For Honor : « heavy-metal » sur le champ d’honneur

Sur PS4, Xbox One et PC - Testé sur une version fournie par l'éditeur

En à peine trois mois, Ubisoft aura réussi à nous surprendre avec deux nouvelles licences ! Après Steep, c’est donc For Honor que nous découvrons enfin ! On passe ainsi de la poudreuse aux champs de bataille médiévaux, pour un titre taillé pour le multijoueur, qui s’est imposé la lourde tâche de réinventer le jeu de combat à l’arme blanche.

Et deux nouvelles licences !

Je me souviens que, lorsqu’Ubisoft a annoncé qu’il n’y aurait pas d’Assassin’s Creed en 2016, certains fans étaient désemparés. Pas d’assassin encapuchonné, donc pas de hit en perspective ? Quelle erreur de jugement !

Car ce choix a permis à l’éditeur français de remettre les compteurs à zéro. Un planning dénué de ses impondérables (à l’exception de Just Dance) pour mieux se recentrer sur sa vocation de distributeur de fun, d’entertainment.  2016 et début 2017 sont surtout marqués par de grandes nouveautés, et par les prises de risques qui vont avec.

Nous aurons tout d’abord vu le grand retour de la licence Watch_Dogs, que beaucoup avaient enterrée suite au succès mitigé du premier opus. Essai concluant ! Le second volet est vraiment convainquant (lire aussi notre test de Watch_Dogs 2).

Les amateurs de poudreuse et de sport extrême auront aussi pu se défouler sur Steep. Ubisoft s’engageait alors sur un terrain qu’il découvrait totalement, avec la mission périlleuse de reprendre le flambeau laissé vaquant par de grosses franchises spécialistes du genre. Et pour un coup d’essai, le résultat est aussi au delà de nos espérances (lire aussi notre test de Steep).

Restait alors à découvrir la seconde « nouvelle licence » dans le catalogue d’Ubisoft. Un certain For Honor qui avait fait grand bruit lors de sa présentation à l’E3 2015. Les images étaient de toute beauté, mais lorsque l’éditeur annonçait un gameplay totalement inédit… Certains ne pouvaient cacher une certaine inquiétude.

Et puis, de l’eau a coulé sous les ponts. Et sans même nous en rendre compte, nous nous sommes rapprochés de la date fatidique de sortie de ce jeu de baston d’un nouveau genre. Deux beta sont passées par là, entre temps, avec leurs petits défauts et bugs à corriger. Mais surtout nous laissant un gros filet de bave au coin des lèvres. For Honor était alors tellement prometteur que c’est à la fois avec excitation et appréhension que j’aborde ce test. Je ne veux surtout pas être déçu !

Tous dans le même bateau !

La première question que l’on se pose en découvrant le pitch du jeu, c’est « comment diable des Vikings, des Chevaliers et des Samouraïs peuvent-ils se retrouver sur le même terrain de jeu ? » Comment Ubisoft, d’ordinaire très à cheval sur la cohérence historique, a t-il pu laisser passer pareille énormité ? Déjà, nous sommes dans une fiction. Dès lors, tout devient possible !

Il y a un millénaire, un cataclysme faillit détruire toutes les civilisations : au milieu des empires exsangues et des continents en flammes, des nations entières durent s’exiler pour survivre. Des cendres de cette catastrophe émergèrent Chevaliers, Vikings et Samouraïs, résolus à rebâtir leurs cultures pour perpétuer la gloire de leurs ancêtres.Pitch du jeu

Suite à cette guerre de 1000 ans, le joueur s’installe sur la frise chronologique de For Honor : le mode solo se déroule quelques années avant le multijoueur. Sur les ruines de ce qui fut autrefois un monde paisible et bucolique, chacun y va du sien pour asseoir sa domination sur les autres. Et ainsi perpétuer l’honneur de ses ancêtres.

Dans le mode solo, vous découvrirez également le personnage le plus emblématique de l’histoire, un chevalier répondant au nom d’Apollyon. Elle est persuadée (oui, c’est une femme) que le monde se divise en deux camps : les prédateurs et les proies (inutile de vous préciser de quel coté elle se situe). Accessoirement, lorsque vous jouerez le scénario des Chevaliers, Apollyon sera votre chef, puisqu’elle dirige la prestigieuse Légion d’Obsidienne.

La panoplie du parfait guerrier

Mais avant de se lancer dans la partie, il convient de faire un petit détour par le menu de customisation. Et force est de constater que l’éditeur de personnages est très complet ! Vous aurez de quoi créer un guerrier, ou une guerrière, à votre image.

