The Legend of Heroes : Trails of Cold Steel

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Qui a dit que la PS3 était morte ? Ce mois-ci avec The Legend of Heroes : Trails of Cold Steel, qui sort ce 29 janvier, elle nous démontre qu’elle en a encore sous le capot. Aux commandes, un éditeur qui nous aura décidément pas mal abreuvé en J-RPG, NIS America, et le développeur à qui l’on doit la saga « Ys », Falcom

Le J-RPG n’est pas mort !

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Franchement, je pense que, quelques années plus tôt, j’aurais vraiment aimé faire en boucle le catalogue de NIS America : à l’époque, j’avais du temps pour jouer aux RPG ! Ce genre est toujours mon préféré, mais y jouer me demande maintenant de faire pas mal de concessions… Ou de jouer (très) tard le soir !

NIS America donc, nous aura vraiment gâtés en termes de J-RPG ces derniers mois. Si la mode est plutôt à la Dark Fantasy en ce moment, j’avoue avoir « kiffé » la série des Atelier, Fairy Fencer F, les Etrian ou Disgaea… Le RPG japonais a décidément toujours sa place !

Ce mois-ci, alors que la PS3 cède nettement du terrain à la nouvelle génération, NIS America nous propose donc The Legend of Heroes : Trails of Cold Steel. Et en toute honnêteté, le peu que j’en ai vu me donne une soudaine envie de presser la touche start de ma PS3… Ce que je fais une fois le jeu installé !

C’est l’histoire d’étudiants…

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Tout d’abord avant de commencer ce test, je dois vous préciser que, si les graphismes du jeu peuvent sembler un peu datés, il faut bien comprendre que Nihon Falcom a sorti ce Trails of Cold Steel il y a maintenant trois ans au Japon (mais je vais y revenir plus bas). Il est le premier d’une trilogie (Trails in the Sky)…

L’empire d’Erebonia profite encore d’une révolution industrielle (et magique) qui a eu lieu il y a un demi-siècle. La technologie, tant sur le plan civil que militaire, a considérablement évolué avec la découverte des « orbes ». Néanmoins dans cet univers, il existe une fracture sociale entre les nobles et la classe dite « inférieure ».

C’est dans ce contexte que vous allez découvrir nos héros, un groupe d’étudiants. L’idée est très « tendance » dans les J-RPG en ce moment (vous penserez sans doute à Final Fantasy Type 0 ?) : le plus gros de l’intrigue va se dérouler sur les bancs de l’école militaire de Thors, entre cours et relations amicales (voire plus si affinités) entre les différents protagonistes.  Le background « militaro-politico-social » est vraiment très intéressant, mais hélas pas assez développé à mon goût, le jeu se focalisant un peu trop sur la vie estudiantine de nos héros.

Le jeu vous propose de suivre le périple de Rean Shwarzer, sur le continent de Zemuria. Comme tous ses petits camarades en uniformes, Rean est une jeune recrue de l’école militaire de la ville de Trista (si si, c’est bien son nom)… Après une courte séquence jouable qui campe la problématique, et vous apprend les techniques du jeu… Flashback, cinq mois en arrière. Le jeu commence donc à votre arrivée dans cette école.

Ici, les différentes classes sociales se distinguent grâce à la couleur de leur uniforme : blanc pour les nobles, vert pour la catégorie inférieure, chacun ayant son dortoir pour ne pas mélanger les roturiers et les rejetons de la Haute… Mais cette année est lancée une nouvelle classe un peu spéciale. La fameuse « Classe VII« , dans laquelle il n’existe aucune distinction sociale. Et comme en témoigne votre uniforme rouge, vous faites partie des heureux élus qui vont intégrer ce groupe. Il est temps de commencer les cours, la cloche a sonné !

Il y a du bon…

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La première impression qui se dégage du titre est plus que positive : une intro digne d’un anime, une bande-son entraînante qui colle parfaitement aux différentes situations…

Ces bonnes impressions sont confirmées dès les premiers affrontements : le système de combat s’avère ingénieux, vraiment bien foutu. Il est à la fois simple à prendre en main, tout en offrant de nombreuses possibilités pour les plus techniciens d’entre nous.

Lors des combats au tour par tour, vous choisissez les actions à effectuer grâce à une « roulette » qui vous propose d’envoyer des attaques, de la magie, vos skills, de vous défendre, etc… Assez classique en somme. Mais contre les ennemis les plus retors, vous pourrez déclencher vos Craft (et leur évolution S-Craft), des pouvoirs plus puissants qui ponctionnent de l’énergie dans une jauge dédiée.

Vos compétences s’améliorent à l’aide d’un plateau, l’Arcus (vous pourrez le faire évoluer), sur lequel vous placez des orbes de magie, les quartz. Un système qui me fait beaucoup penser à un mix entre celui de Final Fantasy X et les matérias de Final Fantasy 7.

De manière plus générale, grâce aux nombreux items lâchés par les ennemis vaincus, vous pourrez faire évoluer beaucoup de choses : votre Arcus, vos orbes, vos magies, vos crafts… Sur ce point, le jeu est généreux, et la personnalisation de vos combattants est très complète, allant des fonctions de base jusqu’à des options plus techniques… Le combat est ici un mode dans lequel Falcom démontre un savoir-faire indéniable !

