PES 2017 : plus beau, plus fort, malgré quelques absences de licences !

TEST. – Après une édition 2016 que nous avions tout simplement trouvé excellente, c’est avec une certaine excitation que j’attendais le Pro Evolution Soccer nouveau, le 2017, pour les intimes. PES va t-il continuer cette année son ascension vers les sommets des jeux de foot ? La réponse à l’issue de ce test !

Une nouvelle saison démarre…

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Chaque année, c’est la même chose : chaque mois de septembre est marqué par le match qui se joue entre les deux licences de football de la planète « jeux vidéo » : d’un coté du terrain, nous avons Fifa avec son maillot « EA Sports« , et de l’autre Pro Evolution Soccer, ou PES, aux couleurs du japonais Konami.

Et si pendant de nombreuses années, Fifa remportait la rencontre avec quelques buts d’avance, la lutte est plus serrée depuis deux ans. Et d’un avis purement personnel, PES 2016 n’avait pas à rougir face à son rival, les différences entre les deux franchises se réduisant considérablement. PES perdait l’avantage, l’an passé, notamment pour une bête question de licences officielles, malgré le fait que des mises à jour allaient rectifier le tir en cours de saison (PES devenait par exemple propriétaire exclusif des droits de l’Euro 2016).

Konami nous a promis un PES encore meilleur cette année ! Alors, c’est avec une impatience à peine dissimulable que j’insère le CD dans ma console. Mince, moi qui n’ai jamais été un grand passionné de jeux de foot, je réalise que depuis l’an passé, je me comporte tel un fan, qui ne pourra attendre une seconde de plus !

Une fois installé, le jeu se lance sur une playlist nouvelle. A trop avoir entendu « My Type » de Saint-Motel, je suis surpris de découvrir de nouvelles chansons. Ah oui c’est vrai : on est en septembre, et on a changé de numéro. Adieu PES 2016, bonjour PES 2017 !

Le festival des menus

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Nouveau jeu, mais à quelques détails près, je retrouve ici un menu qui m’est familier : match rapide pour s’éclater contre un ami ou contre un joueur en ligne, l’incontournable mode online, et le désormais immanquable mode « MyClub » dans lequel j’ai pu collecter un nombre de points considérable, mais que je ne pourrai hélas pas transférer dans cette nouvelle version… Ou alors je n’ai pas trouvé comment faire ! (ceci dit, votre sauvegarde va vous permettre de récupérer un coach et quelques cartes).

Comme l’an passé, le menu du jeu est donc relativement copieux. Nous allons bien évidemment retrouver les « match rapide« , le mode online, l’entrainement (what ? les 23 épreuves sont les mêmes que dans PES2016 !), et le mode MyClub qui se bonifie encore et fera le bonheur de ceux qui aiment gérer leur club de A à Z.

Le jeu conserve également ses championnats classiques, et les amateurs de challenge pourront se lancer très rapidement dans une saison en « Ligue des Masters« , toujours aussi plaisante. Pour varier les plaisirs, pourquoi ne pas attaquer un championnat en « Ligue des Champions » ou en « Ligue Europa » ? Tout ceci est possible et offre au titre de Konami une richesse et une durée de vie conséquentes.

Mais si vous préférez jouer sur une carrière entière, le mode solo « vers une légende » vous propose de vivre l’ascension d’un joueur que vous aurez créé, du bas de l’échelle vers les championnats les plus prestigieux. Dans ce mode, vous ne contrôlerez que votre avatar sur le terrain, et devrez séduire votre coach comme vos fans. L’exercice ne m’a pas semblé difficile en démarrant en Ligue 2, mais ce mode s’avère très vite passionnant et addictif.

Vous l’aurez compris : la page d’accueil de PES2017 est tout simplement monstrueuse, avec un nombre conséquent de modes. Pour en faire le tour, il va falloir consacrer un peu de temps au jeu, soit à peu près un an, en attendant son successeur. PES2017 fait donc son job en ce qui concerne la durée de vie, et ça, c’est plutôt pas mal !

