Metroid Prime – Federation Force : la couleur d’un Metroïd, mais…

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TEST. – Alors que l’on attendait depuis des mois, voire des années, de revoir Samus Aran dans un jeu Wii-U autre que Super Smash Brothers, c’est finalement sur 3DS que revient la licence Metroid. Que cachent ce titre et cette jaquette avec des persos en SD ? On regarde ça tout de suite !

A peine annoncé, caillassé par les fans

C’est très exactement lors de l’E3 2015 que Nintendo (avec une mémorable conférence en mode « Muppet ») avait dévoilé, pour la première fois, les premières infos et images de son prochain Metroid. Mais alors que, comme je le disais plus haut, tout le monde attendait le grand retour de Samus, Big N nous montrait les premiers screens d’un jeu multijoueur, avec des graphismes SD, sur 3DS.

La communauté de fans ne tardait pas à réagir : tollé général, pour ne pas dire véritable lynchage… Très vite, une pétition était même lancée pour demander à Nintendo d’annuler la sortie du jeu, rien que ça !

Une pétition qui n’ira pas à son terme, à quelques signatures près, puisque sur les 25.000 signatures demandées, seulement 24.124 seront recueillies… Quand même… Mais pourquoi tant de haine ? Etait-ce mérité ? Nous n’entrerons pas dans ce débat : un jeu vidéo reste un jeu vidéo, et Nintendo nous a prouvé qu’une licence qui sort de son style habituel n’est pas forcément une mauvaise affaire (cf Mario Kart ou Mario Tennis, Hyrule’s Warriors, Animal Crossing Amiibo festival, etc.)….

Mais qu’importe ! Next Level Games (Luigi’s Mansion 2) poursuit le développement, et même si l’on ne peut pas dire que la communication aura été très exubérante autour du titre ces dernières semaines, Metroid Prime : Federation Force est enfin là, depuis le 2 septembre. Il est donc temps d’insérer la cartouche dans notre bonne vieille portable, et de lancer le test !

L’attaque des clones

La première surprise qui vous attend est que vous n’incarnerez pas ici cette bonne vieille Samus Aran : la jolie blonde semble en effet avoir pris sa retraite depuis Metroid : Other M (à moins que Nintendo ne la rappelle sur NX ?). L’ambiance est là, servie par sa bande-son « métroïdesque », son game-design, ses ennemis et même des mécaniques comme le fait de tirer sur les portes pour les ouvrir, mais… Point de Samus jouable à l’horizon !

Dans ce spin-off de Metroid, vous allez vous glisser dans la peau de mini-clones de Samus : les Mecha-Marines ! Ces soldats qui, comme leur nom l’indique, vont se battre à l’aide de mechas, vont devoir remplir différentes missions pour enrayer les plans des Pirates de l’espace. Samus est sensée avoir fait le ménage dans l’univers dans Metroid 3 : Corruption, mais les trois planètes du système des Bermudes semblent montrer des signes d’activité pas très réjouissants. C’est ici que va se dérouler l’opération Golem, montée par la Fédération, consistant à envoyer ses nouveaux mechas « finir les restes ».

Avant de rentrer dans le vif du sujet, le jeu vous propose un passage obligé par un mode tuto qui va vous apprendre toutes les mécaniques, des déplacements jusqu’aux différentes variantes de tir, du plus simple au combo assisté du lock automatique (touche L). Cette pré-mission s’achève sur une partie durant laquelle vous allez devoir tenir, et protéger un allié pendant trois minutes. Une fois vos preuves faites, vous intégrez la Federation Force et avez accès à la campagne.

Très vite, je relève le premier défaut majeur de ce MPFF : les développeurs ont oublié les check-points ! Une gamelle dans un ravin, ou une mort juste devant le boss (après une grosse demi-heure à traverser le niveau), peu importe : vous devrez vous retaper toute la mission ! Rageant !…

‘va falloir trouver des potes !

