One Piece Burning Blood : z’ont volé notr’ recette, pirates !

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TEST. – Avec ce nouvel épisode de One Piece, Bandai-Namco et Spike Chunsoft s’écartent très clairement de l’orientation « musô » prise depuis déjà trois jeux, avec la série Pirate Warriors. Exit les combats de masse, Burning Blood est un retour à la baston pure et dure. Les fans s’y retrouveront-ils ? La réponse avec notre test.

Luffy et ses amis sont sur un bateau

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En 2017, le manga d’Eichiro Oda, One Piece, fêtera ses vingt ans, puisqu’il a été publié la première fois en août 1997. Vingt ans, et une énorme communauté de fans de par le monde… Comme vous pouvez vous en douter, ce shonen traîne derrière lui une ribambelle d’adaptations vidéoludiques, une trentaine tous supports confondus.

Peut-on imaginer que certains d’entre vous ignorent encore de quoi parle One Piece ? Pour faire court, le manga se déroule dans un monde quasi-entièrement recouvert par la mer. Un cadre propice à la piraterie, et de nombreux hommes se lancent sur les océans, à la recherche du « One Piece », un trésor fabuleux découvert autrefois par le légendaire pirate Gold Roger. On dit que le découvreur du One Piece deviendra le seigneur des Pirates. Certains personnages disposent de pouvoirs après avoir ingéré un « fruit du démon » (chaque fruit est unique, et il y a donc autant de pouvoirs que de fruits).

Parmi tous les équipages qui s’affrontent, et se frottent à la Marine (les forces de l’ordre du Gouvernement mondial), on retrouve l’équipage de Mugiwara, autrement dit du « chapeau de paille », la team de notre héros, Monkey D. Luffy. Derrière Luffy (devenu élastique grâce à un fruit du démon), on retrouvera dont l’épéiste Zoro Roronoa, la navigatrice Nami, le cuistot Sanji, le « sniper » Usopp, le médecin « Chopper« , l’archéologue Nico Robin, le charpentier-cyber Francky, et le musicien Brook.

Je vous passe tous les détails sur une histoire qui est trèèèèèèèès longue, mais non moins passionnante. Sachez simplement que, quand la plupart des jeux de Bandai-Namco nous resservent tous les arcs des séries depuis le début, ce One Piece Burning Blood ne s’attarde que sur les derniers arcs : le jeu débute lors de la grande bataille de Marineford, durant laquelle les plus grands pirates affrontent les généraux de la Marine pour libérer Ace (le « frère » de Luffy), condamné à mort par le Gouvernement.

Un contenu trop timide ?

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Grand spécialiste de l’adaptation de shonens en jeux vidéo, Bandai-Namco a numérisé toutes les licences populaires en France : Saint-Seiya, DragonBall, Naruto ou prochainement l’excellent Jojo’s Bizarre Adventure… L’éditeur n’a plus grand chose à prouver !

Tandis que la licence One Piece était solidement installée dans le genre musô, le développeur Spike Chunsoft a décidé de faire machine arrière en revenant au bon vieux jeu de baston old school, en un contre un ou trois contre trois si vous préférez jouer en «  tag  » (les persos se relaient).

Et c’est justement là le principal défaut de ce One Piece Burning Blood ! Il donne une grosse impression de déjà vu, dans les titres cités plus haut… Autrement dit,  » on essaye de refaire un Naruto Shippuden Ultimate Ninja Storm 4, mais avec les personnages du manga d’Eichiro Oda ».

Mais quand Naruto balayait l’ensemble de l’histoire du ninja blond, le mode story de One Piece Burning Blood (mode « bataille au sommet ») ne se focalise que sur deux arcs, à savoir « la bataille de Marineford » et l’arc consacré à  » Doflamingo ». Ces arcs se déclinent en quatre points de vue de la même histoire : Pour Marineford par exemple, s’enchaînent Luffy, Ace, Barbe-Blanche, Akainu, proposant d’autres alternatives. Mais soyons honnêtes : ce choix vient clairement altérer la durée de vie du jeu : on va dire que, pour un joueur moyen, il faut compter six grosses heures pour boucler ce mode.

Certes, nous râlons habituellement sur ces jeux basés sur des licences de manga qui nous obligent à faire et refaire un scénario déjà vu maintes et maintes fois (coucou DragonBall Z), ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, mais il n’empêche que Burning Blood s’avère famélique sur son contenu scénaristique. Heureusement, la page d’accueil vous offre de nombreux menus, suffisamment pour vous occuper un bon moment. En théorie…

VOIR AUSSI ⇒ Découverte de la beta de One Piece Burning Blood, sur notre chaîne YouTube.

