Dark Souls III : l’enfer et la maestria main dans la main !

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« Monstrueux » ! Je pense que c’est le qualificatif idéal pour qualifier la dernière production de From Software ! Pour sa beauté, son histoire, mais aussi pour son niveau de difficulté, Dark Souls III est vraiment un jeu « monstrueux » !

De retour à Lothric

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Dark Souls, c’est un peu l’étendard du studio japonais From Software. Initiée en 2011, la série n’aura pas tardé à devenir culte ! Portée par le génial Hidetaka Miyazaki, elle aura cependant dû faire sans lui pour le second épisode (sorti en 2014), le monsieur étant occupé sur Bloodborne, une exclusivité commandée par Sony pour sa PS4. Mais l’ami Hidetaka est de retour pour ce troisième (et dernier) volet, qui pousse la franchise encore plus haut.

Premier gros point positif : il n’est pas nécessaire d’avoir bouclé les volets précédents pour apprécier DS3 à sa juste mesure. Le scénario de ce nouvel épisode est suffisamment complet pour proposer une lecture limpide au joueur qui découvrirait ici la licence. Pour le fan en revanche, les références et les clins d’oeil (lieux ou personnages) sont assez nombreux pour titiller la fibre nostalgique : il débarque en terrain connu !

Tout débute par un écran de création de personnage, très complet, qui vous fera penser à celui de Bloodborne. Mais il faut reconnaître qu’ici, il ne sert pas à grand chose (sauf si cela vous rassure de jouer un perso que vous avez créé vous même ^^), car durant le jeu, vous ne verrez pas votre création, enfermée dans une solide armure intégrale.

Le titre vous plonge dans la douce contrée de Lothric, dans un Âge du Feu sur la fin. La flamme se meurt, et les rois désertent leurs trônes. Le mal s’apprête à prendre le contrôle du monde, une nouvelle ère est en marche.  Vous êtes un Morteflamme (un être légendaire qui se nourrit des âmes des créatures qu’il a vaincu), qui s’éveille pour tenter de sauver le monde et de remettre les souverains déserteurs à leur place, afin de « raviver la flamme ».

De l’art à tous les étages !

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Les précédents épisodes nous y avaient habitué, mais c’est ici encore plus fort : le jeu vous fait traverser des panoramas absolument sublimes et gigantesques. Très vite, vous aurez l’impression que chaque plan est un artwork !

La profondeur de champs offre une lisibilité extraordinaire, et les développeurs en jouent : des points de repère (comme le « Haut Mur » du début de l’aventure) sont visibles pendant une grande partie de votre progression, vous offrant de bons repères géographiques. Très utile car les maps étant assez grandes, et les niveaux ayant peu d’interconnexions entre eux (moins nombreuses que dans le premier par exemple), vous allez vite vous « perdre » si vous ne vous fiez pas à ces repères, et ce malgré la présence de ce qui constitue un hub central. Cette réorganisation des interconnexions donne l’impression que le voyage est plus long, que le monde est encore plus grand qu’il ne le semblait au premier abord.

Pas de doute : avec le temps, le studio se surpasse, et sait créer des environnements. Ils ne sont pas juste beaux, ils sont aussi construits avec intelligence. Le fan retrouvera même des idées déjà testées dans les volets précédents (les catacombes me rappellent quelque chose). Fort heureusement, vous ne vous contenterez pas d’admirer ces panoramas, le jeu proposant aussi une forte plus-value « exploration » aux plus curieux d’entre vous.

Et s’il n’y avait que le level-design ! Le chara-design relève lui aussi du génie, avec des personnages de toute beauté. Les concepteurs ont débordé de créativité pour nous proposer des ennemis parfois un peu crados quand même, mais toujours avec style (c’est moi ou les pèlerins que l’on voit au début du jeu sont inspirés par Dark Crystal ?). Et que dire des boss, qui font dans la démesure ! Gigantesques, ils fascinent autant qu’ils effraient…

En toute objectivité (si si !), le level-design comme le chara-design de Dark Souls III fait figure de référence, et le fera pendant des années, dans le jeu vidéo !

