Metal Gear Solid V : The Phantom Pain

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Voilà un titre qui a un gros poids sur les épaules ! Dernier jeu « Metal Gear » de Hideo Kojima, ce « Phantom Pain » n’arrête pas d’allécher les gamers depuis des mois, à grands coups d’annonces et de vidéos à tomber ! Metal Gear Solid V nous a été vendu comme un jeu exceptionnel, alors forcément, nous n’attendons pas aujourd’hui un bon jeu, mais un jeu d’exception. La barre a été placée très haut, et nous avons envie de savoir si Snake va la franchir… Et la réponse, c’est maintenant !

 La guerre, c’est mal !

MGSV_e3_26Tout d’abord, je pense qu’il est de bon ton de rappeler rapidement le concept de Metal Gear Solid car, oui, il existe encore des gens sur Terre qui ignorent de quoi nous allons parler ! Si vous êtes dans ce cas (n’écartons aucune possibilité), vous allez voir, dans ce jeu, tellement de « kaki » et d’armes à feu que l’analogie avec un Call of Duty ou un Battlefield serait vite faite ! Pourtant, il n’en est rien, et MGS (pour les intimes) est aux antipodes de ces jeux de tir !

Car MGS est avant tout un « jeu d’infiltration » ! Autrement dit, si vous choisissez de jouer en mode ‘je défonce tout », vous allez mourir en très exactement 7 secondes ! Ici, vous n’avez pas le choix : pour mener à bien votre mission, vous devez jouer la carte de la discrétion, éliminer vos ennemis un par un, sans donner l’alerte, en vous cachant pour attendre le moment fatidique. Au moindre faux-pas, à la moindre maladresse de votre part, la partie est terminée !

Sur le plan narratif, la série des MGS est un véritable paradoxe : si elle se nourrit de cet univers militaire, si son héros est un soldat surdoué, elle est très loin de faire l’apologie de la violence ou de la guerre. Bien au contraire, n’en déplaise aux détracteurs qui imaginaient pouvoir démontrer que « les jeux vidéo sont violents ». « La Guerre, c’est mal » ! Le message est un cliché, mais MGS a le mérite d’argumenter, avec un scénario en béton armé. La licence s’appuie, de plus, sur de solides références historiques et géopolitiques. Dommage pour notre détracteur, qui ne va pas pouvoir non plus accuser le titre de rendre idiot !

Une intro épuisante !

metal-gear-solid-5-playstation-3-ps3-008Mais assez parlé, il est désormais temps de lancer le dernier volet en date, le très attendu MGSV : the Phantom Pain, attendu comme le messie par les fans de la licence. Comme beaucoup, j’attendais une ouverture qui accroche le joueur dès les premières minutes du jeu. Mais franchement, j’étais très loin d’imaginer… ça !

Car cette introduction au jeu, le prologue faisant au passage office de tutoriel, est tout simplement la plus fantastique scène d’ouverture qu’il m’ait été donné de voir dans un jeu vidéo. Hideo Kojima démontre une fois de plus son incontestable talent pour la narration ! Le Fox-Engine montre quant à lui qu’il est sévèrement bur…

Pendant près d’une heure, vous allez devoir tenter de vous échapper d’un hôpital pris d’assaut par des hommes armés (je n’en dirai pas plus pour éviter les spoils). Des graphismes hallucinants, des jeux de lumière magnifiques, une mise en scène digne des meilleurs films d’action… Plongé en plein cauchemar, le joueur est oppressé, doit « subir » un rythme particulièrement soutenu, est immergé dans un climat de stress, de paranoïa… Et c’est justement au moment où il rêve d’une accalmie que l’action monte d’un cran.

Au bout d’une heure environ, lorsque prend fin cette introduction et qu’apparaît enfin le titre du jeu, façon « blockbuster hollywoodien », le joueur se sent complètement « rincé », essoufflé, sur les genoux, mais avec un immense sourire ! Voilà qui promet pour le reste de l’aventure ! Bienvenue dans Metal Gear Solid V, ce n’était que le début !

Bienvenue en… 1984 !

pic_z_019_f3dr5qDès lors, l’aventure peut véritablement commencer, et vous allez retrouver le fonctionnement « classique » de la série Metal Gear Solid. Les événements se déroulent après ceux de Metal Gear Solid V : Ground Zeroes (et chronologiquement avant ceux de Metal Gear Solid, premier du nom sur PlayStation 1). Nous sommes en 1984, et Big Boss (joué par Kiefer Sutherland) sort tout juste d’un coma qui aura duré neuf ans.

