Just Cause 3

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L’année 2015 nous aura décidément gâtés ! Mais ce n’est pas fini : avec Just Cause 3, Square-Enix et Avalanche nous offrent un tout dernier « hit » avant de changer de calendrier. Dernier gros jeu de l’année, mais quel titre ! Beau, fun, explosif… Véritable « plaisir coupable » taille XXL, Just Cause 3 est de ces titres qu’il serait scandaleux de zapper ! Explications.

Toc toc badaboum…

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Comment vous résumer le principe de Just Cause 3 ? Imaginez un « GTA V », mais en plus fun… Imaginez que l’on vous propose de jouer à une simulation de « Chuck Norris », qui serait mise en scène par le réalisateur Michael Bay (celui qui, au cinéma, fait tout exploser, même les briques de lait et les pâquerettes)…

Vous imaginez le tableau ? Un bad-guy quasi invincible, qui règle ses différends à grands coups de bazookas ou de nitro, en sortant une petite vanne au passage… Vous avez maintenant une bonne image de ce qu’est Just Cause 3 !

Bien que le pitch soit assez classique, derrière ces barils en feu se cache un scénario « plaisir coupable » digne des films de séries Z dans lesquels Schwarzy ou Stallone distribuent généreusement les pruneaux.

Et ce scénario, c’est tout simplement l’histoire de Rico Rodriguez qui, après deux épisodes, est de retour sur ses terres natales, un cadre qui fait irrésistiblement penser à la Méditerranée : l’archipel de Medici.

Mais ce petit paradis est aujourd’hui sous le joug du dictateur Di Ravello. Sur fond de guerre civile, notre mercenaire rejoint son ami Mario, et se range du coté des rebelles. Son objectif est maintenant de libérer Medici, de mettre fin à la folie mégalomane de Di Ravello, trafiquant notoire de bavarium. Une seule option : tout faire péter, et sans complexes !

Carte postale

Coastline Concept

Paradoxalement, le « personnage » principal de ce nouvel opus n’est pas Rico, mais bel et bien Medici, une dépaysante contrée méditerranéenne. Pour créer ce fantastique openworld qui sent bon l’huile d’olive et la lavande, les développeurs se sont inspirés de l’Italie, de la Grèce ou encore de certains paysages de Sicile.

Cet openworld est gigantesque, et vous offre une diversité des plus intéressantes : de la plage aux pics abrupts, en passant par les petits villages typiques ou les complexes industriels, Avalanche Studios est parvenu à recréer un monde vivant, crédible. Le joueur se plait à errer sur les sentiers qui serpentent entre les champs de lavande, à plonger dans l’eau turquoise, à faire de l’accrobranche (à l’aide du grappin) entre les pins. Il ne manque que les cigales ! Ah non, pardon, elles sont aussi au casting !

Ce monde ouvert gagne encore plus en crédibilité grâce aux nombreux PNJ qui s’y baladent, en voiture, à pied, en bateau. De petits détails viennent compléter le tableau, comme ces miliciens qui jouent les  gros bras dans les rues, les discours propagandistes de Di Ravello diffusés sur les ondes, etc. Lors des phases de jeu, vous apprécierez également le fait que (presque) tout est destructible ou offre des interactions avec le joueur, mais je vais y revenir plus bas !

Fusillades et sport extrême !

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Mais au milieu de cette jolie carte, comme vous l’avez compris, il va falloir faire le ménage. Et aussi fort que puisse être Rico, pas question de l’envoyer au charbon avec un cure-dents et une petite cuillère. Aussi, c’est un véritable arsenal que notre héros va devoir trimbaler ! Un arsenal qui va du pistolet au bazooka, en passant par les fusils d’assaut, les grenades…

Rico est un homme polyvalent, qui sait tout conduire : voitures, camions, motos, bateaux, hélicos… Pour parcourir ce vaste monde, tous ces engins ne seront pas de trop, notamment pour gagner du temps lors des missions chronométrées… Mais il existe des moyens encore plus rapides de vous déplacer !

