Dragon’s Dogma Dark Arisen : Papy fait de la résistance !

Testé sur une version PS4, fournie par l'éditeur

Cinq ans (déjà) après la sortie de Dragon’s Dogma, Capcom souffle les bougies de la licence en ressortant une version rehaussée de Dark Arisen. L’intention est bonne, mais le jeu sera t-il à la hauteur de ses prétentions ? La réponse avec ce test !

Le recyclage, c’est bon pour la planète !

C’était il y a cinq ans ! Nous étions en mai 2012, et Capcom éditait un ambitieux action-RPG en monde ouvert, sur PS3 et X360. Ambitieux car, avec Dragon’s Dogma, l’éditeur voulait tout simplement réunir (pour ne pas dire réconcilier) autour d’un même jeu, les RPGistes japonais et les joueurs occidentaux. Entre Final Fantasy et Skyrim… L’objectif semblait très difficile à atteindre. Aussi, Capcom a su s’entourer de la crème : Hideaki Itsuno (série Devil May Cry) et Hiroyuki Kobayashi (Resident Evil).

Et on ne peut pas dire que l’accueil de Dragon’s Dogma fut un échec, loin de là : un million de jeux précommandés au Japon… Meilleur démarrage en une semaine sur la 7e génération (plus de 331.000 exemplaires écoulés lors de sa semaine de lancement)… Et encore un million de vendus, cette fois en un mois de commercialisation, dans le monde…

Un an plus tard (le 26 avril 2013 en Europe), Capcom décide de rééditer son jeu, mais cette fois en l’améliorant. Et voici donc Dragon’s Dogma : Dark Arisen. Toujours sur PS3 et X360… Mais cette fois, les joueurs PC peuvent aussi défourailler du monstre !

Dark Arisen reprend le jeu de base, mais y ajoute une extension. Un nouveau donjon (le Récif de l’Amertume), une nouvelle histoire, de puissants items… Un ajout vraiment sympa, mais à réserver aux joueurs d’un certain niveau, tant cette extension va vous faire souffrir. Elle s’apparente d’ailleurs davantage à un boss-rush qu’à un niveau, des ennemis particulièrement puissants vous attendant dans l’ombre. Je vous aurai prévenu : ne tentez ce niveau qu’à partir d’un level assez élevé.

Cinq ans après la sortie de DDDA (plus rapide à écrire), Capcom nous ressort donc son RPG, mais avec des graphismes rehaussés au niveau de la PlayStation 4 et de la Xbox One !

Rodrigue, as-tu du coeur ?

Dragon’s Dogma : Dark Arisen s’ouvre sur une séquence qui donne le ton ! Un chevalier avance dans une caverne, entouré de corps de soldats qui jonchent le sol. À en croire les buissons qui crament un peu plus loin, et les deux gigantesques yeux qui vous fixent, il y a du monstre dans l’air… Quelques camarades récupérés en route, ainsi que quelques combats plus tard, voici nos héros face à une chimère… Un premier boss… Et le début du jeu !

Une fois cette séquence passée, vient le moment de créer votre avatar (pas mal d’options de personnalisation, vous pouvez le créer ou importer un modèle). Héros dont l’histoire va débuter, dans un autre monde, dans une autre dimension. En effet, votre personnage est un simple pêcheur, qui coule des jours heureux dans la petite bourgade de Cassardis… Jusqu’à ce que ne débarque un dragon !

Seul sur la plage, au milieu d’un joyeux carnage, votre héros se saisit d’une épée pour combattre la bête. Mais si vous avez suivi la série Game of Thrones, vous savez que vaincre un dragon en étant un humain, c’est un peu comme demander à votre train d’arriver à l’heure…

Résultat des courses : soufflé comme un fétu de paille, votre personnage se fait arracher le cœur par le dragon, qui dévore ensuite le précieux organe. Rien à faire : vous vous révélez être L’Insurgé, un légendaire héros capable de vaincre le dragon, selon une prophétie. Pour retrouver votre cœur (et oui, on peut vivre sans, quand on est l’Insurgé), vous allez devoir prendre les armes, et partir à la recherche du vil animal. Votre quête commence.

Mon meilleur ami est un « Pion »

Au niveau du gameplay, le jeu est un Action-RPG tout ce qu’il y a de plus classique. Équipement customisable, système de levelling, du loot lors de vos phases d’exploration de donjons, du PNJ plus ou moins bavard… Les amateurs du genre ne seront pas dépaysés !

