1996 : Tomb Raider (PlayStation/Saturn/PC)

0 433

Nous sommes le 25 novembre 1996 ! Core Design et Eidos sortent en Europe un jeu d’aventure qui va non seulement connaître un succès sans précédent, mais qui va planter les bases de l’un des personnages les plus emblématiques de la famille « Jeux vidéo »… Une certaine Lara Croft fait ses premiers pas sur PlayStation et Saturn. Elle ne sait pas qu’elle sera encore une star planétaire en 2015 !

L’héritage d’Indiana Jones

sphinx

Les temples anciens, les archéologues aventuriers confrontés à des pics qui surgissent des murs, à des gouffres infranchissables ou à des courses poursuites avec d’énormes boules de pierre… Voilà le fond de commerce des jeux d’aventure/exploration, qui reviennent au devant de la scène cette semaine avec ‘Uncharted 4. Mais n’oublions pas que Nathan Drake marche dans les pas d’une femme, une certaine Lara Croft, qui dépoussière les tombeaux depuis maintenant 20 ans !

Le genre « aventure » a connu ses heures de gloire au cinéma, avec le Indiana Jones de George Lucas, apparu sur les écrans en 1981 avec Les Aventuriers de l’Arche Perdue. Un genre populaire qui, forcément, ne va pas tarder à faire des émules sur consoles !

Dans le jeu vidéo, parmi les plus grands aventuriers, on pensera indéniablement à Rick Dangerous, Pitfall Harry, Montana Smith (Temple Run), ou plus récemment donc Nathan Drake (Uncharted)… « Que des mecs » me direz-vous… Et bien non, il existe bien une femme aventurière !

Et cette femme est une jeune exploratrice anglaise, issue d’une famille aisée : Lara Croft ! Et puisque je parlais à l’instant d’Indiana Jones, vous souvenez-vous des clins d’oeil apparaissant dans le premier Tomb Raider ? Je pense en particulier à la fameuse scène de la « boule« , que l’on retrouve dans le jeu, ou encore à l’Arche d’Alliance, qui apparaît dans le manoir Croft ! (item qui disparaîtra dans les volets suivants, Eidos craignant le procès).

Un peu de féminité dans un monde de brutes

lara1

Lorsque Core Design commence à penser à son prochain jeu en 3D, le créateur Toby Gard envisage de rendre jouable un homme, armé d’un fouet et portant un chapeau… Ca ne vous rappelle rien ? Oui, au studio aussi ! Et c’est donc pour éviter le procès avec George Lucas que le studio décide de changer le sexe de son personnage principal. Ce sera une femme !

Une femme aventurière ? Si la BD a son Adèle Blansec, le jeu vidéo aura Laura Cruz, une intrépide aventurière originaire d’Amérique du Sud. Oui mais voilà : l’idée ne convient pas à l’éditeur Eidos (qui donne les sous, donc qui commande), qui souhaite une aventurière plus proche de son public anglais.

On change la nationalité, mais aussi le nom… Un p’tit coup d’oeil dans l’annuaire pour trouver l’inspiration, et Laura Cruz devient Lara Croft, jeune aristocrate anglaise, orpheline, résidant dans la somptueuse demeure de ses parents (le manoir est inspiré des locaux de Derby Studios, où a été développé le jeu… Lara est symboliquement à la maison, donc).

Je me souviens qu’à l’époque, une légende expliquait que les développeurs avaient gonflé la poitrine de Lara pour déconner, et que le résultat les avait tant séduit qu’ils avaient gardé l’idée ! Ce n’est pas tout à fait exact !

En réalité, même si à cette époque les graphismes ont fait un bond en avant, les développeurs doivent afficher le moins de polygones possibles (c’est aussi la raison pour laquelle, dans ce premier opus, Lara n’a pas de queue de cheval, mais un élastique dans les cheveux). Mais ils doivent pourtant marquer ses traits physiques, pour que le joueur comprenne qu’il dirige une femme. Et la version officielle dit que Toby Gard (encore lui) a commis une erreur, en grossissant la poitrine de Lara non pas de 50%, mais de 150%. Et le résultat a été gardé…

On ne peut pas, en effet, accuser Toby Gard d’avoir voulu faire de l’humour grivois sur Lara Croft : il est profondément attaché au caractère intrépide, bien trempé de Lara, à des années lumières de la bimbo. Au point que, quand la notoriété de Lara la fera apparaître dans des pubs ou des magazines, presque dénudée, il le vivra mal et quittera le studio…

Plein les fouilles

Tomb Raider, 1996, Jeremy H. Smith, executive producer; Toby Gard, Heather Gibson, Neal Boyd, graphic artists; Jason Gosling, Paul Douglas, Gavin Rummery, programmers, SEGA Saturn, © 1996 SQUARE ENIX CO., LTD. All Rights Reserved

Alors que les jeux vidéo de l’époque nous entraînent dans des plate-formes on-ne-peut plus classiques, l’équipe de Core Design réinvente totalement le genre aventure. Elle dispose pour cela d’un précieux et tout nouveau joujou, offert par les machines de l’époque, que l’on appelle la « 3D ».

