Final Fantasy XV : le « retour du roi » ?

TEST. – Après une si longue attente, il est enfin là ! Final Fantasy XV, le dernier petit bijou de Square-Enix se sera fait désirer ! Tellement qu’aujourd’hui, on a du mal à réaliser que c’est enfin l’heure du test, et de donner notre verdict !

Dix ans d’attente !

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Non, vous ne rêvez pas ! Cela fait véritablement dix ans que nous attendions Final Fantasy XV, comme on l’appelle aujourd’hui. Car pour mémoire, lorsque le jeu a été annoncé, il se faisait alors appeler Final Fantasy versus XIII, et était prévu sur PS3.

Oui, le chiffre 13 ! Car cet épisode, comme les aventures de Lightning (Final Fantasy XIII) devait s’inscrire dans une série de jeux : Fabula Nova Crystallis. Autrement dit, bien qu’il n’ait pas de rapport avec les autres volets, il devait s’inscrire dans cette série composée de Final Fantasy XIII, Final Fantasy XIII-2, Lightning Returns, Final Fantasy Type-0 et Final Fantasy Agito.

Et puis, le projet va connaître ses premiers déboires. Final Fantasy versus XIII va disparaître des plannings, pour ressusciter en juin 2013 sous le nom de Final Fantasy XV.

De même, il y aura du changement à la direction du jeu. Depuis 2006, la réalisation était portée par Tetsuya Nomura (Kingdom Hearts), qui se retire de la conception du soft en 2013. Il passe alors le flambeau à Hajime Tabata (Crisis Core Final Fantasy 7, The 3rd Birthday…).

Avec un parcours aussi chaotique, les joueurs désespéraient de voir un jour arriver un nouveau Final Fantasy. Le jeu devenant alors une « arlésienne » du jeu vidéo. Aussi, ils étaient rassurés à l’issue de l’E3 2013 : après l’annonce de Final Fantasy XV. Car dès lors, les annonces et les trailers alléchants s’enchaîneront, jusqu’à la sortie définitive du titre.

A peine devront-ils supporter un report cette année (attendu en septembre, le jeu a été reporté au 29 novembre), mais un moindre mal au regard de ce long parcours !

C’est l’histoire d’un prince…

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Et voici venu le moment très délicat consistant à introduire le pitch du jeu, sans vous spoiler ! Alors, pour faire court, Final Fantasy XV conte l’histoire d’un boys-band, qui part en tournée dans une belle auto, sur des routes désertiques et dans des villes pittoresques ! 😀

Plus sérieusement, si je me limite à ce que vous avez pu voir dans les différents trailers, Final Fantasy XV est avant tout l’histoire d’une reconquête, sous forme de road-movie.

On y incarne le jeune prince Noctis Lucis Caelum (plus communément appelé « Noct »). Il est accompagné par ses trois meilleurs amis, qui composent aussi sa garde rapprochée.

Gladiolus Amicitia (Gladio, le costaud de la bande), Ignis Scientia (l’intello) et Prompto Argentum (le rigolo de service). Un quatuor profondément humain, qui dégage de belles valeurs d’amitié et de courage, comme on les aime dans les shonen. Les amoureux de Saint-Seiya apprécieront 😉

« Coup d’état »

L’histoire débute alors que Noct et ses trois amis quittent le palais royal d’Insomnia. Dans une émouvante scène d’au-revoir entre le prince et son père, le roi Regis. Noct doit partir pour Niflheim, retrouver l’oracle Lunafreya Nox Fleuret, son amie d’enfance qu’il doit épouser, pour des raisons politiques.

Mais tandis que le quatuor est en route pour la capitale impériale, les informations annoncent que Insomnia est tombée pendant la nuit. La signature du traité de paix entre Insomnia et Niflheim a tourné au coup d’état et à l’invasion en règle. Noctis et Lunafreya sont annoncés morts, leur mariage est désormais caduque. Le roi Regis ayant été tué, le prince va devoir suivre un long parcours initiatique pour reconquérir le trône qui lui revient de droit, et au passage récupérer le cristal qui protégeait naguère la cité.

