The Legend of Zelda : 30 ans de légende dont vous êtes le héros !

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C’est en 1986 qu’est apparu le tout premier The Legend of Zelda, sur NES. Tout comme Super Mario, cette nouvelle licence orientée « aventure » est le fruit de l’imaginaire débordant mais génial de Shigeru Miyamoto. Et comme Super Mario, Link, Zelda et Ganon sont toujours là, trente ans après ! La preuve avec Breath of the Wild, qui sort ce 3 mars !

S’il est un dossier que je rêvais de vous proposer, non sans une certaine appréhension, c’est bien un sujet consacré à The Legend of Zelda, l’une des séries vidéoludiques les plus emblématiques ! Mais le sujet est glissant : l’univers, créé par Miyamoto-san depuis trente ans, est si riche que je ne pourrai vraisemblablement pas aborder ici tous ses aspects.

Donc, je ne le ferai pas ! Je ne rentrerai donc pas dans les détails du scénario de la série. Je préfère consacrer ce dossier à des anecdotes sur la série, que vous connaissez peut-être, ou pas du tout. Vous êtes fan de Zelda, mais en connaissez-vous les secrets ? On vérifie cela tout de suite !

Les origines…

Vous le savez déjà : The Legend of Zelda est né de l’imagination débordante du génial Shigeru Miyamoto, aussi créateur de Super Mario. Mais on oublie trop souvent que le développement de cette saga s’est faite en binôme avec un autre grand nom du jeu vidéo : Takashi Tezuka.

Dans une interview, Miyamoto-san confiait que le jeu puise ses origines dans ses souvenirs, et la maison familiale de son enfance. Lorsqu’il était enfant, Miyamoto-san aimait se promener dans la campagne de Kyoto, traverser des forêts, de petits villages, ou partir explorer des grottes et leurs galeries. Des souvenirs gravés dans sa mémoire qu’il a voulu retranscrire dans un seul et même jeu. Lorsqu’il a imaginé The Legend of Zelda, il voulait que ce climat bucolique, mêlé à des explorations de cavernes, soit omniprésent. « Un mini-jardin dans lequel le joueur peut se promener » aime dire Miyamoto.

Initialement, Miyamoto imagine un jeu pour vous faire voyager dans le temps : à une époque moyenâgeuse et dans le futur. L’objectif était, non pas de rassembler des éléments de Triforce, mais des puces électroniques. Mais les capacités de la NES étant très limitées, ce projet n’a pas abouti. L’idée de voyager dans le temps est tout de même restée, tout comme le nom du héros, Link (le lien entre les deux époques).

Au départ, le futur The Legend of Zelda (alors appelé Adventure Tittle) devait sortir sur bornes d’arcade. Mais très vite, il est repensé pour sortir sur Famicom System Disc (extension de la Famicom, ou NES chez nous). Shigeru Miyamoto  souhaitait réaliser un jeu de type RPG. Avec uniquement des donjons et des grottes à explorer. Mais avec une particularité : grâce au disque réinscriptible du System Disc, le joueur pouvait créer ses propres donjons, et les partager avec les autres joueurs.

Le projet va encore évoluer. Et lorsqu’ils jouent à Hydlide (un action-RPG), Miyamoto et Tezuka deviennent fortement convaincus que Link doit aussi sortir des grottes et des donjons, se balader dans la campagne entre chaque. The Legend of Zelda aura donc aussi sa carte du monde.

Kôji Kondô aux platines

(Photo : CC Vincent Diamante)

S’il est un homme dont le nom est aussi associé à The Legend of Zelda, et pour cause, c’est bien celui de Kôji Kondô. Il est le compositeur qui accompagne en musique vos actes de bravoure depuis le début de la série.

Ce compositeur passionné de musique depuis l’âge de cinq ans est l’un des meilleurs de sa génération. Il est principalement associé à Nintendo, pour qui il a signé les plus grandes OST, de Duck Hunt à Zelda, en passant par Mario, Starfox… J’ai même cru lire sur la toile qu’il est l’un des premiers employés embauchés à temps plein chez Nintendo, au début des années 80.

