World of Final Fantasy : la féerie kawaï de Square-Enix

TEST. – Aux antipodes d’un Final Fantasy XV hyper-réaliste, Square-Enix nous permet de patienter avec un autre J-RPG issu de la famille « FF » : World of Final Fantasy. Tout mimi avec ses persos en mode chibi, il vise clairement un autre public. Quoique…

Bienvenue à Grymoire

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C’est ici que tout commence. Deux jeunes étrangers qui se réveillent en haut d’une tour, qui chutent… Après cette mystérieuse intro à la Kingdom Hearts (le chara-design est d’ailleurs signé Tetsuya Nomura), le joueur découvre les protagonistes de cette aventure aux teintes pastel.

Nous allons donc incarner des jumeaux, Lann et Reynn. Un garçon et une fille. Et le jeune Lann débute une journée comme tant d’autres, à servir des expressos et des allongés dans une boutique qui vous fera penser (jusqu’au logo) à une célèbre enseigne de cafés.

La routine quoi ! Si ce n’est qu’aujourd’hui, rien ne va. Pas un chat dans les rues ! Pire encore, Lann remarque à peine l’étrange créature perchée sur sa tête, qui se prend visiblement pour un chapeau. Ce « chat volant » aux yeux arc-en-ciel répond au doux nom de Tama, et fait figure de mascotte assumée du jeu.

« Du sucre ? Oui, 28, merci ! »

Une créature qui semble aussi étroitement liée à la seule cliente de la journée, Enna Kros. Une jeune femme amatrice de sucre dans son café (elle en prend 28 si je me souviens bien ; coucou le cholestérol). Enna Kros fera ici office de mentor, guidant nos héros qui ont visiblement perdu la mémoire.

Car aujourd’hui, Lann et Reynn vivent pépères dans ce monde appelé « Coteau des Neuf-Fresnaies« . Mais autrefois, ils étaient de grands guerriers, et de talentueux « chasseurs » de Myrages. Ils vivaient alors à Grymoire, un monde féerique qui mêle les différents univers de Final Fantasy.

Et c’est justement via un portail, apparu au centre du village que Lann et Reynn vont retourner à Grymoire, pour raviver leurs souvenirs. Sous l’apparence de ses habitants : les figurines Pop Lilipuces.

Notez que vous pourrez revenir au Coteau « quand » et « comme » bon vous semblera. De même, à Grymoire, vous pourrez opter à votre guise pour la forme Gigantus (humain) ou Lilipuce (le style chibi des habitants).

S’il semble enfantin, pas forcément très profond, le scénario est suffisamment frais et attachant pour vous accrocher, et piquer votre curiosité tout au long de l’histoire. L’aventure est découpée en chapitres, et promet une progression à votre rythme, sans prise de chou.

L’Oscar du meilleur « fan-service »

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Vous l’aurez compris avec cet intertitre : si vous êtes un fan de Final Fantasy, il n’y aura pas un seul moment dans le jeu pendant lequel vous n’aurez pas le sourire aux lèvres, en retrouvant vos souvenirs d’antan.

Dès lors que vous mettez les pieds à Grymoire, cette débauche de « fan-service » commence par le très riche casting proposé. Ils sont tous là, de Terra à Lightning, en passant par Cloud, Squall, Light-Warrior, Cecil, Vaan. Hélas, s’ils viennent en renfort, ils ne sont pas jouables à proprement parler.

Idem du coté du bestiaire : les créatures que vous allez affronter sont celles que vous connaissez déjà, puisqu’elles traînent dans chaque épisode : Chocobo, Pampa, Béhémoth, Ahriman, Fenrir, Ifrit… Ils ont tous répondu présent !

Et que dire des lieux visités ? Là encore, les développeurs de Tose viennent piocher dans l’univers FF, avec des balades dans la Bibliothèque des Anciens (Final Fantasy V), le village de Besaid (Final Fantasy X), l’université de Balamb (Final Fantasy VIII), la ville de Saronia (Final Fantasy III), le Figaro Castle (Final Fantasy VI), etc.

Enfin, un bon « fan-service » passe aussi par les musiques. Et là encore, vous serez servis : tous les titres de Nobuo Uematsu (et les autres), ceux là même que vous recherchez sur les CD d’OST, sont ici. Des remixes pour la plupart, des musiques vraiment réussies dans l’ensemble.

Pour un fan de Final Fantasy, le fan-service est ici tout simplement extraordinaire. C’est une qualité comme un défaut. Car si je teste ce jeu avec le regard du fan, je ne peux qu’imaginer qu’un joueur qui ne connait pas la saga passera à coté de tout l’ADN du jeu. Il y trouvera donc un J-RPG classique.

Myrage, vous avez dit « myrage » ?

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Comme je le disais plus haut, nos deux héros vont ici chasser du « myrage ». Et avant d’entrer dans le vif du sujet, je me dois de vous parler de ces créatures, ayant un rôle prépondérant dans l’aventure.