Gameplay simple à assimiler

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Au niveau du gameplay, très simple à prendre en main et offrant un jeu accessible à tous, tout se passe en deux temps. Tout d’abord, il y a la prise en main : une fois que l’on a choisi ses trois combattants (ou son combattant et ses deux supports, à vous de voir), on est lâché dans l’arène. Chaque touche a sa fonction : un bouton de garde, trois boutons pour les coups de base, les touches L2 et R2 pour switcher entre les personnages, ou encore une touche pour utiliser votre « fluide » (une aura liée à l’élément de votre fruit du démon)…

Les bases assimilées, vous découvrez les combinaisons de touches. Les attaques de bases peuvent devenir des attaques spéciales, et une fois votre jauge d’embrasement remplie, vous pouvez déclencher une technique ultime dévastatrice… Le switch de personnages peut aussi vous permettre de déclencher des attaques (ou des défenses) en duo ou en trio. C’est plaisant, fun, instantané… Et en quelques minutes, n’importe quel joueur, confirmé ou débutant, peut coller des roustes à ses adversaires, lors de combats nerveux.

Puis, vient le second temps : lorsque vous aurez assimilé les techniques, vous allez vite remarquer que les manips sont les mêmes d’un personnage à l’autre. Et au final, le joueur range très vite sa subtilité au placard pour spammer comme un sagouin les attaques les plus puissantes. One Piece Burning Blood se plie ainsi, en utilisant toujours les mêmes techniques, quel que soit le personnage utilisé.

Pour retrouver votre subtilité, il faudra jouer en ligne, contre des joueurs humains (un mode multi en local est aussi disponible). Le jeu technique reste possible, mais la tentation d’aller au plus simple est grande… Le gameplay est très proche de celui de Saint-Seiya : Soldier’s Soul, la façon de jouer l’est aussi.

Le casting est assez riche mais on a déjà vu plus étoffé dans un jeu Spike ! Il se partage en deux catégories : les combattants et les supports. Comme son nom l’indique, le combattant est celui qui va au charbon, que vous utiliserez pour distribuer des patates ; le support est un personnage de la série qui ne viendra pas se battre, mais qui vous offre des effets pour un temps limité, si vous le sollicitez en combat (récupération, boost de jauge « spécial », vitesse, etc). Au choix des personnages, c’est vous qui choisissez de quelle manière vous allez répartir votre équipe.

Si le casting vous semble assez complet au départ, vous réaliserez que l’on en fait vite le tour : il propose les personnages principaux des arcs concernés par le mode story, plus quelques « guest », mais comme je l’ai déjà écrit, on est loin des copieux castings de Saint-Seiya ou Naruto qui balaient toute la distribution depuis le premier épisode. Beaucoup de persos emblématiques comme Aarlong, Vivi ou Rob Lucci, que l’on aurait aimé pouvoir jouer, sont ici passés dans le tableau des personnages de soutien (donc non-jouables) : ça peut frustrer le fan !

Dernière remarque concernant les combattants : nous avons ici un équilibrage qui fait fi de toute cohérence avec la série. Certains personnages puissants dans la saga semblent tous simplement surcheatés ici. Il en résulte des pics de difficulté quelque peu gênants in-game : tandis que vous progressiez tranquillement, un adversaire vient soudainement vous bloquer un bon moment. Rageant !

Pas mal de menus : y’a de quoi faire !

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C’est la taverne des Soeurs Carré, Mozu et Kiwi (les deux copines de Franky), qui fait office de page d’accueil, vous proposant le menu du jeu. Différents modes s’offrent à vous ici.

Comme nous l’avons vu, le premier onglet que vous allez explorer sera « Bataille au sommet », autrement dit, le mode « Story ». Pas le choix puisqu’il est le seul disponible en début de partie. Pour les autres modes, il faudra terminer le premier chapitre.

Ceci étant fait, apparaissent les autres modes. Le classique « versus » en local (écran splitté ou non) qui vous permet d’affronter un ami ou la console, les parties en ligne (matches « amical » ou « classés »), l’incontournable « entrainement« … On a les bases, mais ce n’est pas vraiment fou-fou pour le moment.

Plus original, le mode « Versus Prime » vous propose de chasser de la tête mise à prix, en relevant les défis placardés sous forme d’affiche « Wanted ». Autrement dit, nous avons là un mode « défi » dans lequel vous devrez vaincre en remplissant des conditions bien précises (ne pas utiliser de spécial, etc). Les récompenses sont à la hauteur de vos efforts ! Et les conditions sont suffisamment variées pour vous obliger à utiliser tous les différents soutiens. Si vous vous accrochez, ce mode se révèle intéressant avec le temps.

Enfin, un mode « capture de drapeaux » vous fait évoluer sur une carte, afin de conquérir des territoires, non sans avoir au préalable défait quelques adversaires pour glâner des points. Sans doute pas le mode que vous jouerez le plus, mais il a le mérite d’offrir un mode de jeu supplémentaire.

Le passage par ces modes est rendu quasi-obligatoire par les pics de difficulté du mode story, qui vous demanderont parfois de revenir vous fritter à un adversaire avec davantage de level. La chasse à l’EXP, récoltée dans tous les modes (le Versus Prime étant le plus généreux) est ouverte !

Bien entendu, l’éditeur répond à la soif de collectionnite des fans, avec des cinématiques à revoir, des fiches à consulter. Baggy le Clown ouvre quant à lui sa boutique, dans laquelle vous pourrez dépenser vos zennys pour acheter des personnages de combat ou de soutien (attention, ils coûtent cher et beaucoup se débloquent automatiquement en finissant les chapitres du mode story).

