Gran Turismo : 20 ans de « GT » et ce n’est pas fini…

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Un logo… Un thème musical… Un slogan qui autoproclame le titre comme le « vrai simulateur de conduite » (real driving simulator)… Des voitures réalistes… Des circuits criants de vérité… Et surtout, des sensations uniques ! Depuis vingt ans maintenant, Kazunori Yamauchi nous fait partager cet amour (qu’il nourrit depuis certainement plus longtemps) pour la culture automobile. Une déclaration qui tient en deux mots : Gran Turismo !

Un certain 8 mai 1998

Je m’en souviens comme si c’était hier ! Passionné de sport automobile, je n’avais jamais trouvé jusqu’alors de titre me permettant de vivre cette passion de manière authentique. Porsche Challenge était sympa, Ridge Racer très fun, mais… Il me manquait un truc !

Et puis, il y eut ce fameux jour, le 8 mai 1998 ! C’est à cette date que les joueurs européens découvraient enfin ce titre, soit-disant révolutionnaire, qui faisait alors les choux gras des magazines spécialisés. Les journalistes nous arrosaient de screens et de critiques, se délectant sur les versions japonaises (disponibles depuis le 23 décembre 1997) d’un certain Gran Turismo !

C’est donc en « day one » que je me procurais cette boite frappée de deux lettres en bleu et rouge : GT ! Je tenais enfin le « Real Driving Simulator » tant convoité ! La galette noire insérée dans ma bonne vieille PS1, c’est avec stupéfaction que je découvrais l’intro du jeu. Superbement portée par un « Everything must Go » de Chemical Brothers très en forme !

Dès le premier opus, Gran Turismo a planté le décor ! Plus qu’une série de courses, GT est un état d’esprit. Nous avons ici affaire à un véritable hommage au sport auto. Et à chaque nouvel épisode, mon constat est le même : Kazunori Yamauchi ne développe pas un jeu vidéo, il déclare son amour à l’automobile et à son histoire. Le jeu vidéo n’est qu’un moyen pour lui de partager et transmettre cette passion. Gran Turismo ne vous plonge pas dans des courses, mais dans une culture ! Et c’est sans doute ce qui fait que la licence ne peut être comparée à aucune autre…

Décliné sur tous les supports Sony… Ou presque !

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S’il est une marque qui est indissociable de la franchise PlayStation, c’est bien Gran Turismo ! Comme les WipEout, Uncharted, Jak & Daxter… GT fait partie de ces licences qui ont construit véritablement la notoriété de PlayStation ! Sans ces licences fondatrices, la console de Sony serait-elle devenue ce qu’elle est ?

Aussi, il semble inimaginable de concevoir l’idée d’une PlayStation sans son Gran Turismo. Exception faite de la PS-Vita, à ce jour la seule qui n’aura pas eu son Real Driving Simulator !

La PS1 nous aura donné GT 1 et 2… La PlayStation 2 a ensuite accueilli Gran Turismo 3 A-Spec et Gran Turismo 4. Quant à la PS3, elle nous aura permis de conduire des milliers de bornes sur GT5 et GT6 ! Vous aurez sans doute remarqué que je n’ai pas évoqué ici ce que j’aurais tendance à considérer comme des spin-off… Ou plutôt de grosses démos payantes : je parle évidemment des « GT Prologue » à réserver aux plus impatients tant leur contenu était loin d’être représentatif des versions définitives.

De même, j’ai beaucoup de mal à considérer Gran Turismo PSP comme un jeu à part entière ! Absence de mode solo et de championnats… Certes, le plateau et le nombre de circuits sont copieux, mais… Avec un intérêt très limité. GT-PSP est, en quelque sorte, un Prologue en mieux…

Et la PS4 dans tout ça ? Quatre ans d’existence, et toujours pas de Gran Turismo ? Voilà qui sera bientôt réglé, puisque, comme vous l’avez compris, Gran Turismo Sport arrive ce 18 octobre !

