Resident Evil Origins Collection

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Vous vous posez de nombreuses questions sur les origines de Resident Evil. Oui mais voilà : pour répondre à vos interrogations, il faudrait vous replonger dans les premiers épisodes de la série. Et ça tombe bien, puisque c’est ce que nous propose Capcom avec Resident Evil Origins Collection… Allumez une veilleuse et sortez des sous-vêtements de rechange, il y a de la trouille dans l’air !

Quatre générations d’horreur

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S’il est une série « survival-horror » qui a véritablement marqué le jeu vidéo, c’est bien Resident Evil (« Biohazard » en japonais, le nom a été changé aux USA et en Europe pour une simple question de droits, un groupe de rock US ayant déjà déposé le nom « Biohazard »).

Resident Evil est le fruit du travail de Tokuro Fujiwara, Shinji Mikami et Hideki Kamiya, qui décident de développer un jeu d’horreur au moment où la PlayStation, première du nom, commence à connaître son petit succès. Et aux polygones de l’époque, qui nous semblent, avec le recul, un peu crados aujourd’hui, Capcom préfère des décors fixes et photo-réalistes. Le jeu commence à passionner avant même sa sortie, en 1996 (il sortira aussi sur Saturn).

Dès le premier épisode, Resident Evil va planter le décor et instaurer des standards qui vont constituer une véritable mythologie : les zombies, la société Umbrella, les agents STARS, l’inventaire vite saturé et son briquet qui ne sert pas à grand chose, la ville de Racoon City, les machines à écrire pour sauvegarder ou encore les plantes pour regagner de la santé…

A l’exception des derniers épisodes plus exotiques, Resident Evil se déroule dans la ville américaine de Raccoon City. Il ne s’y passe pas grand chose, et la ville doit son salut économique à la société pharmaceutique Umbrella. Mais cette activité n’est en réalité qu’une couverture, et Umbrella développe en fait un virus ayant pour but de renforcer des organismes pour en faire des armes de guerre. Et le jour où un accident a lieu à Raccoon, c’est toute la ville qui est infectée, et transformée en monstres et en zombies…

Le premier épisode, en 1996, nous mettait dans la peau des STARS, des soldats d’élite envoyés pour enquêter sur cette pandémie (et accessoirement sauver leurs camarades perdus dans ce merdier magnifique cadre bucolique). L’aventure commençait alors que Jill Valentine et Chris Redfield se retrouvaient enfermés dans le manoir Umbrella, infesté de zombies…

Pour clarifier tout cela, en 2002, la GameCube nous offrait l’excellent Resident Evil 0, préquelle du premier épisode (lui aussi magnifiquement refait sur GameCube, soit dit au passage). Si autrefois le joueur pouvait choisir l’un des deux points de vue proposés, dans RE0 les deux protagonistes (Rebecca Chambers et Billy Coen) devaient coopérer.

Et c’est justement Resident Evil 0 et Resident Evil 1 que Capcom nous propose de redécouvrir, en HD, aujourd’hui avec ce Resident Evil Origins Collection, quatre générations plus tard.

C’est mon choix…

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Vous l’aurez compris, celle compilation vous propose de replonger dans le cauchemar de Raccoon City, en redécouvrant les deux titres qui ont planté les bases de la série.

Une fois le jeu installé et lancé, plusieurs choix s’offrent à vous. Le tout premier est, bien évidemment, le choix du titre auquel vous allez jouer. Mais, fait très intéressant, vous pouvez aussi choisir l’affichage : jouer en plein écran ou au format original.

Autre choix trèèès intéressant : celui de la jouabilité ! Vous pouvez opter pour la maniabilité d’origine, si vous êtes masochiste nostalgique, mais de par mon expérience, je me dois de vous rappeler qu’à l’époque, les zombies n’étaient pas notre pire cauchemar 😉 Heureusement, le jeu vous propose aussi l’alternative d’une jouabilité « moderne », et croyez-moi, c’est un (très) gros plus !

Un dernier choix vous sépare du début de l’aventure : êtes vous un pro du gaming, un bon joueur ou un véritable casual ? Rassurez-vous, Capcom ne va pas vous imposer un questionnaire de la Sécu, cette ultime question sert tout simplement à régler le niveau de difficulté, autrement dit à déterminer si vous allez jouer en Difficile, Normal ou Easy 😉

Trop tard pour faire marche-arrière

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Quel que soit le choix que vous venez de faire, il est désormais trop tard pour revenir en arrière ! Dans un vieux manoir ou dans un train, vous voilà engagé pour l’enfer ! Bien sûr, vous pourriez presser « start » pour quitter le jeu, mais pensez à vos amis, ou à votre copine, qui vous prendraient pour une « chochotte » si vous vous dégonfliez maintenant…

D’ailleurs, avant de commencer ma partie, je constate que, pour Resident Evil HD, Capcom a définitivement laissé tomber la séquence d’intro version PS1, avec de vrais acteurs, et surtout avec un coté kitsch que l’on ne voit que dans les films tout-pourris de Chuck Norris… Ici, comme dans le remake Gamecube de 2002, les persos en images de synthèse ont remplacé les stagiaires de l’école de comédie de la Carolco-Academy.