Les myrages sont donc, à l’instar de Pokémon, des créatures (issues des Final Fantasy) que vous allez croiser à l’état sauvage dans les plaines. Le but, lors des combats, sera de les affaiblir, afin de pouvoir les capturer dans des Pokéballs Prismalithes. Et une fois attrapés, ils pourront intégrer votre équipe, pour aller au charbon lors des combats suivants.

Certains Myrages demanderont un peu plus de recherche, pour que la case « capturer » se mette en surbrillance : faire une action précise, lancer un sort particulier… Un aspect intéressant qui casse la routine.

Vous allez croiser différents gabarits de Myrages. Des petits (Flocona, Pampa, Mog), des moyens (Chocobo, Cocatrix), des grands (Pampa Senior, Béhémoth, Ifrit), et des mégas (Léviathan, Adamankhélone ou la terrible Ultima Weapon).

Premier aspect intéressant : ces Myrages sont évolutifs. Ils gagnent de l’XP et vont évoluer au fil de l’histoire, en apprenant de nouvelles techniques. Ces créatures disposent pour cela d’un sphérier qui va vous permettre d’apprendre ces nouvelles capacités. A vous de répartir au plus juste les points gagnés, afin de débloquer de nouveaux pouvoirs !

« Avez-vous vu le nouveau chapeau de Zozo ? »

Plus complexe encore, vous pouvez changer la disposition de votre équipe au combat. Soit vos deux héros et leurs créatures combattent côte à côte, soit vous constituez des « pyramides ». Autrement dit, un empilement de créatures sur votre tête, en mode « Cirque du Soleil ». Préférez-vous attaquer en nombre ? Ou être puissant, quitte à être un poil ridicule ?

Vous devrez donc apprendre toutes les subtilités permettant de constituer une bonne pyramide, en fonction des éléments ou de la taille des Myrages, apprendre à mixer les effets pour des résultats étonnants… ou pas. Une fois empilés, ils sont plus forts, mais une pyramide est aussi plus fragile, et ses membres peuvent être déséquilibrés. A vous d’estimer quelle sera la meilleure configuration.

Toujours est-il que cette mécanique, que l’on apprend vite à utiliser, se révèle addictive et très plaisante.

Accessoirement, hors combats, les Myrages peuvent aussi faire office de moyens de locomotion (dans les plaines ou dans les villages). Et certaines capacités, comme l’aptitude du Chocobo à trouver des objets cachés, vous seront très utiles.

Système de combat : retour aux Sources

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Mais assez tergiversé ! Il est temps de se lancer à l’aventure. Nos deux héros ont rapetissé, et se lancent dans les vertes contrées de Grymoire, dans la plaine de Cornélia (Final Fantasy).

Quelques cinématiques et bribes de scénario plus tard, le premier combat se déclenche ! Et le premier constat est que World of Final Fantasy réintroduit le système des combats aléatoires, qui se déclenchent au pif. Les ennemis ne sont donc pas visibles sur la map, pas moyen de les éviter.

Le début du jeu nous a préparé à un soft bon-enfant, sympatoche, et en mode « easy ». Mais vous allez vite comprendre qu’il n’en est rien. Les mécaniques du jeu (lire ci-dessus) sont beaucoup plus complexes qu’elles n’y paraissent !

De manière générale, WFF propose des combats au tour par tour, à l’ancienne, classiques. Pour lancer une action, il va falloir attendre que vienne votre tour d’agir. Pas d’Active Time Battle ici, mais une barre « d’attente » à gauche de l’écran.

Et lorsque vient votre tour de jouer, une fois encore nous sommes dans le classique : attaquer, se protéger, se soigner, lancer un sort magique, fuir… Ce qui est mois classique ici, c’est donc l’intégration des pyramides évoquées plus haut, qui vont vous offrir une palette insoupçonnée d’actions.

Durée de vie : posez des RTT

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Gameplay, scénario… Le troisième point sur lequel je suis très regardant, lorsque je joue à un J-RPG (encore plus un Final Fantasy), c’est sa durée de vie ! Et force est de constater que, sur cet aspect, le « développeur ninja » (surnom de Tose) ne se moquent pas de nous !

Car sur le papier, il est très facile d’expédier l’aventure principale en un peu plus d’une quarantaine d’heures, en ligne droite. Dans la réalité, il n’en est rien !

Comme je l’ai écrit, la chasse aux Myrages s’avère particulièrement addictive. Vous allez vite vous prendre de passion pour la capture de ces « famliliers » qui recèlent bien des talents. Sachez que les Myrages sont, au total, un peu plus de 200 dans le jeu. Vous allez donc effectuer pas mal d’allers et venues dans les tableaux, pour espérer débusquer l’animal rare !

Ces mêmes niveaux regorgent de secrets, de coffres cachés… Et donc autant de recherches si vous êtes un brin collectionneur dans l’âme. Le coté « exploration » du titre est tout simplement génial.

Enfin, outre la quête principale, le jeu propose évidemment suffisamment de quête annexes pour vous occuper un bon moment.