Autrement dit, « un jeune héros qui doit quitter sa ville natale pour suivre un long parcours initiatique« . C’est là le fil conducteur de 99% des RPG. Si ce n’est que le scénario de FFXV est plus mûr, plus pertinent. Il parle un langage adulte, sans sous-entendus, et est de ce fait plus crédible.

Passé le choc, l’heure de la découverte !

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Comme chaque épisode en son temps, ce nouveau Final Fantasy nous scotche d’entrée par ses cinématiques. Mais comme pour chaque épisode, il va très vite falloir passer outre pour se plonger dans le vif de l’action.

C’est donc avec fébrilité que l’on prend les commandes de Noct et de ses amis. Premier constat amusant, les personnages ne se déplacent plus bêtement en file indienne. Chacun court à son rythme. Prompto, Gladio et Ignis courent à coté de vous, passent devant, restent en retrait, s’arrêtent, vous doublent… Le tableau n’en est que plus crédible et vivant. Encore plus avec les vannes ou les répliques (en VF) que les personnages s’envoient en marchant.

Attention cependant à ne pas utiliser le sprint trop longtemps. Noct dispose d’une jauge d’endurance, et peut aussi s’essouffler si vous courrez trop longtemps. Dans ce cas, une simple pause suffit pour qu’elle se recharge.

« L’argent, ça se mérite »

Comme vous le rappellera sans cesse Ignis, il est fortement déconseillé, au début du jeu, de partir en exploration de nuit. Car des Daemons, des créatures surpuissantes, rôdent et pourraient vous tuer plus vite que vous ne le pensez. Par la suite, ils constitueront la cible de missions de chasse, confiées par les habitants du coin.

Je passe rapidement sur les actions classiques consistant à ramasser les objets en surbrillance, à lancer des dialogues avec les PNJ, ou encore à changer votre équipement en passant par le menu adéquat. Vous ne serez pas dépaysé si vous avez déjà pratiqué Final Fantasy.

L’utilisation de la magie demandera cependant un peu plus de doigté. Noct doit la collecter sur des « sources » apparaissant sur les maps, pour ensuite la synthétiser grâce à un menu approprié. Ensuite, la magie obtenue doit être affectée à votre inventaire (vous disposez de quatre emplacements, correspondant aux quatre possibilités de la croix de direction, pour y glisser armes et magie). En combat, les magies se lancent comme des grenades.

Sachez aussi que, lors des combats, les ennemis battus ne vous lâchent plus d’argent de poche comme avant. Maintenant, pour obtenir des Gils et éviter de finir sur la paille, il faut accomplir des missions de chasse, ou revendre des objets.

Lors de vos phases d’exploration, chaque personnage dispose d’une aptitude qui lui est propre, à développer pour obtenir des effets plutôt intéressant (force ou gain d’objets). Ainsi, Noctis pêche, Ignis cuisine, Prompto prend des photos, et Gladio peut ramasser des objets plus ou moins intéressants sur les cadavres de vos ennemis.

Combats : de gros changements

Evidemment, comme vous avez pu le lire un peu partout, ce nouvel épisode tranche avec les codes de la série sur de nombreux aspects.

A commencer par le tour-par-tour, qui semble définitivement enterré ! Dans FFXV, les combats sont orientés « action », avec un système dynamique et en temps réel. Que vous pouvez toutefois stopper momentanément en passant en mode « stratégique » (ou « mode wait », l’action se fige pour vous laisser préparer votre offensive).

J’entends déjà les puristes (dont je suis) crier « ô scandale » ! On ne touche pas au tour par tour, qui fait le charme d’un Final Fantasy ! Mais pour me faire l’avocat du diable, j’ai expérimenté ce système pas plus tard que lors de mon test de World of Final Fantasy (lire le test ici). Et au risque de choquer les fans, je suis aujourd’hui convaincu que le tour-par-tour n’est plus du tout adapté aux machines actuelles ! Et le mode dynamique dont il est question aujourd’hui peut déconcerter, mais me semble vraiment pertinent. Pour ne pas dire cohérent avec son époque. Final Fantasy évolue avec son temps, voilà tout !

« esprit d’équipe »

Si l’on retrouve les manips classiques (attaquer, utiliser la magie, se soigner…), il est une mécanique très sympa dont vous allez vite user et abuser : l’éclipse ! Elle consiste à lancer votre arme vers l’ennemi, puis à s’y téléporter pour déclencher une attaque plus puissante. L’éclipse pourra aussi vous servir à vous mettre à l’abri pour récupérer, en cas d’état « danger » (lorsqu’un héros a perdu ses points de vie et est sur le point de mourir).