Les Russes ont envahi l’Afghanistan au début des années 80, ce qui n’est pas sans compliquer la situation en pleine Guerre froide. Snake, lui, a des comptes à régler avec Cipher, l’agence qui a détruit sa Mother Base et tué ses hommes. Considéré comme une légende tombée dans l’oubli, notre mercenaire au bandeau compte bien, d’une part montrer qu’il est toujours là, d’autre part se venger de Cipher.

Mais pour accomplir sa vengeance, Snake a besoin d’aide. Il bénéficie ici du soutien d’Ocelot, et sa première tache sera de délivrer son frère d’armes Kazuhira Miller, aux mains des Russes. Voici l’objet de votre première mission.

Mais pour se détendre entre deux tirs, Snake pourra récolter non pas des CD, mais des cassettes audio de l’époque disséminées par-ci par-là. Vous devrez les collecter, afin de découvrir les messages qu’elles contiennent, ou profiter des tubes 80’s qui composent la BO du jeu (aaah, un bon tir de mortier sur du Kim Wilde !!)… Espérons que, dans son paquetage, Snake a emmené un stylo, afin de rembobiner ces bonnes vieilles « K7 » 😉

Une fois que Snake aura récupéré son compagnon, il pourra enfin former une armée, dans sa nouvelle « Mother Base », une plate-forme pétrolière réaménagée, et frappée du sceau de cette nouvelle armée : Diamond Dogs… C’est parti pour une vengeance redoutable, quitte à ce que ce conflit ne se généralise en crise mondiale…

J’en profite d’ailleurs pour faire un petit aparté : j’ai pu lire ces derniers jours, sur la toile, des articles qui parlent de « Solid Snake ». Alors soyons précis : le héros de cet opus est Naked Snake, dit « Big Boss », le meilleur soldat du XXe siècle. Solid Snake, héros de Metal Gear Solid sur PS1, n’est autre que l’un des clones de Big Boss, tout comme son frère Liquid Snake…

Un gameplay déroutant !

MGSVTPP_E3_game_09_webSi les fans de la série retrouveront rapidement leurs marques en termes de méthodes d’infiltration, il va falloir s’habituer à quelques petites nouveautés concoctées par les développeurs. Et elles sont plutôt géniales !

A commencer par le cycle jour-nuit, qui peut totalement changer un environnement, et surtout votre approche d’une même mission. La nuit est votre alliée et peut vous permettre de vous dissimuler plus facilement mais… Les gardes seront sans doute plus vigilants.

Mais la « grosse » nouveauté, c’est surtout l’open-world ! Pour la toute première fois dans la série, votre terrain de jeu est un gigantesque monde ouvert. Le concept en devient d’autant plus génial que, désormais, vous pouvez accomplir une même mission de plusieurs façons différentes.

On aime ce monde ouvert pour la finesse de ses graphismes et pour le relief très détaillé qui vous aide à vous planquer, mais surtout pour l’immense sentiment de liberté qu’il procure ! Tout y est placé avec minutie, des bosquets aux patrouilles, rien n’est là par hasard et vous n’imaginez pas le nombre d’interactions possibles…

Et pour parcourir cet espace, vous pourrez bien évidemment marcher, piquer des véhicules ennemis… Et appeler, quand bon vous semble, votre fidèle cheval. Snake a d’ailleurs pris des cours d’acrobaties équestres, et peut maintenant, par exemple, se dissimuler en se cachant sur le flanc de son fier destrier. Je vous l’ai dit : d’une série qui était autrefois assez scriptée, Konami vous pose ici pour limite… votre imagination !

« Buddy » building

pic_z_020_js43wxJ’aurais pu intégrer cet aspect au paragraphe précédent, mais il mérite, à mon sens, d’être développé dans un point à part. Je parle d’un aspect très intéressant du jeu, qui va changer radicalement votre approche des missions d’infiltration : le « buddy », comprenez par là le « compagnon qui va vous épauler »…

Et ces compagnons, j’en ai dénombré quatre ! Il y a tout d’abord votre cheval. J’en ai déjà parlé plus haut. Mais vous pourrez toutefois affiner ce rapport avec « la plus belle conquête de l’homme » afin de lui apprendre à faire « caca »sur commande, afin de vous servir du crottin pour… Cherchez un peu, quoi !