Une fois le choix de votre faction effectué, quatre personnages sont disponibles pour chaque. Pour les Chevaliers, ce sera la Sentinelle, le Fléau, le Spadassin ou l’Emissaire. Pour les Samouraïs, nous trouvons l’Oroshi, le Kensei,  le Shugoki, et le Nobushi. Et du coté des Vikings, vous avez le choix entre le Hersir, le Berserker, la Valkyrie et le Jarl. Inutile de dire que chacun a ses propres aptitudes.

Viennent ensuite les choix cosmétiques. Avec un large choix, créez votre blason, équipez votre guerrier avec une foultitude d’éléments : heaumes, armures, épaulières. Votre épée elle-même peut être customisée, démontée, remontée, en changeant sa lame, sa garde…

L’argent gagné en jeu (acier) peut être échangé contre des lots d’objets. Ils se répartissent en trois catégories : les classiques, les rares et les héroïques. Votre catalogue va donc constamment s’étoffer, au fil de vos parties. Mais ce n’est pas fini !

Car, enfin, si ce n’est déjà fait, je vous encourage à vous inscrire au Club Ubisoft. Vous pourrez ainsi obtenir de nombreux motifs exclusifs, dont des symboles provenant de Steep, Watch_Dogs 2 ou Assassin’s Creed. Perso, j’ai choisi l’emblème des Assassins pour orner mon bouclier ^^

Un jeu très technique derrière une apparence de bourrin

Avant même de lancer votre première partie, vous imaginez un jeu de brutasses, où des bourrins s’échangent joyeusement des coups de hache dans de grosses gerbes de sang. Comme tu te trompes, jeune Padawan !

Car l’habit ne fait pas le moine. Et derrière l’apparence barbare du titre d’Ubisoft Montréal se cache un jeu d’une grande technicité. Un peu trop diront certains. Oui, c’est vrai, For Honor est exigeant ! Il demande le sacrifice de nombreuses heures à apprendre son gameplay. Et après, il vous demandera de la jugeote ! Mais une fois maîtrisée, sa jouabilité est un régal.

Dans la plupart des titres du genre, vous envoyez vos coups en pressant sur des touches. Pas dans For Honor ! Ici, vous allez devoir apprendre à combiner les touches avec le stick droit, dans trois directions. Elles correspondent à l’attaque vers le haut, l’attaque à gauche ou l’attaque à droite.

Il en va de même pour la défense : haute, gauche ou droite. Le but du jeu étant d’anticiper l’attaque ou la garde de votre adversaire pour mieux le surprendre. A ces mécaniques assez complexes au premier abord, il conviendra d’ajouter ensuite les contres, les esquives, ou les projections qui vous permettent de sonner l’adversaire (profitant ainsi d’un avantage certain).

Le jeu a été conçu avec intelligence. Et lorsque vous maîtriserez les différentes techniques de votre avatar, une nouvelle donnée entre dans l’équation. L’environnement ! Car le fait de bien connaître le terrain peut totalement changer la donne. L’aire de jeu est aussi à prendre en considération tant ses pièges peuvent changer l’issue du combat. La configuration du champ de bataille vous permet par exemple d’expédier un duel en envoyant votre adversaire dans le vide. Ou en le plantant sur des pieux.

Une fois dans le jeu, on comprend vite que For Honor réinvente la baston aux armes blanches. Contrairement aux apparences, le jeu fait dans la subtilité, dans la technique. Très exigeant, il peut être très punitif, comme il peut récompenser généreusement vos plus belles passes d’armes. Ses mécaniques ne sont pas compliquées à comprendre. Mais encore faut-il savoir les mettre en application !

Le mode solo : un gros tutoriel

Avant de vous lancer dans le grand bain, le mode « histoire » est un passage obligé. Nous n’avons pas ici un solo de folie, mais il va vous apprendre toutes les petites subtilités du jeu. Zapper ce mode, c’est en quelque sorte du suicide ! En multi, vous allez en effet croiser des joueurs ayant usé la beta jusqu’à la lie, et qui maîtrisent donc leur sujet sur le bout des doigts.

Le mode solo vous propose tout d’abord de choisir l’un des trois camps : les Vikings de Valkenheim, les Chevaliers d’Ashfeld, ou les Samouraïs, exilés d’une contrée lointaine et désormais installés à Myre. Vous devrez donc compléter plusieurs épisodes de ces trois scénarii.

Chaque épisode mêle trois phases distinctes. La première s’apparente à du musô (façon Dynasty Warriors) où vous devrez nettoyer le terrain en le débarrassant des gardes qui arrivent en nombre. Les coups de base suffisent à vous défaire de ces sous-fifres stagiaires.

Deuxièmement, vous devrez botter les « capitaines » en utilisant les mécaniques plus techniques, détaillées plus haut. Ces combats correspondent principalement à des phases de « capture de territoire ». Enfin, troisièmement, un boss vous attend à la fin, tel un examen de passage pour passer au niveau suivant.