Dès lors, l’exploration va prendre toute sa mesure, et offrir au joueur une sensation de liberté qu’il n’a jamais connue auparavant. Lorsque Lara explore un tombeau, elle peut en visiter chaque recoin, et il n’est pas rare que le joueur ne débusque des passages secrets ou des salles cachées. Les développeurs nous donnent un point de départ et un point d’arrivée. Entre les deux, il existe une infinité de chemins possibles !

Tomb Raider surprend les joueurs de l’époque par la palette hallucinante de mouvements proposés : Lara court, saute, grimpe, tire (plusieurs armes disponibles), fait des piroulettes, des roulades, sait nager… Du jamais vu jusqu’alors !

Déjà dans ce premier épisode, les développeurs nous faisaient voyager aux quatre coins du globe : afin de retrouver un artefact, le Scion des Atlantes, Lara va devoir faire des acrobaties dans l’immense cité Inca de Vilcabamba au Pérou, au monastère Saint-Francis en Grèce, ou dans la cité troglodyte de Kharmoon en Egypte. Quasiment tous les niveaux se déroulent sous terre : claustros s’abstenir ^^

Marque de fabrique de la série, le joueur doit trouver et déclencher des mécanismes pour pouvoir progresser dans le niveau. Ce qui l’oblige parfois à de nombreux aller et retours, à escalader des piliers sur plusieurs dizaines de mètres de hauteur…

La vue est à la troisième personne, et outre la recherche des mécanismes de portes, le gameplay consiste essentiellement à la fouille des niveaux, afin de débusquer des munitions, des artefacts ou des potions de vie. Et comme la vie n’est pas un long fleuve tranquille, Lara doit aussi composer avec la faune locale : ours, loups, panthères, mais aussi dinosaures (et oui, avez vous trouvé et vaincu le T-Rex ?) ou autres créatures mutantes… Sans parler des humains, à la solde de Natla, qui ne sont pas là pour taper la causette…

Nathan McCree à la musique

PSOGL2_005

La bande originale du jeu est composée par Nathan McCree, un habitué des musiques de jeux vidéo qui libère ici tout son talent. Et le résultat est à la hauteur du jeu : la musique (et l’ambiance sonore) contribue grandement à vous plonger dans l’ambiance ! Echos, choeurs, instruments d’époque…

La musique est véritablement imprégnée par la majesté des lieux, ou par le climat angoissant qui se dégage de ces temples précolombiens… Je l’avoue sans complexe : la BO de Tomb Raider m’a véritablement fait rêver (et certains thèmes le font encore aujourd’hui).

Du thème principal (qui demeure encore connu aujourd’hui par quasiment tous les gamers) jusqu’aux thèmes d’ambiance qui vous mettent la pression pendant le jeu, Nathan McCree signe l’une des bandes originales les plus réussies de l’époque. Un compositeur que l’on aimerait vraiment entendre plus souvent !

Lara, égérie d’une génération

Quand je parlais un peu plus haut de la notoriété que Lara va acquérir, elle est pour l’époque sans commune mesure avec ce que l’on a pu voir avec d’autres personnages de jeux vidéo.

Lara Croft devient par exemple la petite protégée de Bono, le chanteur de U2, et on la verra projetée sur écran géant lors de concerts du groupe.

Lara fera également la belle, à cette époque, dans une campagne de pub TV pour la marque Seat, l’héroïne trouvant à chaque fois le modèle lui permettant de faire face aux situations périlleuses…

Pour aller plus loin…

greece2

Il serait très long de développer ici toute la série, qu’il s’agisse des autres épisodes ou encore de l’excellentissime reboot, sobrement intitulé Tomb Raider, sorti sur consoles de 7e génération (lire aussi notre test).

Mais si l’envie vous prend de vous essayer à cette fantastique aventure, sachez que ce premier volet (sur PS1 donc) se trouve assez facilement en occasion dans les boutiques qui font du rétro. Et si vous ne trouvez pas, le jeu se trouve également sur le PSN.

Si vous possédez toujours votre Wii ou PS2, vous pouvez aussi vous procurer Tomb Raider Anniversary (Crystal Dynamics), sorti en 2007 pour les dix ans de la série. Il revisite, avec des graphismes considérablement rehaussés, ce jeu mythique que nous vous conseillons de faire au moins une fois dans votre vie 😉

vous pourriez aussi aimer More from author

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.