Power & Revolution (Geo-political Simulator 4)

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Les simulateurs… je suis client ! Mais un simulateur de géopolitique, voilà qui me semble pointu. Pourtant, l’éditeur nous a assurés que le jeu est accessible à tous. Il n’y a qu’un seul moyen d’en avoir le coeur net ! C’est donc parti pour le test de Power & Revolution, autrement dit « Geopolitical Simulator 4 ».

Un simulateur pas comme les autres

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Vous le savez si vous affectionnez les jeux de simulation : dans le petit monde des simulateurs, on trouve de tout ! Des « très connus », car diffusés à grande échelle, à la fois sur PC et sur consoles (je pense en particulier à Farming Simulator ou même aux Sim’s dans une autre mesure).

Et puis, sur PC, on trouve des simulateurs un peu plus ciblés, du simulateur de chirurgie à celui des forces de l’ordre, en passant par les exploitations fermières, terminaux de bus, voile en solitaire…

Et si des studios Allemands développent des simulateurs à tour de bras, il est un studio français qui est devenu un maître en la matière : Eversim, société créée en 2004 par André et Louis-Marie Rocques.

⇒ Lire aussi notre interview : André Rocques, co-fondateur d’Eversim et concepteur des “Geopolitical Simulator”.

Eversim donne dans le « Serious gaming », des simulateurs qui ont un véritable rôle pédagogique, mais aussi dans des jeux de simulation « grand public ». Et c’est ici que l’on retiendra notamment la série Geopolitical Simulator, dont nous allons aujourd’hui tester le quatrième volet, intitulé Power & Revolution.

Appelez-moi « Jack Obama »

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Voici venu le moment de découvrir le jeu, en lançant la première partie. Comme son nom l’indique, nous avons affaire ici à un jeu qui va vous mettre dans la peau d’un chef d’Etat, et vous allez devoir gérer la politique intérieure du pays, mais aussi les enjeux de sa politique internationale. C’est un simulateur géopolitique, quoi !

Et comme on est parfois « foufous » mais pas complètement dingues non plus, on va commencer soft, avec le tutoriel du jeu. Un tutoriel qui vous propose de prendre le contrôle des Etats Unis, dans la peau de Jack Obama (toute ressemblance avec une personnalité connue serait… franchement assumée par l’éditeur).

Ce cher Jack, donc, sera ici accompagné par un conseiller avec un nom à forte consonance californienne : René de Montfort (la Californie, ce n’est pas dans le bassin d’Arcachon ?). René est donc l’homme qui va vous expliquer comment vous dépatouiller avec les nombreux aspects que vous aurez à gérer. Et on commence par finaliser le Gouvernement, déjà constitué en grande partie : il reste trois sièges à pourvoir, et vous devez décider si vous allez les proposer aux politiques de votre camp, ou à des adversaires, histoire de créer des liens…

Si le début du jeu est très plaisant, on réalise vite que le moindre acte aura des répercussions : taxer les pollueurs vous fera grimper en popularité auprès des écolos, mais les industries vont vous détester. Booster la recherche vous permet de devenir un pays technologiquement évolué, mais le ministre des finances menace de démissionner !

Le chef d’état est aussi un VRP, et vient le moment de prendre rendez-vous avec le président de la Chine, pour négocier un accord commercial de 5 ans : votre économie en a grand besoin. Lors du rendez-vous diplomatique, plusieurs choix s’offrent à vous : proposer un café au Président (si si), négocier les termes du contrat (ce qui nous intéresse ici), ou encore lui parler de sa conception des Droits de l’Homme (je devine que ce n’est pas une bonne idée).

C’est le bordel !

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Moi président, le monde sera plus cool ! Moi président, il n’y aura plus de malheurs dans le monde ! Moi président… C’est le bordel !

