Bravely Second – End Layer

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Plus de deux ans après Bravely Default, Square-Enix et Silicon Studios reviennent en ce début d’année avec Bravely Second : End Layer, un nouveau J-RPG qui se veut plus beau, plus long… Bref, qui va plus loin ! Ce que nous allons vérifier de ce pas !

De la suite dans les idées

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J’en vois deux, là bas, qui se demandent si ce nouveau RPG a un lien avec Bravely Default, sans doute à cause du mot « Bravely » dans les deux titres… Un peu facile comme déduction, non ? Et bien, la réponse est… Oui !!

Bravely Second est en effet la suite directe de Bravely Default ! L’histoire se déroule deux ans et demi après les événements du premier volet… Tiens, d’ailleurs, c’est étrange : c’est justement la durée qui sépare les deux titres de Silicon Studios !

Le jeu commence donc en nous rappelant les événements du précédent épisode. Attention, donc, si vous comptiez faire le premier volet : le prologue du soft risque de pas mal vous spoiler, puisqu’il reprend dans les grandes lignes cette interminable fin du premier volet ! C’est plutôt pas mal si vous aviez oublié, plutôt pénible si vous n’avez pas fini le premier !

Au fil de votre (looongue) aventure, vous traverserez par conséquent beaucoup de lieux que vous connaissez déjà. Mais l’éditeur rajoute ici de nouvelles cités, vraiment de toute beauté, avec parfois des architectures complètement démesurées, afin d’assurer du dépaysement à ceux qui connaissent Bravely Default par coeur !

A noter également qu’une démo du jeu est disponible sur le Nintendo eShop. Et pour une fois, nous vous recommandons vivement de faire cette démo : elle vous tiendra une bonne vingtaine d’heures (si si) avec pas mal d’objets à débloquer pour l’aventure principale. Non seulement, elle sert à quelque chose, mais je pense que de nombreux éditeurs devraient en prendre de la graine !

Les bons, la brute et le truand

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Vous voici donc de retour à Luxendarc, magnifiée par une direction artistique aux petits oignons. C’est joli, coloré, les maps sont relativement grandes… Voilà qui débute bien ! On appréciera également de voir que, si les doublages Anglais sont parfaitement audibles, les textes sont traduits en Français.

Première scène jouable : vous êtes aux commandes d’un trio composé de Yew Généolgia, Janne Angard et Nikolai Nikolanikov, tous les trois au service de la prêtresse du Vent, Agnès Oblige.

Ce premier combat vous oppose à Kaiser Oblivion (et son éminence grise, la Fée Anne), une brute surpuissante qui vous balaye avec une facilité déconcertante. Game over ? Non, pas encore. Avant de se faire capturer, Agnès a le temps de vous renvoyer jusqu’à la Forteresse Céleste. Votre héros, convalescent, se réveille dans la cité de Gathelatio (siège de l’orthodoxie cristalline), avec pour premier objectif de réunir ses compagnons, pour repartir au charbon !

En cours de route, Yew rencontrera Edea et Tiz, deux protagonistes dont les noms doivent vous parler si vous avez terminé le premier volet 😉

Même gameplay, en mieux

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Au niveau du gameplay, on reprend les mêmes et on recommence ! A savoir que le jeu propose du tour par tour, avec un système de « jobs » qui fait que vos persos auront des compétences variant en fonction de leur classe ou de leur job… A vous d’essayer et leur attribuer ces classes, afin de trouver la bonne combinaison.

Pour ces classes, certaines sont excellentes, d’autres virent au WTF le plus total ! Vous débutez comme free-lance, et pourrez ensuite faire évoluer vos personnages en sorcier, exorciste, gardien, escrimeur, aurige, valkyrie, chronomage (magicien qui controle le temps), mage rouge, blanc ou noir, pirate, invocateur, ninja… Mais aussi artiste (chante et danse pour booster l’équipe), félinomancien (expert en félins), pâtissier (attaque avec des desserts empoisonnés), marchand (attaque avec des techniques basées sur l’argent)… J’ai envie de dire : LOL !

D’ailleurs, on apprécie une option très intéressante qui vous permet de sauvegarder différentes configurations de classes. Pas besoin de tout recommencer à chaque fois, vous n’aurez qu’à choisir le bon profil dans votre menu « favoris ». De manière générale, le système de combats a été simplifié, et vous propose quasiment du sur-mesure, un mode personnalisé et personnalisable vraiment très bien vu.

Petite variante par rapport aux RPG classiques, vous disposez ici, dans la fenêtre des actions, de deux capacités spéciales fort intéressantes et non négligeables : « Default » vous permet de vous mettre en garde pour stocker des points d’attaques spéciales PB (Points Brave), et « Brave » vous permet de déclencher une technique puissante puisant dans ces mêmes PB. Notez que vous pouvez emmagasiner plus de points en cumulant plusieurs tours de « default« . Et quand vous n’aurez plus de PB, il sera plus difficile de résister aux ennemis, alors, à vous de trouver le bon équilibre entre ces deux techniques.