Le premier point qui nous séduit est le système de combat du jeu. La simplification des commandes nous offre une approche plus « arcade » que dans un RPG traditionnel. Bien que le gameplay reste assez technique. Une touche pour saisir, une touche pour s’accrocher aux monstres de grande taille et les escalader… Et des capacités à affecter aux touches carré (coup faible), triangle (coup fort)… Les coups sortent sans prise de tête ! Il en résulte un jeu nerveux, avec du rythme, en mode hack’n slash. Les combats sont vraiment plaisants, et l’on y revient sans rechigner.

On nous a vendu Dragon’s Dogma comme un A-RPG en monde ouvert. Et cela se vérifie par la grande liberté qui vous est offerte dès le début du jeu. Vous pouvez aller où bon vous semble, pour y faire ce que vous désirez. Mais attention : car le jeu intègre également un système de difficulté progressive ! Aussi, vos petites escapades hors-piste peuvent parfois se solder par des rencontres avec des adversaires plus forts que vous. Si vous n’avez pas le niveau requis, ils risquent de vous désosser très rapidement. Ce qui a souvent pour effet de vous heurter à des pics de difficulté. Mais si ça ne passe pas, peut-être faut-il encore vous entraîner un peu ?

Des monstres XXL

D’autant que le soft n’est jamais avare lorsqu’il s’agit de dégainer un bestiaire vraiment réussi. Pour les Goblins et squelettes, ça passe. Mais lorsqu’il s’agit d’aller clasher de l’hydre, du cyclope, du griffon ou de la chimère, ce n’est plus la même histoire ! Les bestioles sont aussi impressionnantes que réussies. Et face à des modèles XXL, vous allez devoir sortir votre jeu aérien, voire vous lancer dans des parties d’escalade, afin d’aller chercher le point faible de votre pote le monstre.

Je pourrais aussi vous parler de l’ambiance du soft, elle aussi très réussie. Les paysages sont chouettes, mais savent aussi être menaçants. Le joueur ressent ainsi le coté inquiétant de la forêt. À plus forte raison lorsqu’il doit la traverser de nuit, une simple lanterne à la main, des monstres pouvant surgir à chaque instant. On s’émerveille devant des ruines et le rendu des pierres, tout en se demandant ce qui va nous tomber sur la tronche.

De précieux assists

Autre mécanique fort intéressante : celle des « Pions » . Grâce à des pierres spéciales, vous pourrez invoquer ces personnages de soutien, dénués de volonté propre, qui viendront vous épauler sans sourciller (seuls trois vous accompagnent). Ces bots compensent un mode coopératif absent du titre. Très rapidement, vos pions vont devenir vos meilleurs amis, capables d’immobiliser un ennemi pour que vous puissiez le savater tranquillement… Ou ramassant les objets à votre place. De parfaits petits esclaves assists. Comme votre héros, les pions peuvent être affectés à neuf classes, du chevalier au mage, en passant par l’assassin ou le fantassin…

Dernière qualité pour Dragon’s Dogma, et non des moindres : de base, le jeu jouit d’une solide durée de vie. Elle est portée par une longue  quête principale, et par de nombreuses quêtes annexes (contrats de chasse, etc). Si l’on prend en considération le fait qu’il sera possible de changer de classe (avec de nombreuses compétences pour chacune) au cours de l’aventure… DDDA offre donc une bonne durée de vie pour son aventure principale, rehaussée par une rejouabilité bien présente.

Une réalisation d’époque

Des mécaniques efficaces, une histoire bien écrite, une superbe direction artistique digne des productions « dark-fantasy » de ces dernières années… Pour le moment, tous les indicateurs sont au vert pour Dragon’s Dogma ! Pourtant, le jeu va vite dévoiler ses limites. Qui sont hélas les mêmes que dans les versions précédentes…

Si les graphismes sont beaucoup plus fins et détaillés, si le jeu est plus fluide… On ne peut passer à coté de quelques petits bugs d’affichage qui viennent gâcher le plaisir. PNJ qui passent à travers les murs, cadavres de vos ennemis vaincus qui fusionnent avec les roches… On pourrait presque se croire dans un Assassin’s Creed III le jour de sa sortie ! Le clipping s’invite aussi parfois à la fête…

On pourrait aussi longuement parler de l’IA, totalement à la ramasse ! Passent encore les PNJ qui se répètent inlassablement, et qui ne servent bien souvent pas à grand chose… Mais les ennemis… Oh my god ! On ne peut pas dire qu’ils aient inventé l’eau tiède ! De réactions incohérentes en réactions stupides… Et ce ne sera pas mieux du coté des Pions, qui semblent parfois complètement largués face à des boss un peu trop retors. Vous allez alors passer votre temps à soigner vos infortunés compagnons, décédés suite à des choix pas vraiment pertinents.