Car Rico est aussi équipé d’un grappin, fidèle compagnon qui lui permet de s’accrocher aux falaises ou aux immeubles, pour les escalader plus vite. Et très vite dans le jeu, cet accessoire devient désuet. Votre amie scientifique Dimah Al-Masri va vite lui faire subir une grosse mise à jour, pour être capable de relier deux (ou plusieurs) objets et les projeter les uns sur les autres : imaginez le résultat si vous reliez un bidon d’essence et une tour de garde !

Grâce au grappin, vous pouvez vous déplacer très vite, vous propulser en hauteur. Et pour vous prévenir de tout gadin particulièrement dangereux, vous êtes également équipé d’un parachute. Le joueur prend un pied énorme à planer d’un point à l’autre, préparant une entrée remarquée sur les scènes d’action, ou à associer grappin et parachute pour s’élever avec aisance.

Vous voulez plus rapide et plus grisant ? Voici le second gadget dont vous allez abuser à l’extrême : la wingsuit. Plus rapide, les chutes font plus mal, mais une fois prise en main, la wingsuit suscite chez le joueur une agréable et vertigineuse impression de liberté… Lourdement armé et gadgétisé, Rico est enfin prêt à partir botter les fesses de Di Ravello !

Utiliser cet attirail est tellement grisant que l’on se prend assez facilement, entre deux missions, à s’offrir une session libre, pour explorer la map et pour aller « péter du milicien » de manière la plus saugrenue possible. Vous pensiez jouer les héros ? Les libertés qu’offre ce titre vont vite éveiller votre coté obscur !

Missions obligatoires !

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Si dans la plupart des jeux du genre, les missions annexes ont un caractère facultatif (vous pouvez les faire une fois le jeu terminé), ce n’est pas le cas dans Just Cause 3. Ici, vous serez obligé de les faire pour pouvoir progresser.

La raison est simple : toutes ces missions annexes vous offrent, en cas de victoire, des points de compétence sous l’appellation de « mécanismes« . Une fois le nombre requis de mécanismes, ce sont eux qui vous permettent d’upgrader vos compétences, d’améliorer vos armes, votre résistance, votre grappin…

Autrement dit, pour avancer dans le mode story, vous devrez régulièrement partir à la chasse aux mécanismes (donc faire des missions) pour booster votre perso. Car si la difficulté du jeu n’est pas élevée, certains passages seront particulièrement retors si vous n’êtes pas préparé au préalable.

Un parti pris plutôt intéressant des développeurs qui, par la variété de ces missions, cassent une routine qui s’installerait hélas un peu vite dans le mode histoire, si ces missions n’existaient pas.

Plus librement, vous devrez aussi délivrer les différents villages de l’archipel de Medici du contrôle de Di Ravello : dans chaque village (puis plus tard une ville plus conséquente), vous devrez détruire une statue du tyran (servez vous de votre grappin pour la faire tomber, ou d’explosifs), des systèmes de surveillance, les haut-parleurs qui diffusent la propagande du dictateur, des panneaux… Sans vous faire repérer par la milice. La libération de ces zones se fait à votre rythme, avec une liberté totale de moyens.

Quelques défauts ?

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Dans le feu de l’action, il faut pourtant se faire une raison : il y a un temps pour l’émerveillement, et un autre pour le test, et le cas échéant pour pointer les défauts du jeu. A commencer par quelques soucis de caméra, lors des phases véhiculées ou en wingsuit. On a parfois un peu de mal à voir où l’on va, et le joueur est souvent amené à recentrer manuellement la caméra.

Autre petite incohérence : si les paysages sont de toute beauté et font honneur à la nouvelle génération, les PNJ sont parfois assez moches, et ont tendance à mourir dans des positions assez ridicules. On est parfois confronté à des bugs d’affichage, comme des corps qui fusionnent avec les décors, ou des objets qui restent en suspension, des textures un peu grossières ou du clipping… Sur de petits détails, le jeu manque parfois de finitions.

