Final Fantasy XII The Zodiac Age : un remaster qui fait honneur à un jeu culte

Testé sur une version fournie par l'éditeur

Tout droit venu du milieu des années 2000, Final Fantasy XII est de retour sur PS4 pour une remasterisation intégrale. Le J-RPG de Square-Enix arrive aujourd’hui dans une version ultime estampillée The Zodiac Age. Un bon moyen de découvrir une version internationale jamais sortie sous nos latitudes. 

Le retour de Vaan et ses amis

C’est un fait ! Plus que tout autre console Sony, la PS4 est très attachée à l’histoire de la marque. Et pour tout nouveau joueur, il est aujourd’hui impossible de passer à coté des hits d’hier, des grandes licences qui ont fait les heures de gloire de la PS1 ou de la PS2 !

Crash Bandicoot, Parappa the Rapper ou encore God of War… Comme le dit l’adage, « c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes« . Et dans cette démarche, l’éditeur Square-Enix n’est pas en reste. Nous avons eu dernièrement la remasterisation en HD de l’intégrale de Kingdom Hearts, quelques années après le remaster de Final Fantasy X, sur PS3 et PS4 !

Square-Enix poursuit donc la redécouverte de la licence Final Fantasy, avec cette fois la « péèsquatrisation » du douzième opus. Il se voit cependant complété par un étrange suffixe : The Zodiac Age.

Final Fantasy XII est donc initialement sorti sur PS2 en mars 2006 au Japon, et un an plus tard, en février 2007, sur nos consoles européennes. Pour son gameplay original, il a souvent été décrié par les fans. Pourtant, pour son scénario plus sombre et plus « mature », nous avons ici un jeu que nous aurions tort de laisser de coté !

Un scénario plus « européen »

Final Fantasy XII nous emmène dans un monde appelé Ivalice. Nous allons accompagner Vaan, un jeune homme de 17 ans bien sympathique mais qui, de l’avis de beaucoup de joueurs, ne restera pas parmi les personnages les plus emblématiques de la série. Et c’est pour moi le principal défaut du jeu. Autant le scénario est captivant, autant Vaan manque clairement de charisme, est un héros un peu trop transparent.

Mais le plus important est le foutoir qui règne sur Ivalice. Une magnifique intro vous explique comment le royaume de Rozarria se fait méchamment botter le fondement par l’Empire d’Arcadia… Comment Dalmasca se fait envahir par des troupes impériales Arcadienne avides de pouvoir.

Après une introduction faisant office de tutoriel, le joueur découvre donc Vaan, un jeune homme élevé dans les rues de Rabanastre. L’occupation arcadienne ne change rien à la vie de Vaan, qui occupe ses journées à commettre de petits larcins, en rêvant de devenir un jour un pirate du ciel. Jusqu’à ce qu’il ne rencontre Ashe, princesse de Dalmasca. Comme vous pouvez vous en douter, la belle rêve quant à elle de revanche, et de reprendre son trône !

Vous l’aurez compris : le scénario plutôt bien écrit de Final Fantasy XII va vous emmener au coeur d’un conflit de personnes, qui cache en réalité de forts enjeux géopolitiques. Le propos est très intéressant, avec son lot de rebondissements et de trahisons. FFXII est un J-RPG, mais qui vient aussi lorgner du coté des propos des RPG occidentaux. Un royaume contre un régime totalitaire impérial… Voilà une trame qui me rappelle quelque chose !

L’horoscope selon Final Fantasy ?

The Zodiac Age ? Le jeu vous donne votre horoscope à la fin de chaque journée ? Les développeurs y ont intégré les héros de Saint-Seiya ? Le nom sonne juste « trop classe » ? Rien de tout cela ! Et ce « Zodiac Age » qui complète le titre du jeu n’a pas été donné au hasard !

Tout d’abord, il faut savoir que, pendant que nous découvrions Final Fantasy XII en Europe en 2007, sorti donc au Japon un an plus tôt, les joueurs nippons étaient déjà sur Final Fantasy XII International Zodiac Job System. Une version internationale qui n’arrivera pourtant jamais chez nous !

La grosse nouveauté de cette version est l’ajout de grilles de jobs (métiers). De l’unique grille du jeu de base, on passe ici à douze grilles, soit une par signe du zodiaque. Les compétences se répartissent sur un damier qui reprend la forme des symboles de chaque signe. Ces grilles vous permettent ainsi d’obtenir des « permis ». Nécessaires pour pouvoir utiliser des armes, des compétences, voire pour pouvoir invoquer les Aeons.

Et c’est donc ce système que les joueurs européens vont découvrir aujourd’hui pour la première fois avec The Zodiac Age. Une mécanique supplémentaire, et plutôt efficace, qui vient s’ajouter au panel déjà bien complet de Final Fantasy XII.

Remasterisation : c’est bien, ou pas ?

Il est maintenant temps d’aborder la question qui vous brûle les lèvres : cette remasterisation était-elle nécessaire ? Apporte t-elle vraiment quelque chose au jeu ?