Sans parler des mini-jeux et autres bonus auxquels nos héros peuvent avoir accès dans leur appartement, au Coteau des Neuf-Fresnaies.

Vous l’aurez donc compris, la durée de vie « en ligne droite » de 40 heures vient donc de passer du simple au double, ou au triple selon votre niveau. Le rapport qualité-prix est là !

World of Final Fantasy a aussi des limites

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Si, jusqu’ici, j’adore tout ce que World of Final Fantasy me propose, je ne peux, comme à ma grande habitude, m’empêcher d’aller chercher la petite bête !

Et la petite bête, nous allons la trouver du coté de la technique. C’est beau, très coloré, les personnages sont attachants, mais néanmoins, on est quand même en deça de ce que peut proposer une PlayStation 4. Les efforts sont bien là, avec des effets de lumière très chouettes, ou des effets de flou en arrière plan. Mais les décors sont parfois un peu vides, les textures du sol un peu grossières lors des combats. Et quelques polygones s’incrustent dans les paysages.

Autre aspect technique quelque peu frustrant : le coté « rétro » du système de combats implique un rythme lent, très lent. En début de jeu, les affrontements semblent s’éterniser. Heureusement, cette impression s’estompe par la suite, dès lors que vous pouvez varier les nombreuses capacités de vos Myrages.

Cette lenteur se retrouve également dans les scènes hors-combats, lors des cinématiques ou des dialogues. Heureusement, les développeurs ont prévu une touche qui vous permet d’accélérer le temps.

S’il fallait chipoter, on pourrait également s’attarder sur les temps de chargement, parfois un peu trop longuets.

Enfin, un aspect que j’ai beaucoup de mal à comprendre : le jeu est doublé en Anglais (sous-titré en Français, jusque là, c’est assez fréquent), mais aussi en Japonais. Cependant, ces voix nippones ne sont disponibles que via un DLC !

Alors, certes, je suis peut-être un peu trop « puriste », au point d’avoir des crises purulentes à l’idée de jouer à un J-RPG dans la langue de Shakespeare, mais pourquoi ne pas avoir intégré directement la VO dans la version de base du jeu ? Pourquoi un DLC ?

Au final

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En conclusion, World of Final Fantasy est un « bonbon Arlequin », un titre qui cache bien son jeu ! Au premier abord, il est tout mignon, et l’on s’attend à un jeu facile, destiné à un public plus casual. Mais très vite, les mécaniques de gameplay dévoilent une technicité insoupçonnée.

Le principal reproche que je ferais à WFF est sa sortie, à mon sens, trop proche de celle de Final Fantasy XV : je crève d’envie de me lancer dans l’aventure du quinzième épisode. Mais je n’ai clairement pas pour autant envie de « torcher » l’aventure proposée par « World of » (ce qui explique la date de parution de ce test), pour être frais et dispo le 29 novembre ! Je ne choisirai pas, je mènerai à terme les deux expériences !

World of Final Fantasy est ainsi un jeu « hommage » : il commémore avec génie le J-RPG old-school avec son « tour-par-tour ». Ou encore les personnages emblématiques qui ont fait l’histoire de la série. Il rend un vibrant hommage aux génialissimes musiques de Nobuo Uematsu. Sans oublier les fans de tous continents, qui suivent la saga depuis si longtemps !

Alors, calendrier oblige, faut-il choisir entre World of Final Fantasy et Final Fantasy XV ? Non, certainement pas ! Les deux expériences sont très différentes, mais WFF mérite amplement sa place dans votre logitèque !


Verdict

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Un spin-off réussi, un titre hors-normes qui mérite sa place dans votre FinalFantasythèque !

17/20

Les + :

  • L’ambiance toute choupinette, les persos au style chibi
  • Les musiques fabuleuses (thèmes originaux comme remixes)
  • Le système des « pyramides » assez technique
  • Un « fan-service » de malade ! Bourré de clins d’oeil
  • Visuellement féerique
  • Pouvoir « accélérer » les scènes
  • Un jeu moderne qui reprend tous les codes des J-RPG old-school
  • On se prend très vite au jeu de la capture des Myrages
  • Certains paysages magnifiques
  • Le découpage en chapitres, pour jouer à son rythme
  • Beaucoup de secrets à débusquer ici et là
  • Très bonne durée de vie

Les – :

  • Les combats aléatoires sont de retour avec leurs inconvénients
  • Donjons en mode « wall » très vite répétitifs
  • Le rythme général
  • Quelques limites techniques
  • Incarner les héros légendaires aurait été un gros plus
  • Sortie trop proche de Final Fantasy XV
  • Un jeu beaucoup plus banal si l’on ne connait pas la saga Final Fantasy
  • Les voix japonaises en DLC ? C’est quoi ce délire ?

World of Final Fantasy, par Tose pour Square-Enix, sur PS4 et PS-Vita. Pegi : 12.

Test réalisé sur une version PS4 fournie par l’éditeur.

Site officiel

 

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