Et je ne vous ai pas encore parlé de la bande-son ! Oh mon dieu, quelle bande-originale, fidèle à chaque situation, à chaque crise traversée… Elle ne vous accompagne pas, elle vous emporte ! La bande-originale est signée Yuka Kitamura (Dark Souls II, Bloodborne) et Motoi Sakuraba, un génie à qui l’on doit de fabuleuses OST telles que El Viento, Tales of Symphonia, Baten Kaitos, Golden Sun, Valkyrie Profile, ou prochainement Star Ocean 5… Bref, vous l’aurez compris : l’OST à elle seule fait office d’oeuvre d’art.

Un gameplay plus dynamique

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L’une des grosses améliorations de la série est indéniablement le gameplay ! On sent que Bloodborne est passé par là, et l’on retrouvera son système de combats plus dynamiques, plus nerveux… J’avoue avoir été un peu rebuté, à l’époque de Dark Souls II, par la lourdeur du personnage principal, qui nous donnait parfois l’impression d’incarner une « cible trop facile » pour les adversaires.

Ce n’est plus le cas, et si certains adversaires vous donnent du fil à retordre, le joueur a, plus que jamais dans la série, l’impression de vraiment pouvoir faire ce qu’il veut, quand il le veut. Vous devrez apprendre à gérer les attaques, mais aussi les esquives, la défense à l’aide de votre bouclier, ou encore les « braises » qui vous passent en mode « enflammé »… Croyez-moi, vous aurez pas mal d’actions à assimiler si vous voulez survivre.

Vous devrez aussi apprendre à gérer votre inventaire, notamment vos potions, dont la bonne gestion est capitale. Mais l’inventaire concerne aussi votre équipement, et vous offre au bout de plusieurs heures de jeu, une grande variété d’armes ou d’armures (au passage, le forgeron ne modifie plus que vos armes)…

Le gameplay est plus nerveux, mais cela ne veut pas dire qu’il soit plus facile pour autant : c’est en quelque sorte la marque de fabrique de « Dark Souls », si vous voulez progresser, cela ne se fera pas par une quelconque opération du Saint-Esprit, en appuyant sur la touche d’action !

Dark Souls III est un jeu technique, vous l’aurez compris, et tout réside dans le timing ! Vos attaques devront être calculées, placées au bon moment, ni trop tôt, ni trop tard ! Pour vous en sortir, une seule solution : observer, et apprendre comment réagissent vos ennemis pour comprendre quand les attaquer. Observez leur attitude, trouvez les failles… (On appréciera au passage de pouvoir s’équiper d’une arme dans chaque main).

Tout comme les boss qui demandent parfois des attaques ou des techniques bien particulières, encore une fois à placer dans un timing parfait. D’autant que certains vous imposent des combats en deux temps (cf BloodBorne) : à mi-combat, le boss change de forme, de technique (et parfois se régénère), vous imposant de revoir votre stratégie.

Les développeurs n’ont pas seulement amélioré le gameplay, et l’IA a, elle aussi, subi un sérieux lifting. Ne comptez pas trouver avec Dark Souls III un jeu dans lequel des ennemis complètement abrutis vous tombent dessus n’importe comment… Ici, ils sont capable d’anticiper vos attaques, de les contrer par des coups de boucliers, de changer de stratégie si vous utilisez toujours les mêmes coups… Les concepteurs nous offrent ici une bonne IA dont beaucoup de titres devraient s’inspirer. C’est une bonne chose, mais cela nous offre aussi une bonne transition vers un point que nous allons aborder plus bas : la difficulté !

La mort vous va si bien

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Quand vient le moment d’aborder la question des défauts du jeu, j’avoue chercher un peu… Et pourtant…

Tout d’abord, sur le plan de la technique, on regrettera de voir par moments quelques ralentissements, pendant les phases de jeu. Rien de bien méchant, mais ils sont là. Et il faut bien avouer qu’ils font un peu tâche quand le soft nous avait jusqu’alors épaté par sa technique fantastique.

Après les ralentissements in-game viennent… Les « loadings » ! Si on ne leur prête guère attention en début de partie, ils monopolisent vite votre attention : les temps de chargement s’avèrent, au final, longs, et vous les remarquerez d’autant plus que vous y serez confrontés très souvent, la scène que vous verrez le plus étant celle qui vous indique (au cas où vous ne l’auriez pas compris), que vous êtes mort !