Menu pas très ergonomique

Graphiquement, comme je l’ai écrit, le jeu a subi un gros lifting. Les décors sont superbes. Seule ombre au tableau, quelques petites textures qui viennent faire tâche dans le paysage ! Elles offrent un rendu un peu crade, un peu comme si les développeurs avaient oublié ces textures venues de l’époque PS3/X360.

Mais le pire défaut, selon moi, est le manque d’ergonomie du menu. En plein combat, vous devrez mettre le jeu en pause, pour aller chercher la moindre potion. Pas vraiment pratique dans le feu de l’action ! De même, avant chaque combat, pensez à passer par les menus afin de constituer l’équipe idéale face au boss du coin : en fonction de leur classe, certains Pions seront plus vulnérables, d’autres non ! Une mécanique intéressante, mais un peu fastidieuse à la longue !

Au final

Loin d’être un mauvais jeu, Dragon’s Dogma : Dark Arisen est un jeu qui tient toujours la route. Cette version améliorée embarque avec elle toutes les qualités qui avaient fait la réussite du titre de Capcom à son époque. Hélas, elle fait aussi peser, sur ses épaules, le poids de cinq années qui ont redéfini les standards du A-RPG.

En conclusion, ce remaster de Dragon’s Dogma : Dark Arisen est un jeu sympa à jouer si vous ne connaissez pas la licence. Rien de folichon graphiquement parlant, rien de révolutionnaire dans l’ensemble. Mais un système de combats nerveux et bien pensé, et une histoire dont vous aurez envie de connaître le dénouement… La balance penche donc en faveur du jeu de Capcom, à plus forte raison si vous êtes en manque de bons A-RPG.

En revanche, si vous aviez déjà terminé la première mouture du jeu (sur PS3 ou X360), l’achat semble moins justifié tant le titre est proche de sa matrice d’origine. Malgré des graphismes rehaussés, le jeu reste sensiblement le même, avec un contenu identique. Souffrant, de plus, de la comparaison avec des productions plus récentes, comme The Witcher 3, pour ne citer que lui…


Dragon’s Dogma : Dark Arisen

Par Capcom, sur PS4 et Xbox One. Pegi : 18.

 

C’est bien ! :

  • Grosse durée de vie
  • La bande-son
  • Combats nerveux, un coté « défouloir »
  • Le système de classes
  • Jouabilité accessible
  • Des combats de boss épiques
  • Ça tourne de manière assez fluide
  • Les « Pions » qui vous assistent
  • Son petit prix (24,99€)

Y’a comme une co…, là ! :

  • L’IA, euh… Comment dire ?
  • Des bugs d’affichage
  • Des textures pas toujours belles
  • Les menus pas du tout ergonomiques
  • Le jeu tourne en 30fps
  • Des pics de difficulté
  • On sent le poids des années
 .
Avec ce remaster de Dragon's Dogma : Dark Arisen, Capcom ressort une valeur sûre de ses cartons. Jouissant d'une bonne longévité, de combats nerveux et d'une ambiance assez dark, le jeu comblera les amateurs du genre. Mais, ombre au tableau, le jeu accuse le poids des années : les limites techniques de l'époque n'en sont ici que plus probantes. En même temps... à ce prix, vous ne prenez pas un gros risque !
84%
Bon !

Avec ce remaster de Dragon's Dogma : Dark Arisen, Capcom ressort une valeur sûre de ses cartons. Jouissant d'une bonne longévité, de combats nerveux et d'une ambiance assez dark, le jeu comblera les amateurs du genre. Mais, ombre au tableau, le jeu accuse le poids des années : les limites techniques de l'époque n'en sont ici que plus probantes. En même temps... à ce prix, vous ne prenez pas un gros risque !

  • Direction artistique
  • Jouabilité
  • Scénario
  • Ambiance sonore
  • Durée de vie

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