Vous pourrez aussi choisir de faire équipe avec un robot. Plutôt efficace, même s’il vous demandera de payer pour le développer…

Le troisième compagnon possible est une femme, Quiet ! Reconnaissable à sa tenue vestimentaire très légère, ne vous fiez pas aux apparences. Derrière la femme sexy se cache une véritable machine de guerre.

Enfin, Snake peut s’allier avec un jeune chien-loup qu’Ocelot baptisera DD (référence à « Diamond Dogs ») qui, comme notre héros, porte un bandeau sur l’oeil droit. Je n’en dirai pas plus de son histoire, je vous laisse la découvrir. J’avoue avoir une préférence pour DD, car outre le fait qu’il soit la petite touche « attachante » du jeu, il me semble être le « buddy » le plus efficace, notamment grâce à son flair qui vous sera très utile  😉

Notez que, plus vous ferez de missions en compagnie de votre buddy, plus le lien avec lui sera fort.

Couteau suisse

MGSVTPP_E3_game_11_webRevenons à nos missions ! Snake est fin prêt pour partir à l’aventure. Et le moins que l’on puisse constater, c’est qu’il dispose d’un véritable arsenal pour y parvenir !

Première mission du jeu : vous allez vous sentir assez limité ! Ici, votre objectif a surtout pour but de vous aider à prendre le jeu en main. Dans un petit village d’Afghanistan, vous devez vous défaire de gardes, avec pour seule arme un pistolet tranquillisant.

Par la suite, votre arsenal va se compléter, accessible via le menu. Un peu compliqué de s’y retrouver dès que votre inventaire comporte plusieurs armes, mais vous allez vite vous y faire. Vous allez vite apprendre à choisir l’arme idéale (fournie par votre camp ou piquée au passage à un garde). Et puisque je parle d’armes, apprenez aussi à gérer votre stock de munitions, elles ne sont pas illimitées. Quand vous abattez un ennemi, pensez à lui faire les poches 😉

Très vite, votre Mother Base va développer de nouvelles armes, qui vous seront utiles lors de vos missions. Je vous laisse la surprise, mais je ne puis m’empêcher de vous citer un exemple qui a, de toute façon, déjà été spoilé par les trailers : j’aime beaucoup ce « ballon » que vous pouvez attacher aux gardes afin de les envoyer faire un long voyage dans la stratosphère 😀

Relief, herbes, arbres, batiments… à vous de trouver toutes les astuces pour vous cacher ou vous infiltrer. Accessoire indissociable de Snake, le « carton » est toujours de la partie. A croire que ces idiots de gardes n’ont jamais joué aux autres épisodes de la série…

Trop « 80’s » ?

pic_z_041_4583c4Et oui, vous commencez à me connaître : considérant que le jeu parfait n’existe pas, je ne puis m’empêcher de « chercher la petite bête », de gratter un peu pour trouver quelques défauts à ce hit en puissance.

Et le premier qui me saute aux yeux, c’est le scénario ! Comme d’habitude, Hideo Kojima nous a concocté une histoire complexe, qui s’appuie sur des éléments véridiques, militaires ou géopolitiques… Mais je dos avouer que je décroche parfois… Est-ce à cause d’une narration qui part parfois dans tous les sens ? Est-ce la multiplication de données ? Toujours est-il que le scénario me semble parfois un peu perché… Pas besoin de trop en faire pour proposer un bon scénar’ !

En fait, je ne sais pas si c’est volontaire de la part des développeurs, mais les références aux années 80 me semblent poussées à l’extrême, un peu trop parfois : comme nous l’avons vu, ce jeu est un véritable hommage au cinéma américain. Mais justement, il me donne vraiment l’impression de revenir aux grosses productions « Cannon » ou « Carolco » des années 80, comme Rambo 3 pour ne citer que lui… Autrement dit, des films dans lesquels les Russes incarnent le « mal absolu » et dans lesquels la bannière étoilée flotte dans chaque plan.

Dans ce Metal Gear, vous aurez beau parcourir le désert d’Afghanistan sous toutes ses longueurs, jamais vous ne croiserez l’ombre d’un Moudjahidin. Ici, Snake ne sera confronté qu’à des soldats russes. Dans ce contexte de Guerre froide, votre ennemi est le Communisme. Dans son soucis de coller aux 80’s, MGSV va donc jusqu’à reproduire le propos un peu surfait et ultra-patriotique des films d’action de l’époque.