La naissance sur PS1

S’il est un genre qui a véritablement pris son envol sur la première PlayStation, c’est bien la course automobile. Vulgarisant la 3D, et la poussant encore plus loin que ne l’avait fait la Nintendo 64, la PS1 mise sur des licences fortes, telles que Ridge Racer, Formula One, Need for Speed

Et puis, un jeu va venir placer la barre encore plus haut. Un certain Gran Turismo voit les choses en grand, en très grand : 21 circuits (dont une dizaine inversés), et surtout 176 voitures… Du jamais vu ! Le projet est ambitieux, mais suscite déjà une hype sans pareille…

Il faut dire que, derrière Gran Turismo, nous allons trouver un certain Kazunori Yamauchi, à la tête d’une équipe de sept personnes : Polyphony Digital. Un véritable passionné d’automobile, qui donne de son temps sans compter. Il confiera par la suite que, pendant les cinq ans de développement du jeu (de 1992 à 1997), il ne rentrait que quatre jours par an chez lui… Le jeu est à la hauteur de ses ambitions, et se vendra à plus de 11 millions d’exemplaires, devenant le jeu le plus vendu de la PS1 !

Appartenant encore à Sony Interactive Entertainment, Polyphony Digital prend son indépendance entre la sortie japonaise et la sortie européenne de Gran Turismo, en 1998. Et sans surprise, fin 1999 au Japon, début 2000 en Europe, que sort Gran Turismo 2. Celui-ci pousse la jauge à 700 voitures, et introduit une nouvelle discipline : le rallye. Le jeu se vendra à plus de 9 millions d’exemplaires.

La PlayStation 2 enfonce le clou

Nouvelle console, et nouvelle technologie. Yamauchi-san dispose donc de nouveaux outils, de nouvelles possibilités. Suite au succès des deux premiers volets de Gran Turismo, un troisième opus est mis sur les rails. Gran Turismo 3 A-Spec sortira en 2001. Et comme Gran Turismo en son temps, il devient le jeu le plus vendu de la console, s’écoulant à quelque 15 millions d’exemplaires.

Mais le jeu est plus difficile à développer, à cause notamment de la nouvelle architecture de la console, que les programmeurs doivent apprivoiser. Et quand la modélisation d’une voiture prenait une journée sur GT2, elle en prend quinze sur GT3 ! Résultat des courses : le plateau est revu à la baisse, avec seulement 180 véhicules. De plus, prévu pour l’an 2000, GT3 ne sortira finalement que le 28 avril 2001 au Japon, et le 20 juillet de la même année en Europe.

Il faudra attendre trois ans, pour voir débarquer en décembre 2004 au Japon (en mars 2005 en Europe) un Gran Turismo 4 encore plus ambitieux. Ici, on revient à un catalogue de plus de 700 voitures, dont des historiques, des vieilles dames ayant marqué l’histoire de l’automobile. Encore plus réaliste que jamais, le jeu vous emmène sur plus de 50 circuits. Dont pour la première fois, le circuit du Mans. Cocorico ! Et bim : 12 millions de jeux vendus !

Gran Turismo se fait attendre sur PS3 !

Il faudra attendre, et attendre encore, pour voir débarquer en 2010 un très attendu Gran Turismo 5, premier jeu de la franchise sur PS3 (les fans auront pu patienter en 2008 avec GT5-Prologue) ! Au chapitre des nouveautés, on retiendra que la licence s’engage pour la première fois dans le jeu online… Et pour la première fois, certains véhicules peuvent subir des dommages (les voitures de rallye notamment).

Au chapitre des nouveautés, on remarque que le jeu permet aussi de jouer avec des conditions météo évolutives, et un cycle jour-nuit en temps réel. Gran Turismo intègre pour la première fois les licences Nascar, WRC et Super GT. Au départ, non plus six, mais seize voitures ! L’écurie Red Bull et Sebastian Vettel contribuent au développement du jeu. Et l’ingénieur de Red Bull, Adrian Newey, conçoit une voiture, une « formule 1 futuriste » , la X2010. Soit plus de 1000 voitures au total, sur 71 circuits… Les fans s’arrachent le jeu à hauteur de 11 millions d’exemplaires.

Alors que GT5 n’est pas encore sorti, Kazunori Yamauchi évoque déjà Gran Turismo 6 (lire aussi notre test), qui sortira en fin de vie de la PS3, en décembre 2013. Nouveau moteur graphique,  sur fond d’hommage à Ayrton Senna, menus plus clairs, DLC réguliers (les nombreux prototypes GT-Vision)… Si le jeu semble un peu fade à sa sortie, il se complète avec le temps par des mises à jour très régulières, pour devenir une bombe ! Le jeu aligne au final 1241 véhicules, sur 41 circuits. Deux millions d’exemplaires seront vendus en un mois seulement !

Gran Turismo Sport peut-il encore nous surprendre ?