Ce qui nous amène au « défaut » suivant (bien que je puisse avoir un peu de mal à qualifier cet aspect de défaut) : la difficulté ! La série Dark Souls est connue pour être difficile, ce n’est donc pas une surprise ! Mais vous allez ici voir la mort tellement souvent que les joueurs non-aguerris, jusqu’alors scotchés par la beauté du jeu, risquent de décrocher très rapidement. Si vous ne supportez pas les jeux difficiles, passez votre chemin.

J’écrivais plus haut que j’ai du mal à classer cet aspect dans les défauts car on reproche trop souvent aux jeux vidéo actuels d’être trop faciles. Ici, il y a du challenge, les développeurs aimant répéter que « dans Dark Souls, votre plus grand ennemi, c’est vous même ». Plus qu’un leitmotiv, une véritable leçon de vie : tu te plantes ? Et bien, tu te relèves et tu recommences ! Et au bout du compte, on apprend à analyser, à observer, pour repérer la technique qui permettra de solder ses comptes face aux boss.

Le titre de From Software demande du doigté. Il n’empêche qu’il offre les punitions à tour de bras, mais tout en étant juste : s’il vous saque plus souvent qu’on ne le souhaite, il sait aussi procurer une grande satisfaction lorsque l’on trouve le moyen de surmonter l’épreuve… Il punit, mais sait aussi récompenser à sa manière !

Mais je persiste ! Pour un joueur qui baisse les bras à la première difficulté venue, Dark Souls III sera une galère sans nom ! Ne nous méprenons pas : je ne dis pas ici qu’il faut être un génie du jeu vidéo pour apprécier DSIII, je dis simplement qu’il faut être persévérant !

Au final

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Pour tout vous dire, j’aurais vraiment aimé vous présenter ce test plus tôt, afin de coller au maximum à la date de sortie du jeu. Oui mais voilà : je pense qu’il aurait été malhonnête de vous présenter un test après seulement deux heures de jeu. Habituellement, je termine les jeux plus vite, mais Dark Souls III est un titre avec un vrai niveau de difficulté ! Et en même temps, il a ce petit truc bien à lui qui fait qu’une fois dedans, on ne le lâche plus ! Certes, je ne l’ai pas encore terminé (ça viendra), mais je me suis imposé d’avancer suffisamment loin dans le jeu avant de revenir vous en parler !

Oui, je suis vraiment emballé ! Pour ne pas dire plus ! Mais Dark Souls est de ces titres qui vous font relativiser. Certes, des hits, il y en a quelques uns d’annoncés ces prochaines semaines, mais aujourd’hui ils me semblent bien fades. Quand je pense que Dark Souls III n’était pas le jeu que je souhaitais tester en priorité ! Quelle erreur !

En guise de baroud d’honneur, Dark Souls III nous offre ici une vertigineuse plongée dans une apocalypse qui se savoure. Le joueur est partagé entre le dégoût suscité par des boss très réussis, et la beauté artistique d’un univers qui s’est bonifié avec le temps. On surkiffe ce qui est sans doute le meilleur épisode de la série, et LE jeu à posséder absolument !


Verdict

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Que dire ? Nous avons là une sublime conclusion pour la série, et sans doute le meilleur jeu du moment ! Un titre incroyable !

19/20

Les + :

  • Un level-design tout simplement hallucinant
  • Une fantastique conclusion pour la série
  • Le système de combats bien pêchu, les « combat arts »
  • Pas besoin d’avoir fait les volets précédents pour rentrer le jeu
  • Des boss de folie !
  • Son ambiance et sa dimension épique
  • L’OST… Oh my god, cette OST !
  • Durée de vie colossale et bonne rejouabilité
  • Du online qui tourne plutôt bien
  • Un inventaire copieux, de très nombreuses armes

Les – :

  • La difficulté du jeu va en rebuter plus d’un
  • Des loadings parfois un peu longs
  • Quelques chutes de framerate
  • Les ennemis vaincus qui reviennent à la vie si vous faites une pause au feu de camps
  • Peut-être un poil trop linéaire
  • C’est le dernier épisode

Dark Souls III, par From Software pour Bandai-Namco, sur PS4, Xbox One et PC. Pegi : 18.

Testé sur une version dématérialisée fournie par l’éditeur.

Site officiel

 

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