Autre aptitude très intéressante, le « bravely second« , qui n’est pas que le titre du jeu, mais aussi une technique qui vous permet de contrôler le temps. Cette capacité vous permet de suspendre le temps, et les tours, pour lancer des techniques spéciales dévastatrices (ou pour vous soigner si besoin). Mais cette technique vous coûte en SP, un autre type de points que vous accumulez pendant le jeu, ou en mettant la console en mode veille. Vous pouvez aussi passer par l’eShop pour acheter des boissons SP : les micro-transactions sont aussi de la partie ! Attention : quand vous n’avez plus de points, plus possible de jouer avec le temps 😉

Enfin, dernière fonction très intéressante, le « bring it on » se déclenche lorsque vous battez un ennemi du premier coup, en un seul tour ! Le jeu vous propose alors de battre une version plus forte de ce même ennemi. Et si vous le battez à nouveau, vous pouvez affronter une version encore plus puissante de ce même ennemi, et ainsi de suite (vous pouvez cependant arrêter le match quand vous le souhaitez). Plus vous affrontez d’ennemis dans ce mode, plus le nombre d’XP est conséquent… Mais si vous perdez, vous perdez aussi tous les points accumulés…

Vous l’aurez compris, si l’éditeur aurait pu reprendre à la ligne près le gameplay de l’opus précédent, il l’agrémente au passage de quelques nouveautés fort agréables, qui viennent enrichir le jeu !

Second degré assumé

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Nous l’aurons découvert au fil de notre partie, et vous l’aurez compris, les développeurs semblent user et abuser du second degré. Et lorsque l’on vous dit que le jeu semble être un « Bravely Default réchauffé », cette remarque est loin d’être péjorative ! Les développeurs l’assument, en jouent même, créant un lien d’autant plus fort avec le joueur.

Les similitudes avec Bravely Default sont, par exemple, fréquemment tournées en dérision, et le joueur aura vite l’impression qu’entre deux scènes capitales, les programmeurs se lâchent dans une simili-parodie des J-RPG, se moquant avec légèreté de mécaniques vues et revues.

Le second degré est très présent dans les dialogues, dans des situations parfois inattendues, ou dans des conversations volontairement dénuées d’intérêt avec des PNJ qui préfèrent vous parler de la pluie et du beau temps. En début de jeu, par exemple, l’épopée naissante de notre trio de choc en prend un coup lorsque nos héros doivent traverser une forêt, et que Yew se la joue « poltron » lorsqu’il doit franchir un pont : môsieur en a la phobie, et préfère donc s’enfoncer dans une forêt pleine de dangers mortels, plutôt que de traverser de pauvres planches de bois suspendues au dessus du vide.

Longueur artificielle ?

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Pour un maniaque qui souhaiterait terminer le jeu à 100%, le soft vous en donne pour votre argent ! Les quêtes sont très nombreuses, et assurent une durée de vie qui dépassera largement la centaine d’heures ! Waow, on n’avait pas vu cela depuis longtemps !

Mais relativisons : la plupart des quêtes annexes ne servent pas à grand chose, et semblent là uniquement pour vous faire tourner, et tourner encore sur la map, ou dans les labyrinthes. Un joueur qui souhaite uniquement voir la séquence de fin, pliant par conséquent le jeu en ligne droite sans s’arrêter sur ces missions alternatives, verra cette durée de vie considérablement raccourcie !

Cette « durée artificielle » du titre est renforcée par les dialogues, longs et parfois inutiles. Tandis que, dans certains jeux, tous les PNJ tournent en boucle sur le danger qui pèsent sur leur monde, ici, les habitants des villes vous vanteront les spécialités culinaires du coin, parleront météo…

Nous sommes sur une 3DS, et on peut donc en déduire que l’éditeur nous a prévu une petite option « streetpass » au passage… Celle-ci consiste à repeupler et reconstruire une base lunaire en ruines, grâce aux personnes que vous croiserez dans la rue. Leur avatar viendra vous rendre visite. Et plus votre base aura d’habitants, plus vous aurez de main d’oeuvre pour accomplir les multiples taches rapidement (avec des armes et objets rares à trouver).

Au final

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Très clairement, et vu que le premier volet a plutôt bien marché, Silicon nous ressert le même menu avec Bravely Second, en apportant quelques nouveaux ingrédients à sa recette. Et cela marche ! On se laisse prendre au jeu (c’est le cas de le dire), on a envie d’avancer pour découvrir cette nouvelle histoire, même si celle-ci semble parfois un peu trop classique.

Mais, fait assez étrange, on a l’impression que Silicon intègre en permanence du second degré dans son jeu : si le studio soigne particulièrement la forme avec des graphismes de toute beauté et un gameplay très agréable, le fond semble tourner quant à lui à l’autodérision lors de quelques séquences ou clins d’oeil, qui laissent penser que le studio nous sert, certes, du réchauffé… Mais qu’il l’assume et le fait proprement !

Avec tant de contenu, des graphismes aussi chouettes, du second degré franchement assumé et un système de combats tout simplement génial, Bravely Second est le J-RPG à faire sur 3DS en ce moment !


Verdict

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Malgré une grosse impression de réchauffé (assumée), Bravely Second parvient à nous surprendre : on s’accroche, on prend plaisir à revenir explorer Luxendarc… Le J-RPG revient en force sur 3DS !

15/20

Les + :

  • Le jeu est chouette graphiquement
  • Des persos SD tout mignons
  • Textes en Français
  • Pas mal de second degré
  • De nouveaux jobs, parfois délirants
  • Le système de combats encore meilleur que dans le volet précédent
  • Durée de vie XXXL

Les – :

  • Beaucoup, voire énormément de parlotte
  • Scénario pas toujours inspiré
  • Trop de recyclage
  • Bande-son en dessous de celle du premier volet

Bravely Second : End Layer, par Silicon Studios pour Square-Enix, sur consoles de la famille 3DS. Pegi : 7.

Test réalisé sur une version commerciale fournie par l’éditeur.

Site officiel

 

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