L’incompréhensible douche écossaise des licences officielles

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La question des « licences officielles » a toujours été un « sujet qui gratte » dans PES ! Pendant longtemps, les joueurs ont reproché à la marque de ne pas proposer les noms officiels des joueurs, juste de vagues ressemblances. Et puis, l’an passé, après quelques mises à jour, Konami corrigeait le tir, allant même jusqu’à décrocher les droits d’exploitation exclusifs de l’Euro 2016 !

Cette année, pour PES 2017, le fan se léchait les babines au fur et à mesure que Konami lâchait les noms des clubs dont il possède désormais les droits (y compris pour les stades, les chants officiels de supporters, etc) : FC Barcelone, Liverpool FC, Borussia Dortmund, Confédération brésilienne de Football, les 30 équipes de première division argentine, ou encore seize équipes de la Première division chilienne

Les championnats sous licence dans ce nouvel opus sont la Ligue 1, la Ligue 2 (pour la France), l’Eredivisie (Pays Bas) et le Campeonato Brasileiro (Brésil). Jusque là, on se frotte les mains, en se disant que le problème des licences officielles est de l’histoire ancienne pour PES ! Mais ça ne va pas durer ! Dans la douche écossaise, on apprécie donc la partie « eau chaude »…

Puis, vient « l’eau glacée » !… Si l’on commence à s’intéresser aux équipes européennes, on se rend très vite compte que, quand elles n’ont pas changé de nom, il en manque !

Un grand nombre de noms d’équipes ont été modifiés car elles ne sont plus sous licence PES, à l’instar du Manchester United, qui est bien présent mais sous un autre nom, « Man Red« . Pour la Ligue 2 anglaise, aucun club n’est sous licence. Si vous comptez jouer avec le Real Madrid, vous ne le trouverez que sous l’appellation MD White. Les championnats italiens sont sous licence, mais seuls deux clubs ne le sont pas : la Juventus de Turin (ici « PM Black White ») et l’US Sassuolo Calcio (Sansagiulo).

Pire encore, Konami a sorti la tronçonneuse en Allemagne, et des équipes comme le Bayern de Munich manquent tout simplement à l’appel ! De même pour le FC Copenhague, Legia Varsovie ou encore le Celtic Glasgow, et si PES2017 jouit d’une exclusivité sur le Camp Nou, le Stade de France est passé à la trappe.

Un point qui ne nuit pas en soi au plaisir de jouer, mais qui risque purement et simplement de nuire à l’intérêt des vrais fan-boys de football. La raison ? Si PES a négocié des contrats d’exclusivité avec certaines équipes, Fifa17 en a fait de même… La « puissance de feu » financière d’EA Sports étant plus importante… Et la plupart des équipes ne sont tout simplement plus sous licence officielle PES. Oui, il existe bien une « guerre » entre les deux titres de foot, et le joueur le paye notamment sur les licences !

Les joueurs sont dans le tunnel…

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Assez admiré la page d’accueil, il est temps d’aller voir comment cela se passe sur le terrain. Et lorsque les joueurs sortent du « tunnel », force est de constater que le moteur Fox Engine, déjà au taquet l’an passé, continue à nous émerveiller. Les visages sont encore plus réalistes que l’an passé (excepté ce problème d’animation des bouches : il y a un mieux mais ce n’est pas encore ça), la modélisation des joueurs est magnifique, et les jeux de lumières sur le terrain sont au top !

Les visages des grandes « star » du foot bénéficient d’un véritable traitement de faveur, et l’on reste admiratif devant le rendu des visages de Neymar Jr, Messi, Ibrahimovic, Payet, Ronaldo, Pogba… Le rendu général du jeu est très télévisuel, pour le plus grand bonheur des aficionados.

Seul ombre au tableau, les commentaires sont toujours assurés par Grégoire Margotton et Darren Tullett. Peu inspirés et revenant en boucle (parfois, un commentaire revient deux ou trois fois dans le même match), on sera vite tenté de couper le sifflet aux deux compères, puisque Darren Tullett (le roi de la vanne qui tombe à plat ^^) ne nous écoute pas lorsqu’on lui hurle de se taire 😉

Le coup de sifflet retentit ! Engagement… Première passe… Première offensive ! Le premier constat est que le gameplay est toujours aussi agréable et instinctif, que le plaisir est intact. Konami nous a promis un jeu à la fois accessible et technique, et la promesse est tenue !

