sons qui rythment nos parties depuis vingt ansGran Turismo a su se forger une identité, que l’on retrouve encore une fois ! Comme pour chaque épisode, la bande-son est une réussite, avec une sélection qui offre une playlist à la fois agréable et éclectique (on retrouve les habituels comme Daiki Kasho, ou même le français ultra-populaire Woodkid… GT, c’est aussi une playlist choisie avec soin !).

On pourrait donc tout d’abord évoquer l’habillage du jeu. Tout simplement le plus beau qu’une console ait pu nous offrir pour un jeu de courses ! La page d’accueil, comme les pages des constructeurs, affichent des spots, de superbes animations de véhicules… Et véhicules officiels oblige, chaque constructeur bénéficie aussi d’un lien vers son site officiel. Les plus belles voitures du monde sont ici mises en valeur sous le meilleur angle. L’amour de Polyphony pour les belles bagnoles dégouline de partout !

Chercher la petite bête

Bien sûr, on pourra toujours pinailler sur de petits détails incohérents, sur les circuits. Comme des murs invisibles, ou cet avion de ligne que l’on peut voir sur l’un des ovales. On l’entend, mais à chaque tour, il est à la même position, comme faisant du sur-place. Et s’arrêter en plein vol pour un avion… Je vous laisse imaginer le résultat désastreux ! (MaJ : j’ai vérifié, il est bien en mouvement. Mais comme un avion apparaît à chaque tour au même endroit, le joueur a en pleine course l’illusion qu’il s’agit du même, figé là). Mais il faut vraiment chercher la petite bête, et pour le reste, le jeu est splendide, les voitures brillent de partout… Et les jeux de lumière flattent la rétine.

Autre caractéristique qui témoigne que nous ne pouvons qu’être dans un Gran Turismo : malgré la précision de sa conduite, le jeu est accessible quasiment instantanément. Polyphony ne joue pas dans la même cour que tous ces titres qui se revendiquent « simus autos » , et affiche haut et fort son accessibilité pour tous. Puriste comme débutant… Pilote comme enfant de dix ans… Paradoxalement, tout le monde a sa chance dans ce « real driving simulator » qui ne s’affirme pas comme réservé à une élite !

Le fair-play avant tout

Je dois vous avouer que je ne suis moi-même pas du tout client du jeu online ! Car si j’aime jouer en solo, ou en multijoueur local avec des gens que j’apprécie… Je déteste par dessus tout tomber sur un parfait inconnu qui va, au bout de deux minutes, s’avérer être un affreux rage-quit, un odieux cheater, ou les deux à la fois… C’est à cause du comportement de certains joueurs (pas tous, heureusement) que j’ai laissé en plan l’excellent Overwatch, par exemple.

Pourtant, sur ce point, Gran Turismo Sport est bourré de promesses qui se sont transformées en bonnes intentions. Le message est clair, et le jeu va vous le marteler sans cesse : dans Gran Turismo Sport, on se respecte… Et on  respecte le code de la course, l’honneur des pilotes, un credo qui tient en deux mots : fair-play ! Comprenez par là que, si vous vous comportez comme une ordure, vous allez en baver… Pas de bras, pas de chocolat ! Pas de fair-play, pas de bonne place dans le classement mondial !

Tout commence réellement dès le début du jeu, où tout sera accessible sauf… Les courses en ligne ! Mais c’est un comble, ma chère Josiane ! Oui mais… Non, en fait ! Car ces épreuves online vont se débloquer très vite… À condition de passer par l’école de Fair-Play ! Et voilà ma première crainte, car cette formation ne tient qu’en deux vidéos (« ce qu’il faut faire pour mériter le paradis des belles autos » et « ce qu’il ne faut pas faire sous peine de filer en enfer » ). Deux vidéos que certains ne manqueront sans doute pas de passer en spammant la touche X de la manette …

Points et pénalités

Fort heureusement, la « chasse aux mauvais joueurs » ne s’arrête pas là ! Elle ne fait même que commencer ! Ainsi, le jeu en ligne va distribuer deux types de points, aussi importants l’un que l’autre pour espérer grimper dans le classement. Le premier est le RP (ou rang de pilote) qui récompense vos performances par une note allant de S à E (S comme Special, A, B, C, D, E comme « Essaye encore » ^^).