Autre mécanique à ne pas négliger : si vos amis combattent à vos cotés de leur propre initiative, vous pouvez leur demander d’accomplir une attaque précise, afin d’enchaîner un combo sur celle-ci. Plusieurs actions seront à débloquer grâce aux points de PC chichement gagnés, sur un arbre de compétences qui vous fera penser fortement au sphérier de Final Fantasy X.

Et pour parler de l’XP, sachez qu’elle ne s’obtient plus à la fin de chaque combat, comme dans les précédents volets. Pour engranger vos points et monter en levels, il faut désormais se reposer la nuit. En campant, ou en louant une caravane.

Enfin, vous découvrirez vite les « armes fantômes », ces armes renfermant les âmes des rois d’antan qui, équipées, octroient un grand pouvoir à Noct. Ces treize armes sont associées à une jauge de symbiose qui, une fois remplie, vous permet de déclencher une attaque spéciale dévastatrice. L’équivalent de ce qui s’appelait autrefois « Limite break ».

Le respect des codes « Final Fantasy »

Sur ce point, pas de doute ! Nous sommes bien dans un jeu Final Fantasy. Et ce quinzième opus respecte les nombreux codes de la série.

A commencer par le bestiaire. De nombreuses créatures que vous allez croiser rappelleront de nombreux combats épiques à tous ceux qui connaissent la licence depuis toujours. Coeurl, Cocatrix, Béhémoth, Pampa… Même cette saloperie de Malboro est de la partie !

Encore plus vicieux, certains boss/daemon ne sont que des créatures bien connues (et redoutées) de l’univers Final Fantasy, mais sous un autre nom. Ayakashi n’est autre que Yojimbo, et Naglfar va vous faire cracher vos tripes en vous faisant comprendre qu’il n’est autre que Omega Weapon. Vous croiserez aussi ce cher Tonberry et son coup de couteau léthal, ou Iron Giant et son épée démesurée…

Mais le bestiaire ne se limite pas qu’aux ennemis, et vous ne pourrez passer à coté de Moogle, ou de folles chevauchées à dos de chocobos. Il vous suffira de les louer, pour un nombre de jours à déterminer, puis de les appeler à l’aide d’un sifflet. Prompto va même vous vriller la tête avec sa chansonnette qui trahit sa grande fascination pour ces volatiles. Plus tard, vous pourrez également participer à des courses de chocobos.

« Interventions divines »

Un Final Fantasy n’en serait pas un sans ses patronymes devenus des easter-eggs avec le temps. Ainsi, votre garagiste préféré se prénomme Cid. Et la puissante commandante au service de l’empire a pour nom Aranea Highwind. C’est sans véritable surprise que les fans de la saga auront le plaisir de croiser ces chers Biggs et Wedge.

Je réalise que j’allais oublier ces chères invocations, qui sont devenus ici des dieux. Vous ne disposerez de leur puissance qu’après avoir relevé leur défi. Titan, Leviathan, Ramuh, Shiva… Mais attention ! Ces divinités iconiques n’apparaissent pas à votre bon vouloir ! Elles viennent vous prêter main-forte dans des situations bien précises. Ramuh (le « Foudroyeur ») apparaît ainsi lorsqu’un combat s’éternise, Titan (« l’Archéen ») si tous vos alliés sont KO, Shiva si Noct est en état de danger de manière prolongée, etc.

Notez que, si vous avez terminé la « Platinum Demo » mise en ligne il y a quelques mois, Carbuncle s’ajoute à la liste, et viendra vous ressusciter si vous êtes KO.

Regalia : start your engine !

On ne peut parler de Final Fantasy XV sans évoquer la Regalia, le superbe bolide qui va conduire vos héros aux quatre coins de la carte. Très stylée, la voiture d’Ignis est un véritable personnage au sein du jeu.

Sans vous spoiler (puisque vous l’avez vu dans les trailers du jeu), la Regalia va même connaître une évolution au cours du jeu puisqu’elle pourra même voler. Vos déplacements n’en seront que facilités.

