Xenoblade Chronicles X

0 536

Il faut bien avouer que la Wii-U s’est faite plutôt discrète dernièrement. Mais pas question, pour Nintendo, de louper le rendez-vous de Noël ! Son argument pour les fêtes ? Un certain Xenoblade Chronicles X, tout simplement un excellent RPG, comme on n’en avait pas vu depuis trop longtemps !

Adieu ma Terre adorée !

WiiU_Xenoblade_scrn09_E3

Proposant un scénario totalement inédit (aucun rapport avec le Xenoblade Chronicles 3D sorti sur 3DS il y a quelques mois), Xenoblade Chronicles X démarre d’emblée sur un scénario apocalyptique !

Dans un futur proche, en 2054, notre chère Terre se retrouve au beau milieu d’un conflit entre deux forces extraterrestres. Devant tant de puissance, les humains ne peuvent rien faire, si ce n’est fuir à bord d’immenses vaisseaux. Le projet « Exodus » est lancé… Ceux qui échappent aux salves destructrices pourront espérer recréer un monde ailleurs, mais une grande majorité des arches sont anéanties avant même d’avoir quitté l’orbite terrestre.

Ce qui devait arriver arriva : au beau milieu de ce champ de bataille, la Terre est détruite, et les humains survivants sont peu nombreux. Vous êtes l’un de ces terriens, qui a pu fuir à bord de « La Grande Blanche », une arche partie des USA. Après un voyage de deux ans, elle s’échoue sur une planète inconnue mais habitable, Mira.

Pour l’heure, votre base est la colonie New Los Angeles, construite sur les restes de la Grande Blanche, qui s’est abîmée sur cette planète il y a deux mois… Les survivants ont commencé à reconstruire, à créer une cité qui est le point de départ de la nouvelle civilisation humaine.

C’est ainsi que débute votre aventure, après une séquence « tuto » et une introduction fantastique : Je n’avais pas été aussi émerveillé depuis la première fois que j’ai vu le film Avatar (le bestiaire du jeu me fait beaucoup penser à celui de Pandora 😉 ).

Mes chers voisins

WiiU_Xenoblade_scrn03_E3

Vous voici désormais installé à New Los Angeles (NLA), colonie humaine perdue dans un monde aussi gigantesque qu’hostile. Si certaines créatures primitives sont plus impressionnantes qu’agressives (je pense à ces herbivores démesurés), votre nouveau « home sweet home » vous demandera aussi de cohabiter avec des monstres beaucoup moins sympas. Mais comme vous le rappelle votre supérieure, Elma, vous devez apprendre à cohabiter avec les indigènes pour espérer survivre.

A l’intérieur de la citadelle, la vie s’est réorganisée. On y trouve désormais des commerces, des quartiers riches ou des docks industriels… Un micro-monde concentré dans le peu qu’il reste d’une civilisation humaine qui doit repartir de zéro !

Aussi gigantesque que soit cette cité, vous allez vite vous sentir à l’étroit. Et l’envie va vous prendre de partir explorer ce monde inconnu. Au début de l’aventure, l’exploration se limite à la périphérie de NLA : le jour, les ennemis sont puissants ; mais la nuit, la mort vous attend à coups sûrs tant que vous n’avez pas le niveau nécessaire pour tenir tête aux géants de ce monde.

Alors, c’est progressivement que vous allez apprendre à découvrir Mira. Plus vous devenez fort, plus vous pourrez vous aventurer loin. Ce qui constitue ici une base logique dans la trame scénaristique est surtout un bon moyen de justifier une progression constante dans le jeu.

Une réalisation à tomber !

WiiU_XCX_E32015_SCRN_04

La première chose qui frappe dans ce jeu, c’est sa direction artistique ! Faisant énormément penser au film Avatar pour son improbable et étonnant bestiaire, le monde qui s’offre à vous déclenche une fascination à peine dissimulable.

La qualité des graphismes est incroyable. Si le chara-design, assez stylé « mangas », vous plonge dans une plaisante ambiance J-RPG, l’environnement est quant à lui fascinant. Une énorme claque de chaque instant ! Avec une profondeur de champ incroyable, des graphismes fourmillant de vie et de détails, ses reliefs et ses jeux de lumière, le monde de Mira est très immersif, crédible…

Une fois la console éteinte, le joueur n’a qu’une envie : la rallumer pour continuer à explorer ce nouveau monde. Et une fois dans le jeu, comme votre avatar, vous êtes fébrile à l’idée de découvrir ces nouveaux mondes : vous ne contrôlez pas un personnage du jeu, vous devenez le héros… Si ça ce n’est pas une immersion réussie !