Il existe, dans ce titre, de nombreux paramètres sur lesquels vous pouvez agir… On appréciera aussi le fait de pouvoir souder des liens plus ou moins forts avec vos partenaires, les huit autres étudiants de votre classe : vous pouvez utiliser des points dédiés à cet effet pour discuter, prendre un café… ce qui aura pour effet de remplir une jauge. Plus votre amitié aura de level avec untel, plus vous serez proches et plus il sera possible, par exemple, de déclencher des attaques en duo lors des combats…

Autre point agréable : l’humour est très présent dans le jeu. Entre situations cocasses, comique de situation, ou répliques bien senties (ah… Ce prof qui balance à sa collègue que « sa libido va encore faire souffrir des élèves cette année » 😀 ), nos héros (et les développeurs) ont le sens du second degré. S’il sait garder un ton sérieux lorsqu’il suit sa trame principale, le titre de Falcom sait parfois faire des écarts et nous offrir de bons moments, et autant de bouffées d’oxygène.

La modélisation des personnages est très agréable et tranche avec des décors parfois trop sommaires : chaque personnage est très détaillé, et l’on appréciera les différentes expressions faciales qui collent avec la discussion du moment. Quand, dans la plupart des jeux, votre héros ne possède qu’une expression, chacun en a ici plusieurs afin d’exprimer sa joie, sa gêne, sa détermination, etc.

Enfin, je « like » (comme on le dit sur Facebook) le déplacement rapide. Ici, nul besoin de parcourir des kilomètres pour aller d’un point à un autre : une pression sur « carré », sélectionnez l’endroit où vous voulez vous rendre sur la map, et c’est parti…

…Et du moins bon !

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Parmi les aspects qui m’ont quelque peu agacé… Je ne comprends toujours pas pourquoi, lorsque votre personnage est KO, sa barre de « skill » tombe à zéro… Pas vraiment pratique (il faut donc ensuite la remonter), et pas très logique non plus, si l’on observe que la barre de magie, elle, ne bouge pas en cas de « décès »… Et ce n’est pas comme si vos points de « skill » ne servaient à rien ! Contre certains boss, ces points sont tout simplement capitaux… Alors si vous n’en avez plus, vous imaginez le désastre !

Et puisque je parle des boss, je pourrais aussi m’étendre sur leur difficulté ! Après une bonne quinzaine d’heures de jeu, les choses se corsent… Encore plus loin, les boss vous crachent ouvertement leur sadisme à la figure, spamant leurs attaques les plus redoutables et vous dégorgeant des altérations qui vont vous faire vous arracher les cheveux ! Si vous pensez que les RPG sont des jeux faciles, vous allez vite déchanter !

Il faut toutefois relativiser : le système de jeu vous aide énormément dans la mesure où, si vous butez contre un boss, ses stats sont diminuées de 10% à chaque nouvelle tentative. Autrement dit, au bout de plusieurs essais, le combat se plie sans difficulté ! Voilà qui rééquilibre un peu les choses, lorsque certains titres vous laisseraient galérer jusqu’à la plage jusqu’à l’écoeurement.

En revanche, les temps de chargement deviennent vite agaçants. Certes, ils ne durent pas des plombes non plus, mais dès que vous passez d’une salle à une autre, que vous changez de tableau… Ils sont là !

Au niveau du déroulement du jeu, il est dommage qu’avec un tel potentiel, le soft ne soit qu’un enchaînement de missions ! Votre instructrice vous envoie aux quatre coins de la carte (le jeu se découpe en jours sur un calendrier ; après chaque mission, « dodo » et… jour suivant !), vous explorez des donjons assez linéaires et trouvez un boss au bout du couloir… Si les missions facultatives ou annexes vous permettent de vous détendre, on regrettera la cruelle absence d’exploration, qui donne au jeu un côté trop linéaire…

Sur les bancs de l’école ou lors de certaines conversations, vous aurez la possibilité de choisir votre réponse parmi plusieurs choix. Une autre bonne idée, si votre choix importait plus sur le déroulement… Et surtout si le jeu ne vous guidait pas systématiquement vers la bonne réponse…

Une réalisation qui date…

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C’est sans doute ici le point sur lequel ce jeu sera le plus critiqué : malgré quelques beaux tableaux et un chara-design agréable, sa réalisation est clairement datée ! Certains décors semblent un peu vides, et certains tableaux ne sont pas forcément très beaux…

C’est un fait ! Pourtant, il faut relativiser : d’une part, nous sommes ici sur PS3. Une telle réalisation m’aurait fait bondir sur PS4, mais ne perdons pas de vue que nous sommes ici sur la génération précédente.

D’autre part, je le rappelle, ce jeu est sorti à l’origine, au Japon, le 26 septembre 2013 ! Certes, me direz-vous, à la même période, nous avions GTA V, Disgaea D2 ou Dead or Alive 5 Ultimate… Mais nous sommes ici dans un RPG assez long et complexe (les développeurs ont alors tendance à privilégier le fond plutôt que la forme), et les fans vous le diront, ce ne sont pas les graphismes d’un RPG qui en font la qualité ! D’autant qu’ici, le scénario et une bonne jouabilité font très vite oublier cet aspect !