Voilà une très bonne question ! Il est vrai qu’à force de placer la barre toujours plus haut, il devient de plus en plus difficile de surprendre le fan. Mais pour avoir joué à la beta fermée (mais comme je m’y suis engagé, je n’en parlerai pas ^^) puis à la démo, je peux vous dire que ne nombreuses surprises vous attendent !

Tout d’abord, GTS apportera de nouvelles sensations, et une immersion encore plus poussée grâce à la VR. Puisque le jeu sera compatible avec le casque de Sony. Peut-être un détail si vous ne possédez pas encore le PS-VR, mais Gran Turismo évolue avec son temps !

Autre nouveauté pour les fans inconditionnels de sport automobile : pour la première fois de l’histoire de la licence, Porsche fait enfin son entrée dans Gran Turismo ! Electronic Arts n’en détenant plus les droits exclusifs, la marque allemande s’affiche enfin sous son vrai nom, et non celle de son préparateur, Ruf (plus de détails ici).

GTS introduit un nouveau mécanisme très intéressant, pour vous pousser à jouer tous les jours : l’entraînement journalier ! Beaucoup plus intéressant que les points « bonus journalier » de GT6, cet entrainement consiste à vous offrir une nouvelle voiture dès lors que vous avez parcouru 42km dans la même journée (deux tours du Nürburgring et c’est plié).

Les développeurs semblent s’être aussi penchés sur la question de l’IA. Elle peut désormais varier ses trajectoires, tout en commettant des erreurs. Et il devient particulièrement jouissif de voir cette intelligence artificielle, autrefois implacable, se vautrer lamentablement dans un virage, vous offrant sa place sur un plateau.

Vous l’aurez compris : le principal handicap de Gran Turismo Sport est que sa communauté de fans va en attendre beaucoup ! Encore plus fort, encore plus loin… La licence doit forcément faire mieux…

Le vrai « Real driving simulator » ?

Comme je l’ai écrit plus haut, Gran Turismo s’autoproclame (depuis le premier volet) comme le Real Driving Simulator (vrai simulateur de conduite). Une appellation bienvenue ? Ou un titre un peu trop ambitieux ?

Le coté simulation est effectivement très poussé dans Gran Turismo. Et ne se limite pas qu’aux sons moteurs très réalistes, capturés sur les modèles originaux. Vous pourrez aussi mettre le nez dans les réglages. Avec des tonnes de points à paramétrer en fonction de la course, de la météo, du type de terrain, etc.

Oui, Gran Turismo procure des sensations de conduite d’un extrême réalisme, et c’est la clé de son succès ! Pourtant, plusieurs défauts viennent entacher ce réalisme. Pour ne pas dire qu’ils viennent nuire à sa crédibilité.

Le premier point, c’est évidemment le fait que votre voiture est indestructible. Lancée à 250 km/h contre une rambarde, votre bolide ne subira aucun dommage (du moins jusqu’à GT5, partiellement). La raison serait que les constructeurs refusent que Polyphony ne montre une image négative de leurs modèles. Pourtant, nombre de BurnOut ou Need for Speed montrent les mêmes modèles s’exploser contre des piliers ! Dommage, car le jeu n’en serait que plus réaliste, avec une voiture réagissant différemment selon son état de dégradation.

Second défaut de la série : une IA totalement aux fraises ! Dans les premiers épisodes, vos adversaires suivent tout simplement une ligne prédéfinie. Et rien ne peut les en faire sortir (c’est d’ailleurs source de mécontentement pour Kazunori Yamauchi). À partir de l’ère PS3, on voit une nette amélioration. Vos adversaires étant parfois capable de vous surprendre avec des réactions inattendues. Gran Turismo Sport devrait y remédier : d’une part contre des adversaires humains en online, il n’y a plus de piste scriptée ! Et puis, la démo nous a laissé voir que l’IA pourra aussi commettre des erreurs.

Déjà entendu dans les autres épisodes

Comme toute légende du jeu vidéo, Gran Turismo traîne derrière lui nombre d’éléments récurrents dans la série. Qui contribuent à forger son identité. Et je ne parle pas ici de son logo (un « G » bleu et un « T » rouge).