Autant vous le dire, il va vous falloir vous accrocher pour finir le jeu en solo. Non pas qu’il soit hyper compliqué, mais la lassitude s’installe très vite. Malgré le fait que l’éditeur vous propose une grande variété de missions, avec des objectifs variés, le joueur a vite l’impression de tourner en rond, de refaire les mêmes choses.

Le contrôle du personnage n’est pas toujours au top : certes, le jeu vous propose de nombreuses possibilités, les touches de la 3DS, ainsi que les deux écrans, seront utilisés au maximum. Mais tant de possibilités, ce n’est pas forcément toujours aisé à mettre en pratique. Lorsque les ennemis apparaissent, on cible sans pouvoir tirer en hauteur : pour cela, il faut penser à presser la touche L afin de passer en mode gyroscopique (déplacez la console dans l’espace pour viser). MPFF est un jeu qui, au delà du tutoriel de départ, demande un apprentissage. De toutes ces manips, il résulte l’impression de se traîner dans les niveaux, que le personnage ne réagit pas toujours comme on le voudrait, aussi rapidement qu’on le souhaiterait.

Si vous souhaitez faire une pause dans la campagne solo, pourquoi ne pas passer au mode multijoueur ? Cela tombe bien, puisque c’est ici que le jeu dévoile toute sa saveur ! Très clairement, MPFF a été développé pour être joué en multi. Car une fois que vous aurez réuni quelques amis (d’un à trois), en local ou en ligne, le jeu prend une autre dimension, et devient tout de suite plus intéressant.

Car ce mode multi ne se limite pas à blaster tout ce qui bouge à quatre ! Ce mode va également vous demander de faire des choix pertinents, afin de partir au front avec une équipe équilibrée. L’inconvénient est que ce mode va vous demander d’avoir une parfaite confiance en vos coéquipiers ; l’avantage est qu’il vous ouvre un large champ de possibilités.

Tout commence avant chaque mission, au moment de vous répartir les armes AUX (secondaires). La clé du succès repose sur une répartition intelligente, et votre équipe ne pourra pas fonctionner si un membre s’accapare toutes les armes fortes, ou bien si quatre « combattants » partent au combat : veillez par exemple à avoir un soigneur dans l’équipe… Dans ce mode, le mot « équipe » prend tout son sens, et vous ne pourrez réussir que si les membres apprennent à se soutenir !

Lorsque vous aurez pratiqué les deux modes, vous allez vite découvrir une autre source de frustration : en solo ou en coop, la difficulté est la même ! Autrement dit, là ou elle est supportable à quatre, avec une bonne cohésion et donc une plus grande force de frappe, elle est à la limite de l’insoutenable en solo : seul contre des boss qui vous allument comme si vous étiez quatre, il ne faudra pas vraiment compter sur l’IA en soutien (des modules qui peuvent vous accompagner) pour vous tirer d’affaire.

Des MODS et du Blast-ball

Il est maintenant temps de vous parler de deux aspects qui m’ont particulièrement marqué dans le jeu ; le premier est excellent, le second un peu moins !

Le premier point est le système d’arsenal et surtout de MODS, ces modules supplémentaires que vous pouvez affecter à votre mecha pour le perfectionner (missiles plus puissants, meilleure régénération…). Autrement dit, au fil de votre progression, vous allez pouvoir vous créer un mecha « à la carte », et c’est sans doute là l’un des aspects les plus intéressants du jeu. D’autant que l’attribution des MODS devra être pris en compte lorsque vous piocherez dans l’arsenal.

Je veux dire par là que, avant chaque mission, vous pourrez prendre diverses armes dans un coffre commun (le fameux « arsenal »). Avant de prendre le premier item venu, réfléchissez et établissez des stratégies en fonction de l’équipement de chacun : si un joueur a installé des mods donnant plus de puissance à ses missiles, évitez de lui laisser les objets de soins 😉

Passons maintenant au blast-ball, le sport officiel de la Fédération et l’un des premiers modes dévoilés lors des premières apparitions du jeu, qui avait à l’époque interpellé… Et je comprends pourquoi !