Autrement dit, tous les thèmes inoubliables des jeux Nintendo sont son oeuvre. Et le thème de The Legend of Zelda fait partie de ses coups de génie. Un thème que nous avons failli ne jamais connaître !

Car lors de la conception du premier Zelda, Kondô-san voulait utiliser le Boléro de Ravel comme thème principal. Mais en apprenant que les droits d’auteur étaient toujours en vigueur, il a été obligé de changer son fusil d’épaule. Une bonne chose en soi !

Les musiques ont aussi parfois été confiées à d’autres compositeurs : Akito Nakatsuka (The Adventure of Link), Minako Hamano, Kozuo Ishikawa et Kazumi Totaka (Link’s Awakening) ou encore Yuichi Ozaki (Link’s Awakening DX).

Des influences connues ?

Comme dans beaucoup de jeux, on peut retrouver de nombreuses influences au cinéma ou à la télévision.

Ainsi, Takashi Tezuka, créateur de Link’s Awakening confie s’être inspiré de la série Twin Peaks, pour le concept reposant sur peu de personnages mais avec des personnalités bien marquées, des décors simples.

De même, pour Shigeru Miyamoto, l’influence est plutôt à chercher du coté de chez Disney. Tenue verte, oreilles en pointe, passion pour les instruments à vent (flûte et ocarina) et une fée collée aux basques… Le design de Link s’inspire de Peter Pan. D’ailleurs, Peter Pan et Link affronteront tous les deux leur ombre (cf. Adventure of Link sur NES).

Beaucoup ont également spéculé sur les ressemblances entre Legend (de Ridley Scott, en 1985) et Ocarina of Time. Le valeureux héros accompagné d’une fée, un monde peuplé d’elfes infesté par les ténèbres, et un Ganondorf dont la forme finale peut faire penser à Darkness, d’une certaine manière.

Shigeru Miyamoto s’est également inspiré de deux jeux vidéo. The Tower of Druaga, de Namco (un RPG sur Arcade) dont il se fait livrer une borne à domicile. Puis Hydlide (action-RPG de T&E Soft) qui lui donnera l’envie de sortir Link des donjons.

Le héros s’appelle…?

C’est une excellente question, même si les fans jugeront que la réponse est évidente : ne riez pas, nombreuses sont les personnes qui pensent que, comme le nom du jeu pourrait l’indiquer, le héros s’appelle Zelda ! (si si)…

En fait, il n’en est rien ! Et le héros s’appelle évidemment… Non, il n’a pas vraiment de nom, puisqu’au début de chaque partie, le jeu vous propose de le baptiser comme vous le souhaitez : Marc, Patrick, Roger, Jean-Louis, Séraphin, Chuck Norris, Pétokask… Tout vous est permis !

Mais par défaut, le héros porte le nom de « Link », nom que vous pouvez conserver en débutant une partie, et qui est devenu l’appellation de référence du jeune blondinet, qu’il s’agisse des jeux ou des séries animées. On va donc considérer que le héros s’appelle Link, c’est aujourd’hui devenu une convention, et ce depuis longtemps !

Pourquoi « Link » me demanderez-vous ? Et bien tout simplement parce que, comme sa traduction anglaise le laisse entendre, c’est lui qui fait le lien. Entre Zelda, la Triforce, les différentes énergies… Il est le héros légendaire capable de créer une unité dans ce monde complexe.

Et si vous vous demandez aussi d’où vient le nom de « Zelda« , il vient tout simplement d’une panne d’inspiration de Shigeru Miyamoto. Lorsqu’il a créé le jeu, il doit lui trouver un nom. Il tient particulièrement à ce que « The Legend of... » apparaisse dans ce nom. Mais « The Legend of » quoi ? C’est justement sur ce point qu’il butte. Jusqu’à ce qu’il découvre le prénom de la femme de l’auteur de Gatsby le Magnifique, Francis Scott Fitzgerald : Zelda !

Et ça marche aussi dans l’autre sens ! Fan de la série, le célèbre acteur, feu Robin Williams, a choisi de prénommer sa fille « Zelda ».