Un jeu qui ne va pas assez loin ?

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Le principal reproche que l’on fera à One Piece Burning Blood : il lui manque le petit grain de folie qui a fait le succès du manga. Concrètement, cela se traduit par un jeu qui manque cruellement d’ambition, qui se contente du minimum syndical.

On a déjà abordé les questions du casting (j’aurais pu aussi parler du nombre d’arènes assez limité) ou du gameplay simplifié, parlons maintenant de la technique. Certes, le jeu est très joli à regarder, avec une modélisation excellente des personnages, et une ambiance qui vous replonge dans celle des animés. Pas de doute, les fans de Luffy vont se « régaler les yeux ». Encore que…

Car vous allez vite maudire cette trouble-fête de caméra, qui a souvent une fâcheuse tendance à vous offrir un angle de vue qui vient altérer votre perception des distances. Pire, elle vous masque parfois l’action : un mauvais angle, et vous ne voyez plus rien, la scène étant masquée par un élément du décor.

Lors des coups spéciaux, si les effets sont assez jolis à regarder, le champ de bataille devient un peu plus fouillis dès lors que de nombreux éléments doivent s’afficher à l’écran. Ceci couplé avec le point précédent, vous allez parfois vous chercher à l’écran, et les batailles bien nerveuses ne sont pas toujours très lisibles.

Ces défauts ne tombent pas non plus dans la catastrophe, mais ils sont d’autant plus incompréhensibles que le développeur Spike connaît pourtant bien son sujet. One Piece Burning Blood est loin d’être son premier jeu de baston, et l’on s’étonne de voir ces petits points noirs, qui ont pourtant quasiment disparu d’autres titres du genre.

Techniquement, le jeu reste fluide, et nous n’aurons pas eu à déplorer de bug majeur lors des parties en ligne. La console trouve assez facilement des salons, et ne décroche pas en pleine partie… Plaisant, ce n’est pas le cas de tout le monde (j’ai des noms).

Il en résulte une impression d’inachevé, comme si OPBB était un coup d’essai, un test. Ces points pourront très certainement être améliorés par la suite, à l’aide de mises à jour, à moins que l’éditeur ne nous dévoile une suite, à l’occasion de l’E3, par exemple.

Au final

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De manière générale, One Piece Burning Blood fait davantage penser à un coup d’essai qu’à un jeu abouti. Un peu comme si Spike Chunsoft tâtait le terrain avant de nous sortir une série avec des Burning Blood 2 ou 3 plus complets, plus longs…

Pour le fan de One Piece, il est plaisant de se bastonner avec ses persos préférés, joliment modélisés, même si le casting reste assez limité. Mais hélas pour le fan de shonen, cet épisode ne présente que peu d’intérêt, les derniers Saint-Seiya et Naruto étant beaucoup plus aboutis.

Il n’empêche que le jeu est plaisant. Par son ambiance et ses graphismes colorés en cell-shadding, il est rafraîchissant. Au premier abord, le soft donne la banane et est une vraie bonne surprise pour tout fanboy de One Piece qui se respecte. Mais une fois la découverte passée, le titre est vite rattrapé par son manque d’ambition.

Souffrant d’une durée de vie courte, due au choix de limiter le background du jeu aux derniers arcs de la série, c’est le compagnon idéal pour des bastons rapides et sans prise de tête entre amis… Mais à titre personnel, en tant que fan de la série, Pirate Warriors 3 me semble plus complet, plus abouti (bien que n’étant pas un grand fan de musô). Et je ne parle même pas de Naruto Shippuden : Ultimate Ninja Storm 4, référence absolue, bien installé tout en haut de la pyramide, et dont OPBB aurait dû s’inspirer davantage.


Verdict

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Une sympathique virée dans l’univers de One Piece, en mode baston « facile à prendre en main », mais qui pêche par son manque d’ambition.

13/20

Les + :

  • Pas mal de persos jouables
  • Solides références à des scènes cultes du manga
  • N’importe qui peut y jouer tant le titre est accessible
  • Les combats en tag
  • Les attaques en duo ou en trio
  • les superbes graphismes cell-shaddés
  • Suffisamment de modes pour diversifier le plaisir
  • Les musiques sympas
  • Le online fonctionne plutôt bien
  • dégradation des fringues ou des décors au fil du combat

Les – :

  • Mode story trop court
  • Equilibrage WTF
  • Ce ne sont pas les musiques originales
  • Trop de persos emblématiques sont devenus de simples soutiens : ça réduit le roster !
  • Trop peu d’arènes différentes
  • Quelques pics de difficulté agaçants
  • Un gameplay qui manque de profondeur
  • Quelques soucis de caméra
  • Devient vite répétitif

One Piece Burning Blood, par Spike Chunsoft pour Bandai-Namco. Disponible sur PS4 et PS-Vita, PC et Xbox One. Pegi : 12.

Jeu testé par une version fournie par l’éditeur.

Site officiel

 

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