On est dans un jeu Ubisoft ! Aussi, de nombreux collectables sont à trouver dans les niveaux. Histoire de débloquer des bonus. Des objets destructibles à débusquer (leur nombre vous est indiqué en début de mission), ou des textes explicatifs à déclencher (avec L1) dans les niveaux… Une excellente carotte pour vous pousser à revenir dans les niveaux déjà terminés !

Taillé pour le compétitif online

Une fois le solo bouclé, vous êtes censé maîtriser toutes les subtilités du jeu. Plus aucun aspect du gameplay ne vous échappe, vous êtes donc prêt à aller au charbon ! Car vous allez vite comprendre que For Honor a très clairement été pensé pour son mode multijoueur. Il est temps de défier vos amis (ou de faire équipe avec eux), ou de parfaits inconnus !

Je passerai rapidement sur la « partie rapide », idéale pour ceux qui veulent en découdre sans se prendre la tête. Cela peut aussi être une manière d’aborder les matches online du jeu !

Le mode multi vous propose cinq types de jeu. Nous avons tout d’abord le mode Domination, dans lequel deux équipes de quatre doivent prendre le contrôle du champ de bataille. Vient ensuite la Mêlée, ou deux équipes de 2 joueurs s »affrontent dans le but d’éliminer les deux adversaires ennemis.

Le mode Elimination voit la victoire de l’équipe (quatre contre quatre) dont le dernier combattant reste debout. Comme son nom l’indique, le Duel oppose deux combattants. Enfin, l’Escarmouche est un mode très intéressant, plus complet, dans lequel deux équipes de quatre s’affrontent en marquant des points quand un héros ennemi est éliminé. Le premier qui marque 1000 points a gagné. Des événements ponctuels viennent aussi s’ajouter à la liste.

Finalement peu de modes, et pas tant de maps que ça ! Cependant, leur nombre est plus que correct, pour ne pas dire suffisant, au regard des nombreuses mécaniques à assimiler. Le nombre de défis proposés par le mode multi est amplement suffisant pour vous garantir des journées entières de jeu, et assurer une durée de vie colossale. Et puis, je ne serais pas étonné qu’Ubisoft nous lâche du contenu supplémentaire au fil des mois…

On ne choisit pas toujours ses partenaires

Avec un mode online aussi important, vous ne serez pas surpris si je vous dis que l’aspect le plus frustrant du jeu réside justement… dans les parties en ligne !

Je ne parle pas ici des soucis de connexion au serveur ! Ils étaient assez fréquents au lancement du jeu, beaucoup moins depuis quelques temps. Quelques soucis demeurent, mais on a vu pire. Les mises à jour ont bien fait leur taff !

Non, le plus frustrant est hélas un aspect indépendant de l’éditeur : le comportement des autres joueurs ! Et par principe, dans un jeu online, notre plaisir dépend aussi du fair-play des autres participants. Comme notre frustration est causée par les comportements anti-sportifs !

Je pense par exemple, dans une partie « quatre contre quatre », à votre équipier qui vient subitement finir votre adversaire sans vous prévenir ! Pas très cool, d’une part parce que j’aime finir le boulot que j’ai commencé. D’autre part car je me mets à la place de mon adversaire, qui se retrouve de ce fait victime d’un match déséquilibré à un contre deux.

Autre exemple de comportement qui me donne envie de distribuer des torgnoles : les pu… de « ragequit » ! Ces joueurs qui se déconnectent en pleine partie parce qu’ils ont perdu (ou vont perdre) un duel ! Et ceux là, on ne peut hélas pas les éviter, je sais de quoi je parle. Et je déteste devoir relancer une partie quand mon équipe est à deux doigts de l’emporter !

N’oublions pas que nous sommes là avant tout pour nous amuser. Alors, je compte sur vous pour adopter un comportement fair-play, et ne pas gâcher le plaisir des autres !

Mise en scène Ubisoftienne

Pas d’erreur, on est bien dans un jeu Ubisoft ! Comprenez par là que la mise en scène est particulièrement soignée. Dans le mode solo, les chapitres sont rythmés par de nombreuses séquences durant lesquelles les remparts vous pètent à la tronche, de manière spectaculaire ! Des volées de flèches enflammées, des béliers qui défoncent les lourdes portes de bois… Ces séquences s’intègrent dans un récit qui vous scotche devant votre écran, la bouche grande ouverte.

La direction artistique (dirigée par Jason Vandenberghe, à qui l’on doit aussi Far Cry 3 ou Ghost Recon : Future Soldier) est tout simplement superbe ! Les environnements comme les armures fourmillent de détails. Des forteresses en ruines se dégage une impression de gigantisme. Le réalisme est encore renforcé par des jeux de lumière qui font de chaque plan un véritable artwork.