Pourquoi l’épée ultime s’appelle t-elle « Excalibur » ?

Puisque l’on parle de noms, j’en profite pour glisser ici, une petite « erreur » de traduction, typiquement française.

Dans la plupart des épisodes, Link retrouve l’épée ultime, la seule capable d’atteindre le Demon. Une épée à la garde bleue, frappée du sceau de la Triforce, et plantée dans la pierre : Excalibur !

L’épée portée fièrement par le roi Arthur fait partie de notre culture occidentale. De plus, le nom est plutôt classe ! Mais qu’on se le dise : ce n’est pas son vrai nom ! Une bonne fois pour toute, le nom original de l’arme ultime de Link est « Master Sword » !

« Link est gaucher »

D’ailleurs, pour l’anecdote, vous remarquerez sur tous les artworks que Link est gaucher ! Et ce dans tous les épisodes sauf… Twilight Princess. Les développeurs ont ainsi estimé que la plupart des joueurs étant droitiers, rendre Link droitier serait plus pratique, pour rendre plus accessible le jeu à la wiimote.

Pour cela, ils se sont contentés d’inverser la version d’origine (sur Gamecube). La version Wii est donc une version « miroir » de celle sur GameCube. Et la seule où Link y est, artificiellement, droitier.

Et la religion dans tout ça ?

Stop ! Les règles de bienséance de Nintendo imposent qu’on ne montre pas de violence, on ne parle pas de sexe (donc jamais de bisou entre Mario et Peach ou entre Zelda et Link). Et on fait encore moins référence à la religion. Alors, dans Zelda, on parlera plutôt de mythologies !

Car les références sont nombreuses dans The Legend of Zelda. Aux religions, ou plutôt aux mythologies ! Et la première référence à laquelle on pense est évidemment la jument de Link. Elle porte le nom de la déesse celte des chevaux : Epona.

Les analogies avec la culture celte vont même plus loin. Les éléments liés aux couleurs, les cercles de pierre, les fontaines de fées… La Triforce elle-même pourrait, dans son concept, être rapprochée du célèbre triskell.

Mais en termes d’inspirations mythologiques, The Legend of Zelda fait le tour du monde ! Mythologie japonaise bien sûr, arabe, greco-romaine, égyptienne, nordique (l’arbre Mojo, c’est Yggdrasil), aztèque, etc. Les références sont nombreuses, et vous les trouverez en (re)jouant aux différents épisodes.

La série s’inspire donc de nombreuses mythologies. Mais comme je le disais, Nintendo se garde de faire apparaître toute connotation religieuse. Ainsi dans Ocarina of Time, le thème original du Temple du Feu a été censuré, puis modifié. Dans la première version du morceau, on entendait un chant qui ressemblait à un Muezzin appelant à la prière.

Le principe : un jeu d’aventure !

The Legend of Zelda s’apparente donc, non pas à un RPG, mais à un jeu d’aventure (bien qu’il reprenne des mécaniques au jeu de rôle) ! La dimension d’exploration et d’émerveillement étant deux notions chères à Miyamoto. Il se déroule dans un univers médiéval-fantastique.

Le héros doit traverser des donjons, y vaincre des ennemis et des boss, et progresser en obtenant divers objets qui l’aideront à vaincre le boss final. En route dans ce monde ouvert, il traverse des villages, peut échanger avec les habitants. Il doit aussi boucler de nombreuses quêtes annexes, pour obtenir des objets cachés ou trouver des passages secrets. Dans les jeux, le joueur doit fouiller partout, et résoudre de nombreuses énigmes.

En l’occurrence, ce héros baptisé Link doit aider la princesse du royaume d’Hyrule, Zelda, à lutter contre un ennemi appelé Ganon (ou Ganondorf). Celui-ci veut mettre la main sur la Triforce, un pouvoir fragmenté en trois parties, qui donne à son possesseur la possibilité de réaliser ses rêves. Et celui de Ganon est tout simplement de répandre les ténèbres sur le monde, pour mieux le dominer…

Si les premiers épisodes semblaient plutôt mignons et colorés, la mythologie qui s’est mise en place autour de la légende de Zelda révèle, au fil des épisodes, un récit (global) beaucoup plus sombre qu’on ne pourrait le penser.