Reposant sur le même barême de notation, le second type de note est le RFP (rang de fair-play). Et je pense qu’il est inutile de vous expliquer à quoi il sert ^^ ! En fonction des points que vous obtiendrez dans chacun de ces deux critères, le jeu vous affectera à des courses contre des joueurs du même niveau. Autrement dit, si vous êtes un bourrin, il y a de fortes chances que vous ne courriez que contre d’autres bourrins ! Vous allez sans doute vous amuser, mais aussi dire adieu au top du matchmaking !

Mais ce système n’est pas le seul qui va venir punir les mauvais joueurs ! En effet, si vous coupez un peu trop souvent les bandes, ou si vous avez tendance à encastrer votre pare-chocs dans les phares adverses, gare aux pénalités. Il s’agit ici de pénalités de temps, pouvant aller de une à dix secondes durant lesquelles vous devrez ralentir. Une broutille me direz-vous… Si ce n’est qu’une seule pénalité peut parfois suffire à vous rétrograder de la première à la huitième place, à l’arrivée ! Et si vous pilotez comme un manche (en prenant les virages à 20km/h par exemple), le jeu vous passe en « ghost » le temps de revenir dans le droit chemin…

Un système qui a ses limites

Polyphony a donc soigné ces modes online vous invitant fortement à jouer en étant fair-play ! Mais le système a toutefois ses limites, et ça aussi je l’ai testé pour vous ! Je m’explique : en pleine course, je me fais refaire le pot d’échappement par un autre joueur. Et devinez quoi ? Je perds aussi des points RFP ! Le jeu ne fait hélas pas la différence entre celui qui commet l’accident, et celui qui le subit ! Tout ça pour ça…

Comme vous l’aurez deviné, je perds donc logiquement des places dans le classement, et me retrouve à jouer contre une autre catégorie de joueurs. Des pilotes peut-être un peu moins précis dans leur conduite, du coup… Et qui sont donc eux aussi susceptibles de provoquer des collisions. Dois-je en déduire que, avec deux fois plus de chances de me faire percuter, je risque encore d’être pénalisé et de descendre plus bas dans le classement ? C’est un cercle vicieux !

Le « fair-play » relève d’une bonne intention. Pourtant dans les faits… Mes premières parties en ligne (donc à un niveau assez bas, et la catégorie qui va avec) ne m’auront pas empêché de me faire défoncer le pare-chocs arrière (avec passage dans le gravier) par des adversaires. L’intention de Polyphony est bonne, mais comme dans tout jeu online, on ne pourra jamais éviter les abus !

Du jeu en ligne… droite

Et voici donc le moment de nous intéresser au véritable contenu du soft, à savoir son mode online ! Un mode qui fonctionne plutôt bien, et rapidement. Vous trouverez très facilement des salons, des joueurs, sans soucis de connexion, et sans bug… Avec un online très complet, Gran Turismo Sport plante les bases de ce que sera, fort probablement, le jeu de courses en ligne à l’avenir !

Deux onglets sont consacré au online. « Sport » vous permet de participer à des championnats et à trois événements journaliers (à heures fixes)… Et comme son nom l’indique, « Salon » vous permet de jouer ou créer… Des salons ! Seul reproche : si on peut à loisir créer des épreuves, il m’a semblé impossible de créer un championnat…

Me voici donc fraîchement débarqué dans les salons, au beau milieu d’une communauté de passionnés du volant. Dès lors, vous n’avez que l’embarras du choix. Les différents salons sont classés par types de règles, de terrain, par circuits, catégories… Difficile de ne pas trouver une course à sa convenance ! En tout cas, les salons sont parfaits pour s’entraîner sans les contraintes liées à l’IA, puisqu’ici vos adversaires humains auront, de ce fait, des comportements plus réalistes.

Avec un minimum de pratique, l’onglet qui va surtout vous intéresser est « Sport » avec ses épreuves à matchmaking, ses trois épreuves quotidiennes, et ses championnats. La porte ouverte à la scène eSport ! Le jeu en ligne de Gran Turismo Sport est bien conçu, très prenant… Entre les essais chronométrés, les tours de chauffe, et la tension des courses… Je retrouve ici une ambiance compétitive que seule la licence F1 m’avait procuré jusqu’à présent.