Le mode « blast-ball » est un mini-jeu, en bonus, que vous pouvez jouer via le menu d’accueil. Pour résumer son principe, il s’agit d’un jeu très proche de Rocket League, dans lequel vous allez devoir marquer des buts, contre une équipe adverse, dans une arène futuriste, en tirant sur une balle géante qui peut vous infliger des dégats si vous la collez d’un peu trop près…

Le fait de pouvoir jouer à un « Rocket League like » sur 3DS, qui plus est dans l’univers Metroid, est une idée tout simplement géniale !!! Si ce n’est que le jeu est mou, manque de fun et frôle le seuil limite de tolérance en termes de jouabilité. De plus, ce mode ne propose que des matches en 3 contre 3. Donc, il sera difficile de faire plaisir à tout le monde si vous comptez jouer avec vos amis du mode multi.

Vraiment dommage, car comme je l’écrivais plus haut, ce mode « jeu de balle dans un FPS » partait d’une excellente idée. Mais hélas, ce qui fonctionnait cet été dans Overwatch (les Summer Games) ne semble pas avoir été béni par les fées qui, visiblement font la gueule aujourd’hui…

Au final

A mon sens, mais c’est un avis personnel, Metroid Prime : Federation Force n’est pas le jeu que vous croyez ! En effet, si vous pensiez trouver ici un jeu mature, vous permettant d’incarner Samus Aran, seule face à l’immensité de l’univers, dans un passionnant et oppressant jeu solo, vous risquez de tomber de haut, et d’être déçus par la même occasion ! Le fan de la licence pourra toutefois se raccrocher au background du jeu, qui vous dévoile de nombreux éléments de l’histoire de Metroid.

En revanche, si vous recherchez un bon FPS sur 3DS, bien fun et misant principalement sur des campagnes en multijoueur, avec une touche de scoring pour les plus compétiteurs d’entre vous, alors vous avez trouvé la perle rare ! Encore que le résultat aurait été le même, que le titre soit estampillé Metroïd ou non !

Au final, n’oublions pas que MPFF est un spin-off, et non une suite des aventures de Samus ! Une pause « défouloir » dans la chronologie de la série, assez plaisante si l’on considère que les bons FPS sur 3DS sont plutôt rares. Metroid Prime Federation Force est un jeu sympa à jouer, que l’on aurait aimé plus ambitieux, sans doute trop axé « multi » au détriment d’une campagne solo qui manque de coffre, et crée pas mal de frustrations.


Verdict

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Deux jeux en un ! Un Metroid Prime : Federation Force très agréable à jouer et bien pensé en multi, et un Metroid Prime : Federation Force plus galère et moins passionnant en solo.

12/20

Les + :

  • Pas mal de missions à accomplir
  • Un scénar qui nous donne de nombreux nouveaux détails sur la série
  • Des cut-scenes jolies
  • En coop’, c’est top !
  • Un FPS dans lequel il faut réfléchir
  • Le sound-design vraiment sympa
  • Les MODs
  • Les bons FPS sont plutôt rares sur 3DS, alors…
  • Le scoring, tel la carotte qui assure la rejouabilité du titre
  • Des graphismes tantôt chouettes…

Les – :

  • … tantôt carrément moches
  • En solo, on s’ennuie un peu
  • La prise en main pas toujours géniale
  • Pas de check points
  • Dans ce type de jeux, on s’attend à trouver un chat vocal, mais… non !
  • En solo ou en multi, la difficulté est la même
  • Le blast-ball

Metroid Prime : Federation Force, par Next Level Games pour Nintendo, sur 3DS. PEGI : 12.

Jeu testé sur une version fournie par l’éditeur.

Page officielle

 

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