L’omniprésence du chiffre 3

S’il est un chiffre qui ne cesse de revenir dans The Legend of Zelda, c’est bien le « 3 ». La première référence qui vous vient à l’esprit, c’est bien évidemment la « Triforce », fragmentée en trois parties (sagesse, courage,, force). Symbole inspiré du « Mitsuuroko » servant de blason au clan Hojo, une famille influente au XIIe et XIIIe siècles au Japon.

Avant que les choses sérieuses ne commencent, dans chaque épisode, vous devez généralement boucler une première quête, qui consiste à trouver des objets en terminant trois donjons. A la fin de ces donjons, vous trouverez un boss. Pour le vaincre, il suffit de répéter une même manipulation… trois fois !

Du côté des personnages, on retrouve également cette « trinité ». Chaque épisode tourne autour des trois mêmes protagonistes : Link (courage), Zelda (sagesse) et Ganondorf (force). Et dans certains épisodes, Link croisera trois déesses : Farore (courage), Nayru (sagesse) et Din (Force).

Enfin, les plus observateurs auront remarqué que, dans les premières aventures, Link peut trouver trois tuniques différentes (normale, eau, feu). De même, en début de partie, vous démarrez avec seulement trois coeurs, et un inventaire permettant de collecter jusqu’à 300 rubis, et 30 flèches.

On peut aussi rappeler que, dans Majora’s Mask, Link dispose de trois jours pour empêcher la Lune de s’écraser sur Terre.

La chronologie de The Legend of Zelda

(réf. Hyrule Historia)

Voici un point très délicat à aborder. Car il repose sur beaucoup de mystères. Existe t-il un lien entre les épisodes ? Si oui, quelle est leur chronologie ? On trouve énormément de théories sur ce point, mais finalement peu d’infos.

Une ancienne théorie disait que, si les épisodes se déroulaient dans le même monde d’Hyrule, ils n’étaient que différentes versions d’un unique récit. La même histoire avec des évolutions, et des points de vue différents, donc.

Mais cette théorie est vite tombée à l’eau. Oui, les épisodes sont bien liés entre eux ! Et oui, il existe bien une chronologie précise ! Les épisodes se complètent, mais la ligne temporelle ne suit pas du tout l’ordre chronologique de sortie des différents jeux. Ainsi Skyward Sword (Wii) est chronologiquement le premier Zelda, et les deux épisodes NES terminent le récit.

Depuis 2011, nous disposons en effet d’une chronologie officielle, publiée pour les 25 ans de la série par l’éditeur Shôgakukan, et approuvée par les créateurs : Hyrule Historia.

Elle nous explique que l’histoire principale se déroule dans cet ordre :

  • Skyward Sword (début de la légende, en 2011 sur Wii))
  • The Minish Cap (2004 sur GameBoy Advance)
  • Four Swords (2007, sur Wii)
  • Ocarina of Time (1998 sur Nintendo 64)

Mais c’est ensuite que cela se complique. Car la fin de Ocarina of Time génère trois lignes temporelles bien distinctes, dans deux univers parallèles.

1 – Link (le héros du Temps) est tué par Ganon à la fin d’Ocarina of Time. La frise chronologique se poursuit donc avec :
  • A Link to the Past (1991 sur Super-Famicom)
  • Oracle of Seasons & Oracle of Ages (2001 sur GameBoy Color)
  • Links Awakening (1993 sur GameBoy)
  • A Link Between worlds (2013 sur 3DS)
  • Triforce Heroes (2015 sur 3DS)
  • The Legend of Zelda (en 1986 au Japon, sur NES)
  • Adventure of Link (en 1987 sur NES)
2 – Le héros du Temps a gagné dans OoT. Soit il protège Hyrule pendant son enfance (monde de l’ombre) :

Soit il scelle Ganondorf à l’âge adulte (nouveau monde) :

  • The Windwaker (2003 sur GameCube)
  • Phantom Hourglass (2007 sur DS)
  • Spirit Tracks (2009 sur DS)
Note

Sur cette énumération, je cite les jeux d’origine, et leur date de sortie au Japon. Mais plusieurs d’entre eux ont été réédités sur d’autres supports par la suite. Les liens renvoient à nos tests, souvent sur leur version HD.