Face à une grève de la santé publique, j’ai augmenté les salaires et construit des hôpitaux. J’ai aussi donné un peu d’argent de poche à l’armée pour aller faire le ménage en Syrie, où cela pète pas mal depuis quelques jours… Et comme ma loi contre la déforestation (pour faire plaisir aux écolos) ne plait pas aux agriculteurs, je leur ai accordé une subvention conséquente… Normalement, tout le monde devrait être heureux !

Mon ministre de l’économie me présente sa démission… Mon ministre de l’intérieur m’invite à préparer mes valises pour partir sous les tropiques, lui-même étant sur le départ pour les îles Caïman… A la Bourse, tout va bien et des traders se suicident en masse…

Tant pis, je suis le Président et je vais sauver mon Pays… Alors, pour remplir les caisses de l’Etat, je décide d’augmenter l’impôt sur les grosses fortunes et de taxer les entreprises qui se font du beurre… Le journal annonce… Mon assassinat !

Alors que tout allait bien, la partie a complètement changé d’orientation en quelques instants…

Un simulateur complet

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Globalement, vous l’aurez compris, on apprécie d’avoir ici un simulateur très complet. Ses concepteurs ont pensé à tout, et la principale difficulté sera d’anticiper les conséquences de vos actes. Car chaque action aura l’effet positif que vous attendiez, mais aussi un impact négatif que vous n’aviez pas forcément prévu.

Régulièrement, vos ministres et conseillers viennent vous parler (16.000 textes ont été intégrés au jeu). Pour chaque pays, 200 personnalités influentes sont accessibles. Et si les noms ont été légèrement modifiés, le joueur s’amusera à les reconnaître, malgré un pseudonyme qui prête à sourire (François Hollande devient Vincent Baltique).

Plus concrètement, puisque l’on parle de chiffres, P&R propose 175 pays jouables, 500 partis ou organisations, 130 secteurs d’activité, ou encore 1200 actions ou lois… Ajoutez les conflits, les grèves, les accords internationaux… Si vous placez tout cela sur une arborescence de possibilités, vous imaginez que le jeu offre tant de variantes qu’aucune de vos parties ne ressemblera à une autre.

Dans l’ensemble, cela fonctionne plutôt bien. Mais on regrettera cependant quelques incohérences, incompréhensibles tant le jeu était crédible jusqu’alors. Je pense par exemple à ces émeutes que vous ne pouvez régler qu’avec l’Armée, alors que la Police aurait sans doute suffit à gérer la crise. En conséquence, il y aura des morts, et votre popularité chutera…

Au même titre, je citerai pour exemple une simple émeute en France, déclenchée pour des raisons sociales, et pouvant être réglée rapidos par des négociations avec les représentants syndicaux. Naïf que je suis : presto, la grève devient un putsch, me chassant de mon fauteuil préféré à l’Elysée 🙁 Un peu dur quand même !

Et lorsque les phases de gestion commencent à vous sembler répétitives, le jeu vous propose de courtes pauses avec les conflits : changement de gameplay, avec des cartes détaillées des différentes zones concernées (on reconnait les monuments), où vous devrez envoyer vos troupes au charbon, dans un mode qui vous fera penser à des jeux de stratégie (ou des wargames). Plaisant !

Techniquement nickel

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Lorsque j’ai installé le jeu, je craignais que mon PC ne suive pas la cadence, puisqu’il ne s’agit clairement pas d’un ordi de gamer, mais d’un PC configuré principalement pour des travaux de « bureautique »… Et ça passe ! Power & Revolution passe même très bien, ne souffrant d’aucun ralentissement. A peine quelques temps de chargement longuets…

Sans forcément être mémorables, les musiques sont efficaces et agréables, et collent bien à la situation du moment. Même remarque pour les textes « lus » : si les acteurs manquent parfois de naturel, ils sont très efficaces dans l’ensemble et contribuent à vous immerger encore plus dans le costard de président de la République.