Baisse du rythme cardiaque

MGSVTPP_E3_game_07_webAutant les premières heures vont vous clouer au canapé, autant sur la fin, l’aspect répétitif de certaines missions tue un peu le tempo du jeu. Dommage car, si je puis vous donner un conseil, accrochez vous ! Jusqu’au bout !

Rassurez vous, le jeu propose néanmoins un contenu colossal, il y a tant de choses à faire… Mais une fois pris dans l’ambiance, certains joueurs pourront être hermétiques à l’aspect gestion de Mother Base, qui vous permet de gérer votre matos, et de faire évoluer votre base. La faute à des menus pas forcément très clairs de prime abord. Mais il est néanmoins intéressant de s’y attarder, pour gérer le développement de vos armes, la prison et les soldats que vous avez capturé, ou les animaux (chèvres ou ours par exemple) que vous avez « ballonné » 😉

A titre personnel, j’adore cet aspect qui, à mon sens, apporte un plus indéniable, mais ce ne sera pas le point de vue de tout le monde.

La difficulté étant croissante (avec des boss bien retors), seuls les vrais passionnés vont s’accrocher pour boucler autre chose que l’aventure principale et aller chercher le 100% d’accomplissement. Les joueurs plus « casual » ou ceux qui ne s’intéressent pas plus que cela à la série tenteront de finir le jeu en ligne droite. Ce qui en soit est une grosse erreur car, contrairement à d’autres titres, les missions annexes ne sont pas du remplissage : elles ont une utilité dans le jeu !

Au final

pic_z_059_g02kg8Au risque de choquer, j’avoue que j’avais quelque peu décroché de la série Metal Gear Solid, après le troisième volet. Bien sûr, je me suis cependant régalé avec Metal Gear Rising Revengeance, un jeu excellent, mais je n’arrive vraiment pas à le considérer comme faisant partie de la série. Et puis, l’an dernier, j’avoue avoir été un peu déçu par Ground Zeroes, un jeu très beau mais qui sonnait trop à mon goût comme une démo.

Mais aujourd’hui, j’avoue que The Phantom Pain me réconcilie totalement avec la série ! Pour faire simple, le titre reprend le meilleur des opus précédents, et y ajoute des nouveautés qui apportent une véritable plus-value à la saga. Le tout servi par des graphismes et des effets de lumière fantastiques, des rebondissements en cascade, une bande-son excellente ! Ce récit uchronique est une grande récré qui sait redevenir sérieuse lorsque cela est nécessaire, afin de nous rappeler que la Guerre n’a rien d’un jeu, qu’elle est une horreur absolue !

Si MGSV n’était pas le jeu que j’attendais le plus cette année, il est pour moi la plus grosse surprise de ces dernières années. Un jeu qui n’est pas dénué de petites imperfections. Mais elles deviennent vite anecdotiques face à une richesse sans précédent et à une mise en scène remarquable. Le perfectionniste Kojima (sur fond de récent divorce avec Konami) signe ici un finish de toute beauté pour une fresque vidéoludique qui restera dans les mémoires.

Une claque monumentale, une déclaration d’amour de Konami à ses fans, et la démonstration que les consoles actuelles n’ont pas fini de nous surprendre… Bref, j’aurais dû m’en douter: Snake m’a touché, et je ne l’ai pas vu venir !


 Verdict

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Un finish en apothéose pour une grande saga.

19/20

Les + :

  • L’open-world gigantesque
  • Graphismes photoréalistes, le Fox-Engine fait des merveilles
  • Le cycle jour-nuit
  • Des boss charismatiques
  • Le jeu est fluide, la réalisation est impeccable
  • Une intro qui laisse sur le c…, une mise en scène digne des blockbusters hollywoodiens
  • L’infiltration dans toute sa splendeur
  • Très grande liberté d’action
  • La bande-son
  • Grande richesse de contenu
  • Les « buddy » : je kiffe « DD » 😉

Les – :

  • Au bout d’un moment, les missions deviennent un peu répétitives
  • On a parfois un peu de mal à suivre le scénario qui, s’il est cohérent et très documenté, prend pas mal de libertés
  • Une fois l’effet de surprise retombé (au bout de quelques heures), le rythme du jeu retombe
  • Le coté « gestion » de la Mother Base parfois un peu fastidieux

Metal Gear Solid V : The Phantom Pain, par Konami, sur PS3, PS4, Xbox One et X360, et PC. Pegi : 18+.

 

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