Enfin, GTSport soigne aussi son aspect communautaire ! Vous pourrez chatter, partager vos photos ou vos vidéos, partager votre profil, suivre des pilotes… Avec à chaque fois la possibilité de liker et commenter les créations des autres… Il est aussi possible de simplement regarder les épreuves en cours, ce mode « spectateur » étant le seul véritable moyen de profiter du chat intégré sans accident ^^. GTSport inclut son propre réseau social ! Pour ne pas dire que GTSport EST son propre réseau social !

Pimp my ride !

Vous avez obtenu quelques trophées dans l’école de conduite… Vous êtes affranchi du tuto sur le fair-play… Et avez gagné vos premières livrées ? Il est donc temps d’aller s’amuser quelques minutes heures dans le menu vous permettant de modifier ces livrées ! Repeindre la voiture, et l’orner de nombreux stickers parmi un catalogue énorme… ça se passe ici. La modification de livrée vous permettant même de créer des motifs à l’aide de formes de base ou de lettres… Vous pouvez créer la déco qui vous sied ! (ne manque peut-être que la possibilité d’importer ses propres logos).

Apparu dans la franchise depuis plusieurs numéros maintenant, le studio photo est de retour, avec de très nombreux nouveaux cadres, un peu partout dans le monde. Florence, Paris, Tokyo, la Normandie, la Californie, Rome ou le Val de Loire… Et parfois la frustration de pouvoir prendre sa voiture en photo sur le circuit du Mans, pourtant absent du jeu…

Quatre pages entières de cadres (chacun avec plusieurs clichés possibles) vous attendent pour immortaliser vos bolides préférés. Ce n’est pas forcément ce que l’on attend le plus de GT. Mais une fois le nez mis dedans, ce mode peut vous tenir un bon moment !

Un mode solo oubliable ?

Assez parlé du online ! Gran Turismo Sport propose aussi un mode solo, alors je file de ce pas voir de quoi il en retourne ! La première bonne surprise est de trouver un mode multijoueur en local (seulement à deux, pas d’IA ici). Ce sont mes amis qui vont être contents ! D’autant qu’il est plutôt bien réalisé, et à part quelques micro-bugs d’affichage, l’écran ne souffre pas du split.

J’ai aussi cru remarquer, quelque part dans le menu, un mode Campagne. Hélas, nous allons très vite en faire le tour, celui-ci ne proposant que l’école de conduite (ce que l’on appelait autrefois les permis). De nombreux défis et autres épreuves viennent compléter cet onglet. Mais avec un système qui finit par devenir redondant avec l’école de conduite, dont il est vraiment très proche.

Reste le mode Arcade ! Un classique de Gran Turismo ! Comme dans les volets précédents, il vous propose des courses, du contre-la-montre, des concours de dérapage (drift)… Face à une IA qui se contente de faire de la figuration, je ne puis que vous conseiller de jouer directement en mode Professionnel (Difficile)… Même sans avoir un haut niveau de pilotage dans le jeu, il y a de fortes chances pour que vous terminiez avec de bonnes longueurs d’avance sur l’IA, complètement larguée en Facile ou en Normal ! Et au moins, vous empocherez un cashprize plus important !

Le contre-la-montre ne se révèle pas forcément utile, si ce n’est pour engranger des kilomètres au compteur, et ainsi débloquer chaque jour une voiture en honorant les 42km demandés par l’Entraînement quotidien. Vous l’aurez compris, ce mode va vite s’avérer répétitif, privé d’un vrai mode carrière, voire de championnats, qui auraient pu rallonger considérablement la durée de vie solo du soft.

Vos efforts récompensés

S’il est un point sur lequel Gran Turismo Sport est généreux, c’est bien celui des récompenses. Et chaque victoire (course solo, permis, contre-la-montre…) se solde non pas par un, mais quatre compteurs qui viennent récompenser vos efforts. Le premier est tout simplement dédié aux crédits que vous allez engranger. Et qui vont vous permettre d’acheter des véhicules en passant par les concessionnaires, partagés en trois zones (USA, Europe et Japon).

Le second compteur est appelé « points miles » et va vous permettre d’échanger ces points (onglet échange Miles). Ici, vos Miles vous permettent d’acquérir des voitures (que l’on ne trouve pas chez les concessionnaires). Ou encore des tenues, des peintures, ou des stickers pour vos voitures. Les Points Miles peuvent aussi être utilisés pour booster les performances de vos voitures (puissance et poids), en passant par votre atelier.