La séquence d’intro a accéléré votre rythme cardiaque. Une lourde porte se referme sur vous en grinçant ! Pour ma part, après quelques pas, je lève les bras au ciel en bénissant Capcom d’avoir pensé à nous proposer cette jouabilité améliorée ! Je me souviens de Resident Evil sur PS1, et de mon personnage qui, avant de faire le quart de tour que je lui commandais, butait contre une table, trois chandeliers, un mur et deux statues… Le remake GameCube, aussi sublime qu’il soit, reprenait hélas cette jouabilité catastrophique. Et aujourd’hui sur PS4, Jill semble réagir au doigt et à l’oeil… Oui j’avoue : j’ai toujours préféré Jill à Chris, je ne sais pas pourquoi… Son béret sans doute…

Comme vous l’avez deviné, j’ai donc choisi de commencer par le premier volet, celui que je connais presque par coeur…

Première rencontre avec un zombie, dérangé en pleine collation… De retour dans le hall, il me vient l’envie de griller un ruban encreur dans la machine à écrire la plus proche (le mode de sauvegarde, quoi !). Le jeu se déroule de manière assez classique pour un RE : vous devez explorer un gigantesque manoir qui doit coûter une blinde en taxes foncières à son proprio, et dans les nombreuses pièces que vous devrez traverser, des zombies ou autres monstres encore plus crades n’attendent que vos balles. Visez… Tirez… Et taillez la route !

Le premier Resident Evil garde ici ce qui fait son charme, à savoir une alternance entre des scènes d’exploration/action et de nombreuses énigmes à résoudre. Pas vraiment de quoi vous donner le mal de tête (les objets importants brillent comme des diamants en plein soleil), mais elles permettent de casser la routine…

Ambiance mortelle

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Si Resident Evil est top pour son ambiance, Resident Evil 0 est tout aussi intéressant. La première partie (dans le train), en tout cas ! Pour la seconde partie, le joueur sombre un peu plus dans le train-train, si j’ose dire ! Mais le jeu reste incontournable pour saisir les subtilités de la série. D’autant qu’à l’époque, il innovait avec le « partner-zapping », autrement dit le fait que le joueur doive gérer les deux héros à la fois (avec la possibilité de zapper à tout moment entre Billy et Rebecca).

Ce qui ne change pas dans cette compilation, c’est l’ambiance qui se dégage des environnements : que vous soyez dans le train ou dans le manoir, les salles sont exigües, recouvertes de crasse, de rouille et de moisissures. Une pensée pour les claustros !

Le choix de nous faire évoluer dans des plans fixes renforce encore plus ce sentiment d’oppression. Il vous arrivera souvent d’entendre le râle plein de vie et de joie de vos amis les zombies, sans les voir à l’écran, ceux-ci étant hors-champ.

Ce sentiment est renforcé par une excellente bande-son qui, bien que très discrète, accompagne subtilement les scènes angoissantes.

Le passage en full-HD sublime davantage le jeu. Les détails sont remarquables de finesse, les jeux de lumière fabuleux et les environnements sont criants de vérité. Dans un autre contexte, le joueur serait ébahi, mais ici, l’immersion n’en est que plus grande, les tableaux n’en sont que plus flippants.

Le seul reproche que l’on trouvera à faire aux graphismes concerne les cut-scenes, qui semblent parfois datées et réalisées à l’arrache.

Wesker au taquet !

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Parmi les nouveautés de cette compilation, le mode « Wesker » de RE0 réalise un vieux fantasme de fan, à savoir « incarner ce bon vieux Albert Wesker », celui par qui tout ce merdier arrive.

Et virus Ouroboros aidant, Wesker dispose de pouvoirs qui vont vous faire passer du statut de proie à celui de traqueur de monstres, pulvérisateur de zombies… « Shadow Dash » ou « regard qui tue façon Cyclope sans ses lunettes de soleil »… Oui, Wesker va vous sembler « sur-cheaté », oui vous allez vous prendre des plaintes de la Ligue de Défense des Zombies (LDZ) dans la tronche, mais qu’est ce que c’est bon !