« Ocarina of Time » très loin de son concept original

Plus ce dossier avance, et plus je me dis qu’il confirme ce que je pense depuis si longtemps. Ocarina of Time (l’épisode sorti en 1998 sur N64, donc) semble être la clé de voûte de toute la série ! Et dans le scénario, tout nous ramène à cet épisode. Il est aussi l’épisode le plus rentable, puisque vendu à plus de 7,6 millions de copies.

Mais au niveau du gameplay, saviez-vous que le jeu est très loin de l’idée qui avait germé initialement dans la tête de Miyamoto-san ?

A l’origine, Ocarina of Time avait été imaginé comme un jeu en vue à la première personne. Un FPS, en quelque sorte, quoi ! Mais pour des raisons techniques, l’idée a été oubliée, en partie ! Oui, je dis bien en partie, car souvenez-vous : la vue FPS a été conservée pour les séquences de tir (arc, lance-pierre)…

De même, OoT devait initialement être un monde fermé se limitant au château de Ganon. Ce château s’inspirait d’ailleurs de celui de la Princesse Peach dans Super Mario 64. Mais là encore, l’idée a été abandonnée. Imaginez-vous Hyrule sans ses plaines, sa fontaine Zora ou sa vallée Gerudo ?

Enfin, lors de son développement, Shigeru Miyamoto a décidé de n’incorporer aucune séquence en images de synthèse dans OoT. La raison ? Les limites techniques et la mémoire de la cartouche, d’une part. Mais aussi pour avoir plus de souplesse dans la mise en scène, au cas où il déciderait de changer ou d’intercaler des séquences.

Link est mort !

En tout cas, quelle que soit la chronologie, une chose est sûre : l’épopée The Legend of Zelda ne repose pas sur un héros unique, mais sur plusieurs versions de Link. Chaque époque a son héros légendaire. Similaires en apparence, ils appartiennent à des générations différentes.

Reste à savoir s’il existe un lien, une parenté entre eux. Les héros plus récents sont-ils les descendants des premiers ? Ou n’ont-ils aucun rapport ? Quoi qu’il en soit, je sais que cela va vous faire mal mais… le Link d’Ocarina of Time n’est plus de ce monde !

Je citerai ici une théorie que vous pourrez retrouver un peu partout sur la toile. Nous serons tous d’accord pour dire que Majora’s Mask est la suite directe d’OoT.

Mais aviez-vous compris que le lien entre les deux jeux nous dépeint un tableau très noir ? Car s’il a vaincu Ganon à la fin d’OoT, Link… a aussi été tué ! Majora’s Mask nous raconte sa mort, et sa traversée de ce qui s’apparente au purgatoire, vers l’au-delà (sur le modèle de La Divine Comédie, de Dante).

Effectivement, Majora’s Mask est plus glauque que les autres épisodes, et la mort y est souvent évoquée. Le monde se nomme « Termina », et se divise en cinq régions correspondant aux cinq stades de la mort : Bourg-Clocher est « le déni« , les Marais du Sud « la colère« , le Pic des Neiges est « le marchandage« , et la Grande Baie « la dépression ». Enfin, le canyon d’Ikana représente « l’acceptation », phase durant laquelle Link accepte sa propre mort… Le vendeur nous avait mis sur la piste dès le début : « Tu es confronté à une terrible destinée, n’est-ce pas ? ».

Et si vous souhaitez vous recueillir sur la tombe de Link, c’est tout à fait possible. Pour cela, il suffit de vous balader à Elfheim, dans le remake PlayStation du tout premier Final Fantasy ! Dans la version d’origine, sur NES, le défunt s’appelle Herdrick.

Link sait-il parler ?