Je veux parler ici d’éléments que vous allez retrouver d’un volet à l’autre. Comme par exemple la construction de sa sublime intro (ça claque à chaque fois), partagée en deux temps. Elle débute sur une musique douce. En nous montrant des scènes que l’on pourrait qualifier de « coulisses de l’automobile » (images d’usines, de garages, etc). Puis, en seconde partie, sur une musique plus rock, de la course pure et dure. Avec toujours des cadrages dynamiques, le numéro de l’épisode apparaissant de manière quasi-subliminale (le numéro d’une voiture par exemple)… Ou des effets « noir et blanc » fort jolis…

D’ailleurs, on pourrait longtemps parler de la musique de Gran Turismo. Elle offre à chaque fois une playlist excellente et variée. Du rock à l’électro, avec même du classique, il y en a pour tous les goûts. Et bien souvent des morceaux que vous entendrez trois ans plus tard à la radio ! Gran Turismo est aussi un dénicheur de talents musicaux ! Qui s’offre aussi parfois du Chemical Brothers, du Cardigans, etc.

Et puis, il y a aussi les morceaux « maison », les habitués (ou habituels) de GT. Je pense par exemple ici au thème du jeu, Moon over the Castle. Ou aux morceaux de rock signés par le compositeur japonais Daiki Kasho. Les intros des deux jeux PS3 ont aussi fait entrer dans la famille un certain Lang-Lang, le pianiste prodige chinois.

Gran Turismo dans la vraie vie

Peut-on parler de Gran Turismo en omettant de parler de son implication dans la vie réelle ? Car le jeu vidéo est aussi un acteur sur la scène sportive internationale !

Au commencement, il y avait un concours ! Gran Turismo premier du nom était livré avec un carton vous invitant à réaliser le meilleur chrono sur le circuit Deep Forest. Pour remporter une Dodge-Viper, rien que ça ! D’ailleurs, pour la petite anecdote, le vainqueur du concours est devenu une légende du jeu vidéo ! A 25 ans, Pierre Landouzy, étudiant à l’Ecole Nationale de l’Aviation civile gagnait coup sur coup  la Viper du concours Gran Turismo… Mais aussi la Harley mise en jeu lors d’un concours sur Tekken 3… Et la Boxter constituant le lot d’un concours sur Porsche Challenge. Il a tout revendu ^^

En 2008, Gran Turismo et Nissan s’associent pour lancer la GT Academy. Elle permet chaque année de dénicher le meilleur pilote, afin de lui offrir un vrai volant, sur un circuit à Dubaï. Si le pilote fait ses preuves, une carrière professionnelle s’ouvre à lui, au sein de l’équipe Nissan, Nismo. Le premier gagnant est un certain Lucas Ordóñez, en 2008. Chaque année, la GT Academy Nismo-PlayStation continue son oeuvre. Et avec son jeu online, nul doute que Gran Turismo Sport va apporter un nouveau souffle à ce concours…

Passionné de courses, Kazunori Yamauchi est un homme qui n’hésite pas à mouiller le maillot ! Et en 2011, il participe aux 24 Heures du Nürburgring, au sein de l’équipe privée Schulze Motorsport. Au volant d’une Nissan GT-R. Et boom ! Il termine premier de catégorie ! Il rempile en 2012 sur la même voiture avec, comme équipier, Lucas Ordóñez !

Bonus : Gran Turismo, anecdotes et easter-eggs !

Gran Turismo trop sérieux ? Détrompez-vous ! Le jeu sait aussi vous faire ses petites blagues, avec des easter-eggs bien planqués. Mais qui parleront sans doute aux fans. Pour ma part, en tout cas, je ne peux m’empêcher de rechercher ces références dans chaque nouveau Gran Turismo.

Ainsi, le circuit Trial Mountain cache deux easter-eggs. Le premier est un singe, que vous pourrez trouver sur une branche, au dessus du circuit.

Un peu plus loin (même tracé), lorsque vous passez près d’un lac, vous aurez la surprise d’y voir, au loin, la silhouette… Du Monstre du Loch-Ness.

Si vous avez possédé Gran Turismo 2, alors peut-être vous souvenez-vous de cette anecdote. Le jeu tenait sur deux CD (un pour le mode arcade, et l’autre pour le mode carrière). Et lorsque l’on frottait son doigt sur l’un des CD, il dégageait une odeur de gomme chaude… Le soucis du détail !

L’intro de Gran Turismo 2 utilise la chanson « My Favorite Game » des Cardigans. Cette chanson peut être écoutée sur le 4e album du groupe, sorti en 1998, et qui s’intitule… Gran Turismo !

Lorsque je vous disais que Yamauchi-san était un amoureux de la culture auto, de son histoire… Les deux voitures les plus anciennes de la série sont la Mercedes Benz Patent Motor Wagon… Et la Mercedes Benz Daimler Motor Carriage. Elles sont jouables dans Gran Turismo 4. Elles datent de… 1886 !

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