Pourtant, attention ! car la Regalia demande une attention constante, notamment sur sa jauge de carburant. Il n’est pas illimité, loin de là. Et si vous ne pensez pas à faire le plein lorsque c’est nécessaire, la panne sèche vous guette.

La Regalia est entièrement customisable : couleur, stickers… Il vous suffira d’aller voir Cindy pour cela. Encore mieux, son autoradio vous permet d’écouter des musiques issues des jeux Final Fantasy (et même du film Kingsglaive). Pour changer de morceau (les pistes sont à gagner ou à acheter dans le jeu), il suffit de presser la croix de direction vers la gauche ou vers la droite. La grande classe que de rouler en écoutant le main-theme de Final Fantasy VII, comme au bon vieux temps !

Pourtant, j’avoue que conduire la Regalia m’a quelque peu déçu. La plupart du temps, vous passerez en conduite automatique, et c’est donc Ignis qui conduira. Mais si vous prenez le volant, il vous suffit de presser l’accélérateur (R2). La voiture se charge de tourner d’elle-même. On ne peut pas vraiment dire que les sensations de conduite sont là !

Une ambiance sonore réussie !

Si le jeu jouit de graphismes et d’une physique incroyables, son ambiance passe aussi par un univers sonore très cohérent.

Et sur ce point, la grande nouveauté de cet épisode est qu’il est le tout premier Final Fantasy dont les dialogues sont doublés en français. Le doublage est impeccable, les répliques bien senties ! On remarquera juste quelques citations qui reviennent parfois d’un PNJ à l’autre.

Pour ce doublage, Square-Enix a fait appel à des comédiens que vous avez sans doute déjà entendu par ailleurs. Noct est joué par Anatole de Bodinat (l’une des voix françaises de James Franco). Gladio par Gilles Morvan (voix VF de Vincent d’Onofrio, Dwayne Johnson dit ‘The Rock », ou du pingouin dans Madagascar). Ignis par Julien Allouf (Cédric Diggory dans Harry Potter et la Coupe de feu). Le roi Regis par Philippe Catoire (Ian McKellen, ou encore Farquaad dans Shrek). Luna par Geneviève Doang (Mako dans Pacific Rim ou le Dr Stephanie Edwards dans Grey’s Anatomy). Cid par José Luccioni (voix française d’Al Pacino). Ou encore Ardyn par Arnaud Léonard (Lee Won-Jin dans Old Boy, ou Shion dans Saint-Seiya). Lire aussi ici.

Enfin, l’ambiance sonore ne serait rien sans une bonne bande-originale. Et celle-ci est signée par Yoko Shimomura, compositrice de génie à qui l’on doit de nombreuses OST de jeux vidéo, dont la superbe bande-originale de la série Kingdom Hearts. L’OST de FFXV est tout simplement magnifique ! (« Apocalypsis Noctis » me donne des frissons ^^).

La chanson de cet épisode, reprise de Stand by Me (tube de Ben E. King en 1961), est l’oeuvre de Florence + The Machine.

Attention à la linéarité !

Vous l’aurez compris : Final Fantasy XV est un jeu fantastique ! Mais attention ! Trop suivre les indications scénaristiques données par le jeu peut vite vous enfermer dans une linéarité assez déplaisante. Je m’explique.

Si vous suivez aveuglément la trame scénaristique, vous allez vous retrouver dans un jeu en entonnoir. Une très grande liberté au départ, qui se resserre de plus en plus au fur et à mesure que vous avancez dans l’histoire. Pour finir en véritable couloir à la fin du jeu.

Alors si je puis vous donner un conseil, ne suivez pas toujours les indications. Ce n’est pas parce que le soft vous dit qu’il faut aller à tel endroit qu’il faut y aller ! Prenez le temps de faire des détours, d’explorer les environs pour trouver des objets rares. Sous peine de boucler le jeu en ligne droite en un peu moins d’une trentaine d’heures.

D’autant que le jeu vous offre son lot de quêtes annexes. Plus ou moins intéressantes soit dit en passant : OK pour les missions de chasse, je suis par contre plus réservé sur les missions « collissimo » qui consistent à livrer des objets sur différents points de la carte.

