Skylanders Imaginators : imaginez, créez et jouez à tout prix

TEST. – Leader incontesté des jeux vidéo « avec figurines » (autrement dit « jouets vidéo » ou « Toys to life »), Skylanders revient pour une nouvelle itération qui laisse la part belle à votre imagination. Tout est dans le nom : dans Skylanders Imaginators, vous avez désormais la possibilité de créer votre héros. Les Skylands n’attendent plus que vous !

Un boulevard pour Activision !

skylanders-imaginators_create-your-own-skylander-3

Lorsqu’il s’agit d’aborder la question des Skylanders, je ne sais par où commencer, tant l’univers du « jouet vidéo » développé par Toys for Bob pour Activision est riche ! Ils sont partout, en témoigne le nombre incalculable de produits dérivés, que vous connaissez forcément si vous avez des enfants : cahiers, cartables, brosses à dents, vêtements (je ne vais pas tous les lister)… et même une série TV « Skylanders Academy »sur Netflix à partir du 28 octobre !

Vous l’aurez compris, Skylanders est un véritable phénomène vidéoludique, et chaque nouvel épisode est attendu par une solide communauté de jeunes gamers. Et la date de sortie du jeu coïncide avec la période durant laquelle vos petites têtes blondes vont commencer à rédiger leur liste au Père-Noël ! Plutôt bien foutu, non ?

Dans le milieu du « jouet vidéo », le moins que l’on puisse dire, c’est que cette année, la voie est dégagée pour Skylanders, tant la concurrence semble s’être sérieusement essoufflée : le non-moins excellent Lego Dimensions a renouvelé son catalogue de figurines mais repose cette année sur le même jeu que l’an passé ; les Amiibo de Nintendo semblent anecdotiques tant leurs fonctions in-game sont limitées ; et Disney Infinity est tout simplement décédé cet été, sans fleurs ni couronnes !

Aussi, Skylanders revient, en position de « leader », avec de nouvelles figurines, une nouvelle histoire, mais surtout un nouveau concept, qui offre une nouvelle façon d’aborder la licence : après les pièges de « Team Trap », les mélanges de « Swap » ou les courses endiablées de « Superchargers », place à… votre imagination !

De plus en plus de monde dans les Skylands !

official-skylanders-imaginators-crash-bandicoot-20th-anniversary-youtube-google-chrome

Petit à petit, l’oiseau fait son nid… Et Skylanders se construit un univers cohérent et diablement riche ! Les statistiques démographiques des Skylands vont encore gonfler cette année, puisque de nouveaux habitants, les « Senseï« , y élisent domicile dans ce nouvel opus. Ces puissants « maîtres », dont le rôle est d’enseigner de puissantes techniques à vos Imaginators (les Skylanders que vous allez créer), sont au nombre de 31, et vous retrouverez d’anciens ennemis, désormais rangés du coté du Bien et ayant accepté d’aider vos créations à progresser, comme Golden Queen ou Kaos (bien que celui-ci soit aussi le méchant de l’histoire : paradoxe spatio-temporel, Marty, nom de Zeus !)

Parmi eux, en exclusivité sur PS4, on notera l’arrivée de Crash Bandicoot, le célèbre héros de Naughty Dog autrefois pressenti pour devenir la mascotte de la première PlayStation. Après une longue traversée du désert vidéoludique et une apparition sous forme de caméo dans Uncharted 4, il déboule dans Skylanders en tant que Senseï, tout comme son ennemi juré Neo-Cortex. Un second héros des débuts de la PS1, puisque pour rappel, Skylanders était, avant de connaître un tel succès, un spin-off de Spyro le Dragon.

Le pitch du jeu n’est clairement pas celui qui va révolutionner la série (mais n’oublions pas que l’on s’adresse à des enfants) : Kaos, le grand méchant de l’histoire, projette… Devinez quoi ? De régner sur les Skylands et de vaporiser les Skylanders dans l’atmosphère ! Pour cela, il compte s’aider cette fois d’une toute nouvelle découverte : l’Imaginite, un minerai qui permet, à celui qui le possède, de créer de nouvelles créatures, grâce à un livre magique. De la chair à canon pour Kaos, appelée Doomlanders (vos nouveaux ennemis), de l’imagination pour le joueur qui, grâce aux « cristaux de création« , pourra inventer de toutes pièces un Skylander à l’aide des nombreux items à collecter grâce aux coffres glanés dans les niveaux.