In game, si l’interface est globalement très agréable, vos actions seront parfois un peu embrouillées, la faute à des tableaux pas toujours très clairs. Mais malgré ces petits soucis de lisibilité, le jeu reste assez simple à prendre en main. Il faut juste penser à regarder un peu partout ^^

Pendant mes différentes parties, j’ai également pu relever quelques bugs. Notamment sur les stats de popularité, qui font parfois n’importe quoi, ou dans le tableau consacré aux budgets. Je pense en particulier à une partie plantée alors que je consultais simplement le tableau financier de mon pays, avec pour seule solution que de rebooter le jeu. Je ne peux cependant pas affirmer à 100% que le problème venait du logiciel, ou de mon PC.

Au final

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Voilà qui va calmer les ardeurs de ceux qui pensent que le jeu vidéo rend idiot ! A la fois fun et ludique, Power & Revolution est de ces titres qui mériteraient d’entrer dans les salles de classes d’histoire-géo !

Je craignais d’avoir affaire à un simulateur trop pointu pour être fun à jouer, et je me suis trompé ! Je dois bien avouer que P&R m’a permis de retrouver le plaisir ressenti lors de mes premières parties de Sim City ! Le titre est accrocheur, et typiquement de ces jeux qui vous accrochent pendant des heures, sans que vous ne vous en rendiez compte. La partie se poursuit même parfois l’ordi éteint, devant les infos internationales au JT ^^

Malgré quelques petits bugs, le titre se joue avec une fluidité bien plaisante. Et concernant les quelques incohérences scénaristiques, on pardonne à l’éditeur, qui nous avait prévenu que nous ne sommes pas ici dans un copier-coller de la réalité, mais bien dans un jeu, avec sa part d’aléatoire et de calculs…

Nous avons ici une nouvelle référence de la simulation qui, contrairement à un terme « géo-politique » qui pourrait effrayer certains joueurs, est accessible à tous. P&R, c’est un peu « la géo-politique pour les nuls » : quelques parties suffiront à vous faire regarder différemment les actualités… A essayer de toute urgence si vous aimez le genre !


Verdict

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Avec Power & Revolution, Eversim signe un simulateur à la fois passionnant et très complet. Ludique et intelligent, à essayer de toute urgence si vous aimez le genre !

16/20

Les + :

  • Un nombre incalculable de possibilités et d’aspects à gérer
  • Interface agréable
  • Jeu dynamique
  • Bande-son très sympa
  • ça passe même si vous n’avez pas un PC de compet’
  • Très réaliste dans l’ensemble
  • L’humour
  • Les guerres civiles et les possibilités d’ingérence
  • Les émeutes peuvent elles aussi être impopulaires

Les – :

  • Quelques bugs
  • Le jeu est vite punitif sur votre façon de gérer les budgets
  • Les émeutes par ville… On perd vite le fil
  • Les émeutes (encore elles) qui peuvent très vite virer au cauchemar
  • Quelques incohérences (envoyer l’Armée pour des problèmes gérables par la Police)

Power & Revolution (Geopolitical Simulator 4), par Eversim, sur PC.

Testé sur une version dématérialisée fournie par l’éditeur.

Site officiel

 

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% s Commentaires

  1. Patrick dit

    Oh mon dieu quel honte Monsieur ISATIS !!!!!!

    Ce test ne colle pas du tout avec la réalité !!!!

    Aucun testeur honnête ne pourrait mettre plus de 9/20 à ce jeu !!

  2. Isatis dit

    Donc, pour être un testeur honnête, il faut que je flingue ce jeu, même si je l’ai apprécié, juste parce qu’il a ses détracteurs ?
    Pourquoi « honte » ? Pour faire un bon jeu, il ne faut pas uniquement des cinématiques de folie et des graphismes hallucinants. On est ici dans un simulateur, de géopolitique… Certes, c’est pointu (on n’est pas dans MySims), mais perso, j’ai trouvé que le jeu fait son taff, et plutôt bien.
    Après… On aime ou pas le genre, et je comprends que quelqu’un qui ne jure que par les FPS mettra un 2/20 à ce type de jeux… Tous les goûts sont dans la nature, comme on dit…

  3. Jjohan dit

    Ce jeu est super bien !:-) rien a dire d autre

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