Mais sachez qu’une récente mise à jour est venue ajouter un mode « new game + » à Final Fantasy XV. Autrement dit, vous pourrez recommencer le jeu en conservant toutes les stats précédemment acquises.

Un jeu sans défauts ?

Par principe, je considère que le jeu parfait n’existe pas. Et comme nous allons le voir, Final Fantasy XV a lui aussi ses petits défauts.

A commencer par quelques bugs graphiques qui ne sont pas vraiment une surprise dans ce type de jeux. Testé sur une PS4 « classique », FFXV affiche son lots d’aliasing, avec quelques petites chutes de framerate constatées lors de certains combats.

Lors des combats, les soucis de placement de caméra sont assez fréquents, notamment dans des espaces exigus. Lorsque vous êtes placés près d’un mur ou d’un obstacle assez volumineux, la caméra s’affole pour vous offrir parfois un angle inadéquat, vous masquant l’action ou sortant un boss de votre champ de vision.

De même, lors des combats, chacun y allant de sa volonté propre, c’est parfois un peu le souk. Ajoutez à cela le fait que les indications (barre de vie de l’ennemi) ne vous saute pas aux yeux, et vous obtenez une action qui n’est pas toujours très lisible dans le feu de l’action. Ainsi, il m’est souvent arrivé de battre un adversaire sans même m’en rendre compte, pensant être dans une situation désespérée.

Enfin, je terminerai par le scénario, que je vous ai présenté comme passionnant jusqu’à présent. Ce qui est vrai ! Et l’on aime voir cet immature de Noct apprendre petit à petit son rôle de roi, et les responsabilités qui vont avec. Mais… Aussi passionnant qu’il soit, le scénario est aussi frustrant par ses trop nombreuses ellipses. Des personnages secondaires importants semblent parfois éjectés de la trame principale. Ou encore certains événements pourtant essentiels à la bonne compréhension de l’histoire se retrouvent relégués à de simples coupures de journaux. Ces raccourcis sont trop gros et trop fréquents à mon goût.

Les deux approches !

Et voici maintenant une mise au point qui va vous aider à comprendre ce que certains n’hésiteront pas à qualifier de « lacunes » du jeu, mais qui, de ce point de vue, n’en sont plus.

En réalité, l’éditeur nous prévient dès le lancement du jeu, par un message qui dit : « un jeu développé pour les fans et pour les nouveaux venus« . Cette phrase n’est pas anodine. Et il faut comprendre qu’il existe deux approches de Final Fantasy XV : une pour les casual-gamers, et une autre pour les fans purs et durs !

Ainsi, vous comprendrez vite qu’il est possible de « speed-runner » le scénario, pour plier l’aventure en une vingtaine d’heures. Mais libre à vous de fouiller, explorer, pour prolonger considérablement l’expérience.

« Trouvez votre façon de jouer »

Il en est de même pour le gameplay. Les combats peuvent se solder plus ou moins facilement en utilisant les attaques de base. Mais vous pouvez aussi adopter une approche plus stratégique, en utilisant la magie appropriée (celle à laquelle votre adversaire est vulnérable, d’où l’utilité du scan), les combos, les « éclipses stratégiques » et autres subtilités à coté desquelles il est facile de passer.

Je pourrais aussi parler du fait qu’il est (presque) possible d’enchaîner les chapitres en ne se déplaçant qu’avec la Regalia (donc en restant en sécurité). Pourtant, quitter le bitume et explorer les vastes plaines, à pied ou à dos de chocobo, paye très souvent. Dans les vastes étendues, il y a toujours un objet à trouver, une mission à débloquer. On peut faire l’impasse sur la dimension « exploration » du jeu, pourtant votre curiosité sera bien récompensée !

Autrement dit, les mécaniques de Final Fantasy XV demandent d’être comprises, pour que le jeu puisse être savouré. A vous de trouver votre style de jeu et de vous adapter à celui qui convient le mieux à votre profil.

Pour aller plus loin : Kingsglaive

Si vous souhaitez prolonger l’expérience, ou plutôt approfondir votre connaissance de l’univers FFXV, nous ne pouvons que vous conseiller le visionnage du film d’animation KingsGlaive : Final Fantasy. Il est disponible en DVD et en Bluray.