Très rapidement, le joueur apprend le « pressing », à piquer la balle, à sprinter vers le but adverse pour effectuer un centre, lobé ou au ras du sol… Son équipier est pris en tenaille, mais d’une reprise de la tête, parvient à loger le ballon au fond des cages, et c’est le but ! Le jeu va très vite, mais c’est avec facilité que l’on apprend à cerner les touches, réparties intelligemment entre les différents boutons de la manette (même si vous pourrez modifier la répartition des touches, si besoin).

Une fois acquises les fonctions de base, et après plusieurs parties, vous pourrez pousser l’apprentissage aux gestes plus techniques. Si vous utilisez par exemple les deux sticks, vous découvrirez qu’ils vont vous servir à feinter, à varier les plaisirs lors des dribbles… Et pendant ce temps, le contrôle du cuir est très réaliste, et un pur régal ! Le système de corners reste identique à celui de PES2016.

Ce que l’on aime dans PES, c’est que la progression vers le but adverse, ça se travaille ! Oubliez les attaques en solo, vous devrez ici être patient, prendre votre temps pour examiner toutes les options possibles : multipliez les passes, les une-deux et les changements d’ailes… D’autant qu’avec ce nouvel opus, Konami a peaufiné son IA, qui offre désormais une défense plus précise : les adversaires sont beaucoup plus retors, plus réactifs, et le gardien qui laissait autrefois passer beaucoup de frappes, est ici  bien meilleur. Elle est bel et bien terminée l’époque des « scores de basket » !

Si la jouabilité me semble, de manière générale, quasi parfaite, je reste plus réservé sur le switch lors des phases défensives : lors d’une attaque adverse, vous switchez entre vos joueurs à l’aide de la touche L1. Hélas, lorsque vous faites la manip, votre joueur « décroche » pendant une fraction de seconde. Autrement dit, même si ce phénomène ne dure qu’un temps infinitésimal, il suffit à faire louper sa défense à votre joueur. Un aspect à prendre en compte pour éviter toute mauvaise surprise.

Autres incohérences en pleines phases de jeu : l’arbitre qui semble ne pas « voir » certains contacts physiques, oubliant de siffler la faute, et des centres et frappes trop forts, qui viennent contraster avec le rythme que vous avez imprimé lors des phases de construction. Heureusement, le gardien adverse plus fort (que j’évoquais plus haut) permet d’éviter que ces frappes ne finissent systématiquement au fond du filet : cela rééquilibre le jeu !

Lors des matches, je regrette également de voir que certains bugs n’ont pas totalement disparu : si le jeu est, dans l’ensemble, tout simplement magnifique, des défauts d’affichage persistent lors des séquences de replay, notamment lors des célébrations : textures qui fusionnent ou jambes de joueurs qui passent à travers le corps d’un coéquipier. Je reconnais qu’il faut avoir l’oeil dessus pour le remarquer, mais j’avoue avoir vu quelques scènes prêtant à sourire 😉

The pitch is Ours !

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Vous maîtrisez maintenant toutes les subtilités de PES2017 ! Vous allez donc pouvoir commencer à jouer sérieusement, en construisant votre jeu. Car je vous ai gardé le meilleur pour la fin : Pro Evolution Soccer, c’est avant tout votre jeu, et vous allez pouvoir le modeler à votre image !

Je parle évidemment de cette fonction très appréciable, et décisive dans votre accession à la victoire : le fait de pouvoir définir et attribuer à votre équipe le style que vous préférez, de lui affecter une identité de jeu qui vous est propre ! Une option qui n’a rien d’optionnelle, puisque si vous définissez VOTRE style, les joueurs sur le terrain respecteront scrupuleusement les schémas que vous aurez prédéfinis…

PES2017 est un peu comme un calendrier de l’avent qui, chaque nouveau jour, vous offre une bonne surprise ou un bon motif de satisfaction. Le plus évident étant cette progression qui colle à votre niveau de jeu : plus vous deviendrez bon, et plus vous apprécierez le titre, en découvrant des mécaniques qui vous aideront à progresser encore davantage.