Spontanément, j’aurais envie de vous répondre « oui », dans le sens où elle va permettre à certains joueurs de découvrir un jeu vieux de dix ans. Et ceux qui ont déjà terminé le soft y trouveront une version qui n’était jusqu’alors réservée qu’à ceux qui avaient pu mettre la main sur un CD import de l’opus international ! Reste à savoir si Square-Enix a bien fait le job, ou bien s’est contenté d’un simple portage avec quelques améliorations esthétiques.

Et force est de reconnaître que la rehausse graphique est au delà de nos espérances. Les couleurs sont éclatantes, les niveaux plus lumineux. Les environnements regorgent de détails, beaucoup plus que dans la version originale, ce qui leur donne une profondeur sans précédent. Idem pour les personnages, dont les tenues gagnent elles aussi en détails. Avec une profondeur de champs plus maîtrisée, le jeu est un régal pour les yeux !

Un beau jeu, c’est bien, mais un jeu jouable c’est mieux ! Et vous ne serez pas déçu non plus par cet aspect. Le titre m’a semblé beaucoup plus fluide, un poil plus rapide… Avec la possibilité de passer en mode accéléré : les phases de farming passeront donc plus vite, à condition de passer outre ce défilement à la « Benny Hill » qui prêtera à sourire.

Mention spéciale pour le son !

Voici l’un des points très appréciables du jeu, sur lequel je tenais à insister plus particulièrement ! Sa bande-son, vraiment réussie, et qui apporte une toute autre dimension à ce remaster !

La bande-originale du jeu est signée Hitoshi Sakimoto, que les fans connaissent sans doute pour ses compositions sur Vagrant Story, Final Fantasy Tactics ou encore Gradius V. Et si l’OST originale est déjà très bonne à la base, elle est sublimée par les réorchestrations symphoniques proposées ici : l’intégralité de la bande-originale a été refaite. Final Fantasy XII The Zodiac Age vous permet de choisir entre les deux versions !

Enfin, si Final Fantasy XV nous a très rapidement habitué aux voix en VF, il faut vous faire une raison. Dans The Zodiac Age, comme à l’époque, elles seront en Anglais… Ou en Japonais. Encore une fois, c’est à vous de choisir… Et c’est plutôt pas mal !

Plus technique qu’il n’y paraît

Il est temps de parler maintenant du gameplay ! Vous aimez les RPG pour leur coté technique ? Alors, avec Final Fantasy XII The Zodiac Age, vous allez être servis !

Je passerai rapidement sur la partie « exploration » propre à tous les RPG de la licence : marcher, courir, déclencher des dialogues, ouvrir des coffres ou sauvegarder à l’aide de cristaux juste avant les boss… Plutôt classique !

Ce qui avait pu choquer les fans en 2007, c’est le déroulement en temps réel des combats, avec cependant la limite de ce que vous permettra votre jauge de temps. Plus vous serez fort, plus elle sera rapide et plus vous frapperez souvent. Les ennemis n’apparaissent plus aléatoirement pendant que vous vous déplacez. Vous les voyez sur la carte, et si vous les attaquez, le combat s’engage. Une courbe vous indique le monstre que vous ciblez.

Mais attention à ce piège qui risque de vous gâcher la vie ! Tandis que vous combattez un groupe de monstres, un second groupe à proximité peut venir se joindre à la fête, s’il s’approche trop près de la zone de combat. Autrement dit, si votre santé est au plus faible en fin d’affrontement, l’arrivée de ces « renforts » ennemis risque de faire encore plus pencher la balance en votre défaveur !

Les combats se complexifient avec les « gambits« , une mécanique pourtant bien utile qui va vous permettre de « programmer » les comportements de vos équipiers. Sur une grille, l’expérience acquise va vous permettre de débloquer petit à petit différents skills (ou gambits) que vous pourrez affecter à vos amis. Et si vous choisissez les bonnes options, question de stratégie, l’issue des combats n’en sera que plus aisée.

Mieux que les simples attaques de base, vos équipiers pourront ainsi user de ces pouvoirs automatisés. Par exemple, vous pouvez programmer un ami pour soigner votre leader si sa barre de vie passe sous un pourcentage critique, pour ensuite lui lancer un sort de défense renforcée, avant de défoncer l’ennemi le plus fort du groupe. Et comme si cela ne suffisait pas, les « permis » évoqués plus haut viennent s’ajouter à l’équation. Ca va farmer !

Que la Force soit avec toi !

Désolé, mais je n’ai pas pu m’empêcher de venir vous reparler d’un point que j’avais déjà remarqué à l’époque (et dont je vous parle aussi ici) ! Si les développeurs de Final Fantasy XII n’ont pas été influencés par Star Wars, alors je suis l’empereur du Japon !

Je passerai donc sur les nombreux vaisseaux qui sillonnent le ciel dès l’introduction. Ou sur la cité typée orientale de Rabanastre qui, sous certains aspects, me fait penser à Tatooïne.