Mais votre Skylander débute petit, tout en bas de l’échelle, et il lui faudra progresser. Pour cela, rien de tel qu’un bon entraînement avec les Senseï, appelés à la rescousse par Eon. Chaque maître est affecté à l’un des dix éléments du jeu : feu, terre, magie, tech, mort-vivant, air, vie, eau, lumière, ténèbres.

Skylanders Imaginators se présente comme un plate-former 3D classique, avec son hub central ouvrant sur les différents niveaux et sur les sites annexes comme l’académie Skylanders, la Cabane des cartes, l’arène de combats, ou les Royaumes Senseï… Dans chaque niveau, des ennemis à combattre à l’aide de vos pouvoirs, des items à collecter, des objectifs à atteindre et des portails à franchir à la condition de posséder la figurine adéquate (portail lié à un élément), et parfois un boss à déboîter.

Une fois l’aventure principale terminée (en solo, mais aussi jouable en co-op), le jeu n’est pas à ranger pour autant. Vous devrez parfois revenir dans les niveaux pour en débusquer tous les secrets et finir le jeu à 100%, ou pour affronter d’autres Skylanders dans l’arène de combat… Sans parler des mini-jeux ou du « mode course » qui vous permettra de réutiliser vos véhicules de Superchargers.

Une technique classique mais efficace

14732203_10211089770458913_2579911185068505198_n

Sur le plan technique, Skylanders Imaginators est une réussite : le hub central appelé C.A.R.T.E. et les niveaux sont très agréables à regarder, avec de chouettes effets de lumière ou un rendu de l’eau assez fidèle, le jeu affichant en HD des graphismes très fins et très détaillés. Les menus sont clairs, et les indications à l’écran étudiées pour être comprises par les plus jeunes (les indices sont même parfois trop insistants).

Le level-design est plutôt bon, bien qu’il ne soit pas non plus très original : c’est du Skylanders assez classique, mais le boulot est bien fait. Les développeurs ont véritablement soigné chaque niveau, en témoignent ces petits détails en arrière plan qui apportent beaucoup de vie au jeu, dans des environnements variés. Le soucis du détail va par exemple jusqu’à appliquer des effets d’écho dans les niveaux aquatiques.

Au niveau sonore, les musiques sont de bonne facture et collent bien à l’ambiance de chaque niveau. Si certains dialogues ne sont pas toujours convaincants, un effort a aussi été porté sur cet aspect, avec des répliques bourrées d’humour, en Français, et avec en guest Maître Gims qui prête sa voix au Senseï King Pen.

Même satisfaction du coté de la jouabilité aux petits oignons, les commandes répondant parfaitement, et étant très accessibles aux plus jeunes : quasiment tous les boutons de la manette sont utilisées, mais la répartition des touches est bien pensée. On aura vite envie de faire l’impasse sur le tuto du jeu, tant les commandes se révèlent vite instinctives. Il en résulte un jeu très accessible, peut-être un peu trop pour un adulte qui pliera la campagne principale en un peu moins de dix heures.

Les plus jeunes passeront quant à eux des journées entières à fouiller chaque niveau pour obtenir les 100%, butant parfois sur des puzzles conçus pour faire cogiter les enfants, mais qui ne résisteront pas très longtemps à un adulte.

La création d’Imaginators se fait en plaçant un « cristal de création » sur la base, via un éditeur de personnages solide et vraiment bien foutu : les outils de création sont très nombreux, et vous pourrez TOUT customiser, à commencer par l’esthétique (corps, tête, bras, yeux, jambes, oreilles, torse, queue) à partir d’une centaine de pièces à chaque fois. Ces items s’obtiennent grâce aux coffres d’Imaginite, à débloquer à la fin de chaque niveau (qui contiennent des objets communs, rares, épiques ou ultimes), ou en achetant des coffres en magasin (5,99€) contenant chacun 9 items : de manière aléatoire, vous tomberez sur un coffre de bronze, d’argent ou d’or, et il est inutile de préciser que les objets rares seront plus nombreux dans un coffre d’or 😉

Vous devrez ensuite choisir votre arme, votre équipement (casque, épaulières, bras, jambes, sac à dos), mais aussi tout un choix de couleurs, auras, voix, phrases d’intro, musiques… Vous pourrez aussi faire évoluer vos pouvoirs selon votre classe de combat (archer, cogneur, marteleur, chevalier, bazookeur, magicien…).