Lors des phases de combat ou d’exploration, le jeu est fluide, ne souffre d’aucun bug, d’aucun ralentissement ! Même lorsque la caméra s’éloigne du joueur (pour vous donner la démesure des plaines de Mira), l’action reste lisible.

Le tout est servi par une bande-son géniale ! Tantôt symphonique, tantôt chantée, la bande-originale du jeu ne nous donne à aucun moment l’envie de couper le son. Encore un point positif ! Cela devient presque agaçant de ne trouver aucun défaut à XenoChroX !

Un gameplay à domestiquer !

WiiU_XCX_E32015_SCRN_08

Une fois passés les « Waow » et les sourires béats d’extase, il est temps de se plonger dans le vif du sujet ! L’aventure ne va pas se boucler toute seule, et pour progresser, il va falloir jouer de la manette, ou du Gamepad, au choix.

Une fois votre personnage créé (vous venez de passer une heure et demi à choisir si votre tatouage bleu turquoise sera sur la joue gauche ou sur la droite de votre avatar), vous rencontrez très vite Elma. A peine le temps de faire connaissance, et vous voilà lâché dans votre premier combat. Certes, celui-ci n’est pas difficile, mais il vous fait prendre la mesure : il va falloir vous familiariser avec le gameplay !

Car ici, pas question de « tour par tour ». Les combats sont en mode actif, et vous allez vite devoir apprendre à gérer les combats à distance et ceux au corps à corps… Au fil du jeu, vous allez également développer des « skills » (éléments, armes) qui défilent sous forme de barre à onglets, qui s’affiche dans la partie inférieure de l’écran. A vous de jouer avec ces talents, sachant que la plupart demanderont un temps de recharge pour pouvoir être utilisés à nouveau.

Le système est très sympa et dynamique, mais demande un temps d’adaptation, pour apprendre à agir avec pertinence, et non en choisissant un « skill » au pif. Ce que vous ferez inévitablement en début de jeu. Mais avec le temps, vous serez obligé d’apprendre à maîtriser vos talents, afin de faire les choix les plus pertinents pour régler au plus vite les combats.

Lors de vos explorations, attention à ne pas déclencher le lock par inadvertance. Car si celui-ci est bien pratique, le fait de locker un ennemi engage le combat. Et comme vous vous en doutez, certains ennemis affichent parfois plusieurs niveaux de plus que vous. Ce qui pose le doigt sur un passage obligé au début du jeu : le farming.

Au bout d’une trentaine d’heures, lorsqu’arrivent les Skells, les cartes sont redistribuées : ces robots géants vous permettent de faire jeu égal avec les créatures démesurées de Mira, vous permettent d’atteindre des lieux inaccessibles, et vous offrent de nouvelles possibilités. Métamode ou vue cockpit, voici deux nouveaux modes de combat qui vous donnent l’impression de redécouvrir le titre.

En dehors des combats, le jeu se joue de manière assez classique : courir, ouvrir des coffres, dialoguer… Autant de tâches qui se réalisent sans difficulté particulière…

Trophées par centaines

WiiU_Xenoblade_scrn01_E3

Lorsque, en haut à gauche de mon écran, j’ai vu « tomber » le premier trophée, je me suis dit que Nintendo s’alignait sur la concurrence et proposait à son tour ces fameuses récompenses, validant l’expérience du joueur. Et puis un second, un dixième, un vingtième… Pour m’apercevoir finalement que ces récompenses tombent comme les feuilles d’un arbre un soir d’octobre…

Des récompenses qui, de plus, ne servent pas à grand chose (elles ne sont pas recensées par la console en dehors du jeu, sur votre profil de gamer par exemple), si ce n’est de vous auto-satisfaire. Et encore !

Car pour cela, il faudrait que ces trophées « maison » aient un caractère exceptionnel. Mais ils vont tomber tellement souvent que vous allez vite apprendre à ignorer ces récompenses aux intitulés qui deviennent vite anecdotiques. On est très proche du « Vous avez marché pour la première fois sur une touffe d’herbe » ou « vous vous êtes rasé pour la première fois devant votre miroir »…

J’exagère, j’avoue, car l’initiative est intéressante, et pourrait presque préfigurer de récompenses mises en place dans les jeux Nintendo. L’idée est louable, mais pour l’heure ne sert pas à grand chose.

Les premiers défauts

WiiU_Xenoblade_scrn05_E3

Passé l’émerveillement (c’est à dire après environ une bonne vingtaine d’heures de jeu), le joueur retombe de son nuage, et est plus attentif aux petits défauts qui parsèment le titre de Monolith. Ils sont anecdotiques, mais ils sont là…

A commencer par un scénario qui tourne vite en rond : au départ, les scénaristes ont placé la barre tellement haut qu’il devient vite difficile de garder le cap. Et très vite, le jeu retombe dans une narration assez « classique ».