Avec ses graphismes tout simplement hallucinants, son scénario sombre et ses personnages attachants, il vous plonge dans un épisode bien précis. Celui de la chute d’Insomnia, cette fameuse nuit, tandis que Noctis et ses amis sont en route pour retrouver Lunafreya.

Si le long-métrage ne laisse quasiment pas apparaître Noctis, on apprécie d’en savoir plus sur le roi Regis (doublé en anglais par Sean Bean), Lunafreya (doublée par Lena Headey, l’actrice qui joue Cersei Lannister dans Games of Throne). On y découvre aussi un héros exclusif au film, Nyx Ulric (doublé par Aaron Paul). Pour l’anecdote, dans la version française, le chef des Kingsglaive, Titus Drautos, est doublé par Patrick Borg, la voix VF de Son Goku 😉

La réalisation de Kingsglaive est vraiment soignée, et le film va vous permettre de comprendre encore mieux les enjeux qui pèsent sur les épaules de Noctis. De plus, je ne peux que vous conseiller de dépenser quelques euros de plus, afin de mettre la main sur l’édition steelbook du film. Elle embarque un second CD contenant l’anime Brotherhood (disponible par ailleurs gratuitement sur YouTube) : même si j’ai beaucoup moins accroché au style graphique de ce dernier, il fait lui aussi la lumière sur des aspects importants de l’univers FFXV.

Au final

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Avec ce nouvel épisode, et après quelques numéros plus mitigés, Final Fantasy retrouve enfin son statut de « légende » du RPG. Oui, Final Fantasy XV est un excellent jeu, pour ne pas dire l’un des meilleurs sur les supports actuels. C’est indéniable !

La vrai question est donc de savoir où il se situe sur l’échelle « Final Fantasy ». Et c’est tout autant indéniable : la licence a évolué, a pris les orientations qui vont avec son époque. Final Fantasy XV est donc le jeu qui nous fait faire le deuil des autres épisodes, aussi excellents soient-ils. Les FFIII, FFVI, FFVII ou FFVIII ont vécu, il faut maintenant passer à autre chose !

Si on lui reprochera une histoire qui se plie trop vite en ligne droite, ou encore quelques problèmes de finition (les cicatrices d’un long développement et de ses changements ?), Final Fantasy XV demeure un très bon épisode. Son récit est plus mature, ses mécaniques plus adaptées. Et le soft n’est néanmoins jamais avare en détails iconiques qui nous rappellent son ADN.

Nous avons donc ici un titre à ne manquer sous aucun prétexte (à moins de détester les J-RPG). Une énorme claque pour le joueur lambda. Pour l’amoureux de la licence (qui sera sans doute le plus acerbe : « qui aime bien châtie bien« ), il y a nécessité absolue de regarder cet épisode avec l’oeil le plus objectif possible. Dès lors, les quêtes annexes aidant à rallonger la durée de vie, le plaisir est là, et immédiat !


Verdict

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Un jeu extraordinaire, sans doute l’un des meilleurs de l’année ! Malgré ses petits défauts, Final Fantasy XV en impose et trouve sa place dans la mythologie FF.

18/20

Les + :

  • Un Final Fantasy enfin en VF, et un doublage de bonne qualité
  • Des cinématiques de folie !
  • Les paysages magnifiques
  • Une bande-originale (Yoko Shimomura) à tomber !
  • Le quatuor de héros est attachant, et plein de vie (ah, les dialogues !)
  • La dimension « exploration » bien optimisée
  • Du combat en temps réel réussi et nerveux
  • La Regalia !
  • Des invocations sidérantes
  • Un jeu qui fait passer des émotions

Les – :

  • Des soucis de caméra (notamment lorsque l’on est près des murs)
  • De l’aliasing sur PS4 « classique »
  • Lors des combats, l’action n’est pas toujours lisible
  • Des quêtes annexes qui n’apportent pas grand chose
  • La Regalia que vous ne conduisez pas vraiment
  • Le jeu peut vite vous enfermer dans une histoire linéaire
  • Un scénario qui manque parfois de profondeur

Final Fantasy XV, par Square-Enix, sur PS4 et Xbox One. PEGI : 16.

Jeu testé sur une version PS4 fournie par l’éditeur.

Site officiel

 

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La source Site officiel Square-Enix

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