C’est en effet une question que l’on peut se poser. Puisque le héros de The Legend of Zelda ne semble posséder qu’un seul mot à son répertoire : « Hyyyyaaaaaahhhh ! »

Un son qui est d’ailleurs (dans Ocarina of Time ou Majora’s Mask) la voix d’une femme : Fujiko Takimoto. Vous ne la connaissez pas ? Bien sûr que si ! Elle est aussi la voix de Mewtwo dans le film d’animation Pokémon… Ou encore celle de Taki dans Soulcalibur !

Mais ne vous méprenez pas ! Link sait bel et bien parler. « Prononcer des mots », je veux dire ! Dans Twilight Princess, on l’entend appeler Epona en disant « Giddy-up ! » De même, dans WindWaker, on peut l’entendre dire « Come on !« .

Les caméos

Impossible de parler de The Legend of Zelda sans aborder les nombreux caméos dont font l’objet ses héros. Il y en a énormément, et il est donc impossible de tous les lister ici. Donc, voici les plus marquants.

Je n’insisterai pas ici sur ceux qui sautent aux yeux. Comme la présence de Link, Zelda et Ganon dans la série Super Smash Brothers. Ou de l’arrivée de Link comme participant aux courses effrénées de Mario Kart 8.

Du coté des productions « maison », on saluera la présence très prononcée de The Legend of Zelda dans Animal Crossing, et notamment New Leaf. Tenue de Link pour le héros, masque de Majora, triforce ou master-sword pour décorer votre maison… Le fan de la série peut se construire une maison aux couleurs d’Hyrule !

Les costumes issus de la série Zelda sont d’ailleurs assez fréquents : dans Bayonetta 2, ou dans la série Kirby. Ou encore dans « Project Zero : La Prêtresse des Eaux Noires » ou vous pouvez revêtir un costume de Zelda.

Dans un passé plus lointain, en 2002, Bandai-Namco édite SoulCalibur 2. Chaque version du jeu a son personnage « guest ». Spawn sur Xbox, Heihashi Mishima sur PS2 et… Link sur GameCube. Il est jouable, avec son thème musical (le « main-theme » de Zelda) et son arène.

Dans World of Warcraft, un gnome se nomme « Linken ». Ce PNJ n’a pas l’apparence svelte de notre héros, mais sa tenue ne laisse aucun doute sur la référence. Maillot et couvre-chef verts, manches brunes, pantalon blanc et bottes de cuir…

Dans Kirby : Planet Robobot (3DS), un descriptif de l’épée vous parle de technique tourbillonnante, et vous invite à vous glisser dans la peau du héros habillé de vert.

Dans Metal Gear Solid : The Twin Snakes (Gamecube), si vous possédez une sauvegarde de The WindWaker sur votre carte mémoire, Psycho Mantis vous dit que « vous semblez beaucoup apprécier The Legend of Zelda ».

« ça marche aussi dans l’autre sens »

Mais parfois, dans les jeux The Legend of Zelda, nous pouvons aussi voir des références (ou easter-eggs) à d’autres jeux Nintendo.

  • Dans Ocarina of Time, au Palais de Zelda, on peut voir un artwork de Super Mario 64 accroché au mur, par une fenêtre.
  • Toujours dans OoT, au ranch Lon-Lon, les personnages de Talon et Ingo sont clairement inspirés de Mario et Luigi.
  • Dans Majora’s Mask, le vendeur possède un masque de Mario. Ainsi que la « Team Starfox » : un masque de renard, de lapin, de grenouille et d’aigle.
  • Le thème de la « fontaine des fées », dans plusieurs épisodes, est le même (en plus lent) que celui de la 3e map dans Super Mario Bros 3.
  • Dans Link’s Awakening, le personnage de Tarin est clairement le sosie de Mario. On y trouve aussi des Chomps.
  • Et dans A Link to the Past, on trouve des portraits de Mario dans des maisons.
  • Dans Twilight Princess, l’un des clowns a une bombe sur sa manche.