Mais ce mode bonus se mérite, et pour le débloquer, vous devrez au préalable avoir terminé l’aventure principale de Resident Evil 0. Nan mais vous pensiez quoi ?

Quelques défauts…

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Pour aborder ce paragraphe sur les défauts du jeu, je vais devoir aller chercher dans les aspects techniques du CD. De manière globale, on regrettera par exemple de voir un jeu tourner en 30 fps… Avec une appellation HD, on aurait vraiment souhaité du 60 fps, le titre n’en aurait été qu’encore plus flippant.

J’ai du mal à comprendre les différents degrés d’attention qui ont été portés à cette version HD : pour moi, Resident Evil demeure un hit incontournable, sans doute l’un des meilleurs épisodes de la série. Pourtant, aussi joli que soit son portage haute-définition, il me semble en retrait par rapport au magnifique remake, limite irréprochable, réalisé sur Resident Evil 0, un jeu beaucoup plus classique et moins intéressant que son aîné… Sans doute parce que deux studios différents se sont chargés de ces remakes : K2 pour Resident Evil, et Tose pour Resident Evil 0 ?

Autre aspect négatif hélas repris des versions d’origine : la gestion de l’inventaire ! Ces nouvelles moutures reprennent hélas le concept de l’inventaire archi-limité (six emplacements pour RE0), qui fait que vous ne pourrez pas faire le plein de munitions car vous avez déjà un briquet et un pass sur vous… Certes, me direz-vous, cela fait partie du jeu, mais cette gestion risque de vous frustrer plus que d’éveiller le tacticien qui sommeille en vous.

Et c’est bien là un point négatif pour Resident Evil 0, dans lequel vous êtes privé des précieuses malles qui vous permettent de stocker ! Ici, vous devrez vous contenter de déposer votre surplus d’inventaire au sol, avec la nécessité de mémoriser où vous avez abandonné lesdits objets ou munitions…

Et puisque je parle de munitions, je pourrais aussi vous parler, dans RE0, de votre partenaire qui a une fâcheuse tendance à dilapider généreusement ses balles si vous ne lui avez pas ordonné d’être plus « économique ». Pensez-y car, dans le cas contraire, vous risquez de vous retrouver dans une situation bien embarrassante, lorsque vous devrez vous défaire de quelques ennemis retors avec seulement trois balles…

Au final

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J’ai beau connaître ces deux jeux, j’avoue que je me suis laissé surprendre : je pensais sincèrement être immunisé, sachant ce qui m’attendait au bout de tel couloir, en ouvrant telle porte… Portant, le jeu fait encore son petit effet, et lorsque la scène attendue se déroule, je sursaute malgré tout ! Voilà la preuve que Capcom a fait correctement son travail ; je n’ose imaginer l’effet sur le joueur qui découvre ces épisodes, plus « criants de vérité » que jamais !

Si vous êtes fan de la série, mais que vous aviez loupé ces deux premiers épisodes, il est plus qu’indispensable d’essayer cette compilation full HD. Les râleurs pourront reprocher à Capcom de faire du neuf avec du vieux, mais ce serait injuste tant le boulot réalisé sur cette galette est incroyable…

Graphiquement, le jeu est une tuerie, si j’ose dire ! Le seul regret est un certain déséquilibre entre les deux titres : Le portage est bien plus soigné sur Resident Evil 0, qui n’est pourtant pas le meilleur des deux titres.

Une compile à essayer de toute urgence, même si elle ne fait qu’accentuer l’envie pressante de s’essayer à un vrai Resident Evil 7 !  😉


Verdict

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Si le fond reste quasiment le même, la forme change du tout au tout et retrouve ici une nouvelle jeunesse. Un remake réussi, fait avec sérieux et avec une motivation plus intéressante que celle de rentabiliser les licences… Un véritable cadeau pour les fans !

17/20

Les + :

  • Une vraie refonte
  • Deux jeux cultes pour le prix d’un : le titre idéal pour (re)découvrir les origines de la saga
  • Le « partner zapping » une fois pris en main
  • Des bonus (pas mal de costumes alternatifs, le mode Wesker)
  • La mise en scène est toujours aussi efficace, même quand on connaît déjà le jeu
  • La bande-son
  • Très bonne rejouabilité
  • Choix de l’affichage (original ou large)

Les – :

  • L’inventaire (très) limité
  • Certaines cut-scenes font datées
  • Framerate à 30 fps… On aurait espéré du 60
  • Une fois le jeu lancé, pas possible de revenir à la page d’accueil… Etrange !
  • Durée de vie assez courte (entre 4 et 6 heures par jeu)

Resident Evil Origins Collection, par Capcom, sur PS4, Xbox One et PC. Pegi : 18.

Test réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur.

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