C’est pourtant là que l’on réalise que l’on s’en fout complètement ! Les premières heures nous ont émerveillé, et clairement, ce n’est pas l’histoire qui nous intéresse, mais la grande liberté dans l’exploration. A chaque nouvelle zone découverte, on s’extasie et ce jusqu’à la fin… Et c’est bien là la mécanique qui fait que XenoChroX fonctionne !

De l’ordre du détail, on s’étonne de voir que, face à des protagonistes doublés de manière très correcte, votre héros est totalement muet… Lors des dialogues, il a le choix entre plusieurs réponses, mais votre interlocuteur doit lire dans vos pensées puisque aucun son ne sort de votre bouche… A quoi sert donc la possibilité de choisir un modèle de voix au début du jeu ?

Autre reproche : parmi les nombreuses missions qui vous sont proposées, certaines sont totalement inutiles, voire franchement WTF… Le jeu est déjà bien assez long, alors je ne vois pas pourquoi aider un camarade en allant récupérer les lunettes qu’il a oublié à l’autre bout de la map, dans une zone hyper dangereuse… Qu’il se démer…!

C’est d’ailleurs un constat que l’on fera bien souvent dans le jeu : il propose au final pas mal de trucs chiants un peu longuets à faire : outre ces quêtes annexes citées plus haut, vous devrez parfois parcourir de trèèèèèèèèès longues distances pour aller d’un point A à un point B. Certes, cela alimente la dimension « exploration » qui est la sève du titre, mais on aimerait parfois pouvoir réduire davantage les distances, surtout après pas mal d’heures au compteur.

Saoulante aussi est la gestion des Skells (mechas) qu’il faut constamment retourner récupérer dans votre base : lors d’un combat contre un boss, par exemple, si vous perdez, vous ne pourrez pas redémarrer le combat à partir d’un check-point, mais vous devrez repartir de votre maison, après avoir réactivé votre gigantesque robot… Et lors d’un combat en deux parties, si vous gagnez le premier round en ayant perdu votre Skell, vous vous ferez exploser lors du second match car votre robot ne revient pas si vous ne retournez pas le chercher… On est clairement dans les mécanismes que j’évoquais, qui vous font perdre du temps !

Autrement dit, face à une direction artistique sublime, le jeu pêche par des mécanismes qui vont vous contraindre à de nombreux voyages… La map étant énorme et le jeu étant long, l’impression de « perdre du temps » n’en est que plus grande !

Au final

WiiU_Xenoblade_scrn06_E3

Voilà ce que l’on appelle un coup de maître : avec un seul jeu, Nintendo se remet au niveau des deux marques concurrentes qui commençaient sérieusement à le regarder de haut ! Xenoblade Chronicles X est gigantesque, d’une grande beauté avec sa direction artistique de folie, le sentiment de découverte est énorme et constant… Bref, Xeno X est un jeu plein d’ambition !

Pour faire court, trois RPG m’ont marqué à ce point : Final Fantasy VII, Skyrim, et aujourd’hui Xenoblade Chronicles X. Passer à coté de ce hit, c’est tout simplement rater un jeu que l’on citera encore en référence dans quinze ans !


Verdict

WiiU_XenobladeCX_TS_PEGI_PS_R

Un pied-de-nez de Nintendo à tous ceux qui ont enterré la Wii-U trop vite ! Xenoblade Chronicles X figure parmi les meilleurs jeux de l’année. Sans doute le meilleur RPG depuis Skyrim ! A ne louper sous aucun prétexte !

19/20

Les + :

  • Un open-world gigantesque et magnifique
  • Tout est customisable
  • Un scénario digne des meilleures productions cinématographiques de SF
  • Une bande-son à tomber
  • Très axé « exploration », ce jeu va vous en donner pour un nombre d’heures qui se calcule en centaines
  • Quand la routine semble s’installer, de nouvelles options vous font redécouvrir le jeu
  • Impression de liberté
  • Une foultitude de missions

Les – :

  • Naviguer entre vos skills demande un minimum de pratique
  • Il faut attendre une trentaine d’heures avant de pouvoir jouer avec les Skells
  • Les voix US c’est cool, mais un doublage japonais aurait été sympa aussi
  • Votre avatar est muet
  • Jouer ne serait-ce que 5 minutes va vous rendre accro pendant un long moment
  • Des missions pas toujours inspirées
  • Ils servent à quoi tous ces trophées ?
  • Le multi pas top

Xenoblade Chronicles X, par Monolith Software, sur Wii-U. Pegi : 12.

vous pourriez aussi aimer More from author

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.