Toujours pas de VF

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Comme dans tous les jeux NIS America, voix et textes sont en anglais. Un point que je n’hésite pas à relever comme « négatif » car, si je fais partie des ceusses qui sont plutôt à l’aise avec la langue de Shakespeare, ce ne sera pas le cas de tous les joueurs, et ce point sera indéniablement un handicap pour ceux qui ne parlent pas l’Anglais.

Pourtant, je reconnais bien volontiers que cet Anglais est très audible. Le doublage bénéficie d’une bonne diction, les doubleurs articulent parfaitement, les intonations sont agréables à entendre, et il n’est plus nécessaire de s’aider des sous-titres : un joueur ayant de bonnes notions en Anglais comprendra ce qui se dit…

En revanche, les fans de J-RPG seront peut-être un peu déçus de constater que l’Anglais est ici la seule langue parlée. J’ai cherché dans les options, mais je n’ai pas trouvé l’option permettant d’avoir les voix en Japonais.

Quant aux sous-titres en Français, ne les cherchez pas, ils n’existent pas…

Pour terminer sur le son, la bande-originale du jeu est vraiment sympa : les musiques collent parfaitement à l’ambiance, et celles que vous entendrez lors des combats sont entraînantes et très agréables. Mon premier réflexe aura été de chercher, sur Internet, si l’OST était disponible 😉 …

Au final

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Pour conclure, The Legend of Heroes : Trails of Cold Steel est une aubaine pour les fans de J-RPG. Tandis que la tendance est plutôt à la « Dark Fantasy » (avec des titres comme The Elder Scrolls, The Witcher 3…) il vient apporter un petit vent de fraîcheur aux ceusses qui cherchaient un titre à se mettre sous la dent depuis Fairy Fencer F ou la série des Tales of… Les titres du genre sont légion sur 3DS, sur consoles de salon, on les cherche déjà un peu plus 😉

Le contexte estudiantin est très en vogue. En même temps, cela ne date pas d’aujourd’hui. Je citais plus haut Final Fantasy Type 0, mais nous pourrions, pourquoi pas, évoquer Final Fantasy VIII (pour son coté introverti, Rean me fait penser à Squall)… Le jeu me fait aussi beaucoup penser à Harry Potter, le héros se liant d’amitié avec un garçon roux (Elliot) et une jeune fille (Alisa), ayant un blondinet comme « faire-valoir » (je ne parle pas ici de Jusis, mais d’un arrogant personnage de la classe noble qui prend un malin plaisir à vous clasher), sans parler de l’ambiance lors des cours…

Ce nouveau titre de NIS America nous montre, une fois encore, qu’il ne faut pas se fier aux apparences : derrière son aspect un peu daté et son absence de VF, il dévoile quelques trésors qui pourraient vous faire accrocher jusqu’au générique de fin. The Legend of Heroes : Trails of Cold Steel a ce petit quelque chose qui fait que, si l’on rentre dedans, on s’accroche avec cette volonté d’y revenir dès que possible.

Cet opus n’est pas le préféré des fans de la série, ce qui suscite une certaine impatience de voir arriver, peut-être, les autres épisodes en Europe. Toujours est-il que ce Trails of Cold Steel fait son boulot, et nous propose un J-RPG très agréable à jouer. Les fans du genre se doivent de l’essayer… Pour ma part, j’y retourne !


Verdict

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Malgré le fait que le jeu date un peu, Falcom démontre son savoir-faire avec un J-RPG très agréable pour son ambiance, et pour un système de combat excellent !

16/20

Les + :

  • Système de combats excellent
  • Ni trop dur, ni trop facile… Difficulté bien dosée
  • Des menus clairs, bonne jouabilité
  • De l’humour
  • Une totale gestion, de vos magies à vos liens d’amitié, en passant par les skills, etc.
  • Le déplacement rapide
  • Son coté « visual-novel » pour ceux qui aiment…
  • Une bande-son qui colle à l’ambiance du jeu
  • Le doublage (anglais) est un régal à écouter
  • Neuf persos charismatiques, attachants… et expressifs
  • Graphismes plutôt bons pour leur âge
  • Le « cross-save » si vous jouez sur PS3 ET PS-Vita

Les – :

  • Jeu en Anglais : pas de voix japonaises, pas de sous-titres français
  • Son coté « visual-novel » pour ceux qui détestent les longs dialogues
  • Vos « skills » qui se vident à chaque KO
  • Des temps de chargement
  • Il manque une dimension « exploration »
  • Les « réponses à choix multiples » trop guidées
  • Les décors un peu vides nous ramènent quelques années en arrière
  • Manque un peu de profondeur, on a envie d’en savoir plus sur les personnages
  • Une intrigue qui tarde un peu à se mettre en place

The Legend of Heroes : Trails of Cold Steel, par Falcom et NIS America, sur PS3 et PS-Vita. Pegi : 12. Disponible le 29 janvier.

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