Un voiture gratuite par jour !

Viennent ensuite les kilomètres cumulés dans une même journée. Ceux-ci vont grimper au fur et à mesure de vos courses, jusqu’aux 42km constituant l’entraînement quotidien. Et lorsque ce compteur passe cette barre des 42km, une nouvelle voiture vous est offerte. Soit la possibilité d’acquérir chaque jour, gratuitement, un véhicule qui chiffre parfois cher en boutique (j’ai ainsi pu gagner une GT Vision grâce à cet entraînement quotidien : photo ci-dessus).

Enfin, le dernier compteur est tout simplement votre niveau de pilotage. Celui-ci a plusieurs utilités. C’est par exemple votre niveau qui va rythmer votre progression dans le mode solo, puisque les circuits se débloquent en fonction du niveau atteint. Vous ne pourrez par exemple pas courir sur le Nürburgring avant d’avoir atteint le niveau 20.

Un tableau de défis vous permet aussi de gagner tous ces points, avec des challenges très variés : atteindre un certain niveau, acheter un certain nombre de voitures, griller tant de carburant… Chaque défi est proposé avec trois niveaux de difficulté différents. Ajoutez à cela le matchmaking du mode online, et vous comprendrez que Gran Turismo Sport a aussi prévu une grosse carotte pour vous accrocher pendant des semaines entières. Et le joueur, lui, va redoubler d’efforts pour progresser…

Le retour des vieux démons !

Tout est dit dans cet intertitre ! Dans le dossier que nous consacrions dernièrement à la série, je vous confiais mes attentes, avec beaucoup d’espoirs… Hélas, je me suis trompé sur pas mal de points. Et force est de constater que Gran Turismo Sport enfonce le clou, lorsqu’il s’agit d’aborder la question des problèmes récurrents de la série !

À commencer par l’IA, que j’avais cru deviner plus travaillée et plus réaliste… C’était une illusion ! Quel qu’en soit le nombre, vos adversaires continuent à avancer sur un rail invisible, ne se déroutant de leur trajectoire que si vous passez au forcing. Conséquence directe : si vous êtes un fan de la série et que vous pratiquez le freinage tardif, le mode « arcade » ne va pas vous résister très longtemps.

Pour les dégâts sur les véhicules, il faudra encore une fois repasser. Pas même un rétroviseur qui se déboîte ou une petite rayure sur la carrosserie… Je pense qu’à l’heure actuelle, Gran Turismo doit être le dernier jeu de courses à proposer des voitures indestructibles. Ce qui est un comble pour un « real driving simulator » vous en conviendrez ! Car je ne suis pas sûr que l’on puisse terminer une course après avoir percuté un mur de plein fouet à 250 km/h !

On pourra aussi critiquer un mode rallye qui ne brillera pas plus dans cet opus que dans les précédents. Si la conduite est excellente sur asphalte, elle devient ingérable sur les pistes de terre. Entre la voiture qui joue les tourniquets en se prenant des murs invisibles (percuter une touffe d’herbe, ça peut faire mal)… Ou l’impression de contrôler un aéroglisseur plus qu’une puissante cylindrée WRC… Ce rallye hors-propos fait tâche dans un jeu pourtant si soigné !

Un Gran Turismo light ?

Je passerai rapidement sur le parc proposé par le titre. Polyphony ne s’en est pas caché : Gran Turismo Sport ne vous proposera au final que 150 véhicules premium (avec parfois des déclinaisons), passant à la trappe la plupart des bolides qu’affectionnent les fans de la licence (mais en conservant les prototypes exclusifs GT Vision du sixième épisode). Ainsi que les voitures d’occasion, qui ont disparu de la série après GT5. On est très loin des plus de 1200 voitures de Gran Turismo 6, mais… Bref !

Je ne comprends pas comment un jeu soutenu par la FIA peut proposer si peu de circuits officiels !! Oui, vous allez trouver de nombreux nouveaux circuits, mais… Adieu Spa-Francorchamps… Adieu Monaco, Monza, Silverstone, Laguna Seca… Ou encore Adieu Le Mans ! What ? Oui, vous avez bien lu ! Vous allez devoir vous contenter de Brands Hatch, Interlagos, Bathurst, Nürburgring, Suzuka et Willow Springs… Soit seulement six tracés existant dans la vie réelle ! Pour un jeu de compétition auto, c’est un peu limite !