Après de nombreuses heures de jeu, vous aurez dépassé le stade des matches rapides et des parties en versus avec vos amis, le multi en local étant un pur plaisir. Alors, vous irez chercher le challenge dans les différents championnats , ou dans le captivant mode « BAL » (« Become a Legend« , « Vers une Légende » en français). Entre chaque match, un petit tour dans le mode MyClub s’impose pour se détendre. A réserver toutefois à ceux qui ont du temps, car une fois plongé dans MyClub, il est difficile d’en décrocher 😉

Enfin, lorsque vous aurez acquis un très bon niveau, les différents modes online s’ouvriront à vous (du match rapide, amical, aux saisons par équipes, en passant par le 11 contre 11 et le MyClub, évidemment). En réalité, le online est accessible dès le début du jeu, mais le niveau de certains adversaires étant particulièrement élevé, je vous conseille de vraiment maîtriser PES2017 avant d’aller tenter d’inscrire votre nom dans les tableaux. Contrairement à d’autres jeux online, les serveurs de PES m’ont semblé corrects : quelques rares décrochages intempestifs, mais rien qui ne vous fasse bouder ces modes en ligne.

Au final

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Ce qui est bien, avec ce nouveau PES, c’est qu’il évacue d’entrée son plus gros défaut, à savoir de gros manques en termes d’équipes sous licence officielle : le fan de foot aura une chance sur deux de ne pas trouver son équipe préférée, ou de la trouver sous un autre nom, la faute à une guerre des licences entre deux titres, à coups de chèques avec plein de zéros.

Mais une fois cet aspect digéré, PES2017 dévoile un potentiel vraiment intéressant. Konami compense ces « manques » par un gameplay qui mise sur l’accessibilité pour tous, sur un contrôle du ballon aux petits oignons, sur des constructions de jeu intelligentes, sur un réel rééquilibrage entre les effectifs offensifs et défensifs (IA)… Dans PES2017, l’important n’est pas le nom des équipes, mais ce que le jeu va vous permettre de faire du ballon !

Au final, si on laisse de coté le problème des licences, PES cumule les « mieux » par rapport à son aîné : meilleur contrôle du ballon, meilleurs graphismes, meilleure IA, meilleures phases de construction, meilleure réalisation… Sans révolutionner la série, PES s’améliore nettement sur le gazon, et en privilégiant ce « good feeling » qui lui est si cher, qui vous chope dès que vous lancez votre première partie !


Verdict

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Après une excellente édition 2016, PES2017 monte encore d’un cran. Il compense un casting critiquable par un jeu technique et stratégique plus poussé, et un plaisir instantané sur le terrain !

16/20

Les + :

  • Très accessible pour les néophytes…
  • … Mais suffisamment solide pour les puristes
  • C’est très beau !
  • Les gardiens sont beaucoup plus efficaces, l’IA plus réactive
  • Le jeu est bien équilibré entre attaque et défense
  • Les équipes sous licences avec leurs hymnes officiels (Barça, Liverpool, Dortmund…)
  • Un contenu gigantesque
  • Une playlist sympa
  • Plaisir immédiat en local à 1 contre 1
  • Pouvoir affecter « votre style de jeu » à votre équipe favorite
  • L’ambiance dans les stades, avec parfois des chants officiels de supporters

Les – :

  • Les licences européennes : entre le Bayern Munich absent et les noms modifiés, le fan est frustré
  • Les commentaires qui tournent en boucle : mais tais-toi, Darren !!
  • Quelques bugs lors des séquences de replay
  • Les temps de chargement
  • arbitre à coté de ses pompes
  • Les 23 épreuves d’entraînement sont identiques à celles de PES2016
  • Micro-latences lors des switches de joueurs en phases défensives

Pro Evolution Soccer 2017, par Konami, sur PS4, PS3, X360, Xbox One et PC. PEGI : 3.

Jeu testé sur une version fournie par l’éditeur.

Site officiel

 

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