For Honor est visuellement violent. Nous sommes dans une époque médiévale, et les protagonistes sont loin de faire dans la finesse. Les haches ou les lances ouvrent des plaies béantes, les têtes volent lors des « finish »… Mais les graphistes noient ces gerbes de sang dans une beauté artistique qui fait que la pilule passe. Jouer à For Honor, c’est un peu comme regarder un épisode de Game of Thrones (le sexe en moins) : on ne remarque presque plus les scènes sanguinolentes tant on est happé par l’univers passionnant du titre.

L’ambiance sonore contribue elle aussi à vous immerger dans cet univers. Les cris, les armes qui s’entrechoquent… On s’y croirait. La bande-originale est signée par Saunder Jurriaans et Danny Bensi (Enemy, The Gift). La musique n’est pas utilisée à outrance. Elle est là pile quand il le faut (même si on aimerait entendre plus souvent ces morceaux, dans le ton). Notez également que les dialogues sont en version française.

Au final

C’est drôle, mais en jouant à For Honor, je n’ai pas arrêté de penser à l’après ! Que va t-il se passer ensuite, dans quelques mois ? Et je pense que le jeu ouvre deux portes. D’une part, Ubisoft parvient avec brio à installer solidement une nouvelle licence. Je suis convaincu que son online va offrir de belles parties compétitives pendant longtemps. Et que le jeu aura une ou des suite(s) !

Enfin, deuxième hypothèse : je suis persuadé que For Honor est aussi un laboratoire dans lequel les développeurs expérimentent ce qui pourrait être, par exemple, le futur gameplay de la série Assassin’s Creed, qui nécessite de se réinventer. On sait en effet d’expérience que l’éditeur sait réutiliser ses « formules qui gagnent », dans d’autres titres. Partant de ce principe, on peut en déduire que For Honor joue un rôle plus important qu’on ne le pense dans l’univers du jeu vidéo.

Toujours est-il qu’avec For Honor, la prise de risques d’Ubisoft s’avère payante. La licence est nouvelle, tout comme le gameplay du jeu, d’ailleurs. Mais au final, le titre est accrocheur, passionnant, beau… On devient vite addict de ces affrontements en apparence barbares, mais qui risquent souvent de faire chauffer vos cellules grises. For Honor est un jeu d’échec emballé dans une boite de jeu de quilles.

Je tiens à préciser que je ne suis pas un grand amateur de « jeux de champs de bataille », encore moins lorsqu’ils reposent essentiellement sur du online. Pourtant, For Honor m’a littéralement scotché du début à la fin, avec cette envie constante de m’y replonger. C’est dire ! Et c’est ce qui peut expliquer mon grand enthousiasme pour ce titre.

Reste que For Honor ne séduira sans doute pas tous les joueurs, justement à cause de sa technicité que certains trouveront trop exigeante. Mais si l’on se donne la peine de le découvrir et de l’apprivoiser, le soft est une très belle surprise. Ubisoft n’a pas créé une nouvelle licence, mais un nouveau genre. A essayer, absolument !


For Honor

  Site officiel

Les + :

  • Vraiment très beau visuellement
  • Mécaniques de combat originales et d’une grande précision
  • Du bon gros « compétitif » en online
  • Douze héros avec chacun leurs particularités
  • La mise en scène
  • Une vraie ambiance
  • Enorme choix de customisation de votre personnage
  • Les animations réussies
  • Les rares musiques collent à l’ambiance
  • Voix en VF

Les – :

  • Les micro-transactions, parfois un peu élevées
  • Durée de vie un peu courte en solo
  • En multi, se retrouver avec des ragequit et autres comportements détestables
Une nouvelle référence pour les amateurs de bagarre online ! Un titre à la fois beau, jouable et addictif. Attention toutefois : sa grande exigence pourrait rebuter les joueurs les moins aguerris ! Quoi qu'il en soit, Ubisoft voulait créer une nouvelle franchise... L'éditeur accouche d'un nouveau genre !
88%
Très bon !

Verdict

Une nouvelle référence pour les amateurs de bagarre online ! Un titre à la fois beau, jouable et addictif. Attention toutefois : sa grande exigence pourrait rebuter les joueurs les moins aguerris ! Quoi qu'il en soit, Ubisoft voulait créer une nouvelle franchise... L'éditeur accouche d'un nouveau genre !

  • Direction artistique/mise en scène
  • Bande-son
  • Scénario
  • Jouabilité
  • Online
  • Durée de vie solo
  • Durée de vie multijoueur
  • Fun
La source Ubisoft Site officiel du jeu

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