Adieu, circuits fondateurs de la série !

Gran Turismo Sport va même jusqu’à se débarrasser de ses circuits fondateurs. Certes non-réels, mais… Vous avez donc compris que vous ne trouverez pas ici de Deep Forest, Trial Mountain, Apricot-Hill, Grand Valley Speedway, Tokyo R246Les tracés historiques de la marque sont, eux aussi passé à la trappe, pour le plus grand désespoir des fans de la série… Au final, vous devrez vous contenter très exactement de 17 circuits déclinés en une quarantaine de variantes (en comptant les ovales, et les pistes de rallye).

Et pour rester dans le thème des passages à la trappe… Vous devrez aussi faire le deuil de la customisation des véhicules par l’achat de pièces détachées. Elément pourtant lui aussi fondateur de la série ! Ici, pas d’achat de boite de vitesse, de volant-course, de turbo ou de préparation sport pour gagner en performance. Les seules modifications que vous pourrez apporter, via votre atelier, seront l’optimisation de votre puissance et de votre poids, en échange de points miles.

Pas de météo dynamique, mais toujours du rallye et du kart

Je pourrais aussi évoquer ici les « oublis » (on va appeler ça comme ça) de Polyphony Digital ! Et il y en a un en particulier qui me choque : l’absence de météo dynamique, et évolutive ! Car ce n’est pas le fait de pouvoir choisir le moment de la journée durant lequel vous allez courir qui fera la maille ! Chez les concurrents, on a une piste qui se dégrade en temps réel, avec une pluie qui vient changer la donne en pleine course… Mais pas dans Gran Turismo Sport ! Polyphony maîtrise très bien la gestion des pneus, mais il faut reconnaître qu’ici, ça ne sert pas à grand chose, pour tout vous dire !

A contrario, GTSport persiste à nous proposer du karting et du rallye. Le premier est tout simplement horripilant, le second à la limite de l’inutile tant les sensations de conduite sur terre sont à des années lumière d’un WRC7 ou d’un DiRT4. Si mise à jour il y a prochainement, je troque volontiers ces épreuves contre de nouveaux circuits ou contre plus de voitures !

Un jeu trop simplifié ?

Voici enfin le dernier reproche que j’aurai à formuler ! Certes, une nouvelle fois cet aspect relève d’une bonne intention : celle de rendre le jeu accessible à tous. Ce en quoi Gran Turismo Sport est une réussite, tant le jeu est simple et agréable à jouer. La victoire n’est pas qu’un rêve, et même un débutant (ou un enfant) aura la joie de monter sur le podium. Mais…

Cette orientation « très large public » passe ici par une simplification sans doute trop prononcée du titre, qui peut nuire à son intérêt global, et à sa durée de vie. Ainsi, si les grosses voitures vous semblent chères et inaccessibles (1.000.000 pour une GT Vision), soyez patients ! Les entraînements quotidiens peuvent vous permettre de mettre la main sur ces bolides (aléatoirement) sans effort. Ce qui peut nous conduire à faire l’impasse sur la boutique. Et je sais de quoi je parle puisque ces entraînements m’ont permis d’obtenir gratuitement une bonne dizaine de véhicules que je comptais acheter 😉

Devenant redondant au fil des éditions, le mode « permis » (ici appelé école de conduite) a lui aussi été simplifié. Car si autrefois, il fallait obtenir des trophées d’or pour gagner la dotation de fin de série… Il suffit ici d’obtenir simplement du bronze pour ajouter une nouvelle voiture à votre garage.

Si les véhicules sont joliment modélisés, et si les sons moteurs sont réalistes, peut-on en dire autant du comportement des voitures ? Je ne puis ici que vous donner l’exemple de cette jolie Viper GR.4 qui figure dans mon garage ! La Viper a toujours été ma hantise dans GT, tant elle est imprévisible et peut partir en vrille au moindre écart. Mais dans GTSport, ma belle auto est d’une maniabilité et d’une tenue de route exemplaires. En mode online, j’ai même pu réaliser une course entière quasiment sans lâcher l’accélérateur… Et sans sortir de la route, s’il vous plaît !