Le cas « Breath of the Wild »

Ne l’oublions pas, puisque c’est sa sortie qui nous a donné envie de rédiger ce dossier ! The Legend of Zelda : Breath of The Wild arrive sur Switch et Wii-U ce 3 mars (tiens, encore un chiffre 3 😉 ). Et, comme pour chaque nouvel épisode, c’est un événement !

Finalement, on sait peu de choses sur le scénario de ce nouvel épisode. Si ce n’est qu’il pourrait venir bouleverser la chronologie décrite plus haut. Car les quelques éléments que nous avons pu en voir nous laissent penser qu’il pourrait être une suite de Ocarina of Time !

En tout cas, le nouveau monde d’Hyrule ressemble comme deux gouttes d’eau à celui d’OoT, et les fans auront sans doute reconnu le village et le Temple du Temps (en ruines) de l’épisode N64. On y incarne un Link réveillé après un sommeil de plus de cent ans, mais visiblement amnésique.

Pendant ces 100 années, le monde a changé. Le mal a ravagé le monde, ne laissant que des ruines sur son passage. La nature a repris ses droits à Hyrule, et les civilisations survivantes ont imposé de nouvelles règles du jeu.

Avec ses graphismes hauts en couleur et un monde ouvert gigantesque, le titre a tout du méga-hit, dont Nintendo a le secret. Reste à savoir ce qu’il a dans le ventre, ce que nous verrons à l’heure du test 😉

Voir le trailer officiel ici.

Des références pour aller plus loin

Comme je l’ai écrit, il est quasi impossible de résumer en un seul dossier tout l’univers de The Legend of Zelda. Aussi, si vous êtes fan, voici quelques références qui vont permettront d’approfondir considérablement vos connaissances.

Et je commence avec cet ouvrage ultra-référencé que j’ai cité plusieurs fois dans l’article : Zelda Hyrule Historia. Edité par Nintendo et illustré par Akira Himekawa, il est disponible en France pour environ 35€. Il contient de nombreuses illustrations originales, des infos inédites, et est préfacé par Shigeru Miyamoto himself.

Autre ouvrage que je vous recommande : L’histoire de Zelda vol.1 : Master Edition. Cette fois, ce livre de 300 pages est signé Oscar Lemaire. Il est annoncé pour ce premier trimestre 2017 aux éditions Pix’n Love pour 34,90€.

Enfin, sur Internet, je vous recommande également le site Le Palais de Zelda (cliquez ici), animé par une solide communauté de fans, sans doute l’un des sites les plus complets en la matière.


Bonus : des « boulets » que l’on essaye d’oublier

Forcément, une licence aussi porteuse, aussi réussie, déborde inévitablement de son écosystème naturel. Et de nombreux produits dérivés (livres, vêtements, figurines, bandes originales) combleront les fans…

Mais nous avons aussi eu de beaux échecs inspirés de The Legend of Zelda. De mauvais souvenirs, mais de beaux plantages, que nous aimerions ne jamais avoir connu. Et dont Nintendo décline toute responsabilité

Je pense par exemple aux trois jeux vidéo édités par Philips, sur CDI, au milieu des années 90. A cette époque, Philips travaille au développement du lecteur CD-Rom de la Super-Nintendo. En contrepartie, Philips a négocié le droit de développer trois jeux estampillés Zelda. Nintendo donne son accord, mais refuse d’assurer la tutelle de ce projet.

Philips édite donc trois jeux, ou plutôt des aventures interactives dans l’univers de Zelda. C’est moche, injouable, dessiné par un enfant de cinq ans, le scénario est parmi les plus WTF… Bref, c’est un échec, et tout joueur ayant eu l’occasion de jouer à un Zelda sur CDI n’a eu qu’une envie : jeter des pierres sur sa console.

En 1989, les Américains décident de sortir une série animée intitulée « Princesse Zelda » (produite par DIC, Viacom et Nintendo). Là encore, les dessins sont moches, les dialogues niais au possible, Link a le charisme d’un réverbère, et le scénario est digne d’un programme pour les moins de trois ans… Bref, une grosse déception pour les fans du jeu vidéo. Ils ne devront supporter qu’une seule saison, soit treize épisodes ! Ouf !

La source Nintendo France Le Palais de Zelda

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