Je pourrais aussi vous parler du héros blond (comme Luke), qui affronte un grand méchant enfermé dans une armure intégrale ! Et que dire de ce mercenaire de Balthier qui, avec son joli vaisseau et son look, fait irrésistiblement penser à Han Solo ? Il pousse même le mimétisme jusqu’à être traqué par des chasseurs de primes. Ou faire équipe avec un être mi-homme mi-animal. Bien qu’il ait troqué le Wookie contre une Viéra, Fran, mi-femme mi-lapin.

Mais la similitude la plus intéressante réside dans le scénario lui-même, plus adulte et plus noir. Une histoire dans laquelle il sera question d’aider une princesse à lutter contre un empire totalitaire… ça ne vous rappelle rien ?

Une difficulté revue à la baisse

En fan de la série Final Fantasy que je suis, je pense pouvoir le dire ! Ces propos n’engagent que moi, mais il me semble (avec une très grande certitude) que Square-Enix a sérieusement revu la difficulté de Final Fantasy XII à la baisse !

Le jeu n’était pas vraiment difficile, à la base… Mais il demandait tout de même un minimum de stratégie, de vous équiper correctement… Ou encore de monter jusqu’au niveau adéquat pour vous défaire d’un boss un peu plus retors… Mais là… On sent que le jeu a été pensé pour être accessible au plus grand nombre.

A commencer par le système permettant d’accélérer le jeu jusqu’à la vitesse x4. J’écrivais plus haut qu’il est utile si vous farmez pour upgrader vos personnages, mais… Associée aux bons gambits, cette mécanique vous permet hélas de passer des tableaux entiers sans bouger le petit doigt. J’avoue que ça gâche le plaisir.

Je me souviens de m’être perdu dans le jeu original. Aujourd’hui, pour en arriver là, il faut le faire ! Car en plus de la mini-carte dans le coin de l’écran, il vous est possible d’afficher la carte en grand, en sur-impression. Une aide de plus ?

La difficulté a été globalement réduite. Certains ennemis autrefois assez forts le sont désormais beaucoup moins. De même, je me souviens de la galère pour trouver certains objets précis, pendant des heures. Mais dans The Zodiac Age, il me semble que les ressources offertes par les coffres et les ennemis vaincus sont clairement plus intéressantes.

Si l’une de ces aides aurait pu vous donner un petit coup de pouce de temps en temps, leur accumulation pourrait vous gâcher l’expérience FFXII. Je vous conseille donc de les utiliser avec parcimonie.

Au final

Ma première réflexion, en découvrant ce Final Fantasy The Zodiac Age, a été de me dire que je tenais enfin le Final Fantasy XII que j’aurais aimé avoir à l’époque ! Plus beau, plus fin, livré dans sa version ultime, et avec des musiques entièrement réorchestrées… Voilà LE FF12 !

Ma seconde réflexion a été de me dire que, si le scénario m’avait paru complexe mais passionnant en 2007, il est plus profond et intéressant que dans mes souvenirs ! Un jeu parfois injustement critiqué, qui a ses limites, mais aussi de grandes et insoupçonnées qualités !

Reste le problème de Vaan, un héros avec le charisme d’un bâtonnet de surimi. Mais derrière ce petit soucis de casting, Square-Enix nous livre un excellent remaster, qui va plus loin que le simple portage. L’éditeur a encore la sueur qui lui coule sur le front : il a fait son job, et surtout il l’a bien fait ! Sans doute l’un des meilleurs remasters sur PS4 !


Final Fantasy XII The Zodiac Age

Par Square-Enix, sur PlayStation 4. Pegi : 16.

 

Les + :

  • Un passage en HD réussi
  • Les musiques orchestrales ♥
  • Un FF à la fois « à l’ancienne » et moderne
  • Le système des Gambits
  • L’ajout du « Zodiac Job System »
  • Une mini-map plus lisible
  • Des cinématiques superbes
  • Les voix japonaises
  • Durée de vie énorme
  • Le mode accéléré, meilleur ami du « farmer »

Les – :

  • Vaan n’a pas gagné en charisme
  • Les bandes noires lors des cinématiques
  • La difficulté a été réduite
  • La vitesse x4 gâche le plaisir si elle est mal utilisée
  • Certaines animations et textures d’époque
 .
Ce portage aurait pu être purement mercantile ! Mais on devine ici, chez Square-Enix, une vraie volonté de nous offrir la version ultime de Final Fantasy XII ! Résultat : le job est bien fait, avec beaucoup de sérieux. Ce Zodiac Age n'a pas à rougir face aux productions actuelles. Un excellent remaster qui comblera à la fois les nostalgiques et les nouveaux venus...
88%
Très bon !

Ce portage aurait pu être purement mercantile ! Mais on devine ici, chez Square-Enix, une vraie volonté de nous offrir la version ultime de Final Fantasy XII ! Résultat : le job est bien fait, avec beaucoup de sérieux. Ce Zodiac Age n'a pas à rougir face aux productions actuelles. Un excellent remaster qui comblera à la fois les nostalgiques et les nouveaux venus...

  • Direction artistique
  • Bande-son
  • Gameplay
  • Scénario
  • Durée de vie

vous pourriez aussi aimer More from author

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.