Il en résulte une conduite qui est certes beaucoup plus accessible, mais… Les puristes de la licence ne pourront que penser que Gran Turismo « s’arcadise » !

Au final

S’il est un point sur lequel on attendait Gran Turismo Sport, c’est bien sur sa conduite accessible, sur son multijoueur très complet, son parc de voitures reproduites merveilleusement… Si l’on ajoute à l’équation une mise en scène réussie, GTS fait son job ! Comme je l’écrivais précédemment, Gran Turismo Sport reste une déclaration d’amour au sport automobile, et contentera les amoureux de belles cylindrées !

Mais GTSport est un véritable paradoxe ! Il se dit « real driving simulator » et fer de lance de la conduite compétitive en ligne… Pourtant, sa volonté de s’ouvrir à un large public (accessibilité qui, encore une fois, est très réussie) l’oriente davantage vers de la simulation-arcade que de la conduite pure et dure.

Paradoxal, à plus forte raison lorsque l’on parle de « compétition en ligne », que l’on imagine être davantage le terrain de jeu des puristes et des techniciens du pilotage. Ceux là même qui, comme les amoureux du sport automobile, seront déçus de ne pas trouver ici des circuits aussi emblématiques que La Sarthe, Silverstone, Monaco ou Monza, pourtant présents dans les volets précédents.

Au final, Gran Turismo Sport est un très bon jeu, agréable à prendre en main, offrant une véritable claque visuelle, et un mode online réussi, aux pilotes de tous horizons. Mais à vouloir à la fois s’adresser aux compétiteurs hardcore, tout en essayant de vulgariser la compétition automobile… Cette nouvelle orientation de la licence me donne l’impression qu’elle se cherche. Encore un paradoxe, lorsque l’on se dit que Gran Turismo existe depuis vingt ans…


Gran Turismo Sport

Par Polyphony Digital, en exclusivité sur PlayStation 4 (optimisé PS4-Pro, compatible PS-VR). Pegi : 3.

 

Drapeau à damier :

  • La modélisation des voitures, extraordinaire !
  • Des circuits réalistes
  • L’habillage du jeu qui transpire la « passion automobile »
  • Un online censé faire la nique aux mauvais joueurs
  • Le flocage personnalisable de vos voitures (livrées)
  • Le plaisir de conduire increvable
  • Pouvoir enfin conduire de vraies Porsche dans GT
  • Un jeu très accessible
  • GTSport plante les bases de ce que sera probablement la course en ligne de demain
  • Les sons moteurs
  • Pour une fois, une vue cockpit agréable à jouer
  • La playlist comme d’habitude excellente

Bac à gravier :

  • 150 voitures seulement
  • Trop peu de circuits…
  • … Et des tracés officiels passés à la trappe
  • L’IA ne s’est pas améliorée finalement
  • Peu de challenge en solo
  • Dans les faits, en ligne, des joueurs qui se foutent du fair-play
  • Toujours pas de dégâts
  • Gros ratage sur les épreuves de rallye
  • À quand une météo dynamique ?
  • Des comportements parfois WTF (une Viper avec une tenue de route excellente ?)
  • Connexion obligatoire pour jouer
 .
Franchement, le fan que je suis ne sait pas comment classer ce Gran Turismo Sport ! L'étiquette nous parle de compétition en ligne, mais le jeu offre aussi une conduite plus "arcade grand public" très accessible. Les deux ne sont pas incompatibles, mais risquent de créer des clivages : les pilotes hardcore se concentreront sur le online en délaissant le solo, les néophytes feront l'inverse... Reste à savoir où vous vous situez...
88%
Bon jeu !

Franchement, le fan que je suis ne sait pas comment classer ce Gran Turismo Sport ! L'étiquette nous parle de compétition en ligne, mais le jeu offre aussi une conduite plus "arcade grand public" très accessible. Les deux ne sont pas incompatibles, mais risquent de créer des clivages : les pilotes hardcore se concentreront sur le online en délaissant le solo, les néophytes feront l'inverse... Reste à savoir où vous vous situez...

  • Réalisation
  • Jouabilité
  • Contenu
  • Ambiance sonore
  • Durée de vie online
  • Durée de vie solo

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