En revanche, si les cristaux de création sont beaucoup plus jolis que les pièges de « Team Trap » (ils s’illuminent sur la base), on regrettera qu’ils ne puissent stocker qu’une seule et unique création. Vous pourrez la customiser par la suite, changer l’apparence de votre perso comme bon vous semble, mais il ne sera plus possible de changer sa classe une fois choisie. Pas possible non plus d’effacer un Imaginator créé (ou alors je n’ai pas trouvé). Comprenez que si vous voulez créer un max de persos, l’unique cristal offert dans le pack de démarrage ne vous suffira pas !

Pour en finir sur la jouabilité, pensez à prévoir assez d’espace de jeu, proche de la console : votre enfant passera la plus grande partie du temps à intervertir ses figurines sur la base, connectée en filaire à la console. Impossible, donc, de jouer sur un canapé installé à 15 mètres de l’écran 😉

Epidémie de fièvre acheteuse

si_keyshot_drkrankcase_final_hires-1024x773

Le principal point négatif du jeu, et celui qui sautera aux yeux des parents, c’est le coût de cette nouvelle aventure. Car pour pouvoir jouer, comme pour chaque nouvelle édition, il vous faudra prévoir un investissement allant bien au delà de l’achat du pack de démarrage : le jeu demande à être enrichi avec l’ajout (donc l’achat) de nouvelles figurines, au nombre de 31 Skylanders Sensei, auxquels s’ajouteront des accessoires.

Car Skylanders est avant tout (ne le nions pas) une histoire de business, et ce qui rapporte à l’éditeur, ce n’est pas tant la vente du pack de démarrage (59,99€), mais celle des figurines « Sensei » (15,99€ chacune), des cristaux de création (8,99€) ou des coffres d’Imaginite (5,99€, contenant des objets de création).

A la décharge du fabricant, ces figurines sont d’excellente facture (sans jeu de mot) : elles sont toutes assez jolies, solides, d’une dizaine de centimètres en moyenne, et offrant une belle finition. De plus, Activision a revu son packaging, et les Sensei sont désormais vendu dans des boites plutôt bien faites et joliment illustrées, que les collectionneurs auront envie de garder.

Mais il faut relativiser : le pack de démarrage comprenant déjà deux « Sensei » et un cristal de création, le jeu reste largement jouable (et chaque niveau finissable), sans investir dans un premier temps, si votre enfant possède l’un (ou plusieurs) des autres volets, puisque les figurines des opus précédents (à peu près 300) sont compatibles avec Skylanders Imaginators.

Si au premier abord, le mode création laisse à penser que fabriquer son propre Skylander permettra d’éviter de passer en caisse, vos précieux euros seront là encore sollicités, puisqu’une application (Skylanders Creator) permet d’imprimer votre oeuvre d’art en 3D, vous permettant de posséder une figurine unique… Mais forcément payante. Je vais y revenir plus bas.

Puisque nous parlons d’achats, il existe un aspect beaucoup plus dérangeant dans le jeu : l’accès pas assez sécurisé à mon goût à la boutique en ligne ! Car lorsque vous gagnez des coffres en jeu, piqué par votre curiosité, vous allez ensuite dans le menu adéquat pour les ouvrir en pressant la touche X. Mais si vous spammez trop rapidement la touche, les coffres défilent et vous arrivez rapidement à la dernière icone, qui vous transfère sur la boutique permettant d’en acheter de nouveaux (et de passer en caisse… Bien que pour le moment, aucune transaction ne soit encore disponible). Si un adulte fera attention, un enfant pourra facilement, par mégarde, remplir le panier. Alors, un conseil : dans les options de la console, dans les paramètres de paiement, sécurisez vos transactions par un mot de passe systématique, on ne sait jamais 😉

Skylanders Creator, une application pour créer encore plus !

skylanderscreator-1

Une application gratuite pour mobiles, Skylanders Creator, est disponible sur Ios et Android. Avec cette application, vous pourrez importer vos Imaginators, les emporter partout avec vous ou en créer de nouveaux à l’aide des nombreux items et coffres à débloquer. La même chose que dans le jeu, me direz-vous !