On relèvera aussi quelques incohérences dans les « effets pyrotechniques » : vous pouvez par exemple faire exploser et écrouler un viaduc sans problème, avec des effets spectaculaires… Mais un simple muret résistera aux assauts de votre bazooka… Des briques en adamantium, sans doute 😉

Comme on a pu le voir, la map est tout simplement gigantesque ! Et pour vous repérer, vous devrez… Afficher le plan à l’aide du pavé tactile de la manette ! Car en pleine partie, on regrette l’absence d’une mini-map dans un coin de l’écran, pour vous aider à vous repérer. Ce qui, au premier abord, tient du détail, devient vite embêtant lorsque vous devez rejoindre un point éloigné pour lancer l’épisode suivant.

Je ne sais si je dois classer ce point dans les défauts du jeu, mais je suis assez étonné de constater que l’éditeur a complètement zappé le mode multijoueurs en ligne (un mode pourtant très en vogue). Mon hésitation se justifie par le fait que le multi-online n’est pas mon mode préféré dans les jeux vidéo, et à titre perso, je préfère de très loin le mode solo d’un jeu. Ce n’est donc pas un réel défaut pour moi, mais de nombreux joueurs pourront être frustrés par cette absence.

Vous pourrez toutefois mesurer vos performances à celles d’autres joueurs grâce aux leaderboards mondiaux (classements en ligne via la synchronisation avec votre compte Square-Enix).

Au final

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Du fun, du fun et encore du fun ! Voilà ce que je retiens de ce jeu ! Les graphismes sont magnifiques et l’aventure intéressante, mais l’on retient surtout le fait que, là où les missions nous barberaient dans d’autres titres, elles nous font franchement rire ici, tant les possibilités de les accomplir sont nombreuses. Et croyez moi, dans 99% des cas, vous chercherez le moyen le plus sadique de boucler votre job !

Bien sûr, le jeu n’est pas dénué de bugs et de problèmes d’affichage, souffre de longs temps de chargement, mais les balades en wingsuit, le gigantesque openworld méditerranéen, les possibilités de déclencher des réactions en chaîne grâce au grappin, et le coté dévastateur de notre Rico « Chuck Norris » Rodriguez sont tellement grisants que l’on oublie vite ces défauts mineurs.

La dernière fois qu’un jeu d’action m’avait autant captivé, c’était Saints Row IV (lire notre test). Ici, Just Cause 3 est plus vaste, plus lumineux, et on aime « se la péter grave » dans la peau d’un Rico Rodriguez qui n’est autre que toute la bande des Expendables dans un seul corps !

Quand les communiqués de presse nous faisaient comprendre que Just Cause 3 allait tout péter, je ne pensais pas que c’était dans tous les sens du terme ! Avec Just Cause 3, Square-Enix et Avalanche ferment le catalogue 2015 de bien belle manière !


Verdict

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Le dernier gros hit de l’année est un défouloir vraiment jouissif, et ses petits défauts sont vite effacés par sa démesure et son fun absolu ! Tout gamer qui se respecte doit « mettre le grappin » sur ce Just Cause 3 de toute urgence !

18/20

Les + :

  • Une action soutenue
  • Des paysages magnifiques
  • Un openworld gigantesque, et bourré de missions
  • Un gros défouloir façon « Michael Bay »
  • Le système des « mécanismes »
  • De l’humour
  • Bonne durée de vie
  • Beaucoup d’exploration
  • Le grappin offre tant de possibilités qu’il va faire bosser votre imagination
  • Bonne verticalité avec le combo grappin/parachute/wingsuit

Les – :

  • Temps de chargement un peu longs
  • Absence de mode multi
  • Absence d’une mini-map dans un coin de l’écran pour vous repérer
  • Quelques microbugs et un manque de finition sur les animations des PNJ

Just Cause 3, par Avalanche Studios pour Square-Enix, sur Xbox One, PS4 et PC. Pegi : 18.

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