Mais cette application a une utilité beaucoup plus intéressante, puisqu’elle va vous permettre de matérialiser vos créations. Vous pourrez ainsi faire imprimer votre création en 3D (et recevoir votre figurine par la Poste pour épater vos amis), floquer votre oeuvre sur un t-shirt, ou sur une carte à jouer.

Mais attention : là encore, cela a un coût ! une figurine vous coûtera 49,99€, un t-shirt 24,99€, et une carte Imaginator 14,99€. Au bout du compte…

Au final

skylanders-imaginators_kaos-2-1200x675

Quand Activision nous avait dit que ce nouveau Skylanders allait être une bombe, nous avions craint que cela ne fut que de la poudre aux yeux, destinée à nous vendre encore plus de figurines. Pourtant, je confirme : Skylanders Imaginators est un bon jeu vidéo, et a su réveiller l’enfant qui sommeille en moi !

Mais si le jeu demeure excellent, joliment réalisé, bourré d’humour et très fun, il souffre d’un handicap inhérent à la série : son coût prohibitif dès lors que votre petite tête blonde voudra posséder une bonne collection de figurines (papa-gamer devra peut-être faire le sacrifice de son nouveau PlayStation VR 😉 ). Heureusement, dans un premier temps, il est possible de passer un très bon moment sans vous fâcher avec votre banquier, notamment en ressortant toutes vos anciennes figurines.

Il n’empêche que les développeurs parviennent à nous captiver : le scénario n’est pas particulièrement original, et sans doute pas le meilleur de la série (à mon sens, « Team Trap » était plus intéressant), mais on oublie vite cet aspect tant la création de Skylanders offre une nouvelle dimension à la licence ! Votre imagination a enfin sa place dans le jeu (même si, là encore, on vous pousse à la consommation) !

Au final, Skylanders Imaginators atteint sa cible, à savoir les enfants, qui passeront un excellent moment, avec un indice de rejouabilité élevé si votre « mini-moi » se lance dans la création. Mais une fois en magasin, prévoyez quelques crises : votre enfant voudra une « figurine super cool pour un jeu génial« , mais vous penserez « modèle économique pas compatible avec les factures de fin d’année« … Malgré tout, nul doute qu’il y aura du Senseï au pied du sapin cette année !


Verdict

si_ps4_starterpack_front_final

La star incontestée au pied du sapin ; et Noël commence dès aujourd’hui ! Mais prévoyez un budget !

15/20

Les + :

  • Du fun, et encore du fun
  • Joli à regarder, écran très lisible
  • Les figurines sont vraiment très classes
  • Une durée de vie honnête (10h environ pour la quête principale, mais bonne rejouabilité et plein de contenu ensuite)
  • Voix en français
  • L’ambiance sonore en général
  • Les quelque 300 figurines des éditions précédentes sont compatibles
  • La dimension créative très intéressante
  • L’éditeur de persos vraiment très complet
  • Crash Bandicoot !!
  • Présence d’un mode coop

Les – :

  • Prévoir un gros budget en cas de collectionnite
  • La boutique en ligne trop facilement accessible pour un enfant
  • Une seule création par cristal, sans possibilité de l’effacer
  • Le scénario n’est pas le meilleur de la série

Skylanders Imaginators, par Toys for Bob, pour Activision, sur PS4, PS3, Xbox 1, X360 et Wii-U. Application Skylanders Creator sur iOs et Android. Pegi : 7.

Test réalisé à partir d’une version et de figurines fournies par l’éditeur.

Site officiel

 

vous pourriez aussi aimer More from author

% s Commentaires

  1. Laurent dit

    Le jeu est très classique comparé à Superchargers et assez court. Pourtant la course à la collection des costumes pour toujours plus personnaliser son Imaginator est vraiment sympa et relance l’intérêt du jeu.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.